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CHAPITRE PREMIER

MODIFICATIONS DE LA MUQUEUSE UTÉRINE PENDANT LA MENSTRUATION LA GROSSESSE UTÉRINE ET LA GROSSESSE ECTOPIQUE

Dans un grand nombre de circonstances, des fragments de tissu sont expulsés spontanément de l'utérus et, malgré l’interrogatoire et l'examen direct, le gynécologue peut être fort embarrassé pour porter un diagnostic.

Dans toute une série de cas, il s’agit simplement de fragments de caduque gravide, de placenta, aussi devonsnous étudier avec quelques détails les conditions dans lesquelles ces débris s'offrent à l'examen.

En général, on est en présence, comme je viens de le dire, de corps rejetés des voies génitales par les seules forces de la nature ; à l'œil nu, ils offrent une coloration rouge foncé due à la grande quantité de sang qui les imbibe, mais qui n’a rien de caractéristique ; de toute autre valeur

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est, en revanche, l'aspect chevelu, absolument spécial des villosités choriales.

Dans des cas de cette nature, il est fréquent d’avoir affaire à des pièces volumineuses qu’on ne peut pas, par conséquent, songer à débiter en totalité en coupes microscopiques ; on doit alors, au moyen d’un rasoir bien aiguisé et en observant les précautions que j'ai déjà indiquées, prélever des fragments dans les diverses zones qui présentent des aspects macroscopiques différents ; on traite alors ces pièces par les réactifs mentionnés ci-dessus après avoir eu soin de les débarrasser des nombreux caillots de sang qui les englobent.

Il est relativement assez rare que des tissus de cette origine soient retirés avec la curelte, tandis que c’est par ce procédé, presque uniquement, qu’on peut se trouver en présence de fragments de muqueuse utérine altérée par la menstruation ; l’étude de ces lésions doit naturellement précéder celle des modifications dues à la grossesse.

$ 4. — Muqueuse utérine pendant la menstruation

Suivant quelques auteurs, la caduque menstruelle pourraît être expulsée en totalité; mais ce doit être là, semblet-il, un fait assez rare et, pour ma part, j'avoue que je ne l'ai jamais observé. Le plus souvent, on ne recueille que de petits fragments ayant à peine un ou deux centimètres de surface.

Au point de vue de la constitution de ces membranes, on remarquera de grandes différences d’un cas à l'autre. Tantôt on a affaire simplement à des cellules conjonctives englobées dans un peu de mucus et de sang ; tantôt, au contraire, on recueille de petits fragments blanchâtres constitués par des cellules rondes du stroma, des cellules

glandulaires, des éléments inflammatoires et enfin des globules sanguins. Le diagnostic histologique de tels cas ne présente pas de difficultés ; il est encore plus aisé, lorsque les fragments atteignent une surface d’un ou deux centimètres : en effet, on retrouve alors dans ses traits essentiels, tout au moins, la structure de la muqueuse utérine.

Le tissu conjonctif interglandulaire se présente ici encore avec ses cellules arrondies, mais à côté de celles-ci on note, en outre, un élément anormal, la cellule inflammatoire, facilement reconnaissable à ses petites dimensions et à son noyau volumineux, occupant presque tout le corps cellulaire. Ce dernier élément est diffusément répandu dans la muqueuse tout entière ; mais, en certains points, il forme de petites agglomérations, qui, sur les coupes colorées, tranchent nettement sur le fond par suite de leur affinité pour les teintures nucléaires; ces îlots d'éléments inflammatoires sont surtout nombreux au voisinage immédiat des vaisseaux et des glandes.

Ces deux espèces de formations subissent également des modifications peu accentuées à la vérité, cependant aisément appréciables.

Les cellules glandulaires sont peu altérées, mais les lumières sont sensiblement ectasiées et occupées par du mueus et par du sang ; en effet, en nombre de points, il s’est produit des ruptures dans la paroi des capillaires et par ces orifices le sang s’infiltre dans toute l'épaisseur de la muqueuse.

Mais, en général, ce sont les phénomènes hémorragiques qui acquièrent seuls une certaine importance ; le sang contenu dansles capillaires dilatés vient tout d’abord s’infiltrer entre les éléments voisins de la surface; puis il s'écoule au dehors. Ce temps peut s’accomplir de deux facons : les globules rouges peuvent s’écouler directement

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au dehors ou bien encore former auparavant de petites collections sanguines superficielles qui ne Les d’ailleurs pas:à se rompre.

Le retour à l’état antérieur.est assuré par la résorption et la dégénérescence pigmentaire des éléments du sang.

Ces processus ont un retentissement sur la muqueuse cervicale qui est le siège d’une hypersécrétion marquée de mucus. |

Le diagnostic est dans la plupart des cas facile ; on ne peut guère se méprendre sur la nature de ces altérations ; comme on le verra bientôt, la muqueuse gravide et les membranes dysménorréiques sont les deux seules formations avec lesquelles on pourrait les confondre, et cellesci possèdent des caractères nettement distinctifs (1).

$S 2. — Muqueuse gravide normale et villosités choriales

Je renvoie naturellement aux traités spéciaux pour tout ce qui concerne le développement et la structure normale du placenta ; je suppose tous ces faits connus du lecteur et je me bornerai dans ces pages à indiquer les conditions dans lesquelles le gynécologue peut être appelé à examiner des débris de muqueuse gravide ou de placenta et à décrire l'aspect sous lequel ces derniers se présentent à l'examen histologique.

Les débris de placenta et de muqueuse utérine gravide, qu'on à l’occasion d'étudier, forment fréquemment des masses volumineuses et, comme je l’ai indiqué, il convient de prélever des fragments qui seuls seront débi-

d. ) Voyez, pour le diagnostic différentiel, les articles Muqueuse gravide, . 24 et 28, et Métrite exfoliatrice, p. 47.

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