‹ Diagnostic Histologique des Curettages UtérinsChapitre 17 sur 46 · SET · texte numérisé non relu

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tés ‘en coupes minces ; mais il est un autre détail, que je ne puis omettre ; la plupart du temps, il s’agit de tissus retenus plus ou moins longtemps dans la cavité utérine, généralement infectés et en état de décomposition variable : dans ces conditions, il est inutile de recourir à des réactifs de premier ordre et on se contentera de fixer les pièces dans l'alcool absolu, après avoir eu soin de les débarrasser des caillots.

Pendant la grossesse, la muqueuse utérine subit une modification caractéristique : la cellule arrondie du stroma se transforme en cellule déciduale. Cette dernière se distingue tout d’abord parses grandes dimensions (30 à 40 y); c’est un élément polyédrique, fréquemment muni de prolongements irréguliers renfermant une quantité notable de protoplasma finement granulé etun noyau de volume moyen; ce dernier renferme relativement peu de chromatine, qui se présente sous l'aspect de gros filaments courts, peu nombreux ; un autre caractère de ces cellules (et c'est là, comme on le verra, un signe précieux pour le diagnostic) est à signaler : tous ces éléments ont sensiblement les mêmes dimensions.

Les cellules déciduales sont dépourvues de toute espèce de relations entre elles ; elles sont, en général, sensiblement écartées les unes des autres et les intervalles quiles séparent sont remplis par du mucus auquel les réactifs communiquent un aspect granulé ; en outre, on observe, épars dans cette masse muqueuse, des éléments inflammatoires dont la proportion est variable.

Tout cet ensemble est traversé par des capillaires dont la paroi est constituée par une simple couche endothéliale et dont le calibre est très large.

On se rendra bien compte de cet aspect des cellules déciduales en jetant les regards sur la figure 1 de la planche T; on constatera qu’en certaines régions, notamment au-

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dessous du point marqué s, le stroma normal est entièrement remplacé par de grosses cellules déciduales que des espaces plus ou moins considérables séparent ; en certains points, il y a des amas importants de cellules inflammatoires, z ; sur la figure 2 dela même planche, sont figurées, à un fort grossissement, des cellules déciduales, reconnaissables à leur volume et à leur forme.

D’autres modifications se produisent : L’épithélium cylindrique de la surface de la muqueuse disparaît peu à peu ; à la fin du premier mois de la grossesse, il commence déjà à faire défaut.

Les glandes sont également le siège de modifications manifestes : les cavités glandulaires s’accroissent et l’épithélium de revêtement (r, fig. 4, pl. I) est sensiblement surbaissé et perd une partie de ses caractères d’épithélium sécrétant. Au lieu de cellules cylindriques élancées, on observe des éléments qui ont une tendance à s’aplatir.

Ce surbaissement marche de pair avec l’évolution de la grossesse et est déjà très net dès la quatrième mois ; dans nombre de cas, on peut, avec quelque attention, retrouver tous les stades intermédiaires par lesquels passent les cellules glandulaires pour se transformer en la mince lame de protoplasma qui tapisse normalement la surface interne des cavités glandulaires de l'utérus gravide. Seule la portion de la glande qui avoisine immédiatement la tunique musculaire ne subit pas de modifications ; là les cellules conservent plus ou moins leur forme normale jusqu’à la fin de la grossesse et ce sont elles qui, plus tard, servent à régénérer l’épithélium de revêtement de la muqueuse. |

La villosité choriale est absolument pathognomonique et son diagnostic ne peut faire l’objet du moindre doute.

On peut déjà acquérir une notion suffisante de la structure de la villosité, en prélevant directement quelques

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fragments chevelus, en les dissociant sommairement et en ajoutant quelques gouttes d'acide acétique et de picrocarmin ; avec quelque habitude, on peut reconnaître ainsi sans aucune hésitation la nature de ces sortes de masses cylindriques de tissu muqueux limité par du tissu épithélial.

Mais c’est par la méthode des coupes qu’on obtient des indications réellement précises.

Par suite de l'impossibilité d'orienter les villosités, celles-ci se présentent sur les coupes sous des formes variées : disques, ovales, ellipses, etc...; chacune d'elles est séparée par des espaces libres plus ou moins larges ; dans les intervalles, il peut exister des formations sur lesquelles je reviendrai plus tard.

Un exemple typique de villosités choriales est représenté dans la figure 28 de la planche IV.

La coupe renferme une série de sections de villosités choriales affectant la disposition suivante : à la périphérie, la villosité est limitée par une couche épithéliale à éléments surbaissés, dessinant sur une sorte de lame parsemée de noyaux, disposés sur deux ou même trois rangées. Cette dernière est recouverte, à son tour, par une couche protoplasmique multinucléée (syncytium),plus ou moins morcelée, dans laquelle il n'existe pas delimites cellulaires.

Au centre, on observe des capillaires dont l'aspect et les rapports varient suivant que la coupe provient de la partie proximale ou de la partie distale de la villosité.

Tout le restant est constitué par du tissu muqueux, c’'està-dire par des cellules arrondies et de petite taille, des cellules étoilées, des fibres élastiques et conjonctives, englobées dans une masse fondamentale formée par de la mucine.

Enfin, entre les villosités, on observe fréquemment des cellules géantes (débris du syneytium), renfermant un nombre considérable de noyaux ainsi que des cellules déciduales se présentant avec leurs caractères habituels.

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Comme on le voit, la villosité choriale normale a une constitution telle qu’elle ne peut être confondue avec aucune autre formation. Mais par suite de la rétention du placenta, après la mort du fœtus, il se produit des modifications qui n’en altèrent pas profondément la physionomie, mais qui méritent d’être signalées en quelques mots.

Tout d’abord (figure 17, planche IT), la masse peut être tout entière pénétrée par des cellules inflammatoires qui forment des amas denses entre les différentes villosités ; en second lieu, le tissu muqueux du stroma peut se transformer en un tissu fibreux, scléreux ; quant à la couche épithéliale, elle ne subit pas de modifications sensibles.

Ce n’est là qu’un exemple, entre beaucoup, des modifications que subissent les fragments placentaires retenus dans l'utérus; on concevra aisément la multiplicité des aspects sous lesquels peuvent se présenter ces preuves anatomiques de la grossesse, suivant l'intensité des phénomènes infectieux et aussi suivant la durée de la rétention.

$ 8. — Muqueuse utériné dans le cas

de grossesse ectopique

Les observations, publiées actuellement, ne permettent pas d’aflirmer que, dans tous les cas de grossesse ectopique, une caduque est expulsée spontanément de l'utérus ; fidèle au plan que je me suis tracé, je ne puis résumer ici, même d’une manière succincte, les cas où ce phénomène a été constaté ; il me suflira de rappeler que le fait peut se produire, que moi-même j'en ai observé deux cas et que, dans ces Conditions, la muqueuse utérine présente des modifications qui permettent de formuler un diagnostic.

D'une façon générale, dans la grossesse ectopique, la

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