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CHAPITRE PREMIER

INFLAMMATIONS DIVERSES $S 1. — Inflammation du col

A la suite de traumatismes, même légers, mais répétés (excès de coït, pessaire, etc.), ou de causes banales d’infection (infections vaginales, attouchements dans la cavité cervicale), le col peut s’enflammer : dans ces conditions, le revêtement épithélial est altéré, détruit par places et souvent pénétré par des éléments embryonnaires.

Le stroma conjonctif de la muqueuse est abondamment infiltré de cellules inflammatoires en même temps que les capillaires sont dilatés et gorgés de sang.

Le processus inflammatoire à rapidement un retentissement sur le tissu sous-jacent à la muqueuse: les interstices qui séparent les faisceaux musculaires les uns des autres sont remplis à leur tour d'éléments inflammatoires. he

Lorsque la restitutio ad inlegrum tarde à s'effectuer, du tissu de granulation fait son apparition et se différencie progressivement; on trouve bientôttous les intermédiaires entre les cellules arrondies et les cellules étoilées. La structure de ce tissu ne présente d’ailleurs rien de spécial qui mérite de retenir l'attention.

$ 2. — Ulcération

En outre des altérations décrites plus loin (4) sous le nom d’érosion, le col peut présenter d’autres lésions

qui méritent pleinement le nom d'ulcérations. Parmi les

causes qui produisent ces dernières, nous citerons l’action trop brutale de certains topiques, la pression des pessaires, l’abaissement et le prolapsus utérins.

Ces ulcérations peuvent atteindre des dimensions notables (1, 2, 3 centimètres).

Dans certains cas, ces excoriations sont susceptihles de faire naître dans l'esprit du gynécologue les plus graves préoccupations : l'aspect de la plaie suscite involontairement l’idée de néoplasme.

Malheureusement, si l’ulcération du col constitue une forme clinique asseznette, en revanche elle est absolument dénuée de caractéristique anatomique. Et cela est tellement vrai que celle-ci ne doit être considérée, en quelque sorte, que comme un épiphénomène, comme la manifestation extérieure de processus pathologiques évoluant dans l'épaisseur du tissu cervical. Ceux-ci, d’ailleurs, sont extrêmement variés : ils peuvent relever de la métrite, de la syphilis, de la tuberculose ou de l’épithélioma. Ce dernier cas est même assez fréquent et la plupart des examens histologiques qu'on est appelé à pratiquer, dans ces conditions, n’ont guère d’autre but que de déterminer s’il s’agit de dégénérescence néoplasique.

Pour ce qui à trait aux manifestations cervicales de la tuberculose et du cancer, je renvoie, sans insister davan-

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tage aux paragraphes consacrés à ces affections (1); d’ailleurs, le tableau du cancer, même à ses débuts, se distingue aisément de l’inflammation microcellulaire.

Quant aux ulcérations syphilitiques, il faut reconnaitre que le diagnostic histologique en est à peu près impossible.

Dans l’ulcération simple, la seule lésion constante, c'est l’'abrasion de l'épithélium ; au-dessous, on trouve un tissu de granulation en voie de prolifération active, s'étendant plus ou moins dans la profondeur et parsemé d’extravasations sanguines.

En présence d'’ulcération du col, on doit toujours avoir présente à l'esprit l’idée de cancer cervical et en discuter la possibilité en se basant sur les caractères propres à cette affection, d'autant plus qu'il est vraisemblable qu'à un moment donnéle cancer peut se développersurune ancienne ulcération métritique. Aussi est-il parfois extrêmement difficile de reconnaitre anatomiquement je stade de transition, le passage de l'ulcération au cancer. Mais les faits de ce genre sont heureusement exceptionnels.

$ 3. — Ectropion

Dans le cas d’ectropion du col, les lésions spéciales, d’ailleurs minimes, ont une tendance marquée à se compliquer de phénomènes secondaires.

Déjà, à l’état normal, il est difficile de fixer, d'une manière précise, leslimites respectives des deux espèces d'épithélium qui tapissent le col: on peut admettre que la face vaginale est recouverte par des cellules pavimenteuses, la portion utérine par des éléments cylindriques ; mais, si

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une telle démarcation est encore possible, à la rigueur, sur un Col de vierge, la chose devient singulièrement délicate chez une multipare chez laquelle il existe toujours un certain degré d’ectrôpion : on conçoit, dès lors, combien il est difficile d’établir une délimitation entre les phénomènes physiologiques et les phénomènes pathologiques.

De ces faits résulte la nécessité de s’enquérir exactement sur le siège de la portion qui a été excisée dans le but d’être soumise à l'examen histologique : sinon, on s’exposerait à voir des phénomènes d’érosion là où il ne s’agit en réalité que d’ectropion.

On peut résumer de la façon suivante les altérations du col dans l’ectropion : l’épithélium cylindrique est remplacé par l’épithélium pavimenteux; et, pour peu que l’inflammation envahisse les tissus, les vaisseaux se dilatent, et se multiplient en même temps que les glandes prolifèrent et s'accroissent ; enfin, l'obstruction des conduits des glandes détermine la formation de kystes. L'ensemble de ces modifications se rattache ainsi étroitement à la métrite.

S 4. — Érosion

Une forme remarquable d'inflammation cervicale se traduit par une modification spéciale décrite sous le nom d’érosion.

Au point de vue macroscopique cette affection se traduit par la coloration rouge vif dela muqueuse ainsi que par son aspect brillant ; la partie superficielle est unie ou papillaire : en outre, ie moindre contact détermine des hémorragies. Chez les nullipares, l'érosion se présente en général comme une petite tache rougeâtre située au pourtour de l'orifice utérin; au contraire, lorsque le col a été plus ou moins modifié par des accouchements antérieurs, les

lésions sont situées excentriquement, parfois même dans les parages de l'insertion vaginale. En général, la lésion est bien localisée et ses limites sont facilement reconnaissables. Au voisinage des parties lésées, on observe fréquemment des kystes ou œufs de Naboth.

L'érosion est nettement caractérisée au point de vue

anatomopathologique ; elle consiste dans ce fait que la surface vaginale du col, qui normalement est tapissée par de l'épithélium pavimenteux, se recouvre d'épithélium cylindrique. C’est là un processus qui n’est pas sans offrir quelque analogie avec ce qu'on observe dans l’ectropion.

Cette modification est importante à connaitre, car, dans ces conditions, le col rouge, rugueux, granuleux et inégal suscite fréquemment lidée du carcinome; mais l'examen histologique lève facilement tous les doutes.

Ce processus peut revêtir trois formes anatomiques:

a. — Forme simple.

b. — Forme papillaire.

ce. — Forme folliculaire.

En effet, la muqueuse peut ne pas présenter d’autre changement que la substitution de l’épithélium cylindrique à l'épithélium pavimenteux ; mais il est fréquent qu'elle prolifère de façon à former toute une série d’éminences polypiformes ou de follicules ; dans ce dernier cas, le revêtement épithélial cylindrique émet des prolongements fongiformes irréguliers, de sorte que, sur les coupes, on à des images déchiquetées présentant, du côté de la partie libre, des ilots dépourvus de connexions avec le restant de la pièce et qu’on pourrait considérer comme complètement isolés, sil’on se bornaït à l'examen d’une seule lame, maïs qui en réalité se rattachent toutes par un pédicule plus ou moins long à la muqueuse ; dans les dépressions, débouchent les glandes, ”

Celles-ci sont extrêmement longues, sinueuses, rami-

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fiées ; elles sont dilatées et par conséquent plus rapprochées les unes des autres qu'à l’état normal.

Le stroma présente des altérations de métrite généralement peu accusées et renferme un nombre considéraple de vaisseaux.

La forme folliculaire est caractérisée par l'existence de kystes, dont le développement est parfois assez considérable pour réduire le stroma conjonctif à une mince trame dessinant une sorte de réseau caverneux ; l’épithélium des kystes n’a pas en général sa forme cylindrique habituelle; il est remplacé par des cellules cubiques aplaties.

Chez les nouveau-nées, on peut parfois constater au pourtour de l’orifice utérin des lésions qui, macrosCOpiquement et microscopiquement, rappellent très exactement les érosions de l’adulte ; vraisemblablement, il s'agit alors d'anomalies de développement et non de processus inflammatoires ; en tous cas, il ne semble pas que cette affection ait la moindre suite fâcheuse pour l'individu.

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