‹ Diagnostic Histologique des Curettages UtérinsChapitre 25 sur 46 · CHAPITRE Il · texte numérisé non relu

CHAPITRE Il

HYPERTROPHIES $ 4. — Prolapsus

Dans le prolapsus complet, on observe à la vulve une tumeur de volume variable et dont le revêtement présente des modifications anatomiques souvent assez prononcées pour être sensibles au toucher: au lieu de la sensation de muqueuse fournie normalement par le col, le doigt a l'impression d’une surface légèrement parcheminée.

En effet, dans les nouvelles conditions où elle se trouve, la muqueuse cervicale, suivant l'expression d’Abel, s'épidermise : au lieu de quelques couches légèrement kératinisées, on observe une épaisseur considérable de cellules cornées ; en même temps, les papilles à peine dessinées à l’état normal se mettent à proliférer. ae

Les lésions s'étendent, d’ailleurs, rapidement au stroma: en effet, tout utérus prolabé est presque fatalement voué à ’endométrite catarrhale. Comme ces lésions ne présentent rien de spécial dans ce cas particulier, il suffira de renvoyer pour plus de détails au chapitre consacré à la métrite cervicale.

$ 2. — Condylomes

Les condylomes sont infiniment plus rares au col (portion vaginale) qu'aux organes génitaux externes ; leur diagnostic clinique est en général assez facile pour qu'on n'ait guère besoin de le vérifier histologiquement.

Néanmoins, comme l'examen des coupes peut exposer l'observateur peu expérimenté à des confusions avec des productions néoplasiques, je crois utile de donner ici quelques indications sur la structure de ces excroissances.

Comme dans toutes les autres parties du. corps où on l’'observe, le condylome du col de l'utérus est constitué par une prolifération excessive des papilles en même temps que par une hyperkératinisation exagérée des couches épithéliales superficielles.

Évidemment, sur des coupes rigoureusement sériées et sensiblement perpendiculaires à la surface, la nature de ces formations ne peut guère faire de doute, mais lorsque l'orientation du rasoir est incertaine, les préparations peuvent offrir certaines analogies sur la signification desquelles on pourrait se méprendre.

En effet, par suite de la structure même du condylome (sur les coupes tangentielles, cette apparence est encore plus manifeste), les préparations sont remplies de papilles sectionnées suivant les inclinaisons les plus variées; lorsque le rasoir intéresse longitudinalement une papille, il n’y a pas d’hésitation possible, mais les coupes plus ou moins transversales sont plus délicates à interpréter en raison de leur ressemblance avec les globes cornés de l’épithélioma.

Bien que j'aie pu constater assez souvent de telles mé-

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prises, j'estime qu'avec un peu d'attention et une technique suffisante celles-ci sont faciles à éviter.

En particulier, sur des pièces bien fixées au liquide de Lindsay Johnson et colorées au triple mélange Magenta- Saüreviolett-Lichterün, les choses se présentent de telle façon qu'aucune confusion n’est possible : les cellules de Malpighi, colorées en rouge, se reconnaissent aisément à leur forme et à leur disposition régulière autour de la papille dont le tissu conjonctif se détache nettement en bleu ; à l’intérieur, il n’existe pas de cellules épithéliales, mais on y observe au moins quelques globules sanguins dont la présence lève tous les doutes que l’on pourrait avoir sur la nature néoplasique de ces sortes d'images.

Il est juste d'ajouter que, lorsque le couteau à rasé le corps de Malpighi sans entamer le derme, l'interprétation devient plus difficile : mais si on aeula précaution de sérier les coupes, on ne tarde pas, en examinant celles-ci suivant leur ordre de succession, à retomber dans le cas précédent.

Les autres lésions se résument :

1° En une hyperkératinisation très accusée de l’épithélium de revêtement ;

2° En une infiltration inflammatoire des couches sousjacentes au corps de Malpighi.

$ 3. — Élongation du col

On ne saurait apporter trop de circonspection dans la description des iésions caractéristiques de l'élongation du col; il est, en effet, extrêmement difficile da faire la part de ce qui revient en propre, au point de vue anatomopathologique, à cette affection, étant données les altérations qui viennent secondairement compliquer le processus initial.

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On peut résumer, d'une façon générale, les modifications du col dans l’élongation en disant que celles-ci rentrent dans la catégorie des allérations métritiques : la plupart des tissus qui entrent dans la constitution normale du col sont hypertrophiés (glandes, muscles, tissu conjonctif), sans toutefois que les rapports réciproques de ces divers éléments subissent des changements sensibles; ce qui frappe surtout, c'est le développement exagéré du tissu lamineux ainsi que l'accroissement du système vasculaire.

Ces indications sommaires suffisent néanmoins à différencier sans aucun doute possible l’élongation essentielle du col de l'hypertrophie secondaire due à une tumeur, dans le cas, d’ailleurs assez rare, où cette crainte viendrait à l'esprit du clinicien.

Dans la seule observation d'élongation du col que j'ai eu l’occasion d'étudier histologiquement et qui rentre, d’ailleurs, dans le schéma des descriptions classiques, j'ai trouvé, en somme, le tableau de la métrite.

Tout d’abord, je signalerai l'épaississement du revêtement épithélial, ensuite l’hyperkératinisation anormale de ce même tissu. Seules les couches immédiatement sus-jacentes au corps de Malpighi présentent encore une structure nettement définie ; tout le restant, c’est-à-dire la majeure partie de l’épithélium, est constitué par une sorte de croûte cornée, formée de lamelles aplalies.

Du côté du derme, on constate pourtant que les papilles sont notablement plus développées qu'à l’état normal et extrêmement irrégulières.

* Le stroma a complètement changé de physionomie : un tissu formé de fibres lamineuses, serrées et résistantes, parsemées de noyaux longs et minces, s’est substitué au stroma lâche, à cellules arrondies, de l'état normal. En outre, des cellules inflammatoires se sont infiltrées par

CERGÈIES

places, en particulier au voisinage de la couche de Malpighi et autour des glandes.

Les vaisseaux participent également à ce processus de sclérose. Quant aux glandes, on est frappé par l’active prolifération dont elles sont le siège; le revêtement épithélial foisonne et émet des prolongements qui se traduisent sur les coupes par des invaginations, de formes très variées et disposées sans aucun ordre dans la lumière dilatée: il s’agit, en effet, d'une forme éminemment catarrhale, ainsi qu’en témoignentles masses de mucus qui distendent les conduits glandulaires. Les cellules de revètement ne présentent rien de particulier à noter : elles sont nettement limitées du côté de leur base d'implantation: elles sont cylindriques, bien limitées, et renferment du mucus dans une portion notable du corps cellulaire.

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