CHAPITRE II
MÉTRITE CERVICALE
Les affections inflammatoires du col se distinguent assez nettement de celles du corps: la muqueuse cervicale proprement dite ne montre, en effet, guère de tendance à proliférer (exception faite pour les érosions), mais répond surtout par la production de mucus.
Cette différence dans la forme de réaction à l'infection est en rapport avec la nature du substratum anatomique. Les glandes du col ont une structure sensiblement différente de celles de la muqueuse corporéale et il importe d’avoir bien présente à l'esprit cette notion ; ce n’est pas ici le lieu de décrire ces faits d'anatomie normale qui sont exposés dans tous les traités classiques; j'insisterai seulement sur la nécessité qu'il y a pour le gynécologue de se familiariser avec ces dispositions par des examens répétés.
Point n’est besoin de nous arrêter sur les altérations de l’épithélium de revêtement ; celles-ci n'ont aucun caractère particulier. Comme dans tous les processus inflammatoires, il y a prolifération, nécrose et chute, ete., mais il ne faut pas oublier que la muqueuse est tapissée par deux espèces différentes d’épithélium et que l'aspect varie suivant la région envisagée.
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L'épithélium pavimenteux a une tendance manifeste à s'hyperkératiniser : lorsque l'affection remonte à une époque tant soit. peu ancienne, la plus grande partie du revêtement a subi la métamorphose cornée (Voyez la figure 4 de la planche I, et la figure 21 de la planche ID), et il se présente sur les coupes comme un réseau irrégulier de kératine, renfermant dans ses mailles des noyaux déformés. Quant aux cellules cylindriques, elles répondent plutôt à l'inflammation en proliférant.
La sous-muqueuse est également modifiée ; par placeson observe des amas de cellules inflammatoires (Voyez notamment l’ilot figuré en haut et àgauche de la figure 4 dela planche I et marqué :) assez importants pour remplacer entièrement, dans certaines zones, le tissu normal. Ces éléments sont surtout localisés dans les couches superficielles : il est même assez rare de trouver une infiltration notable s'étendant à la totalité de la muqueuse avec une uniformité comparable à celle qu’on constate habituellement au Corps de l'utérus. On rencontre ces cellules surtout dans le tissu qui avoisine les glandes : elles déterminent ainsi une cervicite interstitielle périglandulaire. En même temps que le stroma est ainsi pénétré, il subit d’autres modifications structurales consistant essentiellement en des phénomènes de selérose ; le processus retentit sur les vaisseaux qui sont à leur tour frappés d’endopérivaseularite.
Entin, les glandes réagissent avec une intensité remarquable. Leur lumière s'agrandit, le revêtement épithélial prolifère etilenrésulte sur les coupes desimages sinueuses, parfois assez complexes, toujours fort irrégulières (4), dont la figure 4 de la planche I donne une idée exacte.
(D Pour linterprétation des invaginafions glandulaires, se reporter aux indications qui ont été données ci-dessus, p. ET à propos de la métrite corporéale.
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Ces modifications anatomiques ont pour résultat une hypersécrétion muqueuse intense, hypersécrétion qui, ainsi qu'on l’a vu, est la note dominante de la réaction des tissus cervicaux vis-à-vis de l’inflammation.
Le mucus cervical est particulièrement dense et gluant ; mais je pense qu'il est inutile d'insister sur ses propriétés physiques, car les gynécologues ne savent que trop combien il est difficile de déterger le col enflammé des sécrétions qui le souillent.
Ses réactions histochimiques méritent de nous arrêter plus longtemps.
Le mucus se présente sous différents aspects qu'il faut connaître. Lorsque la pièce a été parfaitement enrobée et qu'aucune partie n'a subi de déplacements, les produits de sécrétion se présentent sur la coupe comme une mince lame, dont les contours rappellent plus ou moins exactement ceux de la cavité glandulaire ; en effet, sous l'influence des réactifs fixateurs et des alcools progressivement renforcés, des rétractions considérables se produisent inévitablement.
En général, les produits ainsi coagulés sont à peu près amorphes et c’est tout au plus si on y distingue quelques granulations, des vacuoles, de rares débris cellulaires (en particulier des noyaux) et quelques leucocytes.
Ces masses ont une affinité très marquée pour la plupart des teintures histologiques, mais en particulier pour les couleurs basiques ; ici encore la fixation par la liqueur de Lindsay Johnson suivie de la coloration par le mélange Magenta-Saüreviolett-Lichtgrün donne d'excellents résultats.
Lorsque le mucus séjourne dans les conduits glandulaires, il n’est pas rare de voir des leucoeytes le pénétrer en tous sens. Dans ces conditions, le revêtement cellulaire