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TUBERCULOSE UTÉRINE

La tuberculose primitive des organes génitaux constitue déjà une affection peu commune et, si on envisage uniquement l'utérus, les exemples en sont encore plus rares.

La répartition des lésions dans l'appareil génital ne semble, d’ailleurs, pas avoir de rapports avec la contagion sexuelle: en effet, il n'est pas très fréquent de trouver des tubereules sur le col ni dans le vagin surtout; leur siège le plus habituel parait être dans les trompes.

Néanmoins, la connaissance de ces faits est utile à l’histologiste, car, d'une part, le diagnostic clinique de la tuberculose localisée au corps utérin est presque impossible et, d'autre part, dans certains cas d’ulcérations du col la question du diagnostic (cancer ?) acquiert une réelle importance.

Depuis que Cornil a magistralement décrit la tuberculose utérine, ses caractères anatomopathologiques en sont bien connus et le diagnostic ne peut guère offrir de difficultés. |

Remarquons, tout d’abord, que, dans le tissu utérin, le bacille de Koch, manifeste sa présence par des lésions analogues à celles qu'il produit dans la plupart des autres tissus de l'organisme.

En raison de la grande ressemblance qu'affectent au col

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et au corps les processus tuberculeux, je réunirai dans un même chapitre ce qui a trait à cette question; d'autre part, comme le tissu cervical est plus fréquemment envahi et que le diagnostic histologique n’a guère l’occasion de s’0ccuper des lésions corporéales, c’est des altérations tuberculeuses du col qu’il sera plus spécialement question dans les lignes qui suivent.

Au point de vue anatomique, on doit distinguer, avec Cornil, trois formes de tuberculose utérine :

a) LA FORME MILIAIRE AIGUE. — Celle-ci n’est qu'un épiphénomène au cours d’une infection aiguë et, par conséquent, on peut admettre que jamais on n’a à s’en préoccuper au point de vue spécial du présent ouvrage : les signes cliniques, fournis par les autres appareils anatomiques, sont suffisamment probants; d’ailleurs, les lésions utérines, dans ces conditions, passent presque toujours inaperçues et doivent être considérées, pour la plupart, comme des trouvailles d’autopsie.

b) LA FORME INTERSTITIELLE. — Cette seconde forme a une marche, en général, lente, chronique ; cependant, elle peut se révéler par des manifestations inattendues parmi lesquelles je citerai un accident particulièrement grave, la rupture utérine au cours de l'accouchement. Dès lors, on conçoit aisément les services que peut rendre, dans ces conditions, l'examen de parcelles de muqueuse.

c) LA FORME ULCÉREUSE OU VÉGÉTANTE. — Cette dernière forme est particulièrement importante à connaitre; Car, non seulement c’est la plus fréquente, mais, de plus, elle se manifeste par des signes cliniques souvent difficiles à distinguer des manifestations épithéliomateuses.

Dans le cas de tuberculose végétante du col représenté par la figure 30 de la planche IV, le revêtement épithélial est absent; ce fait rentre, d’ailleurs, dans la règle générale, bien que dans certaines conditions les cellules per-

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sistent sans modifications et forment une couche continue. Dans la pièce en question, le tissu cervical est limité par des cellules inflammatoires arrondies de petites dimensions et dans lesquelles on ne peut distinguer le noyau du Corps cellulaire : l'élément, tout entier, forme une petite masse, fixant intensivement les colorants nucléaires, englobée dans une masse fondamentale, qui semble en voie de destruction. Ces mêmes cellules se retrouvent dans toute l'épaisseur de la muqueuse, mais en y subissant diverses modifications ; dans les couches profondes, notamment, ce tissu de granulation se transforme en tissu fibreux, au sein duquel on observe des tubercules typiques, 4x, renfermant des bacilles avec leur cortège habituel d'éléments embryonnaires et de cellules géantes à noyaux multiples (parfois une cinquantaine).

Le processus de sclérose, qui envahit le stroma, réagit sur les glandes. Celles-ci sont, d’une façon générale, profondément altérées. Tout d'abord, la lumière se dilate en même temps que l'épithélium se met à proliférer et à émettre une série de prolongements ; de plus, au voisinage des follicules tuberculeux, il se produit une poussée d'éléments embryonnaires qui se pressent contre la limitante. Sous la pression, cette dernière se rompt ; les cellules inflammatoires envahissent la glande et détruisent les cellules qui la tapissent.

C'est ainsi qu'on peut observer des glandes, dont il ne reste plus, comme derniers vestiges, que quelques cellules disloquées.

Comme dans tous les autres tissus de l'organisme, l’appareil vasculaire est également frappé de sclérose; en même temps que les tuniques s'épaississent d’une façon anormale, le calibre se rétrécit; en certains cas même, on observe des signes manifestes de dégénérescence amyloïde.

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Afin d'étayer aussi solidement que possible le diagnostie, on s’attachera à rechercher avec le plus grand soin les bacilles, mais il ne faudra pas s'étonner si, dans nombre de cas, l'examen bactériologique ne donne pas de résultats positifs : fréquemment, il s'agit au col de processus tuberculeux à bacilles rares.

Dans la muqueuse corporéale, les lésions tuberculeuses ne semblent pas affecter toujours ce même aspect. La partie superticielle de la muqueuse peut être entièrement formée par de petites cellules mortifiées, vitreuses, séparées les unes des autres par des fibrilles entrecroisées ; on ne retrouve alors ni épithélium, ni glandes, ni vaisseaux sanguins. Au-dessous, on constate la présence de cellules vivantes, au milieu desquelles sont répandues des cellules géantes. En somme, dans ces cas, on ne trouverait nulle part de granulations tuberculeuses typiques visibles à l'œil nu, ni même au microscope.

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