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CHAPITRE III

SARCOME

Le sarcome se manifeste dans le tissu utérin sous des aspects multiples qu'on peut classer de la façon suivante :

PAT PAT OI ME RUE ER Rene Fibrosarcome.

Sarcome kystique ou en grappes.

Sarcomes de a) Cervicale. :

| «) Sarcome diffus.

l'utérus déve-

JORRESSUS 6) Sarcome pédi-

culé.

B. Muqueuse.

b) Corporéale.

Les fibrosarcomes de la paroi ne se traduisant pas, au début tout au moins, par des modifications appréciables dans les produits de curettage sont en dehors du cadre de ce travail; d’ailleurs, on trouverait facilement aux chapitres Fibrome et Sarcome les éléments du diagnostic ; seules les tumeurs de la muqueuse méritent de nous arrêter.

a) Sarcome du col

La muqueuse cervicale peut être l’origine d’une variété de sarcome excessivement rare, décrite par les auteurs sous le nom de sarcome kystique ou en grappes; pour ma

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part, je n’ai pu m'en procurer d'exemple. D'après les descriptions, cette tumeur débute par une ou plusieurs végétations, par des excroissances polypiformes.

La partie centrale et le pédicule de ces sortes de néoplasmes sont formés par une trame vasculaire dont les mailles sont occupées par des petites cellules arrondies, des celiules sarcomateuses, globuleuses ou ramifiées ; les noyaux de ces dernières sont toujours très développés.

On observe, au voisinage des capillaires sanguins, des cellules fusiformes disposées annulairement sur l’endothélium ; les vaisseaux lymphatiques sont très dilatés.

Les portions superficielles sont constituées par de petits éléments dont la répartition et les connexions sont extrêmement variables par suite de la production d’infarctus hémorragiques, d’infiltrations œdémateuses.

Le revêtement de ces polypes est constitué soit par de l’épithélium pavimenteux, soit par de l’épithélium cylindrique, soit encore par ces deux espèces à la fois.

b\) Sarcome de la muqueuse corporéale

Les sarcomes pédiculés constituent des polypes faisant saillie dans la cavité utérine ; souvent, aucun caractère macroscopique ne permet de les distinguer des excroissances de nature métritique.

D'autre part, si, par suite de leur configuration extérieure et de leurs rapports, ils se distinguent nettement des productions sarcomateuses diffuses, en revanche la constitution histologique, dans ces deux formes, présente d'étroites analogies.

On peut schématiser, de la façon suivante, le développement du sarcome utérin :

Les éléments conjonctifs de la muqueuse, qui représen-

tent le point d’origine du néoplasme, commencent tout d'abord par proliférer ; en même temps, on observe une modification des parties lésées : les petites cellules du stroma, rondes ou fusiformes, s’accroissent et se transforment en éléments irréguliers dont les dimensions, quoique variables, sont sensiblement supérieures à ce qu'on observe à l’état normal; en outre, les noyaux de ces derniers sont volumineux, excessivement riches en chromatine.

La répartition de ces cellules sarcomateuses, au début tout au moins, est assez caractéristique : elles forment des ilots alternant avec les éléments normaux ; sur les coupes, cette disposition se traduit, par suite de l'intensité de coloration des noyaux, par une opposition très évidente que met en lumière la figure 3 de la planche I.

Quant à la forme des cellules, il est difficile de donner des indications précises à ce sujet, car elle ne présente aucune fixité ; en se basant sur ce caractère, la plupart des anatomopathologistes décrivent trois formes de Sarcome utérin :

a. — Le sarcome à petites cellules.

b. — Le sarcome à grosses cellules.

c. — Le sarcome à cellules fusiformes.

Mais je m'empresse de dire que ce sont là plutôt les différents stades évolutifs d’un même processus que des types fixes ; ce qui démontre bien la justesse de cette Opinion, c’est que dans un même sarcome on peut observer ces différentes formes cellulaires mélangées les unes aux autres ; le seul caractère constant, c’est que les tissus qui entrent dans la constitution du néoplasme peuvent toujours être rattachés, au point de vue morphologique, au groupe conjonctif.

Dans les planches annexées à ce travail, j'ai figuré deux exemples de sarcome de la muqueuse corporéale repré-

ÉTDERRE

sentant deux formes assez caractéristiques autour desquelles on peut grouper la plupart de celles qu'on a l'occasion d'observer.

Le premier cas (figure 3 de la planche I) est un sarcome à petites cellules rondes. Ces dernières se distinguent facilement des éléments fixes par leur volume et par leur active prolifération; en outre (et c’est là un caractère utile pour le diagnostic), elles sont abondamment pourvues de chromatine et par suite tranchent sur le fond moins coloré de la préparation. D'autre part, l'état de la muqueuse fournit des indications qui déposent en faveur de la nature néoplasique du processus : les dispositions normales sont modifiées; les glandes, notamment, sont partiellement détruites (voyez la partie supérieure de la figure 3 de la planche 1) : au contact du tissu néoplasique, in, les cellules glandulaires disparaissent.

Le diagnostic de ce sarcome ne peut guère prêter à confusion ; il ne présente des analogies superficielles qu'avec la caduque déciduale ou la dysménorrée membraneuse : or, on a vu précédemment (p. 22 etA7) qu'il existe des caractères distinctifs suffisants entre ces diverses altérations de la muqueuse.

Les difficultés peuvent devenir beaucoup plus grandes, lorsque le néoplasme est presque entièrement constitué par des petits éléments ne surpassantpas en volume les cellulesfixes du stroma et n’en différant que par la forme et la structure intime ; un premier Caractère peut, à la vérité, méttre sur la voie du diagnostie, c’est la multiplication prodigieuse du nombre des éléments, mais, dans de tels cas, la plus grande réserve s'impose et on doit s'astreindre à examiner une grande quantité de préparations afin dy déceler la présence de cellules géantes ; celles-ci ne sont en effet pas très rares dans cette variété de sarcome et elles constituent des éléments précieux d'appréciation.

Lorsque le sarcome renferme exclusivement des grosses cellules (au tout au moins une proportion notable de ces dernières), le diagnostic est facile. Les éléments néoplasiques ont subi une augmentation très sensible de volume, qui frappe dès le premier coup d'œil : telle est la pièce dont un fragment est représenté sur la figure 6 de lapl. I et qui se présentait à l'examen clinique sous la forme d’un gros polype faisant saillie à l’intérieur de la cavité corporéale.

La masse néoplasique était essentiellement formée de cellules, in, de grandes dimensions, remarquables en outre par la diversité de leurs formes : il y en a d’arrondies, de fusiformes, d'étoilées ; quelques-unes même sont plurinuclées ; dans toutes, les noyaux sont bien développés et très riches en chromatine.

Tous ces éléments sont englobés dans une masse fondamentale déjà assez abondante dans la portion figurée ici. mais prenant, en certains points, un développement prédominant

En dehors de ces cellules, la tumeur renferme encore des fibres conjonctives, c, et des capillaires sanguins dilatés dont la paroi est fréquemment réduite à une simple couche endothéliale

Dans certains cas, des cellules géantes peuvent être mélangées en notable proportion au tissu néoplasique ; dans ce cas encore, le diagnostic est aisé, seules les lésions tuberculeuses pourraient présenter quelques analogies mais la confusion est rendue impossible par la présence des bacilles, la structure des tubercules, la forme des cellules du stroma et la prolifération moins active des tissus tuberculeux.

Le sarcome à cellules fusiformes ne pourrait pas davantage être confondu avec la caduque déciduale; en effet, ainsi qu’on l’a vu (p. 22), un des caractères des cellules

LE MONES

qui se développent dans la muqueuse pendant la grossesse est la fixité de la forme et du volume; or, dans le sarcome, le polymorphisme est de règle : de plus,lenéoplasme se manifeste, au début toutau moins, sous forme de foyers épars, tandis que la transformation gravidique de la muqueuse se distingue par son homogénéité ; enfin, la disparition rapide des dispositions normales est un signe de la nature néoplasique du processus. Point n’est besoin de revenir sur la signification des villosités choriales (p.24), pas plus que sur les indications que peut fournir la recherche du glycogène.

En terminant ce chapitre, je mentionnerai simplement le chondrosarcome de la muqueuse utérine, dont je n'ai d’ailleurs pas eu de cas à ma disposition. Ruge, luimême, le considère comme rarissime. En tous cas, le diagnostic en serait des plus faciles en raison de la présence, au sein du tissu néoplasique, de chondroblastes.

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