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CHAPITRE VI

MOLE HYDATIFORME {I

Sous le nom de môle, les anciens accoucheurs désignaient toutes les masses développées dans la cavité utérine, qui pouvaient en être expulsées à un moment donné ; on conçoit dès lors facilement quel bizarre assemblage de productions hétéroclites on pouvait ranger sous ce vocable (débris placentaires, polypes, fibromes, caillots sanguins, etc.).

Actuellement, le terme de môle vésiculaire a une signification anatomopathologique précise et, malgré des variations de forme assez étendues, on retrouve dans tous les cas un ensemble de faits suffisamment caractéristiques.

En se basant sur l'aspect macroscopique, on peut distinguer trois espèces de môle :

a. — La môle pleine.

b. — La môle embryonnée.

c. — La môle creuse ou non embryonnée.

Ce ne sont là, à vrai dire, que des formes différentes d’un même processus pathologique, semblant impliquer la

(4) Désignée également sous le nom de môle vésiculaire, de myxome placentaire, etc.

gravidité de l'utérus (1). Son aspect est dans fous les cas caractéristique. Quand on a débarrassé la tumeur des caillots qui la souillent, elle apparaît toujours avec son aspect typique de grappe de raisin ou de frai de grenouille.

a) MôLe PLEINE, — Cette forme est presque exclusivement constituée par un amas de petites vésicules blanches, de forme et de volumes variables, réunies les unes aux autres par des filaments ténus.

b) MÔLE EMBRYONNÉE. — Dans certains cas, la structure de la môle est beaucoup plus complexe; on y retrouve, plus ou moins modifiés, les différents éléments constitutifs de l'œuf: la caduque enveloppe complètement la tumeur. Celle-ci se compose comme précédemment de vésicules, mais leur disposition est différente: elles baïignent dans un liquide clair et tapissent une cavité qui n'est autre chose que la cavité amniotique; le centre est occupé par un fœtus toujours aléré.

c) MÔLE CREUSE OU NON EMBRYONNÉE. — Lorsque, dans une tumeur du second genre, le fœtus vient à se résorber, on à affaire à une môle creuse ou non embryonnée; dans ce Cas encore la partie caractéristique estreprésentée par la vésicule, la seule dont il y ait lieu de se préoccuper iei.

On peut être appelé à faire le diagnostic soit sur des môles entières expulsées spontanément, soit sur des vésicules isolées détachées d’elles-mêmes ou extraites de la cavité utérine par le gynécologue; en général, une énorme quantité de sang recouvre ces fragments et il faut les en débarrasser avec le plus grand soin pour ne pas s’exposer

(1) I convient de rappeler que Schræder cite deux cas de môle chez des personnes de cinquante-trois.et cinquante ans, après la ménopause, et un troisième chez une jeune fille de dix-sept ans; de son côté, Stricker en a observé un exemple chez une enfant de neuf ans,

à faire des préparations ne renfermant guère que du sang.

Au point de vue histologique, la vésicule n’est pas autre chose qu'une villosité choriale modifiée ; comme on l’a vu, cette dernière se compose des parties suivantes :

a. — Un stroma central de tissu conjonctif riche en vaisseaux.

b. — Un revêtement épithélial formé de deux couches, à savoir : «, une couche épithéliale, en rapportavec le stroma qu'elle enveloppe d'une façon presque ininterrompue, et 8, le plasmodium ou syneytium dont la répartition est extrèmement irrégulière, presque toujours discontinue.

Ces différentes parties se retrouvent dans la vésicule de la môle plus ou moins altérées. Ën général, le tissu du stroma (Voyez la figure 26 de la planche IV) renferme une proportion de mucine beaucoup plus considérable qu’à l’état normal et peut même ne plus former (m, fig. 26) qu'un réticulum à larges mailles occupées par du mucus; toutefois, on note, en outre, quelques cellules embryonnaires. D'ailleurs, le tissu conjonctif peut, dans la môle, se présenter sous les formes les plus variées et dans la même préparation (tel est le cas figuré au n° 26 de la planche IV) on constate fréquemment la coexistence de tissu muqueux, m, et de tissu lamineux, c.

Telle est la structure du stroma de la vésicule de moyenne dimension ; lorsque le volume s’accroit considérablement, il se produit une raréfaction des tissus constituants ; les éléments anatomiques deviennent plus rares et finalement tout peut se réduire à un liquide de nature muqueuse, dans lequel flottent quelques cellules embryonnaires.

Le revêtement épithélial ne présente guère plus de fixité dans ses caractères. La couche épithéliale, r, n’est pas absolument constante ; elle peut, en effet, faire défaut dans certaines circonstances. Le plus souvent, elle se présente

sur les coupes comme une bande étroite de protoplasma, renfermant des noyaux arrondis et dans laquelle on ne distingue que de très rares limites cellulaires. Les noyaux sont, en général, disposés sur une seule rangée, mais la répartition est variable: on en compte, en certains points, deux ou trois couches et parfois même ils s’agglomèrent de façon à donner l'impression d’un pseudo-bourgeon épi thélial faisant saillie dans le stroma ou, au contraire, proéminant à l'extérieur.

Le syneytium forme la couche la plus superficielle du revêtement des vésicules ; il constitue pour les cellules épithéliales une enveloppe discontinue, constituée par une série de gros fragments protoplasmiques, plurinucléés dépourvus de toute trace de limites cellulaires.

Dans la figure 26 de la planche IV, le plasmode est représenté par des masses syncytiales, cg, aplaties, moulées sur la couche épithéliale, renfermant un nombre considérable de noyaux (12, 15, 50 et même 60), des vaeuoles et des inclusions multiples.

En résumé, la môle hydatiforme est caractérisée par des vésicules de volume variable, comprenant un stroma conjonctif plus ou moins riche en mucine, limité par un double revêtement cellulaire (couche épithéliale et syncytium).

MAS Vu :

Le Doyen, Le Président de la Thèse, BROUARDEL A. LE DENTU

Vu et permis d'imprimer :

Le Vice-Recteur de l'Académie de Paris, GREARD.

N. B. — Les nécessités du groupement en planches des figures n'ont pas pérmis de disposer celles-ci suivant l'ordre méthodique

adopté dans le texte.

Pour obvier à cet inconvénient, deux listes des fiqures ont été établies, l’une suivant l'ordre de succession, l'autre suivant l’ordre

méthodique.

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