‹ Diagnostic Histologique des Curettages UtérinsChapitre 5 sur 46 · REA · texte numérisé non relu

REA

difficultés que je puis apprécier combien est regrettable l'absence, dans notre littérature scientifique, d’un tel ouvrage : aussi, mettant à profil les ressources multiples du service de la clinique chirurgicale de l'hôpital Necker, je me suis proposé de combler cette lacune.

Les recherches nécessitées pour l'élaboration du présent travail ont toutes été effectuées dans les laboratoires de mes Maïitres, MM. les professeurs Le Dentu et Filhol ; c'est grâce à la libéralité avec laquelle M. Le Dentu a mis à ma disposition ses malades de ville et d'hôpital que j'ai pu mener à bonne fin le présent travail.

Malgré l’activité du service gynécologique de Necker, j'ai dù puiser à d’autres sources: mon ami, le D' Pichevin, m'a fourni un nombre considérable de pièces et d’observations provenant de sa clientèle privée; en outre, pour le concours dévoué qu’il m'a prêté pour la revision du texte, ila droit à toute ma gratitude.

Pendant plusieurs années j'ai travaillé à côté de M. P. Fabre Domergue, lui communiquant sans cesse le résultat de mes observations ; j'ai retiré le plus grand profit de ses conseils et de cette sorte de collaboration.

Enfin, je me permets d'adresser collectivement mes remerciements aux nombreux savants qui ont bien voulu me communiquer des matériaux d'étude ; je citerai spécialement MM. les professeurs agrégés Mauclaire et Varnier ; MM. les D* Blondel, Brodier, Cazin, Durante, Guinard, Le Pileur, Lyot, Morestin, Paquy, Paul Petit et Vitrac (de Bordeaux).

C'est à ces concours empressés que je dois d’avoir pu étudier personnellement presque toutes les affections utérines dont l’histologie permet de faire le diagnostic; c’est à l’aide de ces matériaux recueillis pendant plus de six années consécutives que j'ai pu établir le présent ouvrage, et en particulier les planches qui y sont annexées: toutes

PES" pete

les figures qui les composent sont originales; elles ont été exécutées, sous ma direction, par M, Osmin Cassas, dont je me plais à reconnaitre l’habileté et l'intelligence.

Je crois inutile d’insister ici sur l'importance des renseignements que l'examen histologique des produits de curettage utérin peut fournir au gynécologue.

Il y a longtemps déjà que l'accord est fait sur ce point, au point de vue théorique tout au moins. Assurément, dans un nombre considérable de cas, un clinicien exercé, en se basant sur l’ensemble des symptômes et des signes que la malade présente, en pratiquant avec soin l'examen direct, arrive, sans difficulté, à poserun diagnostic ferme. Mais parfois il sepeut que le diagnostic soit hésitant; que le médecin cherche une confirmation de ses hypothèses ; qu'il désire être fixé sur la nature de l’altération utérine qui demeure absolument inconnue. Malgré les renseignements fournis par la patiente, malgré l'étude approfondie des symptômes, malgré la mise en œuvre de procédés multiples qui permettent un examen direct aussi complet que possible, on en est réduit à des hypothèses.

Néanmoins, il faut de toute nécessité prendre un parti, parfois s'abstenir ou se résoudre à une intervention opératoire dont l'importance et la gravité varient singulièrement suivant le diagnostic auquel on s’est arrêté.

Dans ces conditions, on doit pratiquer l'examen histologique de la muqueuse utérine, et, dans la très grande majorité des cas, cette pratique fournira un diagnostic rigoueux.

Je ne crains pas de dire que, si cette méthode est, dans notre pays, relativement peu usitée, ce fait est imputable bien plus aux difficultés qui sont inhérentes à celle-ci qu'à ses imperfections.

En effet, la plupart des gynécologues, en France notamment, absorbés par leurs devoirs professionnels et accapa-

Dr Eure

rés presque exclusivement par la clinique pure, ne peuvent guère songer à se livrer à de telles recherches histologiques; d'autre part, comme je l’ai déjà indiqué, la pauvreté de la littérature est un grave obstacle pour les plus zélés d’entre eux. En second lieu, il faut reconnaitre que cette méthode n’a pas eu d’ennemis plus dangereux que ceux qui, insuffisamment préparés à cette besogne, ont, par de faux renseignements, induit en erreur des opérateurs et les ont ainsi amenés à pratiquer des opérations inutiles.

On concevra aisément quels méfaits on peut reprocher à cette pratique, puisque ses indications se posent avec le caractère impératif des sciences exactes. Pour ma part, au laboratoire de Necker, j'ai eu nombre de fois l’occasion de rectifier de ces diagnostics erronés qui pouvaient aboutir aux pires excès.

Telle femme est adressée à la clinique avec le diagnostic histologique : épithélioma de l’utérus. Au spéculum, certaines lésions du col semblent bien confirmer l’avis formulé par le médecin de la ville. L'examen histologique pratiqué à nouveau prouve qu'il s’agit simplement de formations normales interprétées fautivement.

Pour avoir de la valeur, ces examens doivent être pratiqués par des ommes compélents en histologie normale ; quelque évident que cela soit, je ne crains pas de le répéter, la connaissance approfondie de la structure normale de la muqueuse utérine est indispensable à

. quiconque veut en étudier l'anatomie pathologique ; l'oubli de ce principe élémentaire n’est que trop souvent la cause d'erreurs des plus regrettables.

Dans le présent ouvrage, je n’ai pas eu d'autre but que de mettre le gynécologue, préalablement éclairésur les faits d'histologie normale, en état de faire le diagnostic des cas douteux qu'il peut rencontrer dans sa pratique et de lui servir de guide.

Page 1