‹ Diagnostic Précoce et Prophylaxie de l'Encéphalite ÉpidémiqueChapitre 2 sur 18 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

Après une période d’accalmie, l’épidémie d’encéphalite qui a sévi avec tant d’intensité en France en 1918 tente actuellement un retour offensif. Depuis les premières observations publiées en 1918 et les discussions auxquelles elles ont donné naissance, le champ de nos connaissances relatives à cette maladie jusqu’alors peu connue s’est considérablement accru. Tant par des rapprochements d'observation clinique que par les surprises des recherches de laboratoire, on a pu lui rattacher un grand nombre de manifestations symptomatique très différentes de ces cas typiques initiaux et qui, au premier abord, semblaient en tous points étrangères les unes aux autres.

C’est qu’en effet l’un des principaux caractères de la maladie est son polymorphisme. SICARD à pu, à juste titre, le qualifier pour cette raison de névraxite, tant sont étendues et diverses les manifestations cliniques dont elle est le point de départ. C’est dire la difficulté extrême d’un diagnostic positif et rapide dans un très grand nombre de cas, soit parce que les symptômes sont tellement atténués que le malade, et le médecin, croient à un simple malaise, soit que l’as-

pect clinique se présente sous un tableau si éloigné

ATOS

des observations initiales qu'il prête à confusion avec une autre maladie. Et pourtant, il serait particulièrement utile de connaître la maladie sous toutes ses formes, afin de pouvoir établir un diagnostic précoce, car l’encéphalite dite léthargique est bien une maladie épidémique.

Pour contribuer à rendre possible ce diagnostic précoce nécessaire, il y a intérêt à ce que le praticien connaisse toutes les formes signalées jusqu'ici. Il nous a donc semblé intéressant de tenter, dans un premier chapitre, de dresser un tableau aussi exact que possible et une classification de toutes les formes de la maladie signalées jusqu'ici, en insistant, au sujet de cértaines d’entre elles que nous avons pu illustrer d'observations nouvelles, sur les éléments permettant l'établissement du diagnostic dès le début de l’affection.

Le diagnostic posé, nous tenterons, dans la seconde partie de ce modeste ouvrage, d'envisager les moyens dont nous pouvons disposer, dans l’état actuel de la question, pour enrayer dès ses premières phases l’évolution de l’encéphalite épidémique et pour réaliser à la fois la prophylaxie individuelle et la prophylaxie sociale de cette maladie, d'autant plus redoutable, semble-t-il, dans son évolution ultérieure et dans ses complications tardives, que les manifestations du début ont été moins franches et plus difficiles à identifier. Il s’agit bien, en effet, d’une maladie épidémique, la constatation de cas familiaux sont aujourd’hui assez nombreuses pour écarter tous les doutes à ce sujet, et le virus en est d'autant plus redoutable qu’il

POLS À Lo

semble conserver pendant très longtemps sa vitalité -et qu’il est impossible de savoir actuellement, comme l’a montré récemment M. SaNToN, combien de temps un sujet atteint d’encéphalite épidémique est suscep: tible d’en cultiver le germe et de le transmettre à ceux qui l’approchent. Des cas ont été publiés, dans lesquels cette période a été de plus de trois ans. Des mesures prophylactiques sont «donc à envisager à toutes les périodes de cette longue évolution. Les conditions du succès sont, avant tout, un diagnostic précoce, entraînant comme sanction immédiate un traitement précoce, un isolement relatif et une sur. veillance médicale poursuivie jusqu'aux dernières manifestations de la maladie, selon des règles que nous allons nous efforcer de préciser.

Nous envisagerons donc successivement :

1° Les éléments du diagnostic précoce de l'encéphalite épidénique sous ses différentes formes cliniques; 2° Le traitement de la maladie à sa période initiale æt sa prophylaxie.

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