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M, LE PROFESSEUR GRANCHER

Ainsi que nous l’avons dit au commencement de notre thèse, nous avons été initié par notre maître, M. le docteur Auclair, à reconnaitre les troubles de l'inspiration du début de la tuberculose pulmonaire chronique, grâce à la méthode d'examen clinique préconisée .par M. le professeur Grancher. Nous avons été vite convaincu de l'excellence de cette méthode, qui seule permet de dépister les signes si délicats de la première étape de la phtisie, nous allons donc l’exposer avec quelques détails.

Tout d’abord, M. le professeur Grancher a ainsi fixé la position la meilleure à donner au malade que l'on va examiner : celui-ci doit être ausculté debout, le dos appuyé contre un meuble ou un mur, les bras pendants le long du corps, la bouche entr'ouverte. le menton légèrement soulevé. Cette position présente un double avantage : les mouvements d'expansion thoracique du sujet se font plus librement, l'inspiration est plus large et plus profonde, d’autre part la tête du médecin étant à peine inclinée, celui-ci évite le léger trouble de circulation cérébrale que donne la situation déclive, trouble qui suffit à diminuer la finesse des perceptions auriculaires.

— Al —

Pour ces motifs, le malade sera ausculté dans son lit le moins souvent possible, et seulement lorsqu'il ne pourra pas se lever pour une raison quelconque. S'il s’agit d'un enfant, il conviendra ou de le faire monter sur un tabouret ou au contraire de prendre une chaise haute, afin que l'oreille soit à la hauteur des sommets pulmonaires.

On comprend facilement que les signes fragiles de la première étape de la phtisie puissent être modifiés grandement, suivant la façon dont se produit l'acte respiratoire. Or, nous savons combien sont nombreux les malades qui ne savent pas respirer, qui respirent irrégulièrement, en saccades, trop ou trop peu ! Aussi M. le professeur Grancher recommande-t-il avant d’ausculter, de S'assurer si l’acte respiratoire s'effectue d’une façon convenable, et au besoin de faire l'éducation du malade sur ce point. Nous ne pouvons mieux faire que d'emprunter les lignes suivantes à une de ses cliniques faite à l’hôpital des Enfants-Malades (1):

« Avant d’ausculter, apprenez à votre malade comment il faut respirer. Il y en a qui, quand on leur dil: ayez la bonté de respirer largement, suspendent involontairement leur respiration ; plus souvent les malades se croient obligés de faire des mouvements thoraciques extraordinaires avec des saccades et des efforts. Une auscultalion faite dans ces conditions ne peut donner aucun résullat. D’autres malades inspirent bien, mais ne savent pas, quand on les ausculle, vider complètement leur poitrine, en sorte qu'aux

(1) Grancher. D. précoce de la tub. pulm. comm. Bull. Médic., 10 juillet 1895.

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