Dialogue sur une question importante [microforme]
tion du Jugement de Son Honneur lé Juge Berthelot, touchant , l'érection civile de la Paroisse Notre-Dame de Toutes-Grâces. )
SCÈN ÉÊ I.
Ephrème, François, Chartes, Joseph.
CHARLES. —I1 me té ide de savoir quel se:a le jugement de Son Honneur le Juge Burthelot.
JOSEPH,—Et moi aussi,
François. Je pensé connaitre d'avanre ce jugement.
MÉvnèMe - --Ht moi je sais positivement ce qu'il sera.
CnaABLps.—Comment peux-tu le connaître déjà ? Son Honneur, je br pose, ne te l’a pas communiqué.
EPrRâux.— Assurément non ! Mais Île Juge Bortholot est un horime de sens, de jugerrent ; il à l'esprit droit ; il airnoe la justice , çà me suffit,
FRANÇU:S. II est de plus franchement catholique, et, à cé titre, il doit être fatigué des misères faites par le Sémi-
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naire à notr> saint évêque, et sentir Le besoin de mettre fin à une opposition aussi injuste que scandaleuse,
Joseru.—Ce n’est pas le Séminaire qui fait cette opposition, mais la Fabrique.
FRANgois.—Allons donc ! la Fabrique ! Tu dois connaître mieux que cela, mon cher Joseph. Quel intérêt les marguiiliers peuvent-ils avoir à taquiner l'autorité épiscopale, jusqu’au point je traîner indirectement les actes de cette autorité sacrée jusque devant les tribunaux eivils ? Ne vois-tu pas que ces braves gons, tous, dans le fond, bons catholiques, sont la proie facile, la dupe des MM. du Séminaire ? La Fabrique et les marguillers, dans toute cette malheureuse affaire, sont les paravents, ils servent de rideau, et c'est le Séminaire qui est dans la coulisse.
Josepx.-—Muis pourquoi les messieurs du Séminaire se cacheraient-ils ?
FRançots.—D'abord, parce qu'il est honteux à des prétres dé vouloir entraver l'autorité d’un évêque ; ensuite, parce qu'ils savent qu’ils ne peuvent, eux-mêmes, porter une cause ecclésiastique devant l'autorité civile, sans ercourir, par là même, la censure de l'Eglise,
CuHanLes.—-N'est-ce pas juger trop sévèrement le Séminaire que de l’accuser d'être la cause de toutes les oppositions contre le démembrement ? Qu'en üis-tu, Ephrême ?
Ernrême.--Non ! Les faits mêmes établissent que le Séminaire est la cause première de tout ce trouble,
CnarLres.--Quels faits ?
Erxrémx.C'ost le Séminaire qui, le pramier, à protest6 ; s’il avait accopté le démembrement, purement et simplement, comme il s'y était engagé sur Lhoenel personne n'aurait pensé à s'opposer à cette mosure impérieuse ment reclamée,
C'est le Séminaire, ce sont ses membres qui sont venus dans les localités ot jusque dans nos foyers, essayer de surprendre ia bonne foi du peuple en lui disant des choses complétement fausses,
Hit encore, Jamais le Séminaire n’a dit aux marguilliers un seul mot pour les engager à cesser l'opposition. Son silence était une appiobation tacite de la conduite de Ia Fabrique. Je connais un marguillier, homme de bon sens, qui disait un jour à mousieur le curé Rousselot : # Monsieur le Curé, nous sommes des malheureux ; rous entravons, nous taquinons l’évêque. Pourtant, notre évêque, c'est, au milieu de'nous, le représentant de Jésus-Christ, À lui et non à nous, pauvres ot simples fidèles, de voir ce qui est utile à l’intérêt des mes, Co n'est pas nous, mais
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l'évêgas qui répond des âmes qui lui sont confiées. Ah! nous sommes bien coupables de ‘ui faire la guerre, à ce bon évêque. ‘Vous, monsieur le Curé, qui savez si bien votre catéchisme, que vous dites dé ceux qui ne vous écoutent pas, qu'ils doivent être regardés comme des païens et des publicains, que devez-vous penser de vos marguilliers qui non-seuiement n’écoutent pas leur êvéque, mais qui vont jusqu’à lui faire la guerre. De grâce, monsieur le Curé, ayez pitié de vos marguillers ; faitesleur l’aumône d’un bon conseil ; dites-leur que ceux qui n'écoutent pas les évêques et qui s'opposent à leurs décrefs, sont dans ia mauvaise voie ; et ce bon conseil, venu de vous, monsieur le Curé, fera cesser, j'en suis sûr, toutes les difficultés présentes. :
CnarLes.—EÆEt que fit monéieur le Curé ?
ErnRÊme.— Rien. Je me trompe : il fit tout ce qu'il put afin d'engager les marguillers à persévérer dans leur opposition à l'évêque, Le seul fait du silence des MM. de St, Sulpice, quand ils savent qu'un mot de leur part suffrait pour apaiser toutes les difficultés, est assez sighificatif, n'est-ce pas ?
Oxanres.-Tout cela est bien étonnant. Cependant, tu ne saurais Croire la peine que j'ai à me figurer les MM. du Séminaire aussi coupables qu'on le dit. Ce sont de saints hommes, et je ne vois pas qu'ils pâissent avoir autant de torts,
Ernrême.--Tu préfères croire Mgr, de Montréal coupable de toutes les indignités...........
CHarzes.-—Notre évêque est un saint homme ; mais il est entêté, il a un entourage qui le perd, et il voudrait s'emparer des biens du Séminaire,
EPnRÊêMe.--Voyons, Charles, sois franc, Qui a mis de
areilles idées dans ta tête ? Sont-ce des gens respecta-
les ?
CuanLxs.—-Je crois bien ! Des prêtres comme messieurs Rousselot, Daniel, Talet et d’autres peuvent être crus sur
parole, Or, ces prêtres m'ont dit ces choses et les ont dites
à bien d’autres.
Josepn.—Oui, les messieurs du Séminaire ne se gênent pas de dire que l'évêque veut s'emparer de leurs biens... . RpmrÊME.--Jl ne faut pas accuser tous les Sulpiciens d'une semblable turpitude ; car, Dieu merci, il y a au Séminaire des prêtres qui gémissent des difficultés présentes
. ét qui soupirent après la sonmission du Séminaire à notre
évêque. Malheureusement, ils sont en petié nombre et on sè garde b'en de les mêler à l'administration.
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CHARLES.—Si l'intention formelle de Monseigneur n'était pas de s'emparor dos biens du Séminaire, les Sulpiciens ne lui feraient pas d'opposition. Tls ne luttent que pour conserver une fortune légitimement acquise et toute consacrée aux bonnes œuvres
Ersrême.—-Tlu es dans l'erreur, mon cher Charles. Si le Séminaire entrave l’autorité de l’évêque, c'est purement et simplement afin d'échapper à sa juridiction. Le Sulpiciens voudraient n'avoir aucun ordre à recevoir de l’évéque ; ils voudraient avoir dans l'Eglise une position à part qui ne s'est jamais vue et qui ne se verra jamais : celle d'être plus évêques, plus maîtres que l’évêque lui-même. Voilà pourquoi ils ont tout fait, depuis de longues. années. Voilà pourquoi ils ont employé tous les moyens, et même les moins avouables.
CHARLES.—-Ce q'ie tu dis là, Ephrême, est très gravé ei demande des explications." Surtout quand il s’agit des prêtres, on ne doit rien leur reprocher d'indigne, sans être bien sfr de ce que l’on dit. Aussi...…,
Françors.—Et quant il s’agit de l'évêque et de son entourage, faut-il aussi des preuves ?
Toi qui dis que l’Evêque est un voleur, que ses chanoiues sont des ambitieux, etc., ete., as-tn des preuves ?
° CHARLES, un peu embarrassé.—Je dis ces choses sur le témoignage de certains MM. de St. Sulpice
Fr RANÇOIS. —Leur as-tu demandé des preuves ? Leur astu dit qu'on ne doit rien reprocher d’indigne à des prétres, surtout à un évêque sans être bien sûr de ce que l’on dit ?
CHARLES, plus embarrassé.-—ÆKt...... ma foi ! non!
FRançots. —Eh bien ! J'engage Ephrême à te prouver l'indigne conduite des MM. de St. Sulpice , je engage à te prouver les faussetés qu'ils ont avanèées contre les évêques. Puis, quand tu auras entendu cette triste preuve des torts du Séminaire e,jo t'invite à aller trouver les MM. du Séminaire qui t'ont préjugé contre ton évêque et contre le clergé de ton pays, je t'invite à leur raconter tout ce q1'on t'aura dit sur eux, à leur el à Ale les faits et les raisons qui les condamnent : puis à leur demander de se justifier, s'ils le peuvent. Ils te répondront, qu'ils sont calomniés, persécutés, qu'ils souffrent pour lu justice, ete., ete, et qu'ils préfèrent se taire, afin de mériter du bon Dieu. Alors, tu leur diras: Libre à vous, messieurs, de soufrir, sans rier dire, ce qui se dit sur votre compte, Mais vous m'avez dit telle chose sur l'évêque, toile autre sur ses chanoines ; prouvez, au moins, que VOUS avez räi-
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