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PQ, UE son d'accuser de tels hommes. Prouvez que vous n'êtes point, Vous-mêmes, des persécuteurs, des calonniateurs. üt tu verras qu'ils ne pourront rien prouver, mais rien, absolument rien.
CHaries.—J'accepte le défi. Que quelqu'un me prouve les tozts des Sulpiciens et je m'engage à suivre le conseil de François.
EPHRÊME.—Tu vas être satisfait. Je vais te prouver que les Sulpiciens ont toujours eu la prétention de gouverner l'Eglise de Montréal; qu'ils se sont conduits indignement envers M. Lartigue, qu'ils ont tenu la même conduite à l'égard de Monseigneur Bourget, et que l'accusation de voleg leurs biens, ils l'ont porté non-seulement contre notre évêque mais contre tous les évêques qui ont voulu les soumottre à l'autorité.
CHaARLES.—Je t'écoute. Commence.
Josern.—Et moi aussi, j'écoute. On va voir siles Sulpiciens sont si coupables,
EPRRÊME.—D'al.xd, les Sulpiciens ont toujours la prétention de gouverner l'Eglise de Montréal à leur guise, et
en dehors du contrôle épiscopal. Les difficultés qu’ils sou-
lèvent aujourd'hui contre le démembrement, il$ les ont invoquées contre l'établissement du déocèse, contre la juridiction des évêques de Québec,à commence: par Mur. Laval.
Leur esprit est si bien connu, sous ce ranport, même à
: Rome, que Pie IX n'a pas craint de leur rendre ce témoi-
gnage, en disant : # C’est à l’Evêque à gouverner son “ Eglise. ”’ St. Paul na üit: # Posuit Episcopos regere & Ecclesiam. Dei. ” Mais il n’4 nas dit : “ Posuit Sulpi- “ cianos regere Ecclesiam Dei. ’’ Les pauvres Snlpic'ens, « ils voudraient être maîtres de gouverner l'Eglise, mais ils “ n'ont pas roçu les grâces nécessaires pour cela. C’est & l'évêque qui à reçu pour cela les grâces particulières : # Posuit Episcopos et non Sulpicianos regore Ecclesiam Del. !
Josern.--Que veut dire ce latin ? à
Eranfme.—Que “ c'ust aux évêques et non aux sulpiciens à gouverner l'Eglise de Dieu ! !'11!11” Il n'en faut pas plus pour juger du “ droit d'appel, invoqué par les Sulpiciens. Le Souverain Pontife n'x pas lancé ces paroles au hasard et sans savoir qu'elles étaiont méritées.
FRançois.—Une conduite inqualifiable peut-seule justifier de tels reproches tombés de la bouche du plus g'und,
‘du plus doux et du plus saint des Papes.
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FA
: Ernnfmr.-Ainsi, voilà ma première accusation prouvée
par le Pape; je passe à la douxième, savoir: la conduite du Séminaire envers Mgr. Lartigue.
Le ler Février 1820, “ un bref apostolique préposait au gouvernement spirituel de la cité et du district de Montréa!, Mgr. Lartigue, en qualité d'auxiliaire, suffragant et vicuire-général de l’évêque de Québec.
Le 20 Février 1821, Mgr. Plessis, évêque de Québec adressait un mandement au clergé, aux corimunau $s religieuses et aux fidèles du District de Montréal, dans lequel mandement après avoir dit qu’il n'avait pu obtenir un évêque qui fut titulaire de Montréal, malgré son désir et celui du St. Siége qui, en cette circonstance, était allé aussi loin que possible, il ajoutait: “Nous nons con- “ formons done aux intentions du Souverain Pontife, en “ vous signifiant par le présent mandement que vous devez, & à l'avenir, rendre À M otiaipnet l'Evêque de Telmesse « (Mgr. Lartigue) et dans toutes les églises du Distritt de 4 Montréal, les mêmes honneurs que vous nous rendriez à “ nous-même, si nous étions personnellement sur les lieux, 1 et l'y considérer comme spécialement et généralement “ chargé des fonctions épiscopales, telles que la béné- : diction-des Stes. Huiles, la consécration des autels et «“ des églives, l'ordination des clercs, la confirmation, Ja . “visite des paroisses, églises, chapelles, monastéres et «“ autres lieux de piété, etc., etc.
Ainsi, c’est noire intention positive que vous recou- ( riez désormais à lui dans tous les cas où vous recouriez “ ci-devant à nous, sauf à lui de’ nous référer les affaires “ qu’il estimorait ne pouvoir terminer par lui-même.”
Tel fut le mandement qui préposait Mgr. Lartigue dit de Telmesse, au gouver:ement spirituel du district de Montréal. Tout cela reposait sur un bref du Pape. Que firent les Sulpiciens ? Je vous le donne en cent,
Fraxçois.—Dis-le ; cè sera plus tôt fait. ,
EPuRÊôMe,—Je laisse le soin à un vénérable Sulpicien, M. Bédurd, qui vivait alors et qui a vu tout cela de prés, ls soin de diro quelle fut la conduite du Séminaire envers Mgr. Lertigue. Le témoignage d’un Sulpicien contre los Sulpiciens est convaincant, n'est-ce pas ?
T'ous.--Oui !
Epnrêue.--"t Nons devons, dit M. Bédard, avoir de Ia ressemblance avec notre Fondateur, et nous conduire par son esprit. Or, dans ce vénérable Père, quel respect
our les évêques, quelle humilité, quel désintéressement ! D u'aurait-il fait, lui et les anciens sulpicions que nous ré-
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vérons, dars les circonstances présentes? Que les en. fants imitent leur Père: Je ne lis jamais la vie de M. Olier, par M. Nagot, art. 3 ot 4, Fans faire des réflexions affigenntes sur la conduite àe notre Maison, comparée aux sentiments de notre Fondateur.
“Uno des principales raisons qu'on allègue contre la présence de l'Evêque de Telmesse, est que son séjour diminuera l'influence du Séminaire et celle de son Supérieur qui auparavant gouvernait le district. Mais outre que cela n’est pas vrai, on peut dire que l'esprit primitif de St. Sulpice r'était pas de gouverner les diocèses, en tout ou en partie. } ‘ai toujours oui dire que, dans cette
Congrégation, on ne cherchait que la vie-cachée, et non à
influer sur le publie, que la Société n'avait d'autre but
ue de foriner dans les Séminaires de jeunes ecclésiastiques auxquels on n'inspirait que du respect ot de l’obéissance,”
FRançois.—-C'est un digne fils de M. Olier qui a écrit cette belle page. :
ErHR£ME.,-M Bédard disait de plus:
“# Depuis un certain nombre d'années, on s'est accoutuimé à critiquer l'Evêque, à le blâmer à la face de la Communauté, et même devant des prêtres étrangers. Ce n'était pas là l'ancien esprit de la Maison. À force de répéter les sujets de plainte, on produit une opposition de sentiments, ot un levain qui fermente et aboutit à une rupture,
it Si, dans les commencements ou depuis, on eut proposé à la Communauté uns conduite plus douce et plus géné. reuso envers les Evêques, je pense qu'elle l'aurait adoptée avec plus de plaisir qu'une conduite plus sévère.
# Nos pères wauraient pas donné lieu à de pareils reprochos. Au reste, dans notre communauté, le. bien de la
aix, l'édification des fidèles, les autres avantages ne valent-ils pas mieux que ce que l'on pourra gagner en continuant la résistanco ? "?
FRançois.—Cette lettre a un ton de douce simplicité bien propre à toucher.
EPuRÊME.-—" Mais, continue lo digne Sulpicien, pour ne parler que des avantages de la paix, plusieurs d'entre nous étant avancés en âge, ont plus besoin de paix que de
combats, et de consolations que de troubles et d’'amer-
tume. Quant à moi, si j'eusse prévu ces chagrins, je ne me serais pas fait Sulpicien., Maïs maintenant que je le
Suis, a-t-on droit de me causer les peines dont je me plains et dont je devrais être exempt dans une communauté,
plus encore que partout ailleurs,