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Henri.—Tu aurais dû le voir avant aujourd'hui. Les contradictions, les, faussetés qu'il a avancées en public auraiont dû suffire à t'éclairer.
Lovwis.—Quelles contradictions ?
ALEXANDRE. —Quellos faussetés ? ;
HEnnri.—[Lorsque le Supérieur du Séminaire est venu lire ses protêts dans nos ssserhblées de Paroisse, ne disaitil pas qu'il s’opposait au démembrement, parce qu'il s'a-
issait de paroisses canoniques, que quand il a signé le
écret de 1865, il ne l’a fait que parce qu'il était sous l'impression qu'il s'agissait de paroisses civiles ?
ALEXANDRE.—Je ne me rappelle pas cela.
Hewri.—Je vais te le gappeler:
Le 26 février 1867, M. Buyie, Supérieur d'u Séminaire, disait ce qui suit, dans son protêt contre le démenibrement de la paroisse Notre Dame de Toutes-Grâces :
“ Cependant, tous étichs à Rome lorsque ce décret im-
rtant fut rendu et nous crûmes alors que l'intention de
gr., aussi bieu que celle du St. Siége, manifestée par la teneur de cet acte canonique, était de former des paroisses ordinaires, telles que sont en général les ‘autres paroises en Canada.” C'est-à-dire des paroisses qui jouiraient de tous ‘‘ les avantages civils’ dont jouissent ici ces sortes d'établissements. Nos nous figurions des paroisses dont chacune aurait “ son église, son presbytère, Son Curé, sa Fibrique, ses écoles, ses intérêts propres, se régirait ellemême et serait indépendante du Curé et de la Fabrique de Notre-L'amc ot du Séminaire.”
FRançois.—M. le Supérieur a dit la même chose dans son Pretêt de St. Henri des Tanneries.
Erxrâme.--H{t dans tous les autres Protêts.
Hgnri.-Eh bien, vous voyez maintenant ce que les Sulpiciens font et font faire par la Fabrique pour empécher que les paroisses canoniques ne deviennent paroisses civiles.
ALEXANDRE.-—Ce n'ust point le Séminaire qui s'oppose, ce sont los Murguillers.
Henki.--Qui est-ce qui est venu à Notre-Dame de Toutes-Grûces pour empêcher les gens de signer les requêtes ‘en faveur dé l'érection civile et on faire signer d'autres contre cette érection ? Ne sont-ce point des Sulpiciens ?
Onasres, Lovis, Joseru.—Oui! C'est vrai !
Henni.—N'est-ce pas à une contradiction indigne ?
ALEXANDRE,.-—-Avouons que les Sulpiciens se contredi. gent, Mais assurément ils ns mentent point.
- Henni.—Les Sulpiciens ne nous ont-ils point dit, maintes ot maintes fois, que le jour où le Séminaire abandonne-
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rait la desserte des paroisses, les fuèles de ces paroisses perdraient les droits qu'ils peuvent avoir sur Îles biens du Séminaire ?
. ALEXANDRE, —(Certainement qu'ils l'ont dit, étilsavaiont.
grandement raison.
7 HeNRr. —Très-bien. Ecoute maintenant la dédisat: ion
faite à Rome, février 1865, par MM. Bayle et Faillon, au nom du Séminaire de Montréul, qu'ils étaient allés repré. seniter :
“ En effet, nous sommes astrebnts, en vertu de Ia loi “ civile, de desservir la Paroisse de Montréal ; c'est-à-dire ‘ la paroisse telle qu'elle existait en 1840 ot qui em bras- “ sait aïors, cemme aujourd’hui, non-seulement la ville ‘ elle-même, mais encore ses faubourgs, et non uniquement “une partie de cette paroisse. D'où ïl suit que si nous “ cessions de desservir uns partie de cette circonscription, par cela même nous serions réputés avoir ripudié pour
: lavenir la part correspondante de l'obligation que nous
“avons contractée et qui consiste à administrer gratuite- ‘“ ment à tous les paroïissiens les secours spirituels auxquels “ sont tenus les Pasteurs des âmes.
“ 10. C’est en vertu de cette obligation, nous liant aussi « par la loi civile, que tous les paroissiens possèdent stric« «“ tement le droit de recevoir de nous gratuitément les se- “ Cours spirituels et de pouvoir nous y forcer par la loi « civile, Car nous sommes liés à cet égard d'une promesse “obligatoire envers tous les fidèles sans exception” Nous « sommes tenus dé La même façon à desservir la mission des « sauvages connue sous Le nom de Lac des Deux Montagres, “ et qui se compose de deux tribus, savoir les Algonquins “ et les Iroquois. C'est pourquoi, si nous cessions de des- “ servir l’une ou l’autre de ces tribus, celle que nous a ban- “ donnerions aurait strictement le droit et de nous ac- “ tionner comme ayant manqué à nos promesses, e6t noms “ ramener à leur exécution pur les tribunaux civils. On “ doit en dire autant de chaque fraction quelconque de notre ‘« paroisse.
20, De plus, Les curés que l'évêque, en vertu de son au 4 torité, établir ait dans des portions dé notre Paroisse qu'il “« aurait démembrées, pourraient nous citer devant Les tribu- “Onaux civils pour revendiquer une part de nos biens tem- « porels, du moment qu'ils supporteraient une part «es # charges dont nous étions grevès de par Le droit civil, avant ce demembrement."' ErnnËmr.—Cette déclaration du Séminaire est écras sante !
Henni.—Elle prouve que les ‘Sulpiciens diserÿ blanc et noir, selon le besoin ‘de leur cause. Or, quand ona en
main une cause que l'on ne peut servir que par de tels
moyens, cette cause n’est pas fameuse.
François.—Voulez-vous encore une preuve de la bonne {oi des Sulpiciens, rappelez-vous les accusations de M. le curé Rousselot contre M, l’abbé Lapierre, curé de St, Henri, Tanneries des Rolland : accusations portées à Rome même.
Josgpu.—Veux-tu parler de l'affaire de la vieille chapelle ?
FRANgoIs.— Oui.
Voici en quels termes M. le curé Rousselot formuluit son accusation :
« Une communauté ge religieuses, nommées Sœurs «4 Grises, dirigeait depuis plusieurs années une école de 4 ]a paroisse nouvelle de St. Henri, cette école appartient i au Séminaire. Les sœurs y avaient été appelées par le it Séminaire, le nouveau curé ne put voir dans sa paroisse “ des sœurs établies par des Sulpiciens. En conséquence, « i] fit venir d’autres religieuses pour y tenir une école. “ Puis pendant les vacances—lorsque les Sœurs Grises “ étaient allées passer quelques jours dans leur maison- “ mère, les portes de l’école ont été enfoncées, et quand « les sœurs refinrent, elles trouvèrent installé à leur place “ un maître d'école, avec sa famille, qui leur dit qu’il « avait reçu ordre du curé d’enfoncer lus portes de Pécole, “et de prandre possession “l’une maison qui n'apparte-
4 nait plus au Séminaire, mais à l'administration diocé-
“ saine. ‘?”, CHARLES, avec étonnement. Ah! Mais! Mais! Mais!
Françors.—C'est comme cela, M. Rousselot ne se gêne pas plus.
Il n'y a pas un mot de vrai dans toute cette accusation. La chapelle, le Séminaire, par une lettre de son Supérieur à l'Evêque était laissée à l'usage des paroissiens. Loin de vouloir chasser les Sœurs Grises M. Lapierre leur avait demandé de venir plus nombreuses et de fonder un pensionnat, Ce sont les sœurs elles-mêmes, qui en
rtant avaient enlevé les serrures des portes. Enfin les
œurs-Grises ont déclaré dans une pièce notariée, par L. À. Desrosiers, N. P., ce qui suit :
, Qu'alles n'avaient jamais accusé M. le Curé Lapierre “ide les avoir, soit par des moyens directs, soit par des “moyens indirects, Chassées de St. Henri, ou d'avoir en- “foncé les portes de ln maison qu'elles avaisnt aban-
wdonnée. Elles ont encore avoué avoir, à l'insu du Curé,
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& fait venir un prêtre de St. Sulpice pour enlever le St. Sa- “ crement que M. le Curé avait laissé dans leur chapelle, « où l’un de ses vicaires allait dire la messe deux fois par « semaine régulièrement depuis qu'on se servait de la nou- « velle église.”
ALEXANDRE.—Maigré tout, vous étiez mieux du temps
des Sulpiciens, que maintenant ?
FRançors.—Je ne sais pas comment étaient les autres paroisses sous les Sulpiciens, tout ce que je puis affirmer c'est que nous, à St. Henri, nous n'avons que gagné en les perdant.
D'abord, il ne nous ont point bâti d'église; la chapelle que nousavions età laquelle nous avons aidé de nos deniers, était trop petite pour contenir le quart de la paroisse, et comme il n’y avait pas assez de prêtres, la moitié de la paroisse était privée de l'entendre, le dimanche.
Ensuite, le Séminaire ne nous a pas bâti d'école ni de couvent.
Enfin, avec le Séminaire, qui est riche, il nous fallait payer comme aujourd’hui, payer jusqu’à la voiture qui nous amenait le prêtre desservant. À
Aujourd’hui nous payons encore, il est vrai, mais nous uvons deux églises, des écoles, des couvents : au lieu d’un prêtre, nous en avons six, qui ont peine à sugire, tant il se fait de bien. |
Ernrème.-—ÆEt c'est de même dans les autres parvisses.
Hennri,—Aussi, devons-nous bénir la Providence d’avoir inspiré à notré véuerable évêque la pensée de demembrer la paroisse de Notre-Dame.
Josepa —Pour moi, ayrès avoir appris ce que je Sais * maintenant, j'abandonre le parti du Séminaire.
CHARLES.—Ht moi aussi.
Lovis.—Moi pareillement.
Eparême.-—Et toi, Alexandre, tu ne dis rien. +
ALEXANDRE.—Moi, j'ai toujours été pour le Séminaire, et, malgré tout ce qu'on pourra me dire, je ne l’abandonnerai pas.
Henri.—Pourquoi ?
ALEXANDRE.—Parce qu'un homme ne doit jamais changer d'opinion.
Hunri,—Si c'est là ton principe, reste du côté du Néminaire : tu est digne de sa cause.
Reste avec ceux qui bnt insulté et calomnié tous nos Evêques ; reste avec coux qui ont denigré les Canadiens ; reste avec ceux qui nous ont fait passé à Rome pour des révoltés et des imiciles; reste avec ceux qui nous privent de secours d'argent, lorsqu'ils reconnaissent qu'en
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justice, ils nous les doivent, ces secours ; reste avec ceux 4 se conduisent contrairement à l'esprit de leur saint
ondateur, reste, en un mot, avec le Séminaire, et comme lui, lance à la face de tôn Evéque, toutes les injures possibles !
ALEXANDRE, piqué.—C'est correct |
Henri.—Tu as toujours fait cela : tn peux le faire encore.
Pour nous, pour tous les Fons catholiques et les vrais Canadiens, nous laisserons le Séminaire se débattre comme il l’entendra ; nous nous soumettrons à notre évêque, nous aiderons l’exécution de ses projets. Nous prierons
our les Sulpiciens ; nous demanderons au bon Dieu qu’il es éclaire, qu'il leur fasse voir qu'ils sont les victimes da démon dans toute cette malheureuse affaire du démembrement ; qu'il leur inspire le courage de se soumettre, etc.
Et si nos vœux :9nt exaucés, nous verrons le Séminaire reconquérir le respect général et opérer un bien immense.
ALEXANDRE.—En attendant, vous vous ferez un plaisir malin de les décrier.
Henri.—En attendant, plutôt que de laisser croire à la population que notre Evêque est un misérable, un voleur, un persécuteur, nous ferons connaître la vérité,
ALEXANDRE.—('e sera édifiant, vraiment !
HENRI.—Non ! ce ne sera pas édifiant. Personne n’osera jamais dire que le spectacle d’une société de prêtres, méconnaissant esprit de leur vénérable et pieux fondateur jusqu’au point de s’apposer, par des moyens honteux, à l'autorité de l'évêque diocésain et s'efforçant de communiquer cet esprit d’insubordination à la population, personne, dis-je, n’osera croire qu'un tel spertacle est édifiant,- Aussi, ne serait-ce pas pour édifier que nous ferons connaître le Séminaire ; mais seulement pour empêcher un grand mal, un scandale plus grand encore, celui de laisser triompher l'insubordination, la mauvaise foi, le mensonge, celui de laisser calomnier un saint Evêque, celui de laisser fouler aux pieds les droits de l’autorite ecclésiustique, celui de faire croire que les Evêques sont des tyrans et des voleurs. j
Tous, excepté Alexandre.—C'est juste.
CHARLES, s'apercevant que La Cour s'ourre.--Allons, mes amis, entrons : voilà que ga commence,
Ernréme —Allons, et espérons qu'entin le Séminaire cesser d'afliger L'Eglise de Montréal !
Henri,— Qu'il réparera noblemont ses fautgs, par une soumission pleine et entière.
Prusteurs voix,—Oui ! Oui ! Espérons ! Espérons !