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HeNRi.—1l n'aura pas même la fortune d'invoquer le droit d'appel qu'a le dernier des fidèles quand il se croit lésé dans sus droits. Pie IX lui répondrait, en lui rappelant ce que Jui, Vicaire infaillible, écrivait en 1870, aux Arméniens révoltés contre l'autorité de leurs prélats :
“ Qu'il ne faut jamais faire pins l'autorité des Papes pour diminuer ou amoindrir celle des Hvêques. Car si le droit d'appeler au Poniife Romaïn est sacré parce qu'il a le pouvoir divin de délier tout ce qui est lié par quelques juges que ce soit, droit qui à été scrupuleusement conservé dans tous les siècles, cependant le Pape ne souffrira jamais qu'on l’allègue pour couvrir la désobéissance aux Evêques. Ceux qui agissent “insi sont plutôt des perturbateurs de. l'ordre ecclésiastique que des jidèles soumis au siége apostolique.” :
Grégoire XVI avait dit la même chose à propos de Lamennais.
Or, les Sulpiciens en appellent à Rome -fin d'obtenir des priviléges qui diminuent ou amoïindrisse ! l'autorité de l'Evéque de Montréal ! ! !
EPRRÊÈME.—Je ne vous rapporterai pas la conclusion du mémoire de Mgr. Provencher ; vous en avez, je crois, suffisamment pour vous convaincre qu'il faut éviter d’accuser l’évêque de Montréal.
Presque ToUs.—Trop ! Trop !
ALEXANDRE.—J’avoue que 4 Séminaire à mal agi; mais il le fesait pour conserver 8es droits comme communauté.
Le Séminaire de St. Sulpice doit être, partout où il se trouve, indépendant des Evêques, je le tiens de plusieurs Sulpiciens.
FRANcors.-—-Pauvre Alexandre ! Comment as-tu pu croire une chose pareille ? Tiens ! j'ai lu dans la vie de Monsieur Olier, foilatout, des Sulpiciens. une lettre que ce saint homme écrivait à un Evêque, qu était en difficulté avec les prêtres du Séminaire de sa ville, j'ai appris cette lettre par cœur, afin de pouvoir la citer aux Sulpiciens qui viennent cabaler dans notre paroisse contre l'Evêque, je vais te la réciter, ot si tu veux la lire ensuite, tu prendras la Vie de Monsieur Olier, par M. Faillon, Sulpicien, tu l'euvrirasaux pages 441, 442, 443, tu trouveras ce qu’il te faut.
Louis.—Voyons, récite-nous cette lettre.
François, récitant la lettre de M. Olier.
“ Monseigneur,
« Etant entré dans votre diocèse par le commandernent “ de Monseigneur votre prédécesseur, et M. Couderc, par “ qui j'avais désiré continuer mes obéissances à, votre per-
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“sonne, ayant été agréé de vous dans les commencements, ‘j'avais été ravi, non-seulement de lui conserver votre “ bienveillance, mais aussi de le faire subsister avec quel- ‘“ ques autres sujets, pour votre plus grande satisfaction. 4 Mais maintenant qu'ii n'a pu mériter la continuation de ‘vos grâces, je lui ai mandé de se démettre de soh béné- “ fice, en Jui faisant connaître qu'il n'est pas juste d’être “ dans la maison d'un maître, sans son agrément, et qu'il ne pouvait espérer aucune bénédiction que dans l'union ‘de Votre charité, C’est sur ce fondement et cette ma- #xime qu'est établie la maison de St. Sulpice. Elle ne se ‘réserve d’autres droits sur les sujets qui en sortent pur “la vocation de messeigneurs les Prélats, que de leur ‘faire toujours connaître la “ dépendance absolue” où ‘ils doivent êtro à leur égard, et de les reprendre de toute ‘ manière, s'ils y avaient manqué. C’est pourquoi, Mon- “seigneur, dans la douleur que je souffre en voyant un “ des sujets de la maison, indigne de votre affection, je “ressens une véritable joie de faire le sacrifice entier de 4 ce bénéfice afin de témoigner par là, dans un de nos pre- “ miers établissements, que les sujets de Ia maison n'ont “ point de VIE, d'INTÉRÉT, ni de CONDUITE que dans ‘{l’obéissance de messeigneurs les Prélats.
« Ils (les Prélats) peuvent nous appeler et nous ren- “voyer quand ils le véulent, et la maison fait profession “ de ne RIEN ÊTRE et de ne RIEN POSSÉDER, QUE “DANS LEUR PURE ET SIMPLE DÉPENDANCE, L'œuvre de Dieu ne doit jamais causer rien d'incommode, ni de contraire à la simplicité et à la justice de 4 l'Evangile ; et si je savais qu'il dût sortir jamais de St. “ Sulp'ce quelque sujet qui choquât les ordres de nos Sei- “gneur les Prélats, ca appuya le violement de leur res- “ pect, je demanderais que la MAISON FUT DEÉTRUITE, “ et DEVINT UN OBJET D'ANATHEME A LA FACE DE TOUT L'UNIVERS.
“ C’est pour ce sujet, Monseigneur, qu'ayant appris “ qu'il s'était passé quelque émotion et quelque mutinerie, “ dans la ville de Clermont, contre votre obéissance, it j'écris à M. Couderce de se démettre de son bénéfice entre “#vos mains, purement et simplement, pour que vous en & disposiez en faveur de qui il vous plaira. Nous me & devons ni violer le respect dû aux Saints Prélats, ni de approuver ceux qui le violent, ou souffrir qu'à notre “ oécasion il arrive rien de pareil duns les lieux où nous “ sommes -présents. Si propter nos exortà est tempestas, 4 dejiciamur in mare : Il vaut bien mieux qu'on ne nous ‘ voie jamais, et qu'on n’entende plus parler de nous, que
& g'il était dit qu'à notre occasion, îLso soit passé rien de & semblable, ou que nous ne l'ayons pas désapproavé, « lorsque nous le pouvions. Je suis bien aise qu'on voie &« l'horreur que nous avons d’une pareille conduite, et que, “ pour cein, nous ne voulons point qu'il reste ren de nous i : hi ces lieux, afin d’obliger les violateurs de vas res- (‘ pects de penser à leur faute. Bien loin d'entrer dans “ leur parti, nous le détestons, et s'il ÿ avait queijue ‘ chose AU DELA DE L'ANATHEME ET DE L'EXE.
: CRATION, J'EN USERAIS POUR DETESTER ®T CONVAMNER UNE SIINDIGNE CONDUITE. Du
‘ moins, Monseigneur, Gevons-nous faire tout ce que nous
pouvons, pour témoigner combi” nous honorons la di-
‘ gnité épiscopa:o eu votre persorne et en tous nos seigneurs les Prélats. Il me suffit qu'en la présence de
Dieu, et à vos pieds, je reçoive, avec ceux qui ont défé-
rence à ma voix, Votre sainte bénédiction, et que j'uie
la satisfaction de vous avoir témoigné nus respects et
nos obéissances. Si nous eussions ou l'honneur de rece- ‘ voir vos ordres, et qu'il vous eñt plu, par un mot de ‘ lettre, ou par quelqu un des vôtres, nous faire savoir ce ‘ que vous désiriez de nous, je vous aurais témoigné ponc- ‘ tuellement mon ohéissance, qui est telle que je puis dire,
en vérité, que vous n'avez pas, Monseigneur, un plus ‘ humble, plus fidèle et plus Cbéissant serviteur, ”
EPurÊêME.—-Voilà bien le langage des Saints !
Henrt.—lJis n'ont qu'une manière de défendre lenrs droits : se soumettre à l'autorité,
Josern.-—Cette lettre du vénérable M. Olier est foudroyante pour les dk d'in ; car le principal motif qu'ils allèguent au publie canadion, afin de justifier leur position à l'égard de l'évêque, est qu'ils défendent les intérêts de leur communauté. Cependant, leur fondateur affirme que sa Société fait profession de “ n'avoir point de | vie, d'intérêt, m: de conduite que sons l’obéissance de nos seigneurs les Prélats, qu'elle ne veut rien être, rien possé. der que dans leur pure et simple dépendance, et si la Maison de Saint-Sulpice venait à se départir de cette grande loi, il demande qu'elle soit détruite et qu'elle devienne un objet d'anathème à la face de tout l'univers, ”
Henni.—D'ailleurs le Séminaire est anne socicté de nrétres ayant pou” premier devoir le point suivant de Pts Constitution : “ les MM. de la compagnie regarderont Mgr. l'Evêque comme leur premier Père et leur preraier Pasteur, et ils iront le sénstilter dans leurs difficultés. ”
Louis.--Je ne connaissais qe toutes ces chosés, Le
Séminaire, je l'avone. s'est mal conduit.