VOLTAIRE ET LES RELIGIONS. XXXI
de Voltaire, ils réclameront, à bon droit, leur place au soleil. Le déisme sera le dernier asile du catholicisme expirant.
Est quodam prodire tenus, si non datur ultra :
Voltaire n'a pu franchir la ligne qui sépare la métaphysique de la méthode expérimentale. Mais il a été jusque-là. En arrière de Diderot, en avant de Rousseau, il a conduit jusque-là tous ceux qui sont engagés dans la voie préliminaire du rationalisme, tous ceux qui à toute force veulent trouver dans les choses un pourquoi, analogue à la raison consciente de l'homme. Il a réduit la croyance au minimum compatible avec cet instrument logique que nous appliquons obstinément à l'impassible univers. Au delà, il n'y a plus que la science. Sous peine de reculer, il faut désormais sauter le pas. Mais si nous dépassons Voltaire, c'est grâce à lui-même. Il a déblayé la route. Voilà ce qui lui vaut la reconnaissance éternelle de l'humanité pensante.