‹ Dialogues et entretiens philosophiquesChapitre 48 sur 117 · UNE PRINCESSE ET UN MEDECIN · texte numérisé non relu

UNE PRINCESSE ET UN MEDECIN

JE suppose qu'une belle princesse, qui n'aura jamais entendu parler d'anatomie, soit malade pour avoir trop mange', trop danse', trop veille, trop fait tout ce que font plusieurs princesses; je suppose que son médecin lui dise: Madame, pour que vous vous portiez bien, il faut que votre cerveau et votre cervelet distribuent une moelle allonge'e bien conditionnée dans répine de votre dos jusqu'au bout du croupion de votre altesse, et que cette moelle allongée aille animer également quinze paires de nerfs à droite, et quinze paires à gauche. Il faut que votre cœur se contracte et se dilate avec une force toujours égale, et que tout votre sang, qu'il envoie a coups de piston dans vos artères, circule dans toutes ces artères et dans toutes les veines environ six cents fois par jour. Ce sang, en circulant avec cette rapidité, que n'a point le fleuve du Rhône, doit déposer sur son passage de quoi former et abreuver continuellement la lymphe, les urines, la bile, la

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