LES ENTREPRENEURS
Bonjour, confrère. Eh bien, les affaires, comment vont-elles?
— Ne m'en parlez pas, c'est à fermer boutique : je sors de plusieurs de mes ateliers, tous mes ouvriers sont en ribote ; il n'y a pas moyen d'y tenir, c'est a en devenir fou: toutes ces canailles-là ne perdront rien pour attendre; ils me le payeront. Dieu! que j'aurais de plaisir à leur donner leur sac! mais les travaux vont un peu, il faut se taire. Patience! Thiver viendra et j'aurai mon tour, car ils sont bien sûrs
que je leur ferai tirer la langue. Dieu! que les affaires sont difficiles ! combien sont heureux ceux dont la pelote est faite. Oh! quel beau jour pour moi que celui où il me sera possible d'abandonner le métier! On ne peut avoir d'argent nulle part, tout le monde spécule sur l'intérêt, il n'y a plus de terme pour les payements ; c'est, en quelque sorte, à la volonté de celui qui doit. On perd des années d'intérêts; car, avant que d'adresser une demande judiciaire à un client, on laisse passer un temps infini, on va vingt fois demander ce qui vous est dû pour éviter de se fâcher, et encore, quand on parvient, au bout de longues années, à être payé, il arrive souvent qu'on vous fait subir des réductions injustes et arbitraires , auxquelles on consent pour ne pas plaider ; d'un autre côté, les vérificateurs gardent indéfiniment les mémoires dans leurs cartons, et lors des règlements, loin de tenir compte des longs retards qu'ils nous font éprouver , les réductions démesurées qu'ils opèrent ne nous laissent aucun bénéfice.
— Que voulez-vous qu'ils fassent? ils sont fort embarrassés ^ les propriétaires leur font tourner la tête; on exécute des travaux avec des rabais considérables, ils sont bien forcés de régler bas.
— Comment ils sont forcés de régler bas! c'est-àdire que s'il plait à mon voisin de se ruiner, si c'est un fou, ou un imbécile, c'est sur lui qu'on doit se baser pour donner aux autres ce qui leur revient! Mais cela n'est pas possible; vous donneriez à penser que messieurs les vérificateurs font un métier
peu sensé en ce qui concerne le prix des travaux.
— Chut! ces messieurs sont nos maîtres; taisezvous, respectez la hiérarchie, confrère.
— Non, je ne me tairai pas , c'est trop fort ; je n'admets pas de pareille injustice.
— Mais que voulez-vous faire ?
— Ce que je ferai ? je demanderai le pourquoi de toutes choses, et je plaiderai s'il le faut.
— Demander le pourquoi, rien de plus juste; mais plaider, y pensez -vous ? Plaidez si vous voulez ; pour moi, j'en ai assez. Pensez donc que pour plaider il faut être riche ; on sait quand on commence un procès , mais on ne sait jamais quand on le finit ; et , en outre , songez donc qu'en plaidant vous ne perdrez pas seulement le client, mais vous perdrez encore, tout honnête homme que vous êtes, la confiance de ses parents et amis : ainsi va le monde. Ah! vous n'en êtes que là? Vous avez encore bien du chemin à parcourir avant que d'être arrivé à la hauteur du siècle ; mais vous y arriverez , et vous ferez comme les autres, c'est-à-dire que vous finirez par donner de la marchandise pour l'argent que vous devrez recevoir, et vous ferez bien, il n'en sera ni plus ni moins. Vous êtes d'une pâte étonnante; vouloir être pins honnête homme que celui qui vous paye, c'est de la duperie. J'ai été comme vous, mais j'en suis revenu. Ecoutez-moi, voici la marche à suivre :
Quand on vous demande un devis, si vous voulez avoir l'affaire, arrangez-vous de manière à ne pas y
porter tous les liavaux à exécuter, afm de ne pas effrayer votre client par le chiffre de la dépense. Après l'exécution des travaux, faites métrer; votre devis sero dépassé de beanconp, mais il faudra bien qu'on finisse par régler voire mémoire et par le payer. Si on vous demande à exécuter des travaux à forfait, c'est nne guerre déclarée; votre conscience ne doit pas être plus bourrelée que celle de celui pour qui vous travaillez ; dormez aussi tranquille que lui : il a fait tous ses efforts pour vous mettre dedans, faites de même en exécutant vos travaux et vous serez quittes.
Quand on vous demande une série de prix, soit pour de la peinture, de la dorure, de la tenture ou de la vitrerie , tâchez d'abord de savoir quels sont les travaux que vous aurez à faire, afin de donner des prix pour tous ceux qu'on ne fera pas ; de cette manière vous vous trouverez, en quelque sorte, n'avoir pas de conventions , puisqu'on n'exécutera pas, ou du moins très-peu , des travaux pour lesquels vous avez donné des prix. On mettra bien dans le marché cette phrase banale , que tous les travaux non prévus seront réglés par analogie ; mais vous savez quelle large base on a dans la peinture, la dorure et la vitrerie pour établir des analogies ; d'ailleurs ce serait ici le cas de demander le pourquoi , et de plaider si vous n'étiez pas traité convenablement.
Dans les prix que vous aurez donnés, il y en aura très-peu qui serviront ; ils peuvent être a très-bon
marche , vous pouvez même les donner à moitié de leur valeur réelle , vous n'avez rien à craindre. Les autres , plus forts et en plus grand nombre , payeront pour les pins faibles, et vous finirez toujours par obtenir un beau résultat.
— Comment! je n'aurai rien a craindre? mais le vérificateur entre les mains duquel tomberont ces prix les appliquera à un autre entrepreneur^ et si je les ai donnés moitié trop bon marché, parce qu'ils ne devaient pas me servir, j'aurai volontairement fait perdre de l'argent à un brave confrère j et d'ailleurs ne peut-on pas, dans une autre affaire qui me concernera, les invoquer contre moi pour me régler , et alors comment voulez-vous que je m'en lire?
— Vous vous en tirerez en faisant ce (ju'on appelle^ en termes techniques, de hi camelote.
— Faire de la camelote ! mais si on s'en aperçoit?
— On ne s'en apercevra pas ; vous pouvez même prévenir les doutes en faisant rarticle et en disant souvent du mal de vos confrères. Far exemple , si , en causant avec votre client , il vous cite un nom de peintre, même que vous ne connaissiez pas, diteslui que c'est le plus grand voleur qu'on ait jainais vu. Quand il n'y a pas d'architecte ( t que c'est le propriétaire qui inspecte vos travaux, appelé z son attention constamment sur la beauté de ce que vous fai(es cela lui paraîtra toujours superbe ; il ne lui viendra jamais à l'idée de penser que tant de soins de votre part sont pour mieux Tatf râper.
— Mais, mon cher confrère, c'est épouvantable!
et; s'il allait s'apercevoir d'une telle supercherie, que deviendrais- je en sa présence ?
— Vous feriez passer cela sur la maladresse du maître compagnon, et, pour continuer la comédie, vous crieriez très-fort après lui, vous le menaceriez de le metîre à la porte; vous en feriez même la charge en le changeant d'atelier, s'il le fallait. Dans ce cas, on lui donne une gratification, et il consent à tout; on donne ensuite une nouvelle consigne à un nouveau maître compagnon, avec recommandation surtout de ne pas se laisser prendre : d'ailleurs, après avoir sévi de la sorte, on n'aura plus aucun doute sur vos bonnes intentions, et vous pourrez cameloter tout à votre aise. Agissezainsi, croyez-moi; car, en voulant passer pour un honnête homme, vous vous ferez prendre pour un niais. Quant à moi, mon parti est bien pris, je fais et je ferai de la camelote partout où il me sera possible d'en faire.
— Mais, avec votre camelote, expliquez-moi donc ce que vous entendez par là ?
« — Eh! que voulez- vous que je vous explique? On fait tout ce que l'on peut pour ne pas être enfoncé; par exemple, quand on vous demande de passer des couches d'huile bouillante sur des plâtres, arrangez-vous de manière à y mettre de la colle chaude à la place, toutefois en mêlant dans cette colle un peu d'essence de térébenthine, afin de donner de l'odeur pour dépister les plus malins. Quand vous devez peindre à trois couches sur les plâtres, donnez la première couche à la colle, et rebouchez
avec du mastic de même nature; si vous êtes trop surveillé, et que vous ne puissiez pas donner cette première couche à la colle, prenez une éponge et mouillez votre mur sur toute la surface avec de l'eau au mouient iiieme de donner votre couche à l'huile ; alors les plâtres, étant ainsi iaibihés d'eau, ne boiront plus d'huile.
Quand vous peignez des bois neufs, donnez-leur la première couche à la coUe, et dites que cela est nécessaire, attendu qu'on les poncera plus facilement, et quela ponce enlève toute celle première couche; alors, comme vous serez autorisé à employer delà colle, tirezen tout le parti que vous pourrez, taîit en donnant des couches avec qu'en en faisant du mastic pour vos rebouchageS; et principalement sur les corniches, dans les parties hautes, dans les couloirs ou endroits peu éclairés, dont l'accès diflicile favorisera l'application de vos moyens économiques. Vous comprenez qu'en parlant de colle, j'entends de la colle de peau car employer de la colle de pdte^ ce serait par trop abuser : cependant, dans bien des cas, on peut le faire.
— Mais tout cela me paraît de la saleté; tôt ou tard ne pourrais-je pas en avoir du désagrément?
— Non, non; ne craignez rien; quand les choses sont payées, on les oublie. 11 va sans dire que, lorsque vous faites des marbres ou des bois, vous pouvez trèsbien les exécuter sur des fonds à la colle, dans bien des circonstances. Il J a plus, sur le fer et sur les balcons en fonte ^ vous pouvez faire du bronze sans donner de couche de fond.
Pour les vernis , lorsqu'il s'agij de les appliquer
sur des peintures à Tiatérieur , prenez du vernis de Hollande : vous savez qu'il ne coûte que de 1 IV. à '1 fr. 25 c. le litre, au lieu de 3 à 4 fr. que coûtent ceux que vous serez convenu d'employer.
— Mais ce vernis de Hollande n'a aucune solidité; il ne résiste pas au lessivage le plus léger.
— Qu'est-ce que cela fait? personne ne s'en doute. Comme il est très-blanc, dites que c'est duvernis trèscher, on vous croira. Pour vernir les peintures extérieures, employez tout bonnement I huile grasse; pour de certains travaux, c'est, en quelque sorte, aussi bon que du vernis gras, et cela coûte plus de moitié meilleur marché.
Voilà quelqiies (ails pour la peinture à l'huile ; mais, pour la peinture à la colie, on mêle beaucoup d*eau dans ses teintes ; et, quand cela ne tient pas, on dit qu'il y a de l'humidité dans les plâtres , et c'est fini par là. Qunncl cela écaille , par suite de ce que l'on n'a pas bien gralté , on dit que c'est signe de solidité, que la colle a éîé enqjloyée trop forte.
— Mais si la sui veillancc est tellement active, que je ne |)uisse rien faire de ce que vous me dites, et que j'aie donné des prix trop bas, je me ruinerai.
— Du tout; il y a toujours moyen. L'arcliitecte, «lussi bien que le propriétaire, déjeûne, dine; ils ont quelquefois des beures régulières pour venir sur les travaux : on en fait la remarque. Ils vont assez souvent le dimanche à la campagne; alois on profite de leur absence pour se tirer d'affaire : et puis figurezvous ilonc qu'il y a une foule de personnes qui ne
connaissent rien en peinture , pas plus au moment de rexécution qu'après.
— Bah! par exemple! et ceux qui grattent avec un canif pour reconnaître si le nombre de couches demandé dans les mémoires est exact , croyez-vous que ceux-là ne s'y connaissent pas?
— Ces connaisseurs gralteurs peuvent deviner, peuvent supposer , mais prouver, je les en défie, et quand ils le feront , je leur donnerai un merle blanc.
— Mais , si on allait analyser mes peintures ?
— N ayez donc pas peur; on a soin d'avoir dans l'atelier où Ton travaille des céruses en tout ce qu'il y a de mieux pour en mettre un lit par-dessus les baquets de mo!le(on (1)^ et on donne à l'innocent analyste le dessus des baquets.
— Oui ; mais s'il allait gratter une petite partie de peinture achevée , et qu'il l'analysât.
— Ab ! c'est autre chose ; ceci ferait mettre le doigt sur la plaie. Mais gardez-vous bien de parler de cela , nous en serions victimes !
Lorsqu'on vous demande des prix pour faire de la dorure , n'en donnez jamais que pour celle à l'huile , sur partiels unies , sans indiquer la nature d'apprêts que vous feiez, afin de vous réserver de les faire à votre guise. Autant que possible, évifezde convenir d'un mod : de métrage; par ce moyen , vous vous ména.^ez la latitude de faire votre mémoire d'une
(;) Molleton, en peinture, c'est le blanc d'Espagne remplaçant la céruse.
manière avantageuse; surtout ne parlez pas du prix des rëparageS; afui d'en faire ou d'en compter suivant les circonstances, et vous rattraper, s'il y a lieu.
Quand on vous demande des prix pour la tenture, on les donne à très-bon marché, et on évite de convenir du prix de la bordure, afin de la compter de manière à se récupérer sur le papier. Les rouleaux de bordures à quatre bandes, il faut avoir soin de les séparer en deux. Le prix de ce rouleau à deux bandes paraîtra très-bon marché; le propriétaire ne vous marchandera pas : il considère généralement la bordure comme étant une chose de peu d'importance, relativement au papier. Lorsque, dans les travaux en réparation, il se trouve des toiles sous les papiers, on dit qu'elles sont mauvaises et qu'il en faut d'autres, alors on retend seulement les anciennes et on les fait payer comme si on les avait fournies neuves.
En vitrerie, il faut faire de même qu'en peinture : quand on vous demande des échantillons de verre à vitre simple ou double, n'allez jamais faire la sottise de donner des échantillons de verre blanc , vous vous brûleriez le nez à la chandelle; il ùmt les donner en verre demi-blanc. Comme toutes les verreries ne fabriquent pas le verre d'une égale blancheur, vous diriez que l'échantillon le plus beau est du verre blanc ; car vous savez qu'on n'est à même de juger de la diftercnee du blanc qu'autant qu'on le met à côté du verre demi-blanc ; c'est un bénéfice tout clair , puisqu'il coûte beaucoup meilleur marché.
Une seule chose me préocoiipe , c'est la manière de dresser les mémoires. Ah! par exemple, si la mode venait à prendre de les dresser comme phisieurs architecles l'ont exigé depuis quelque temps, ma foi, je vous déclare franchement que ce serait un grand malheur pour la partie.
— De quoi s'agit-il donc?
— Il ne s'agit de rien moins que de faire des niémoires dans lesquels tout le monde poiura voir clair; c'est h ce point qîie les dames pourraient se connaîtr e à un mémoire de travaux, comme elies se connaissent au mémoire de leur marchande de modes.
— Eh bien, tant mieux! au moiiis on pourra discuter avec les dames et sur des objets rendus com préhensibles. C'est charmant!
— Oui, mais toutes ces petites sauveiîes (i) que vous savez et que l'on glisse dans les mémoires à résumé, où elles passent inaperçues, c'est qu'il n'y aurait plus moyen de les y introduire.
— Enfin comment seraient donc faits les mémoires?
— Ils le seraient sans résumés, mais à prix d'argent pour chaque nature de travaux, y compris tous les apprêts cjui sont la conséquence du travail principal; de sorte qu'il n'y aurait plus moyen de compter à part un prix pour le rebouchage , un prix pour le ponçage, un prix pour i'époussetage, un prix pour le lessivage, un prix pour l'égrenage, un prix
(i) Historique.
poîir le lavayi?; ( iilni les |)rix de eha(|ae nature de travaux comprendront tonte la sauce au moyen de laquelle on fait mousser une affaire ou plutôt le mémoire qui en résulte.
Mais ce n'est pas tout, il faudrait faire un total pour chaque pièce; par exemple, un total de la peinture faite dans l'antichambre, un total pour celle de la salle à manger, un total pour celle du salon, et, enfin, un total pour chaque pièce et chaque endroit où Ton travaille; de manière qu'il ne serait plus fait de mémoire à résumé à Taide duquel vous savez qu'il est si facile de se tirer d'une mauvaise affaire par suite de ce que les propriétaires n'y connaissent rien.
— Et, si cela continue, vraiment ça ira mal; on s'acharne après nous. J'ai à signer d'ici à quelques jours un m.arché, je ne sais pas comment m'en tirer. C'est un architecte duquel je voudrais faire la connaissance; mais, ma foi, il a dressé un cahier des charges si rigoureux, que je suis prêt à reculer.
— Bah! est-ce que celui-là ne voudrait point ([u'on l'attrapât?
— Voici le fait. L'affaire est considérable, mais on impose dés conditions d'une injustice révoltante.
— Ho! ho! expliquez-moi ce'a; les prix sontils raisonnables au moins?
— Ils sont même bons, et les payements sont avantageux, mais ce sont les condiîions qui sont atroces. Attendez, je crois avoir dans ma poche une c()j)ie du cahier des charges, je vai^ vous le lire-
CAHIER DES Cn\RGES POUR LES TRAVAUX DE PEINTURE, DE DORURE A EXKCUTER, etC. , etC.
Je VOUS passe le reste.
Mode exécution pour les peintures sur divers objets qui n'ont pas encore été peints.
Art. 1*"''. — Il ne sera donné aucune couche sans ordre écrit de rarchitecte.
Sur tous les objets qui devront recevoir (rois couches et qui devront être peints en gris de perle, gris de lin, lilas, vert d'eau, granit rose et autres tons analogues, la première couche sera donnée en couleur de pierre foncée, et les deux autres dans le ton adopté par rarchitecte, aussi bien sur les panneaux des boiseries que sur les champs.
Art. 2. — Pour les peintures qui seront faites en bleu clair, en l)lanc, en ton chamois , en rose clair, en ton beurre frais ^ en ton paille, en ton Tibet, en marbre blanc, en bois de citron , d'érable, de marronnier, de platane, de sapin, et autres tons ayant du rapport, on donnera la première couche en blanc; la deuxième et la troisième seront données dans le ton indiqué par l'architecte.
Art. 3. — Pour les peintures en noir, en brun, en bleu foncé, en vert foncé, en bronze, en marbre, en granit, et autres décors dont les fonds seront dans
les tons cl-dessus, ou an(res analogues, la première couehe devra cire donnée en blanc, la deuxième en gris, et la troisième dans le ton adoplé pai' rarchitecte.
Art. 4. — Pour les peintures dont les tons seront couleur de bois d'un ou de deux tons, en bois de palissandre, d'orme, de chêne, d'Amboine, d'acajou, de noyer et autres analogues , la première couche sera donnée en gris-ardoise foncé, et les deux autres dans le ton adopté par l'architecte.
Art. 5. — Lorsqu'on peindra à trois couches en couleur de pierre, coupe de pierre, granit jaune, marbre jaune de Sienne, jaune antique^ brèche d'Alep, brocatelle, et autres tons analogues, la première couche sera donnée en gris-perle, et les deux autres couches, du ton qu'indiquera l'architecte.
Art. G. — Dans tous les endroits suivants, tels que les derrières de volets , leurs caissons , les doubles faces des portes d'armoires , les murs de couloirs et d'escaliers de dégagement, les murs et portes de cuisines, et chambres de domestiques, ou tous autres endroits analogues, et pour lesquels on n'aurait pas procédé d'après le mode d'exécution indiqué ci -dessus, il ne sera payé de troisième couche qu'autant .que l'entrepreneur produirait à l'appui de son mémoire rautorisation écrite, do propriétaii e ou de l'architecte, constatant que la troisième couche a été donnée.
Art. 7. — Jairiais il ne sera appliqué d'encollage pour recevoir de la peinture à l'huile, pas plus sur les plàires que sur les boiseries, même celles qui
seraient grattées, à moins d'être exposé à subir les conséquences de Tarticle 41 ci-après.
L'entrepreneur devra, en outre, se conformer, en tous points, à ce qui est prescrit aux articles 10 et 1 1 ci-après.
Peintures sur objets qui ont déjà été peints.
kvi, 8. — Lorsqu'on renouvelle d'anciennes peintures, soit unies ou en décors, et qu'on n'en change pas le ton, l'entrepreneur devra faire ses teintes semblables aux primitives, toutefois en ayantla précaution de tenir ses nuances un peu plus claires. Alors, en présence du propriétaire ou de l'architecte , à qui il aura fait i^econnaître qu'il n'est pas possible de tenir la couleur plus épaisse qu'elle n'est apprêtée dans le vase , il peindra, en leur présence , une porte ou une surface quelconque, à un ou deux tons, afin de les bien mettre à même de juger^que deux couches sont nécessaires.
Dans le cas où il serait convenu de donner deux couches , la deuxième ne sera payée qu'autant qu'on produira à l'appui du mémoire un ordre écrit du propriétaire ou de rarchitecte.
Art. 9. — Pour les fonds de décors, tels que bois, marbre , bronze , granit chiqueté et jaspé , le rebouchage sera fait au mastic teinté , sur la deuxième couche quand on en donnera trois, et sur la première quand on n'en donnera que deux.
Si l'entrepreneur ne produit pas un ordre écrit
du piopriétaire ou de rarchitecto, altesfant que les rebouchages ont été faits conformément au présent article, il lui sera diminué une couche.
Art. 10. — Dans plusieurs endroits tels que salon, salle à manger, chambre à coucher, où les peintures sont soignées , les corniches , les lambris ou frises, les embrasures de portes ou de croisées, les niches et toutes parties en plâtre analogues, ainsi que les parties de bois , telles que derrière des volets, caissons, corniches, dedans de portes d'armoires ou objets semblables , les ponçages s'y faisant irés-légèrement , le prix des peintures sera différent de ceux du reste de la pièce; pour les reconnaître , elles seront désignées au mémoire comme peintures soignées non poncées.
Art. 11. — Lorsqu'il aura été fait des peintures à deux tons sur h^s derrières de volets et sur le dedans de portes d'armoires, ou que, sur ces objets, il sera fait du décor, et que l'entrepreneur ne présentera pas à l'appui de son mémoire un ordre écrit du propriétaire ou de rarchitecte , attestant que ces travaux lui auront été ordonnés, ils ne lui seront pas payés.
Art. 12. — Lorsqu'on repeint des persiennes , généralement il n'y a qu'une face d'altérée et à laquelle deux couches sont souvent nécessaires, une seule suffisant sur l'autre ; ainsi il n'en sera payé deux pour chaque face qu'autant que l'entrepreneur aura été autorisé par écrit à les donner.
La peinture des persiennes sera comptée à trois faces; leurs ferrures, ainsi que celles qui servent à
\o\\Y mainlicn, ne seiont jamais comptées à part, à moins qu'elles ne soient peintes d'un autre ton.
Comme, en général, les persiennes ne se peignent jamais en place, la dépose et la remise en place seront à la charge de l'entrepreneur, excepté quand on les lessivera seulement; dans ce cas, la dépose et la remise en place seront à la charge du propriétaire; le lessivage des ferrures ne sera jamais compté à part.
Art. \ 3. — Les ferrures de toute espèce, telles que serrures, hecs-de-cane, gâches, agrafes de volets, ou objets ayant la même valeur, tels que têtes de portemanteaux (avec leurs barres) , chevilles (avec leurs barres), supports, potences, goussets, et généralement tous les objets qui par leurs formes irréguliéres et leurs dimensions ne se mesurent pas avec exactitude, en raison du peu de valeur de la penUure qui les couvre, seront comptés ainsi qu'il suit :
Toutes les choses, ci-dessus indiquées, qui seront peintes du même ton, et en même temps que les objets sur lesquels elles sont adhérentes, seront considérées et comptées comme pièces de ferrure, si, toutefois, elles ont plus d'un centimètre superficiel en sus de la surface qu'elles occupent.
Au-dessous d'un centimètre de surface, ces mêmes choses ne seront pas comptées.
Au-dessus de cinq centimètres de surface , elles seront comptée au mètre superficiel.
Mais , lorsqu'elles seront peintes d'une autre
couleur que les objets auxquels elles sont adhérenles, elles seront comptées comme pièces de ferrure quand leur surface réelle produira plus d'un demi-centimètre; mais, si elles produisent moins qu'un demicentimètre, elles seront comptées comme demi-pièces*
Au-dessus de cinq centimètres de surface, elles seront comptées au mètre superficiel.
Art. 14. — Les peintures, aussi bien à l'huile qu'à la colle, en bois, marbre, ou en bronze, lorsqu'elles seront faites sur parties ornées de moulures, seront métrées sans avoir égard aux moulures (si elles sont peijiîes du même ton] y et le surplus du développement de ces moulures (^compris leur saillie) ne sera compté que lorsque leur profil développé aura 3 centimètres de plus que leur largeur.
Il en sera de même des saillies de pilastres, des bandeaux de champs et de retraites, qui ne seront comptés que lorsqu'ils auront plus de 2 centimètres de largeur.
Peintures nettoyées pour conserver.
Art. 1 5. — L'entrepreneur à qui il aura été ordonné do nettoyer des peintures doit en faire reconnaître le mauvais état avant le nettoyage ; et si, après cette opération, elles étaient altérées au point de nécessiter de les refaire, elles le seront à la charge de l'entreprericur.
Art. 16. — Les peintures lessivées pour conserver seront métrées sans développer de feuillures de
portes , de croisées , de volets ou d'armoires , quelles qu'elles soient , ni aucune espèce de saillies ou épaisseurs , pas même celle d'huisserie, à moins qu'elles n'aient plus de 4 centimét. (sans les feuillures) et sans ajouter aucune plus-value pour les moulures des cadres ni pour les pièces de ferrure, et même sans faire aucune déduction des vides des carreaux de vitre, ni des glaces, à moins qu'ils n'aient plus de 1 mètre 50 centimètres à l'équerre.
Peinture à la colle.
Art. 17, — Les conditions indiquées dans les articles 10, 11, 13, 1 4 et 18 pour la peinture à l'huile sont en tout applicables pour la peinture à la colle.
Cette peinture, étant achevée et sèche , devra , en frottant dessus , même un peu fort avec un morceau de drap noir , ne pas le salir plus que ne le ferait la peinture à l'huile, à moins qu'il n'y ait réellement de l'humidité dans les plâtres.
Réchampissage de moulures en amarante^ en noir et en vert à Vhuile,
Art. 18. — Ces réchampissages ne serontpayés qu'à luie couche, si Teîitreprt neur ne justifie par écrit qu'il en a été ordonné deux. Il en sera de même pour les réchampissages en hlanc d'argent, sur les ornements en carton-pâle. Sur les moulures, il ne sera jamais payé que deux couches, à moins d'ordre écrit constatant que la troisième a été donnée.
Dorure à V huile.
Art. 10. — La dorure à riiuile dont les apprêts n'auraient pas été reconnus par écrit, à mesure qu'ils auront été exécutés, ne sera payée que comme faite sur une couche de vernis gomme laque et la mixtion (mordante
Art. 20. — Afin de n'avoir pas à payer le récbampissage de la peinture parmi la dorure^ cette dernière sera toujours faite après les peintures achevées^ si ces peintures sont à Thuile; mais, si elles sont à la coUe^ la dorure se faisant toujours avant la peinture , le réchampissage en sera payé.
Art. 21 . — Lorsqu'il sera fait des apprêts de teinte dure pour dorer à l'huile, la nuance des couches «n sera var iée ; on les donnera rouges et jaunes alternativement. Il ne sera payé de couches de feinte dure sur les ornements en carton-pierre que quand elles auront été reconnues par attachement.
Art. 22. — Quand on renouvelle d'anciennes dorures, soit à l'eau, soit à l'huile, ou qu'on fait seulement des raccords, il ne sera payé aucun apprêt, à moins qu'il n'en ait été reconnu par attachement ; encore devra- t-il indiquer de quelle nature seront ces apprêts.
Art. 23. — Il ne sera jamais fait aucun apprêt à la colle pour recevoir la dorure à l'huile, à moins que cela n'ait été expressément ordonné par écrit.
Dorure à Veau.
Art. 24. — Lorsque, dans la dorure à Teau, les parties mates seront dorées à l'huile, elles seront payées comme dorure à riuiile, et les brunis seulement comme dorure à Teau.
Art. 25. — Il ne sera compte de réparages pour la dorure que quand ils auront été expressément ordonnés et reconnus par attachemenl.
Art. 2G. — Lorsqu'il s'agira de raccorder d'anciennes dorures, et que la dépense de ces raccords s'élèvera à la somme de 1,000 fr. environ, l'entrepreneur devra faire donner à For qu'il emploiera le ton des anciennes dorures.
Tenture.
Art. 27. — Autant que possible, la fournilure des papiers sera f^iite au n^étre superHciei; elle sera mesurée en œuvre en ajoutant toutefois;] ceulimctres pour le recouvrement de chaque bordure.
La fourniture des bordures sera mesurée en œuvre, et comptée au mètre linéaire.
Art. 28. — Le collage des papiers de (outc esiiécc seia mesuré eiî œuvre, en ajoiUaiit 3 centimètres pour le recouvrement de chaque bordure, et compté au mètre superficiel.
Le collage des bordures sera également mesuré en œuvre et coinpléau mètre linéaire.
Ai t. 29. — Los papiers poiir apprc(s (gi is, bulle, blanc) seront mesurés en œuvre et eomptés au mètre superficiel.
Art. 30. — La toile pour (en(ure aura 97 centimètres de large et 57 lils par décimètre carré; elle sera comptée en œuvre; le prix comprendra une bande de papier de 1 0 centimètres de large, collée sur les marouflages.
Art. 31 . — Les bandes de zinc pour couvre-joints seront comptées au mètre linéaire; le prix comprendra deux bandes en papier gris, Tune h Teau sur la bande de zinc pour en adoucir l'épaisseur, l'autre plus large collée par- dessus pour bordage.
Art. 32. — Les papiers bleu pâte, collés dans les armoires, seront mesurés en œuvre et comptés au mètre superficiel.
Toutes les autres fournitures et apprêts qui se rattachent à la tenture seront comptés au mètre superficiel ou linéaire, en raison de leur nalure.
Nota. L'égrenage et le léger arracliage de papier pour apprêter les murs ne doivent jamais être comptes à part ; ces travaux font toujours partie du collage.
l^itrerie.
Art. 33. — Le verre fourni sera blanc (et non demi-blanc), de deuxième choix, de Bagneaux, de Prémontré ou de Choisy-le-Pioi.
Art. 34. — Il sera dé|)Osé des échantillons entre
les îBains du propriétaire ou de rarchiiecle. L'entrepreneur signera sur ces échantillons en attestant qu'ils sont bien les produits de la verrerie qu'il aura indiquée, afin d'avoir recours au fabricant s'il y avait contestation.
Ecsponsabiliié de V entrepreneur.
Art. 35. — L'entrej)reneur sera respon.sabîe des verres, lorsqu'en face des cassures il se trouvera des pointes, et que le carreau aura été posé trop juste dans les feuil'ures, ou bien encore quand la casse sera causée par le gauchi de la feuille.
Art. 36. — Comme le peintre , par la nature de son état , est appelé à voir les choses dans leur plus petit détail , il doit signaler au propriétaire ou à l'architecte toutes les réparations qui pourraient entraver sa marche, soit par le maçon, le menuisier, le serrurier , le fumiste, etc.; dans le cas où il n'aurait pas cette précaution , et qu'après son travail fini on serait obligé de revenir faire des travaux qui gâteraient la peinture, les raccords qui en deviendraient la conséquence seraient à sa charge.
Art. 37. — Il est aussi responsable des carreaux et des glaces que pourraient casser ses ouvriers.
Art. 38. — Si , après les peintures achevées , le peintre n'a pas le soin de gratter la couleur qui empêche le jeu des ferrures, et qu'on soit obligé d'avoir recours au serrurier pour cela, les dégâts causés aux peintures par ce dernier seront réparés aux frais du peintre.
Ail. ;39. — En |)renant possession d'un atelier, le peinfre s'assurera aupi és du propriétaire ou de l'architc c(e si les cordons et mouvcmenis de sonnettes doivent être conservés, et , dans ce cas , il en fera reconnaître l'état, afin qu'en quittant Tatelier il les rende comme on les aura trouvés ; dans le cas contraire, ils seront réparés aux frais de l'entrepreneur.
Art. 40. — Si; lors du badigeonnage des maisons, le peintre n'a pas fait reconnaître les dégâts existant aux gouttières et à la toiture, avant d'y avoir fait attacher ses cordes à nœuds ou établir des échafauds, lous les dégâts qui pourraient s'y trouver, après son travail^ seront considérés comme étant de son fait et sei'ont réparés à ses frais.
Dommages et intérêts auxquels V entrepreneur peut être exposé en ne suivant pas son marché.
Art. 41 . — L'architecte et le propriétaire, ne voulant pas être assujettis à une surveillance de tous les instants, se réservent, nonobstant les présentes conventions , la faculté de faire .gratter quelques parties de peinture ou de dorure pour les soumettre à ranîilyse chimique, et, dans le cas où il serait reconnu que la céruse employée est inférieuie d'une manière appréciable à celle de Clichy ou d'autrîs fabriques équivalentes, l'entrepreneur subirait un rabais de 25 pour 100 sur tous les travaux dans lesquels il sci ait entré de la céruse.
Dans le oas où raiiîilyse démontrerait qu'il a vié employé de la colle de peau ou de pale dans le luit de remplacer l'huile, Tentrepreneur devrait subir un rabais de 50 pour 100 sur la totalité des peintures où il aurait été possible de substituer la colle à l îuiile, et ce en raison du mauvais résultat que doit avoir, tôt ou lard , l'emploi de pareille matière , et surtout sur les plâtres.
Art. 42. — Pour la dorure , si l'essai de Vov démontrait qu'il se trouve à un titre inférieur à celui dcî 80 fr. les mille feuilles , il serait fait un rabais de 25 pour 100 sur la totalité des travaux de celle nature.
Art. 43. — Pour la tenture , si , à quelqiies fils près, le nombre était au-dessous de ceux indiqués au préseiit ma relié , il serait fait inie retenue de 25 pour 100 sur les toiles fournies.
Art. 44. — Pour la vitrerie , s'il était reconnu que le verre fût inférieur à la qualité et au choix convenus, ou qu'il ne provînt pas de la verrerie indiquée sur Téchantillon signé par l'entrepreneur, ce dernier devrait subir un rabais de 25 pour 100 sur la totalité des travaux de vitrerie.
Il est bien entendu que tous les fpais d'analyse chimique, d'essai, d'expertise, ainsi que de tous les raccords qui pourraient en résulter, seraient a la charge de qui de droit.
— Voilà, voilà, mon cher confrère, Tinfàme marché qu'on me propose de signer. Je vous laisse à juger si nous ne serions pas perdus complète--
ineiil, si on allait inlroduire dans les affaires un paicil système.
— Ma foi, confrère, pour moi je vous déclare que cela vaudiait beaucoup mieux, et que toutes ces rigueurs ne doivent point effrayer les honnêtes gens; au contraire, il serait à désirer qu'une telle mesure fût généralement adoptée^ on saurait au moins sur quel pied danser; c'est alors que les grands faiseurs de labais auraient le nez cassé; vous ne vous trouveriez pas plus mal d'une telle mesure, ni moi non ])lus , et les propriétaires s'en trouveraient beaucoup mieux.
— Mais ce cahier des charges est trop long , l'application en serait insupportable pour nous.
— C'est vrai, mais on peut le réduire; il suffirais ])re8que de se renfermer dans les articles 41 , 42, 43 et 44, pour prévenii les principales duperies.
— Allons, allons^ décidément vous perdez la raison?
— Non, vous dis-je, écoutez-môi.
J'ai l'intime conviction qu'il y aura possibilité d^appos ter des améliorations réelles dans notre industrie.
Pour cela, il faudrait que MM. les architectes ne fussent pas astreints à faire des plans au rabais , et que tout le monde fût certain que les travaux seront exécutés suivant les strictes conventions, et qu'on ne les payera qu'a leur juste valeur; il faudrait aussi que, parnû les personnes chargées du règlement des mémoires, il ne s'en trouvât point qui confiassent cet i^iuportanl travail à des espi its peu éclairés sur les im-
meiises dclails des divers travaux de notre ëlat; car il en résulte que les injustices involontaires qu'ils conimeUenl déterminent certains entrepreneurs qu'elles atteignent à avoir recouis, pour s'y soustraire, à des moyens illicites.
C'est donc à ceux qui sont à la léte des travaux de bâtiments à s'occuper sérieusement de la matière, afin que la missioii d'intermédiaires qu'ils sont appelés à remplii' soit toute de justice et de conciliation entre les parties, et non une cause de difiiculté et de concurrence anarehique.
P.'S. Lorsqu'il s'^igit de faire une analyse chimique pour Ta peirilure, beaucoup de personnes s'imaginent peut-être qu'il faille mettre toule 'Académie des sciences sur pied et se livrer à des dépenses énormes : c'est une grande erreur, puisque les moindres opérations coûtent environ 10 francs et que les plus compliquées ne dépassent pas 30 francs. On peut faire ces analyses soi-même; elles sont faciles a exécuter : nous avons cru être utile à nos lecteurs en les publiant telles que nous les tenons de M. Barruel , qui a , pendant longtemps, dirigé les cours de chimie pratique à l'école de médecine.
Moyen de uecoxnaitiie la colle de peau dans la peinture appliqué?.
Ëidever la peinture avec soin à l'aide du grattoir, la faire macérer, pendant 24 à 3 6- heures , dans un peu d'eau tiède ^ filtrer ensuite , puis évaporer la liqueur filtrée dans un verre de montre bombé , à une température de 50 à G0°, jusqu'à ce qu'il ne reste sur le verre que quelques gouttes de liquide, et laisser refroidir.
Si la colle est abondante, il restera sur le verre un enduit brunâtre. Reprise par l'eau , cette matière s'y dissoudra et précipitera des flocons blancs-jaunâtres lorsqu'on y versera de la décoction de noix de galle.
MOYEN D£ RKCOXNAlTiiK LA COLLK !)K PATE AVlUi^ LA r^lNTlUli APPLIQUÉE.
Kiilevor laii^oinent la pciiiluro à Taicle du gralloir, faire l)oiiilli?', pendanl cin(| ininules , le rcsullat du grattage avec de rean de fontaine dans une fiole à médecine, laisser reposer et tirer à clair la li(pieur à peu pi'ès limpide dans un verre, puis verser dans ce liquide '2 ou 3 gouttes de teinture alcoolique d'iode; s^'il y a de la colle de |)àte, il se manifestera une belle couleur Meue.
MOYEN DE RECOXXAITRE , DAIsS LA PEINTURE ACIIEVilE , SI LA CÉKUSS
EST PCr.E.
Enlever, h Taide du grattoir, la peinture, en évilaiit le plus possible d'elHeurer le plâtre : 1° brûler 5 grammes de ce grattage dans un creuset de terre, à une température rouge brun, et traiter le résidu de cette incinération d;ins une petite fiole à médecine , à une douce chaleur, avec de l'acide nitrique pur (esprit de nitre ou eau-forlej étendu d'eau par moitié; il faut qu'il y ait un petit excès diacide: puis on étend d'eau distillée, on tire à clair la liqueur et on la met à part ; on lave par décantalion le dépôt de la fiole, s'il s'en trouve, 7 à 8 fois avec de l'eau, pour le priver de la solution de plomb.
2*^ Verser, dans la liqueur qui a été mise à pai t , un léger excès d'acide sulfuri(jue, agiter le tout et filtrer ensuite ; si la céi-iîse employée ne contient pas de craie ou de molleton, la liqueui", filtrée et saturée par de l'ammoniaque (alcali volatil), ne doit pas produire de précipilé en ajoutant de Tacide oxalique.
:r Faire bouillir le résidu insoluble, avec une solution de carbonate de soude, pendant une demi-beure; on décante la liqueur, on lave la matière insoluble a plusieurs reprises avec de l'eau; puis on raltacjue p u- un excès d*acide nitrique étendu ; cette liqueur acide est étendue d'eau 7 à 8 fois son volume; on la partage en deux parties, et , si dans l'une de ces parties il sV forme un pi'écipité blanc par l'addition de i acide sulfurique (précipité insoluble dans l'eau et dans l'acide nitriipie), celte eK;)énînc; p/oiivera q n le résida insoluble contient du sulfate i!e plomb.
4** D;uis la deuxième portion, on fait passer un courant d'acide hydrosalfurl jiL^ i'.isrju'à ce qu'il ne se forme plus de précipité noir, et (jue la li |ii îiir (jui surnage soit limpide; on filtre, et si, dans la liqueur (iltré.;, l'acide sulfuri(pie fait nailre un précipilé blanc insoluble dans l'eau et dans l'acid'î !iili i(|ue, c'est que la matière insoluble de la <'érnsc loiiicM.iil du siilf.ile de b.u'vtc
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