‹ Dialogues sur le catéchisme de Québec [microforme]Chapitre 10 sur 25 · THE · texte numérisé non relu

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porta Notre-Seigneur sur une montagne où, après lui avoir montré tous les royaumes de la terre, il lui dit : “Je te donnerai tout cela, si tu veux te prosterner devant moi et m’adorer.”

AGATHE.—Quelle impertinence ! Notre-Seigneur indigné lui ôta l’envie de recommencer. ‘“ Arrière, Satan, lui dit-il ; car il est écrit : Vous adorerez le Seigneur votre Dieu, et ne servirez que lui seul.”

MariE.—Ces paroles de Notre-Seigneur disent clairement. quil n’y a qu'un Seigneur, qui mérite seul d'être adoré.

Telle est la croyance de tous les peuples chrétiens, que l’Evangile a éclairés sur l’unité de Dieu et la Trinité des personnes.

LuCIE.—Avant la venue de Jésus-Christ, les Juifs ont toujours cru en un seul Dieu ; mais je ne sais s'ils croyaient aux trois personnes divines ?

MarRie.—L’existence des trois personnes divines n'était pas absolument inconnue, avant Notre-Seigneur ; certains Patriarches et Prophètes avaient reçu sur ce sujet des révélations particulières que le commun (lu peuple connaissait peu.

La pleine révélation de ce mystère était réservée pour l’époque où Dieu le Père enverrait dans le monde son Fils unique, et où le Saint-Esprit se communiquerait aux âmes avec l’abondance de ses dons.

C’est dans l'Evangile qu’on trouve les preuves les plus convaincantes du dogme de la sainte Trinité.

AGATHE.—J’ai lu et appris quelquefois l'Evangile ; et pourtant, je ne me souviens pas d’v avoir trouvé le mot de Trinité, ni qu'il y fut question de {rois personnes en un seul Dieu.

ALMA.—C’est vrai ; les mots Trinité, personne, ne

se trouvent pas expressément dans l'Evangile ; mais, si le nom n'y est pas,- peu importe, pourvu que la chose y soit.

Or, il y a dans l'Evangile plusieurs passages où les trois personnes divines sont nettement caractérisécs, par exemple au baptème de Notre-Seigneur.

AGATHE.—Au baptême de Notre-Seigneur ? Y avait-il d’autres personnes que Jean-Baptiste ?

ALMA.—Réfléchis done un peu! La voix qu'on entendit, disant : “ Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j'ai mis mes complaisances.”?

Cette voix était évidemment celle du Père, parlant de son Fils.

Et la colombe, qui apparut au-dessus de la tête de Jésus, était une forme sensible de l’Esprit-Saint.

AGATHE.—(C'est vrai ; je ne l’avais pas remarqué.

CLAIRE.—C'est la même voix, qui se fit encore entendre sur le Thabor, en des termes identiques : “Celui-ci est mon Fils bien-aimé. . .”’ Seulement dans la Transfiguration, la colombe fut remplacée par une nuée lumineuse, symbole de la Divinité.

AGATHE.—Je comprends ; il n’y a qu’un Père qui puisse dire : “ Celui-ci est mon Fils...” J'aimerais pourtant à avoir quelque chose de plus clair au sujet du Saint-Esprit.

CLAIRE.—C'est moi qui vais te satisfaire ; lorsque Notre-Seigneur chargea ses Apôtres de prêcher partout l’Evangile, que leur dit-il ?—“ Allez, enseignez toutes les nations, les baptisant au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit.” Est-ce clair ?

AGATHE.—Oui, c’est très clair.

CLAIRE.—Ce n’est pas tout ; souvent dans ses prédications, Jésus appelait Dieu son Père, il se procla-

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mait lui-même le Fils de Dieu, n'étant qu'un avec son Père, et faisant des miracles pour prouver ce qu'il disait ; enfin il promettait à ses disciples de leur envoyer l’Esprit-Saint, le Consolateur qui procède du Père... Est-ce clair encore ?

AGATHE.—Oui, c’est bien clair.

CLAIRE.—Ce n’est pas encore tout ; voici les paroles qu’on trouve en saint Jean : “IL ÿ en a trois qui rendent témoignage dans le ciel, le Père, le Fils el l'Esprit-Saint ; et ces trois ne sont qu’un.”

AGATUE.—C’est parfaitement clair ; et voilà plus de preuves qu'il n’en faut pour quiconque est de bonne foi. Il y a certainement trois personnes en Dieu.

MARIE.—Oui ; aussi le dogme de la sainte Trinité, enseigné par Notre-Seigneur et par les Apôtres, a-t-il été cru par les premiers chrétiens, défendu par les martyrs, et professé de toutes manières par l’Eglise catholique, dans ses Symboles, dans l’administration des Sacrements, dans ses prières liturgiques.

Luots.—Le signe de la croix n'est-il pas une belle profession de foi au mystère de la Sainte Trinité ? N'en est-il pas de même, lorsque nous disons ou que nous chantons la louange : Gloire soit au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit ?

MaRte.—Assurément ; aussi, par raspect et reconnaissance envers les trois divines Personnes, je vous propose de prendre la résolution de dire avec plus d’attention cette louange et de faire toujours avec piété le signe de la croix.

Toures.—Nous en prenons la résolution.

MARIE.—Il est donc certain, d’après ce qui vient d'être dit, qu'il n’y a qu’un Dieu, et pourtant qu’il v

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a trois personnes en Dieu ; mais chacune de ces trois personnes est-elle Dieu ?

Lucie.—Oui, dit le Catéchisme, le Père est Dieu, il est la première personne de la Sainte Trinité ; le Fils est Dieu, il est la seconde personne de la Sainte Trinité ; le Saint-Esprit est Dieu, il est la troisième personne de la Sainte Trinité.

En effet, d’après l'Evangile et les symboles, chacune de ces trois personnes possède toutes les perfections divines : l’éternité, l’immensité, la toutepuissance, etc. Elles ont donc une même nature et forment une adorable Trinité de Personnes en un seul Dieu.

AGATHE.—Quand on dit la première, la seconde, la troisième personne, cela signifie-t-il que le Père est plus ancien, plus puissant que le Fils ou que le Saint-Esprit ?

LucIE.—Point du tout ; la première personne n'est pas plus parfaite que la seconde ou que la'troisième ; car les trois personnes divines sont égales en toutes choses.

Ces expressions indiquent seulement les relations d'origine des divines personnes, c’est-à-dire que le Père engendre le Fils, et que du: Père et du Fils procède le Saint-Esprit.

AGATHE.—Je ne comprends guère ces relations !

Lucre.—C'est en effet un peu difficile. Employons une comparaison : le soleil n'est-il pas à la fois source de feu, de lumière et de chaleur ? Feu, lumière et chaleur sont trois choses qui ont coexisté, depuis la création du soleil.

De même, en Dieu, les trois personnes ont une coexistence éternelle : le Père est comme le feu, le

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Fils est comme la lumière, et le Saint-Esprit en est comme la chaleur.

AGATHE.—Cette comparaison est belle ; cependant, toutes les comparaisons sont imparfaites, surtout appliquées à Dieu.

ALMA.—T] me semble que notre âme est aussi une image de Ja Sainte Trinité ; car, lorsque Dieu voulut créer Adam, il dit : “Faisons l’homme à notre image.”

Nous avons dit que: notre âme ressemble à Dieu en ce qu'elle est spirituelle, intelligente et libre. La spiritualité, l'intelligence, la volonté libre ne font pas en nous trois. âmes, mais une seule âme.

De même, les trois personnes divines ne font pas trois Dieux, mais un seul Dieu.

AGATHE.—N’y a-t-il pas d’autres comparaisons ?

ALMA.—Oui, il y en a bien d’autres plus ou moins bonnes ; ainsi dans un triangle, on trouve trois angles égaux ; dans un arbre, on trouve la racine, le trone et les branches ;: dans une feuille de trèfle, on trouve trois lobes semblables ; l’eau d’une source, d'un ruisseau et d’un fleuve ne forme pas trois eaux différentes, mais une seule et même eau ; etc., etc.

AGATHE.—Tout cela est vrai : mais je pense qu'il vaut mieux reconnaître que l’existence des trois personnes divines, distinctes et égales, est un mystère incompréhensible pour nous...

RosE.—Et même pour les plus grands savants ; car, sais-tu ce qui arriva un jour à saint Augustin, l’illustre évêque d’'Hippone ? Il se promenait sur le bord de la mer, réfléchissant et: cherchant à s’expliquer le mystère de la sainte Trinité. Tout à coup, il aperçut un bel enfant, qui tenait à la main une

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