‹ Dialogues sur le catéchisme de Québec [microforme]Chapitre 4 sur 25 · MARIA, ANNA, EVA, CLARA, ROSA · texte numérisé non relu

MARIA, ANNA, EVA, CLARA, ROSA

MaARIA.—(T'enant à la main un Catéchisme.) Voici un petit livre bien précieux ; celle d’entre nous qui saurait par cœur tout ce qu’il contient et en comprendrait tout le sens posséderait certainement une grande science.

ANNA—Ce livre est petit, en effet ; il ne ressemble guère aux gros volumes que possède mon père.

ManiAa.—Les gros volumes ne sont pas toujours ceux qui renferment le plus de science ; en tout cas, mon petit livre est un des plus beaux que l’on puisse trouver.

Eva.—Quel est donc ce livre merveilleux ? Disnous en au moins le titre ?

MarrA.—Ce livre est un Abrégé de la science religieuse ; il s'appelle le Catéchisme.

CLARA.—Ah ! un Catéchisme ! Je pensais d’abord que c'était une Histoire sainte. Comme j'aime beaucoup les histoires, surtout celles qui sont vraies, je lis ou j'entends toujours avec plaisir les histoires d’Adam et d'Eve, de Caïn et d’Abel, de Noé et de ses fils, d'Abraham et d’Isaac, de Joseph et de ses frères, de Moïse, de Ruth, de Judith, d’Esther...

Ros1.—Ce sont là des histoires de l’Ancien Testament ! Moi, je préfère celles du Nouveau Testament, en particulier la Vie de:Notre-Seigneur Jésus-Christ. C’est si intéressant d'apprendre ce que Jésus a dit et a fait sur la terre !

MaRta.—"T'u as raison ; l'Evangile est le plus beau des livres ; mais, ignores-tu que le Catéchisme n’est autre chose que l'Evangile, mis à la portée de tous ? L’Evangile et le Catéchisme sont deux livres, qui renferment la même doctrine, celle que Jésus enseigna aux hommes, durant sa vie sur la terre.

RosA—Il y a pourtant quelques différences ; ainsi, par exemple, lorsque Notre-Seigneur parlait aux Juifs leur faisait-il des questions, comme il y en a dans le Catéchisme ?

MarraA—Cela arrivait quelquefois ; cependant, Jésus exposait orcinairement sa doctrine sous forme de discours ou de sermon, à peu près comme font les prêtres en chaire.

ANNA—Ah ! les sermons, je ne les comprends guère, à moins que je n'y porte beaucoup d'attention !

MartrA.—Les sermons sont, il est vrai, quelquefois difficiles à comprendre ; ils sont faits surtout pour les grandes personnes, déjà plus instruites que nous. Aussi, les enfants reçoivent-ils ordinairement des instructions particulières, simples, faciles à comprendre ; on les interroge et ils répondent.

C’est pour eux surtout qu’on a fait le Catéchisme, ce beau petit livre, où la doctrine chrétienne est mise sous forme de demandes et de réponses, afin d’être retenue plus aisément dans la mémoire.

CLARA.—Je comprends ; de même qu’on ne mange pas d’une seule bouchée un gros morceau Ge pain, mais qu’on le coupe par petits morceaux avant de le porter à la bouche ; ainsi le Catéchisme c’est l’Evangile, partagé en petits morceaux, c’est-à-dire en questions et en réponses...

Eva.—Voilà une belle comparaison !

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MartA.—Une comparaison très exacte ! Le prêtre, qui vient chaque semaine nous expliquer et nous développer ce que nous avons appris, agit comme un bon père de famille qui rompt le pain à ses enfants.

Le pain matériel que nous mangeons chaque jour est nécessaire à l’entretien de notre corps ; le pain spirituel de la doctrine chrétienne n’est pas moins nécessaire à notre âme, qui a besoin de vérité et de science religieuse !

La science religieuse, voilà la plus noble, la plus utile, la plus nécessaire de toutes les sciences.

ANNA.—Pourquoi dis-tu, que la science religieuse est la plus noble des sciences ? |

Marta.—C’est parce qu’elle nous enseigne tout ce que nous pouvons savoir sur Dieu et ses infinies perfections, sur l’homme et son immortelle destinée... Peut-on concevoir un plus noble objet ?:

Eva.—$Soit ; mais comment cette science est-elle la plus utile ? N’est-il pas plus utile, ar exemple, de savoir lire, écrire, compter... ?

MartA.—Certainement non: il est sans doute bon et utile de savoir lire, écrire, compter... ; mais il nous est bien plus avantageux de connaître et de pratiquer nos devoirs envers Dieu, envers le prochain et envers nous-même ; voilà la science qui nous apprend le moyen d’être heureux durant notre vie et dans l’éternité.

Crois-tu que tous ceux qui savent lire, écrire ou compter, sont par là même toujours heureux ?

Eva.--Non, bien sûr ; car il y a bien des gens qui n’ont jamais su lire, ni écrire, et qui ne s’en portent pas plus mal : ils vivent plus tranquilles et plus heureux que bien d’autres que je connais !

MarrA—Je maintiens enfin que la science religieuse est la plus nécessaire des sciences ; c’est Notre- Seigneur lui-même qui l’a proclamé : “Cherchez premièrement, dit-il, le royaume de Dieu et sa justice et le reste vous sera donné par surcroît.” —"* Que sert à l'homme de gagner l’univers entier, s’il perd son âme ? ”

Or, sans la science religieuse, sans la connaissance des principaux mystères de la foi, un homme ne: peut se sauver ; c’est donc la science la plus nécessaire.

Eva.—C'est vrai ; du reste, mes amies, voulez-vous que je vous démontre l’importance de la science religieuse, en vous racontant une histoire ?

Toures.—Certainement ; conte-nous une histoire ?

Eva.—Un jour, un Monsieur, du nom de Beauzée, entra chez un de *es amis, qui s'appelait Diderot...

ANNA.—Diderot ! Je n’ai jamais entendu ce nom...

Eva.—Diderot, c'était un philosophe impie du siècle dernier. Eh bien, savez-vous ce que faisait dans sa chambre de travail cet impie, ce grand ennemi de la religion... Devinez ? Il apprenait le Catéchisme à sa jeune fille !

Et comme M. Beauzée en paraissait surpris, Diderot lui dit : “ Hé ! quels meilleurs fondements puisje donner à l’éducation de ma fille, pour la rendre ce qu’elle doit être un jour : fille respectueuse et tendre, fidèle épouse et digne mère ? Est-il une morale qui vaille celle de la religion ? ”

CLARA.—II aurait pu ajouter : “ Est-il un livre plus excellent que le Catéchisme ? ”

Rosa.—Ce que tu viens de dire, Eva, me rappelle les belles paroles de Jouffroy, un autre philosophe qui disait : “Il y a un petit livre qu’on fait appren-

» reli- dre aux enfants ; lisez ce petit livre, qui est le Caté-

Notre- chisme ; vous y trouverez une solution de toutes les

rchez questions...

a jus- à Demandez au chrétien d’où vient l’espèce humaine,

Que : il le sait ; où elle va, il le sait ; comment elle y va, perd il le sait.

Demandez à ce pauvre enfant, qui de sa vie n’y a sance songé, pourquoi il est ici-bas et ce qu’il deviendra peut après sa mort ? Il vous fera une réponse sublime. re. L Origine du monde, origine de l’espèce, question de VOUS race, destinée de l’homme en cette vie et en l’autre, » reli- rapports de l’homme avec Dieu, devoirs de l’homme

envers ses semblables, droits de l’homme sur la oire ? 1 création, il n’ignore rien. Et quand il sera grand, il Luzée, n'hésiter…a pas davantage sur le droit naturel, sur le

droit politique, sur le droit des gens ; car tout cela sort, tout cela découle avec clarté et comme de soimême du christianisme.

Voilà ce que j'appelle une grande religion ; je la reconnais à ce signe, qu’elle ne laisse sans réponse aucune des questions qui intéressent l’humanité.”

CLARA.—Par conséquent un enfant, qui connaît bien la religion, possède la plus noble, la plus utile et la plus nécessaire des sciences.

MaARIE.—Puisqu’il en est ainsi, (se tournant vers ses compagnes), prenons ensemble aujourd’hui la résolution d'apprendre soigneusement tous les mots de ce précieux livre, qui est notre Catéchisme, et d’écouter attentivement toutes les explications qui nous en seront données.

Adieu, mes amies, et à dimanche notre prochain dialogue. (Ælles saluent l’assemblée, et se retirent.)

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