SCÈNE If
Les Mêmes, M. DE CHIVRI.
R ^président, ù U. de CAi'pni, qui entre. Votre
m. or cwni, Georges Bernard, comte du Cbivri, pair de France.
l* président. Vous jurez de dire toute U vérité?
m chivri. Je le jure.
le président. Recon naissez vous l’accusé?
m. DE chivri. Oui, je le reformais le président. A quelle époque Tarez-vous vu? u. de chivri. U jour où mes deux iii* allèrent loi demander compte de i'houneur de nuire nom.
le président. En quel endroit l'avez-vous vu? u. ue cmivhi. Sur le lieu du combat dans lequel mes deux lits venaient de succomber.
le président. Vous ne l'aviez jamais vu avant cette époque?
m. or chivri Jamais 1
LE MOCintnt DS ROI. Je prie messieurs les jurés de *c rappeler cette circonstance.
ix président. Monsieur le comte, dites ce que vous savez de l'affaire à messieurs les jurés.
n. or cm vm . J'étais à Paris en 1833. lorsque je reçus de madame de Kermie. ma belle-mer*-, une lettre ainsi ronçue: •• Venez avant que je • meure, car j’ai à von* confier un secret qu'un m père seul doit entendre. » Mes fils étaient près de moi quand je reçus cette lettre; ils .vou lurent m’accompagner ; mm# partîmes, et nous arrivâmes au milieu de la nuit au château de Kertnic. J'entrai chez mi mère, ma fille était près d'elle; ce fut en sa présence que madame de kermir me lUUtl q«’M octobre IM elle avait donné asile à un proicrit. Ce proscrit, me ditelle. a re|sondu pir un crime a mou hospitalité, et votre fille a été sa victime.... Je demaudai le nom du coupable, on tue répondit qu’il te nommait Léonard Asthoti.
lc pri sidznt. Madame de Kermie vous a bien dit Léonard Àsthon?
n m: CHivnt. Je le jure 1 , je suis seul à venir témoigner de cette funeste confidence, celle qui me Va faite a succombé a la douleur qui n frappé sa vieillesse, et les deui fils qui m accompagnaient sont mort», tués par celui qui m'a déshonoré; mais leur mon est un témoignage sacré de la vérité de ce que je viens de vous révéler.
le président, après un rifcNre. Léonard, qu'avez -vous a dire ?
léonard. Rien, monsieur.
le président. Vous acceptez donc la déposition du témoin comme véritable?
i l'nvsnn. Je crois du mo;n» qu'elle est sincère.
lb président. Vous avouez donc avoir accepté en 1832 un asile chez madame de Kermie?
léonard- C'est une question à laquelle il ne m'est pas permis de répondre.
le président. à U. de CAfnri. Mats n'avozvous pas eu connaissance d'une entrevue que vu tre hile aurait eue avec un ami de Léonard Asthon ?
m. i>e unvat. Oui, monsieur ; ma fille, dans l'espérance d'obtenir de cet homme la réparation qui lui était due. et de prévenir une funeste rencontre, s’était rendue chez lui; mai* il parait qu elle n'y trouva qu’un ami de t'accusé, qui lui promit, en son nom, de lui reudre l'honneur.
le président, Pourriez-vous nous dite quelle est la personne qui a reçu voire fille?
u. de cmivhi. Non, monsieur.
le président. Accusé, connaissei'voua celte personne?
léonard. Je la connais.
t.B président. Xommer-la.
léonard Je ne puis, jifuruium.) le pnr.«'iwvT. Vous ne lr pouvez, je le comrends; car il vous faudrait renier la parole qu'un omtnc d' honneur a cru pouvoir donner en votre nom.
léonard. Vous en jugerez bientôt ; mais je demanderai a iiiotivieuY de Chivri -i je uc me su pas présenté chez lui pour la tenir?
1)1 A N F. DE CHIVRI.
w. ns chivri. Oui. cet hiimme est venu chez mot le jour même de la mort de mes (ils; je ne *ai-i quel mensonge il avait prépvré pour tue tromper, mais j'ai refusé de l'entendre.
lp. président (ju'on appelle monsieur Martial de f.hjvri [Lhuisster sort et rentre bientôt.)
léonard. Pardon, monsieur le président; mai»
n'a-t nn point retrouvé le témoin Valérieji. qui, au dire de l'acte d'accusation, a dû m'introduire chez madame de Kcrmlc ?
le président. Vous savez bien qu'on n'a pu le découvrir; vous pourriez peut-être nous dire niieui que personne où il se cache, cl pourquoi il te cache; mats l'accusation #aura s'en passer. {Pentium eeci. l' huissier a parlé bas au Procureur du roi .1
léonard. El ma justifie stion aussi, monsieur. IE pRorçKKi n M' roi. On m'apprend quelque chose de fort extraordinaire; on u a pu retrouver monsieur Martial de Chivri. il est absent.
M. de cnivnt. Mon fils*
le procureur m» roi. Mademoiselle de Cliivri a dit à Ttiuirsier qu'au moment d'entrer dan# la salle de* témoins une lettre avait été remise a son frère, que celte lettre avait paru le troubler biaucoup, et que presque aussitôt il l'avait quittée.
le président. Mais voila plus de deux heure»
de cela... N'importe, nous en tendron* plus tard ce témoin, qu'on appelle mademoiselle Diane de Chivri
léonard. Monsieur le président, je sais combien peut être pénible pour mademoiselle de Chivri l'interrogatoire qu'elle va avoir a subir... Cependant je destre que tout ee qui peut m'accuser soit précisé dans celte déclaration. (Jfuwrrmeh/.! N'oubliez pas que c'rst le droit de ma défense, cl que j'ai besoin de savoir enfin.,., exactement a
quoi je v&is avoir a répondre
le président. Ce n'est pas la cour qui cherchera a étouffer la vérité ..