‹ Diane de ChivriChapitre 14 sur 57 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

M^e DE KERMIC , MARTHE , DIANE.

M"e DE KERM^, à Marthe.

Marthe, dès que Valérien sera revenu de Nantes, tu l'amèneras ici.

MARTHE

Oui, madame.

M™« DE KERMIC

Quelle heure est-il ?

MARTHE

Dix heures.

M"*e DE KERMIC.

La nuit est bien noire et doit rendre les chemins diffi-^iles. Il ne sera peut-être pas ici avant minuit... cela serait fâcheux.

Madame attead doue des nouvelles bien importantes?

M^ne DE KERMIC.

Oui, bien importantes ! il faudra donc que tu veille jusque là !

MARTHE

Et vous veillerez aussi, faible et malade comme

vous êtes ?

M"« DE KERMIC, lui montrant Diane- Ce n'est pas moi qui suis la plus malade , ma

bonne Marthe !

MARTHE

Ah ! oui... la pauvre enfant : depuis un an elle est bien changée ! Ce n'est plus notre jeune bonne maîtresse si heureuse et si gaie autrefois; maintenant elle est devenue triste et silencieuse; elle me fait peur quelquefois, lorsque je la vois errer seule dans le parc, comme une ombre, allant sans cesse du château au pavillon, s'arrêtant au moindre bruit et prêtant l'oreille comme si elle attendait quelqu'un.

M"^ DE KERMIC, à part.

Ah ! fasse le ciel qu'il vienne, celui-là I (Haut.) Dis-moi, Martial esl-il parti ?

Oui, madame ; il est allé, d'après vos désirs, à la fête que donne le nouveau propriétaire du château de M. de Furières. Il ne rentrera sans doute que fort tard dans la nuit.

jjine DE KERMiC, à pari.

Je l'espère. {Après s'être levée. ) Ce n'est qu'à des hommes qui pourront la venger que je dois dire ce fatal secret, si ma dernière espérance est trahie...

MARTHE

Madame, la voilà qui s'éveille.

M™' DE EERMic, Vivement.

Laisse-nous, et n'oublie pas de m'envoyer Va-

îérien.

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