LÉONARD, DIANE
DIANE, cherchant à retenir Louis qui sort. Non, non, monsieur, j'avais souhaité parler à M. Léonard Asthon... à lui seul... Je dois me retirer, puisque je ne l'ai pas rencontré.
LÉONARD
Ne pourriez-vous dire à son ami le plus cher... ce que vous vouliez lui demander ?
DIANE
Je n'ai plus rien a demander à M. Asthon luimême, monsieur ; le refus qu'il fait do me rec&- ' voir m'en dit assez... C'est ma... condamnation.
LÉONARD
Votre condamnation... mais Léonard n'« pai refusé de vous recevoir.
MAGASIN THEATRAL
DIANE
Poonpioi donc n'est-il pas ici ?
LÉOWAUD, à part.
Elle ne me connaît pas. {Haut.) Mais si c'était lui qui vous parle ?
DIANE
Lui ? ah ! monsieur, je ne sais qui vous êtes ; mais il y a de la cruauté à espérer tromper une pauvre femme aveugle... Lui, dites-vous ? lui qui me parle?... Je connais Léonard Asthon, monsieur.
LÉONARD
Yoos le connaissez ?
Oh! oui... je le connais.
LÉONARD, à part.
C'est donc vrai... un autre I... ah je découvrirai l'infôme. {HautJ) Ainsi vous connaissez Léonard Asthon?
DIANE
Dieu m'a refusé de voir le jour qu'il a fait et le visage de ceux à qui je parle... mais si au milieu de ce château où je suis perdue, j'avais entendu un seul accent de sa voix... oh l je l'aurais reconnue au milieu du murmure de mille autres; elle m'eût éclairée, elle m'eût guidée, et j'aurais couru vers lui, pour lui demander grâce et pitié.
LÉONARD
Vous, demander grâce et pitié à Léonard Asthon... et pourquoi?
DIANE
Ahl monsieur... qui que vous soyez, n'abusez pas du trouble d'une infortunée, du désordre d'un cœur désespéré... laissez-moi... laissez-moi fuir. Ah! il n'a pas voulu sans doute ajouter à son crime celui de me livrer à la risée de ses amis.
LÉONARD
Lui, lui, Léonard Asthon... vous ne pouvez le croire... mais c'est un homme d'honneur... mais c'est un noble et brave soldat... mais il est incapable d'une pareille infamie !
DIANE
Mais, encore une fois, pourquoi n'est-il pas ici? LÉONARD, après avoir hésité.
Eh bien, je dois vous l'avouer, le billet que vous lui avez fait écrire ne lui est point parvenu ; c'est dans mes mains qu'il est tombé.