PAUL, MAXIMILIEN
PAUL. Tu m'as appelé?
MAXiMiLiEx. Oui.
PAUL. Qu'est-ce que tu veux?
MAXIMILIEN. Tu Gs cHcz quelqu'uu à qui je vais te présenter.
PAUL. Quel est ce quelqu'un?
MAXIMILIEN. C'est uuc fcmmc.
PAUL. Qu'on nomme?
MAXIMILIEN. La comtesse de Lys.
PAUL. La comtesse de Lys.
MAXIMILIEN. Oui 5 tu la connais?
PAUL. Non, mais j'ai entendu parler d'elle.
MAXIMILIEN. Dans quel sens?
PAUL. Dans tous les sens.
MAXiMiLiKN. Eh bien, mon cher, tu es chez elle ; c'est une des admiratrices de ton talent, et comme en causant avec moi, elle a appris que je te connaissais, comme elle voulait te connaître et que tu étais en bas, je t'ai appelé pensant que c'était une occasion de tous être agréable à tous les deux,
d'autant plus qu'il faut que je retourne auprès de Delphine
PAUL. Je m'en retourne avec toi, je ne suis pas en toilette
MAxiMiLiEN. C'est une femme qui s'inquiète peu de ces choses-là. D'ailleurs'je ne me gêne pas avec elle.
PAUL. Tu es bien dans la maison?
MAXIMILIEN. Très- bien !
PAUL. Tout à fait bien?
MAXIMILIEN. Pas tant que ça.
PAUL. C'est peut-être la personne qui est venue chez moi!
MAXIMILIEN. 3I'»« de Lys ?
PAUL. Oui.
MAXIMILIEN. Elle n'aurait pas eu besoin de venir chez toi puisque je puis venir chez elle.
PAUL, avec MU air de doute. C'est juste.
MAXIMILIEN. Tu crois donc que je ne connais qu'une femme dans le monde?... Non, l'autre est partie. Oh! j'ai bien souffert, dans le premier moment!... celle-ci est une de ses amies... et si tu veux faire ta cour à la comtesse, que ce ne soit pas moi qui t'en empêche.
PAUL. Pourquoi diable veux-tu que je fasse la cour à une femme que je n'ai jamais vue? pourquoi ne la lui fais-tu paSj, toi?
MAXIMILIEN. J'ai essayé; mais il y a trop longtemps que nous nous connaissons. Mon amour a fait comme la poudre éventée, il n'a pas pris; toi. c'est
autre chose, c'est l'inconnu et l'inconnu a toujours du charme... Tiens, la voici; comment la trouvestu?
PAUL. Charmante!