‹ Diane de Lys; comédie en cinq actes, en proseChapitre 37 sur 40 · LES MÊMES, LE COMTE · texte numérisé non relu

LES MÊMES, LE COMTE

LE COMTE, paraissant. Et quand partons-nous ?

DIANE. Mon mari !

PAUL. Monsieur!

LE COMTE, à sa/emme- Vous m'avez fait dire par M'"e Delaunay que vous étiez prête à partir avec moi, je venais vous chercher et je vous entends dire àJîonsieur que vous partez avec lui. Alors je vous demande quand partons-nous ?

PAUL. La raillerie est inutile, Monsieur, je suis à vos ordres.

LE COMTE. Un duel, Monsieur, vieux moyen, et, qui pis est, moyen hète. Je ne vous connais pas; vous avez pénétré chez moi pour un rapt, à quoi bon me battre avec vous quand j'ai le droit de vous tuer?

DIANE Ah !

LE COMTE. Tranquillisez-vous, Madame. Aujourd'hui encore je ferai tout au monde pour éviter le scandale et le bruit, et voici le seul moyen que j'emploierai : Monsieur, il se peut que la sociéti'; soit mal faite, que vous ayez intérêt à réparer ses erreurs, qu'on ait eu tort de nous marier Madame et moi, tout cela est possible ; mais ce que je sais, c'est que je suis le mari de Madame, que je l'aime, que je la garde et que rien dans le monde ne peut m'en empêcher, parce qu'elle est ma femme- Voilà pour

le présont; quanta Tavenir, je n'ajouterai qu'une chose; n'y voyez pas une menace, Monsieur, mais Texprpssion pure et simple d'une résolution implacable. Je vous donne ma parole d'honneur que si jamais je vous retrouve auprès de Madame dans les conditions où je viens de vous trouver, je vous donne ma parole d'honneur que j'use du droit que la loi m'accorde et que je vous tue.

PAUL. C'est bien, Monsieur, nous verrons.

LE COMTE. Jusque-là, Monsieur, je ne vous connais pas, et il ne s'est rien passé entre nous.

LE DOMESTIQUE , paraissant. La voiture de Madame la comtesse est prête.

LE COMTE, à Paul- Adieu , Monsieur ! {A Diane.) Vous avez l'existence de cet homme dans vos mains, ne l'oubliez pas, Madame. [Ils sot^tent.)

PAUL, seul. A nous deux, monsieur le comte.

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