ACTE I
MARGUERITE
Oui , de Pienne , en effet.
DIANE
C'est un homme d'honneur.
PARNAJON.
C'est égal ; celui-là vous doit un fameux cierge, Car il allait sanâ vous tâter de ma flamberge.
DIANE
Tu ne plaisantes pas , je le sais , Parnajon.
PARNAJON.
Vit-on jamais se mettre en garde avec un jonc?
MARGUERITE
Au siège de Corbie il en a fait bien d'autres.
DIANE, Tirement.
Qu'a-t-il fait?
On m'a dit qu'avec quatre des nôtres...
DIANE
Que m'importe après tout! Ne me le dites pas.
PARNAJON.
Votre père en a fait bien d'autres à Privas.
MARGUERITE
Qui vous accuserait d'être trop curieuse, Son accusation serait calomnieuse.
DIANE
Qui sait !
MARGUERITE
Cela se voit pour ce jeune homme... et puis,
14 DIANE
Vous ne me demandez pas même qui je suis.
DIANE, souriant.
Pardon! je ne sais où j*ai l'esprit. — Je m'appelle Diane de iMirmande. Et vous , mademoiselle?
MARGUERITE
Marguerite Grandin.
PARNAJON, à part.
Le nom est bien bourgeois.
MARGUERITE
Mon père est le fermier des gabelles d'Artois...
PARNAJON.
Bon ! pour peu qu'il n'ait pas laissé sa ferme en friche, Monsieur Grandin doit être assez riche.
MARGUERITE
Très-riche.
A Diane.
Mais demandez-moi donc aussi par quel hasard J'étais seule aujourd'hui dans la rue , et si tard?
DIANE
Soit, je vous le demande.
MARGUERITE
Et votre doux sourire A des désirs d'enfant gâté sëlhble souscrire. Pourtant, madame ) après tout ce que je vous doî Me peut-il être égal que vous doutiez de moi?
DIANE
Vous avez une aimable et candide nature, Mon enfant. — Contez-moi toute votre aventure.
EUes s'asseyent près de la taMe.