ACTE I. IS
HARGUEniTE.
Eh bien ! que pensez-vous de ce vilain seigneur
Dont il sort des chansons quand on frappe à son cœur?
DIANE
Rien de bon. Sur ses traits son âme se devine.
MARGUERITE
Il veut avec ma dot réparer sa ruine ,
Et, bien qu-il soit connu pour un méchant garçon,
ÙOn père^ qui me veut heureuse à sa façon,
Et qui ne connaît pas de bonheur préférable
A celui de porter un nom considérable ,
M'a déclaré d'un ton à ne répliquer pas
Q&e je serais demain comtesse de Cruas.
Le désespoir m'a prise , et pour rompre ma chaîne
Je me suis résolue à fuir cheé ma marraine ,
Madame de Rohan , dont la protection ,
Jointe à pareil éclat , rompra mon union.
La messe de minuit favorisait ma fyite; ,
Je me suis égarée, en sortant, de ma suite;
Mais au bout de cent pas, jugez de mon effroi ,
Quand ces quatre seigneurs débouchent devant moi !
iè perds ta tète €4 prends ma course ; eus de me suivre
En riant , mais d'un pas engourdi sinon ivre ,
Si bien que loin de moi je les eusse laissés
Sans la peur dont j'avais les pieds embarrassés.
Mais j'étai^.de fatigue et d'effroi demi-morle.
Quand par' bonheur s'ouvrit devaut moi votre porte.
— Je n'avais qu'à lever mon voile , et mon aspect
 ces audacieux eût rendu le respect ;
Mais leur respect m'aurait reconduite à mc<i pèrtd
t« DIANE.
Et contrainte à l'hymen dont on me désespère; Aussi voulais-je attendre à toute extrémité Avant de m'immoler à votre sûreté.
Me pardonnerez-vous?
DIANE
De vous avoir servie?
PARNAJON.
De vous remercier on a plutôt envie.
Le joli Naturel de femme que voilà!
A part.
Dire qu'un financier a fait cette enfant-là !
Écoutez donc, madame!... on ouvre la fenêtre. ,
EUe recule jusqu'à Tangle le moins éclairé de lachambr*. DIANE.
En effet... Parnajon!
PARNAJON.
Bah ! c'est le jeune maître.