ACTE I. lY
DIANB.
Pour ue pas m'éveillerl Croyez-vous que je dors A ces heures de nuit quand je vous sais dehors?
PAUL
Je t'ai dit en sortant de ne me pas attendre.
Hélas !. c'est malgré moi ; je ne peux m'en défendre. D'où venez- vous ? ^
PAUL
Bonsoir.
Il ouTre la porte du palier« DIANE.
Un moment! Descendez,
PAUL
Si vous me dites vous et si vous me grondez , C'est différent ; je vais me coucher sans chandelle.
DIANE
Mais j'ai besoin de vous.
PAUL
Oui, pour une querelle.
Bonsoir 1 j'ai tant marché que j'en suis courbatu.
DIANE
Paul , je t'en prie.
P A U L y U descend FeseaUer.
Alors , me voici.
DIANE
D'où viens-tu ?
PAUL
Parbleu! de voir la messe.
\H DIANE
DIANE
A cette heure ?
PAUL
Sans doute.
Seulement je me suis un peu trompé de route.
Ce Paris, on s'y perd!
PAtlNAJON.
Oui da : cela s'est VU.
Cest un hasard.
PAUL
DIANE
Hasard que vous aviez prévu > Puisque vous m'aviez dit de ne pas vous attendre. C'est bieni d'où vous venez je ne veux plus l'apprendre, Car lorsque vou5 mentez, je dois croire et je croi, Paul , que la vérité n'est pas digne de moi.
Sans nous plus expliquer, il est une matière Délicate à traiter même pour une mère ; Et par respect pour moi j'avais lieu de compter Que vous m'épargneriez l'embarras d'en traiter. Puisque vous n'avez pas cette délicatesse , Je ne dirai qu'un mot , un mot plein de tristesse : Pendant que vous cherchiez votre plaisir bien loin , Moi je passais la nuit â finir ce pourpoint.
PAUL
Voilà de bien grands mots pour un bien petit crime , Ma bonne sœur. Tu peux me rendre ton estime : Je viens tout simplement de faire le gala ^ Avec des écoliers de mon pays. Voilà !
ACTK L 19
DIANE
Pourquoi tant de mystère alors et d'impostures?
PAUL
Le cas me semblait grave avant tes conjectures ; Mais tu m'as cru si noir que la comparaison Me fait blanc comme neige et me donne raison.
DIANE, Boiuflant.
C'est juste.
PAUL
Embrasse-moi , puisque tu me pardonnes.
PARNAJON.
Au lieu de régaler ces petites personnes, Votre argent...
PAUL
J'ai soupe sans bourse délier , On a payé pour moi.
Qui donc?
PAUL
Un écolier.
DIANE
Un homme de ta sorte en telle compagnie , Ne payant pas pour tous, fait une vilenie , Mon frère. Tu vendras ma montre ce matin Et tu rembourseras tout le prix du festin.
PAUL
Vendre fa montre ?
DIANE
Eh bien ! dans ma triste demeure
80 DIANE
Tu pourras rentrer tard, je ne saurai plus Theure*
PAUL
Diane !
PARNAJON.
Savez-vous quel trouble est arrivé, Pendant que vous battiez si gaiement le pavé ? De vos débordements voilà ce qui résulte :
Quatre hommes sont entrés qui nous ont fait insulte.
PAUL, YiTement.
A ma sœur ! qui ?
PARNAJON.
Des gens qui sortaient d*un gala , Comme vous.
PAUL
Une insulte, et je n'étais pas là !
DIANE, à part.
Par bonheur.
PAUL
A ma sœur! ma sœur! tout ce que j'aime!
Les misérables ! — Non ! misérable moi-même, Qui ne suis bon à rien, sinon l'épée au poing, Et qui ne suis pas là quand elle en a besoin Mais je découvrirai )es infâmes...
DIANE
Qu'importe !
Je ne regrette pas qu'ils aient forcé ma porte; Ils chassaient devant eux un ange épouvanté, Qui pour fuir leur atteinte en mes bras s'est jeté-.
A Marguerite,
Sortez de l'ombre, enfant, que mon frère vous voie ,