ACTE II. il
Madame. •— La santé? parfaite? bon y tant mieux !
— Qui l'aurait jamais cru que la petite bête Prendrait sous Sun bonnet un pareil coup de tête? Une enfant de seize ans me traiter en barbon !
— Et monsieur de Boban? toujours en Saxe? bon !
— Par bonbeur c'est chez vous qu'elle a cherché refuge , Et vous allez la rendre à son père , à son juge.
LA DUGHBSSB.
Vous êtes en colère à ce que je puis voir.
GBANDIN.
De bonne foi , madame, est-ce pas mon devoir? Verrai-le le mépris des vieilles disciplines Bouleverser les lois humaines et divines?
Chez les Romains un père était un magistrat , Et le braver était un public attentat ; Et de ces droits sacrés lâche dépositaire...
LA DUGHESSB.
Je ne vous croyais pas autant de caractère.
eRANDIN.
Moi , madame? je suis une barre de fer , Je ne m'en cache pas.
LA DUCHBSSB.
Savez- vous bien, mon cher, Que vous avez le don de l'éloquence antique?
Vous êtes véhément.
GÂAKDIIf»
Euh 1 euh !
LA DUCHBSSB. "
Et pathétique.
28 DIANIi:.
GRANDIN
Madame la duchesse en juge obligeamment.
LA DUCHESSE
Non ; je ne flatte pas et dis mon sentiment : Je n*ai jamais ouï de plus vive harangue.
Encore le respect m'enchainait-il la langue ; Autrement je me fusse emporté bien plus loin.
LA DUCHESSE
Or çà y mon bon ami , nous sommes sans témoin , Parlons à cœur ouvert. — Vous aimez votre fille?
GRANDIN
Oui , madame , je l'aime , en père de famille;
C'est-à-dire , je l'aime avec sévérité ,
Beaucoup plus que le jour. . . moins que la liberté !
LA DUCHESâE.
Admirable réponse , à la fois simple et grande t Plus vous vous révélez , et plus je me demande Par quel secret mérite et par quelle grandeur De Cruas près de vous s'est mis en bonne odeur. La noblesse, à des yeux perçants comme les vôtres , Ne peut être un mérite à n'en pas chercher d*autres.
GRANDIN
Je ne sais de vraiment noble que la vertu.
LA DUCHESSE
' Votre prétendu gendre en est bien court-vêtu, Vous l'avouerez !
GRANDIN
Madame, il s'agit de s'entendre;