‹ Diane ...: drame en cinq actes en versChapitre 22 sur 87 · ACTE II · texte numérisé non relu

ACTE II

Nous pouvons sans danger parler de notre affaire. — - A l'endroit de Monsieur qu'avez -vous décidé?

DE FABGIS., assis de r autre côté de la table.

Qu'envers lui le secièet devait être gardé.

11 ne peut nous servir en rien , soyez-en sûre,

Et l'affaire d'Amiens a donné sa mesure.

Les conjurés entr*eux tenaient le cardinal ;

Leurs poignards pour frapper n'attendaient qu'un signal ,

Et ce mot qui devait sonner sa délivrance,

Qui lui mettait un pied sur le trône de France ,

Monsieur n'osa le dire 1 — Un tel prince est jugé ,

Et tout péril se double avec lui partagé.

DE BOIST, assis à droite.

C'est un homme qu'il faut servir sans qu'il le sache.

G R A N D I N , assis derrière de Boby.

Je ne sais pas mâcher les mots, moi : c'est un lâche.

LA DUCHESSE

Mais il vous faut son nom.

DE PIENNE, debout contre le fautenU de la Dncbesse.

Ëh ! mon Dieu , doutez-vous, Si nous réussissons qu'il ne soit avec nous?

Et, fût-il engagé, si l'entreprise échoue.

Madame, doutez-vous qu'il ne nous désavoue?

• DB BOIST.

Tuons le cardinal ; une fois le coup fait, Nous irons à Sedan en attendre l'effet.

LA DUCHESSE

Ainsi , vous le tuerez vous-même ?

n ^ DIANE.

DE BOISY

Oui, nous-mêmes.

On ne lui doit pas moins que ces honneurs suprêmes.

LA DUGHËSSK.

C'est un assassinat , messieurs , en vérilé.

Dfi PIËNRIS.

Le cardinal s*est mis hors db l'humanité.

Qui montra , sinon lui , le grand chemin des crîmes ?

Avez-vous oublié les noms dé ses victimes?

Boutteville^ Chalais, le grand Montmorency,

Taijt d'autres I Marillac, qui demandait merci ,

D'Ornano, lâchement empoisonné ; je nomme

Les plus fameux de ceux qu'a fait mourir cet homme.

IbA DUCHESSB.

Avec des juges.

DE PIENNE

Soit! juges intimidés, Quand ils n'étaient pas pris parmi ses affîdés.

* Et quand même, d'ailleurs, n'est-ce pas lui qui forge

* Au gré de ses fureurs la loi qui nous égorge?

* Nos poignards et le Bien diffèrent de fourreau,

* Voilà tout! notre main vaut celle du bourreau*

DE FAftGiS»

Les scrupules seraient une absurde faiblesse

Dans cette guerre à mort qu'il fait à h noblesse.

Où s'arrêtera-t-il, si nous ne l'arrétonsY

Il attaquera l'arbre après les rejetons.

11 a su proBter de toutes nos défaites

Pour raser nos châteaux, à défaut de nos têtes;

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