‹ Diane ...: drame en cinq actes en versChapitre 23 sur 87 · ACTE ïl · texte numérisé non relu

ACTE ïl

Il fait arme de tout pour tuer un seigneur,

Il nous rend tout niortel, jusques à notre honneur I

PB BOIST.

Il punit le duel d'un ignoble supplice»

LA DUCHB88B.

Le jugement de Dieu déplatt à sa justice,

DE PIENNE

* Ne vous y trompez pas , son plan est très-profond :

* 11 veut raser Thonneur, — notre dernier donjon , —

* Et pour mieux assurer ses conquêtes infâmes,

* Ainsi que nos châteaux, battre en brèche nos âmes.

DE BOI6r.

Mort au tyran 1

GRANDIN

Plus bas!

DE BOIST.

Avez-vous peur?

GBANDIN.

Non pas.

Mort au tyran ! — Mais, quoi ! Ton peut crier plus bas»

PB PIENNÇ.

Encore si c'était à force de génie Qu'il fait peser sur dous sa sombre tyrannie! Mais voyez tous ses plan3 au désastre aboutir; Sur le peuple épuisé l'impôt s'appesantir;

* Les coffres de l'État, que la guerre ruine,

* Vidés par les revers, remplis par la famine;

* Partout le paysan par la misère armé,

* Effroyable révolte où le peuple affamé

36 DIANE

* Versie pain qu'il a fait et qu'on lui prend se rue,

* Brandissant comme an droit le fer de sa charrue ; '

* Les maux intérieurs au dehors redoublés;

* Nos envahissements contre nous refoulés, Le territoire ouvert , l'ennemi dans Corbie, Tant de sang répandu, tant de honte subie, Voilà ce que Ton doit à cet homme fatal , Voilà de quels malheurs est fait son piédestal.

LA DUCUESSB.

Pourquoi le secourir, quand pâlissait son astre?

DE PIENAE.

Parce qu'il entraînait la France en son désastre, Et que, malgré nos droits tour à tour envahis, Nous nous croyons encor les gardiens du pays.

DE FABGIS, saleTant.

Nous avons fait notre œuvre et délivré la France; Nous songeons maintenant à notre délivrance.

DE BOIST , Mlerani.

Je vous le dis, madame, il n'est pas de milieu : C'est nous qui périssons, si ce n'est Richelieu. Qui perd du temps perd tout contre un tel adversaire; Sa mort est juste enfin , puisqu'elle est nécessaire.

GBANDIN, àpart.

Hélas I

DE BOIST.

Point de soupirs.

GRAr^ItlN.

Je ne soupire point !

Ma haine des tyrans s'exhale dans un coin.

Qu'il me tarde, cordieu î de socouer ma chaîne !

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