ACTE ITÏ
PAUL
Je sais l'essentiel :
Puisque c'est du soleil, cela me vient du ciel.
DIANE
Pas trop mal deviné. Tenez I
Elle lui donne un petit bouquet* PAUL.
Des marguerites I
DIANE
Baron , ne sont-ce pas un peu vos favorites?
Je viens de les cueillir sur un corset mignon.
PAUL
Savait*elle pour qui ?
DIANE
Je dois dire que non...
Mais je ne le dis pas.
PAUL
Quel bonheur ! quelle joie !
Elle m'aime!
Allant à de Pienne.
Marquis, voyez ce que m'envoie Marp'uerite.
DE PIENNE, se lerant.
Elle sait que vous êtes ici?
Rassurez-vous, monsieur; je suis discrète aussi. ElFe croit Paul en Flandre, et j'ai pu lui promettre D'effeuiller ce bouquet dans ma première lettre.
DE PIENNE
A la bonne heure !
60 bîANË.
PAUL
Eh bien! qu'en dites-vous?
DE PIENNB.
Je dis ^e voilà la prison changée en paradis.
Savourez ce bonheur goutte à goutte, en avare; Être aimé quand on aime, hélas! c'est chose rare.
DIANE, àptft.
Hélas!
PAUL
Raconte-moi comment , à quel propos Son cœur s'est confié... Rappelle toi les mots.
DIANE
J'avais vu son amour dans son âme candide, Comme une herbe marine au fond d'une eau limpide; Je lui dis : « Paul vous aime, » et, cachant sa rougeur Dans mes embrassements, elle dit : ô ma sœurî
PAUL
Chère femme ! •
DIANE
Oui , ta femme : elle est digne de l'être.
Je ne me trompe pas et j'ai pu la connaître, Pure comme un beau jour, riante comme lui.
Véritable compagne et véritable appui , Riche... cela n'est rien pour ta tête légère. Mais j'en puis parler, moi , la vieille ménagère ; 11 ne lui manque rien qu'un nom patricien, Que tu lui donneras en échange du sien.