SCÈNE PREMIÈRE
PARNAJON, DIANE.
Us sont occupés autour de la table à coudre un pourpoint de velours noir. — Une horloge au dehors sonne un coup.
PARNAJON.
Une heure.
^ DIANE
OÙ pent-il être ? 11 n'a pas l'habitudo De s'attarder ainsi.
PARNAJON.
Eh 1 pas d'inquiéfude, Demoiselle. La ville est sûre cette nuit.
Car tout Paris entend la messe de minuit.
1 DIANE
DIANE
AU fait, Paul est peut-être entré dans quelque église*
PARNAJON.
Un calviniste?
DIANK.
Ëh bien 1 èela te scandalise?
.Tu n'as rien pardonné, toi, rien mis en oubli ! Et pourtant le travail du tenipg s'est accompli. Dix ans de paix, depuis nos dernières révoltes, À nos champs dévastés ont rendu leurs récoltes; Le sol fécond a bu le sang des deux partis Et recouvert les morts d'une forêt d'épis.
L'homme doit oublier ce que la terre oublie, Mon pauvre Pàmajon 1 tout se réconcilie.
PARNAJON.
Si la terre n'a pas dç mémoire, j'en ai.
' DIANE
Mais le duc de Rohan, ton chef, a pardonné.
PARNAJON.
Ce n'est pas le plus bel endroit de son histoire : En servant son vainqueur, il déserte sa gloire.
DIANE
C'est la France qu'il sert et non le cardinal.
PARNAJON.
Il l'aurait mieux servie en restant plus loyal Et ne faisant pas voir à la race nouvelle L'exemple d'un grand homme à sa cause infidèle. Un vaincu comme lui devait avoir l'orgueil D'honorer sa défaite en en portant le deuil.