‹ Diane ...: drame en cinq actes en versChapitre 6 sur 87 · ACTE · texte numérisé non relu

ACTE

DIANE

Qu'au linceul ie sa cause un soldat s'enveloppe Quand la France est aux mains avec toute FEurope ! Non ! n est une chose au-dessus des partis, ^Une chose sacrée aux grands comme aux petits, Et qui doit réunir toutes haines en une :

Cest le danger pressant de la mère commune; Et malheur à quiconque, en ce pressant danger, Connaît des ennemis autres que l'étranger I

PARNAJON.

C'est du fruit bien nouveau pour ma vieille cervelle. Moi, je serai toujours soldat de La Rochelle,, Dans mon temps, on était sur ce point affermi De haïr l'étranger bien moins que l'ennemi; Mai$ tout change.

Pourquoi gardes-tii tes idées?

PARNAJON»

Parce que je les ai jusqu'à présent gardées.

^ Mais votre frère est jeune, et ce nouvel honneur Prendra facilement racine dans son cœur.

DIANE

J'ai dû l'y déposer pour première semence :

Par l'amour du pays toute vertu commence. ^

PARNAJON.

Soit. Vous en avez fait un brave homme, en tous cas, Et qui mérite bien d'être heureux.

DIANE

N'est-ce pas?

4 DrANK

rAllNAJO.-V.

Mais il peut se vanter aussi d'être le frère ' D'une femme, morbleu ! d'une sœur...

DIANE

D'une mère.

PAIINAJON.

Par ma foi! c'est )e mot, vous l'aimez comme un fils.

Quand notre père est mort...

PARNAJON.

C'était en l'an vingt-six.

Je n'y peux pas songer sans que mon cœur se fende.

DIANE

Paul n'était qu'un enfant, moi j'étais déjà grande.

PARNAJON.

Je crois vous voir encore et votre air sérieux, Devant qui les valets n'osaient lever les yeux.

DIANE

Oui, j'ai toujours eu l'âme assez peu féminine.

Élevée au milieu de la guerre intestine,

Tout mon sang bouillonnait au récit d'un combat :

Mon plus beau rêve était d'être un homme, un soldat !

Alors, j'accomplissais dans ma petite tête

Mainte action d'éclat qu'on n'avait jamais faite,

Et je me composais l'héroïque idéal

De ce que j'eusse été, sans mon astre natal.

— Ce travail insensé n'a pas été stérile,

Puisque Dieu me gardait une tâche virile,

Et que si tôt, hélas ! j'allais trouver l'emploi

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