ACTE IV
On doit vous y tuer.
RICHELIEU, Apr&s on sileoce.
Que ne laissez-vous faire?
Mon trépas tiendrait lieu de grâce à votre frère.
DIANE
J'étais sous ce rideau pendant votre entretien Avec Sa Majesté le roi de France.
RIGBELIEU.
Eh bien?
DIANE
Eh bien ! quand Louis treize à l'État sacrifie Sa gloire et son orgueil , — c'est-à-dire sa vie ! Puis-je commettre , moi , le public attentat De préférer mon frère au salut de l'État?
RICHELIEU
C'est d'un grand cœur ! — Les noms des assassins, madame
DIANE
Vous me reconnaissez quelque grandeur dans l'âme, Et vous me demandez des noms pour l'échafaud?
RICHELIEU
Ne comprenez-vous pas, ces noms, qu'il me les faut?
DIANE
Pourquoi faire?
D'abord pour vous croire.
DIANE
• Me croire l
8« DIANE
RICHELIEU
C'est aisé de trahir un complot illusoire Pour obtenir de moi des grâces en retour, Innocenter un frère et le bien mettre en cour. Mais ma crédulité n*est plus, certe, assez neuve Pour payer un bienfait sans en avoir la preuve.
DIANE
Ne me croyez donc pas et suivez votre sort.
J'aurai vainement fait un héroïque effort; Mais je suis quille envers ma patrie, et ma dette Devant la trahison et la honte s'arrête.
RICHELIEU, la regardant flxemeut,
Je veux croire un instant à votre bonne foi ; Que pensez-vous avoir fait pour la France et moij En me donnant avis qu'un danger me menace.
Sans me dire par où je peux lui faire face?
DIANE
Je l'ai dit : n'allez pas chez Monsieur.
Mais demain La mort s'embusquera sur un autre chemin.
S'il vous semble funeste au pays que je meure, Sauvez-moi tout à fait, et non pas pour une heure. Comprenez que mes jours ne seront assurés Que par le châtiment de tous les conjurés.
DIANE
Vous êtes averti ; le reste vous regarde.
RICHELIEU
Soit. Mais pour me tenir assidûment en garde,