ACTE IV
Pour souffrir celle gône attachée à mes pas, 11 faut croire au danger, et je ne le peux pas. Baisonnez : puisje admettre, en bonne conscience, Que vous sacrifiiez votre frère à la France, Et que, par un contraste étrange en vos desseins, Vous immoliez la France à de vils assassins?
11 faudrait cependant expliquer ce problème.
DIANE, après an silence.
Parmi ces assassins, il en est un que j'aime. Me croyez-vous, enfin?
RICHELIEU
Je vous crois. — - La douceur N'obtiendra rien de vous?
DIANE
Non plus que la rigueur.
C'est vrai.
A part.
Ces noms pourtant, il me les faut! que faire?
Haut.
Vous sortez?
DIANE
Je n'ai plus qu'une heure à voir mon frère.
RICHELIEU
Ah ! — Demeurez encore un instant.
U sonne ; un officier entre.
Approchez.
Il lui parle bas.
Vous m'avez compris?
l'offioier.
Oui , monseigneur.
90 DIANE
RICHELIEU
Dépêchez.
L*ofBoier sort.
A Diane.
Tout à l'heure j'aurai quelque chose à vous dire , Madame ; asseyez-vous. J'ai mon courrier à lire.
Il parcourt les papiers dont la table est couverte. DIANE, àpart.
Que me réserve-t-il encore ? — Si c'était
La grâce de mon frère?... oui... bienfait pour bienfait !
Pour manquer de clémence il a trop de génie :
Tout dans ces grands cerveaux doit être en harmonie.
Je viens de le sauver ; quelle raison d'État
Le forcerait ici de se montrer ingrat?
Oui ! que le désespoir au bonheur fasse place !
Le mot que Richelieu me garde , c'est la grâce.
Autrement aurait-il le courage odieux
De me prendre l'instant suprême des adieux?
Sans doute il veut jouir de ma joie , et peut-être
Mon frère tout à coup devant moi va paraître.
Ce salaire , ô mon Dieu , je vous prends à témoin ,
Qu'en faisant mon devoir je n'y prétendais point;
Mon action était si désintéressée
Qu'elle peut sans bassesse être récompensée.
LAFFBMAS, entre et dit à demi-voix à RicheUeu,
Le prisonnier est là.
Qu'il entre.
DIANE
monseigneur !