ACTE IV
RICHELIEU
Vous êtes cependant bien jeune pour mourir.
A votre âge, monsieur, autant qu'il m*en souvienne, .
La vie est apréable et vaut bien qu'on y tienne.
PAUL
Oui, mais plus j'ai de jours à vivre, monseigneur, Plus mon bail serait long avec le déshonneur.
RICHELIEU
Quittez-vous sans regret votre sœur?
S'il me quitte.
Monseigneur, ma douleur nous réunira vite.
RICHELIEU
J'y songe maintenant. Ce duel n'avait-il pas Pour cause la future à ce pauvre Cruas, La BUe de Grandin, mademoiselle Rose?
PAUL
Marguerite.
RICHELIEU
Le nom n'y fait rien. Je suppose Que vous l'épouseriez volontiers?
PAUL
mon Dieu Diane, porta lui mon éternel adieu.
Dis-lui que je suis mort à notre amour fidèle. Que si j'avais vécu. . . Pourquoi me parler d'elle ! mon bonheur perdu ! mes rêves ! mes vingt ans 1 Diane, sauve-moi, s'il en est encor temps.
Sauvo-moi!
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9i DIANIi!.
DIANE
X Pauvre enfant ! si jeune ! c'est horrible '... Monseigneur, monseigneur, serez-vous inflexible? Ayez pitié de nous! Si vous avez aimé. ..
Mais non... le cœur d'un prêtre à l'amour est fermt>... Au nom du Dieu clément! au nom de votre mère! Ne nous séparez pas , nous sommes seuls sur terre!
RICHELIEU
Sa grâce est en vos mains.
DIANE
 quel prix ^ juste ciel !
RICHELIEU
Pensez à àa jeunesse.
DIANE
• Oh ! vous êtes cruel i
RICHELIEU
C'est vous dont l'héroïsme à cette lieure est barbare.
DIANE
Vous le voulez? Eh bien!... mon jugement s'égare, Mon Dieu , mon Dieu !
RICHELIEU
Ces noms?
DIAiNE.
Mais quel sera leur sort?
Répondez sur l'honneur.
RICHELIEU
Sur mon honneur? — La 'mort.
DIANE, après un silence, s*ag^enouille devant son frire.
Ne maudis pas ta sœur ; c'est elle qui le tue.