SCÈNE V, PAUL, DIANE, RICHELIEU, LAFFEMAS, anfond
PAUL
Ma sœur !
RICHELIEU
Demandez-lui votre grâce.
PAUL
A Diane?
RICHELIEU
Elle peut révoquer l'arrêt qui vous condamne.
PAUL
Tu le peux... est-il vrai?
Silence , malheureux !
A Richelieu.
Et moi qui vous croyais clément et généreux ! . Osez-vous à ce point insulter la nature Que d'en faire un ignoble instrument de torture? Que respectez-vous donc? —Ah! tenez, monseigneur, N'agissez pas ainsi, pour votre propre honneur I
RICHELIEU
Quoi donc ! je me défends.
02 DIÂNIi).
DIANE
Lâchement !... Sur mon âme.
J'aimerais mieux mourir, moi qui suis une femme !
RICHELIEU
Lâchement, je le sais. Je suis injuste et dur, Je vous brise le cœur à l'endroit le plus pur ; C'est de la barbarie et, c'est bien pis encore, C'est de l'ingratitude, — un vice que j*abhorre ; Et tout cela, pourquoi ? Pour m'assurer trois jours D'une vie épuisée aux deux tiers de son cours. Mais comme en ces trois jours ma volonté féconde Fera tenir un siècle et le destin du monde, J'ai pour premier devoir d'être avare d'un bien Dont je dois compte à Dieu, qui m'en a fait gardien.
DIANE
Ah ! ne rendez pas Dieu complice d'une honte ! C'est de votre honneur seul que vous lui devez compte, Et si votre salut veut une iniquité, C'est signe que par Dieu vous êtes rejeté.
PAULj à Diane.
Quelle condition met-il donc à ma grâce ?
Car je ne comprends rien à tout ce qui se passe.
RICHELIEU
C'est un secret entre elle et moi... secret d'État!
PAUL
AU fait, j'en sais assez pour entrer au débat. Puisque ma sœur hésite à racheter ma vie, Ce que vous demandez doit être une infamie.
J'approuve son refus, et sans plus discourir...