LA DUCHESSE, DIANE, PAUL, MARGUERITE
La Duchesse et Diane sontassises àodtë Tune de Tautre à droite^ Marguerite, sur un siëge pins bas, est aux pieds de Diane; Paul debout, esé entre elles.
MARGUERITE
Vous ne m'avez rien dit de tout cela , marraine.
LA DUCHBS8B.
A quoi bon? Un malheur, aussi tard qu'on rapprenne, Est toujours su trop tôt.
MARGUERITE
Non , non. Vous avez tort , Et ma gaîté d'hier me fait comme un remord.
LA DUCHESSE
J'ignorais à quel point monsieur Paul t'intéresse.
MARGUERITE
Mes regrets ne sont pas du tout à son adresse; Mais ma chère Diane avait le cœur navré, Son frère allait mourir , et je n'ai pas pleuré !
100 DIANE
DIANE
Donnez- nous votre joie , à défaut de vos larmes.
LA DUCnESSE,
Heureuse enfant ! pour qui la douleur a des charmes , On voit bien que tu n'as encor jamais souffert ! — Pour une occasion de pleurer que l'on perd , On en retrouve c€nt , mignonne , sois tranquille , Et la vie en chagrin plus qu'en joie est fertile.
MARGUERITE
Qu'en savez-YOuS) marraine?
LA DUCHESSE
Oh ! par moi-même , rien , Mais mon père Tavait entendu dire au sien. *
MARGUERITE
Quoi qu'il en soit, je suis maintenant bien heureuse*
PAUL, à gauche de Marguerite,
Vour ma sœur seulement ?
MARGUERITE, areo coquetterie.
Oui.
PAUL
Soyez généreuse ; Faites un peu semblant de ne pas me haïr.
MARGUERITE
Je voudrais de bon cœur pouvoir vous obéir ,
Mais, monsieur , ce semblant m'est impossible à faire,
Puisque je fais déjà semblant de... du contraire.
PAUL
chère Marguerite !