‹ Dictionaire abrégé des sciences médicalesChapitre 68 sur 101 · STRANGULATION · texte numérisé non relu

STRANGULATION

vres, qui. sont comme tendues; Ja tuméfaction et la teinte bleuâtre des lèvres, qui sont' a 1 demi-»closes ; la rougeur, la proéminence et quelquefois même le déplacement det^eux ; le gonflement, la lividité de la langue, qui eStTepiîe^bWoui dépasse les dents, qui est alors serrée par elles , et qui enfui sort parfois de la bouche; la présence d'une écume satiguinolante dans l'arrière-gorge , dans Je nez et antour de la bouche • l'impression livide ou noire et ecchymosée de la peau'; la depression et quelquefois même l'excoriation de la peau dans un des points de la circonférence du cou ; le déchirement des muscles et des ligamens qui prennent leur insertion à f appareil hyoïdien ; la déchirure, la rupture ou la contusion du larynx et des premiers arceaux delà trachée-artère : là présence d'ecchymoses sur les bras et les cuisses ; la lividité des doigts, qui sont contractés comme lorsqu'on veut serrer fortement un corps dans la main; l'existence de contusions et d'ecchymoses au poignet et à toutes les parties du corps sur lesquelles des liens auraient pu être appliqués; l'engorgement considérable des poumons, du cerveau et du cou, par le sang.

Des observations faites avec le plus grand soin ont démontré que plusieurs de ces caractères manquent souvent, qu'il en est qu'on ne rencontre qu'a certaines époques et dans des circonstances données, et que d'autres, par exemple l'impression de la corde et l'ecchymose du cou, ont été décrits d'une manière inexacte. Plusieurs écrivains avaient déjà fait remarquer l'absence de l'écume à la bouche dans plusieurs cas de suspension pendant la vie; et quant à l'état de la tangue, Boulduc avait déjà dit que, si la compression de la corde s'exerce au dessus du cartilage thyroïde, cet organe ne sort pas, parce que le refoulement de l'hyoïde le porte en arrière, tandis que si la corde est placée au dessous du cartilage cricoïde, la langue se montre; plus ou moins saillante au dehors, enflée, et plus ou moins rouge ou violette. Mais c'est surtout a Esquirol et a Orfila que nous sommes redevables de rectifications importantes* >« •

M s qui roi a conclu de plusieurs faits observes avec le plus

Cd soiu , que les signes propres à faire reconnaître si un me trouvé pendu l'a été avant ou après sa mort, ne sont pas aussi positifs que le prétendent les écrivains sur la médecine légale, que l'ecchymose autour du cou n'est point un signe constant, et qu'on doit le considérer, ainsi que l'avait déjà fait Dehacn , comme un signe équivoque de la suspension avant la mort; que la bouffissure et la couleur violacée de la face, la présence d'une écume sanguinolente dans la bouche , la rigidité des membres cl la couleur violette des doigts , sont des phénomènes qui tiennent a la conservation du lien autour

4r>8 STRANGULATION

du cou jusqu'à ce que le cadavre soit refroidi, puisqu'il suffit d'enlever ce lieu immédiatement oit .même plusieurs heure*, après la mort, pour n'en trouver aucun; que les signes indiqués dans les livres doivent se rencontrer moins souvent de~< puis que les préjuges populaires et les lois ne s'opposent plu* à ce qu'on prodigue des secours aux personnes qui se sont mu-»* cidccs par strangulation; enfin, que quand on est appelé pour visiter un cadavre qni a été trouvé suspendu, il l'a ut tenucompte de l'heure h laquelle la mort a eu lieu, et du temps peudaut lequel le lieu a clé maintenu autour du cou, parce1' que ces deux circonstances modifient les phénomènes cadavériques sur lesquels seront basés le jugement que l'un purt-ia.

Les observations recueillies et les expériences sud legtaftiv maux laites par Orfîla, l'ont porté a conclure que; dan»!*» plupart des cas, la corde détermine sur la peau e4 le tiiStl cellulaire, qu'elle comprime immédiatement, des effets semblables, que le sujet soit vivant ou mort, cl le cadavre chaud ou froid ; que ces effets ne constituent pas de véritables» eceliymoscs, car on ne trouve aucune trace d'épanchement de sangdans le tissu cellulaire sous-cutaod, non plus que dans le* muscles du cou; qu'on a probablement été induit en erreuipir h couleur brune du sillon cutané , qui lui donne en efTct l'apparence d'une ecchymose ; que s'il n'est pas permis d'affirmer qu'on ne Irouve jamais d'ecchymose au couêieS'iu^ <li vidas c{ui ont été pendus vivans, tout porte à croire que ce phénomène est excessivement rare quand le sujet s'est pendit» lui-même; qu'en conséquence, il est impossible d'établir la moindre présomption que là suspension ait eu Heu avant ou? après la mort, de l'état dans lequel se trouvent, le plus ùtdiÀtiP^ rement, le sillon et les parties «ous-jacentes, et1 qu'Huant toute nécessité, pour décider le fait, recourir a des pnéuv*s d'un autre genre; que dans les eas ; extrêmement raves , Oà l'on observe des ecchymoses dans le tissu Cellulaire sous-C^P tané, les muscles sous-jaceus , bu le voisinage' d* larynx; elles démontrent certainement que la suspension a eu lieu pendant la vie ; que si la bouffissure et la teinte violacée de la face, la présence d'une écume sanguinolente à la bouche , et la couleur violette des doigts, dépendent de la conserva* tion du lien autour du cou, elles peuvent tenir aussi quelque* fois à une autre cause, puisqu'on les a observées dans un cas, quoique la corde eût été détachée peu de temps avant la mort ; qu'en attribuant ces phénomènes à la conservation de la ligature autour du cou, il faut admettre qu'ils peuvent manquer chez des individus pendus avant la mort, et qni sont restés suspendus pendant sept où huit heures ; que l'on ne détermine jamais des phénomènes semblables sur les eu-

STRANGULATION fîg

davrcs , lors même que la suspension dure vingt-quatre heures, et que la ligature a été appliquée immédiatement après la mon '9 que si des faits nouveaux confirment que la bouffissure et la coloration de la face ont toujours lieu chez les personnes pendues avant la mort, de quelque cause qu'elles, dépendent j ou pourra conduite, lorsque ce6 caractères seront appréciables, que l'individu a été pendu vivant,, puisqu'on ne les observe jamais quand les corps ont e;té pendus après Ja mort ; qu'en supposant même qu'il en soit ainsi , comme ces phénomènes peuvent très bien u'être sensibles, dans le cas de suspension avant la mort, que huit ou dix heures après qu'elle a eu lieu , il est impossible de les faire servir à tirer une pareille conclusion dans les premières heures qui suivent la mort , et que le médecin doit attendre qu'ils se soient manifestés pour porter son jugement , que, s'il est vrai que, dans la plupart des cas de suspension pendant la vie, ou découvre l'engorgement des poumons, celui des vaisseaux cérébraux , et toutes les altérations qui prouvent que le sujet est mort d'asphyxie, cela n'arrive pas toujours, et qu'il n'est par conséquent pas rigoureux d'indiquer les lésions dépendantes de l'asphyxie comme caractéristiques de la suspension avant la mort, quoiqu'elles constituent un des signes les plus importai. s ; que, dans l'état actuel de nos connaissances, il est impossible d'aflirmeç qu'un individu chez lequel il n'y a ni luxation des vertèbre^ Cervicales, ni aucune autre trace de lésion faite pendant la vie, a été pendu vivant; mais qu'il est permisd'élablir des probabilités dans certains cas, surtout en ayant égard aux lésions qui peuvent annoncer quelesujeta péri d'asphyxie j qu'il est également impossible d'affirmer que la suspension ait eu lieu pendant la vie, lorsqu'on découvre la luxation des vertèbres cervicales, ou d'autres blessures faites du vivant de l'individu, parce que celui-ci aurait bien pu n'avoir été pendu qu'après avoir été meurtri et tué, mais qu'il est souvent facile alors de prouver que la mort est le résultat de ces blessures.

On voit, d'après les dissidences, légères à la vérité, qui existent cuire les opinions de deux observateurs aussi distingués qu'Esquirol et Orfï la , que la question à laquelle elle se rapporte demande encore de nouveaux éplaircissemens , qu'on lie peut attendre que de l'expérience cl de l'observatiou. , t , V,

La luxation des vertèbres cervicales n'a pas lieu facilement. Cependant elle peut avoir été le résultat de violentes tractions , ou avoir été opérée sur un ' individu endormi ou ivre f car elle demande seulement qu'après avoir fixé 3a tête , ou fasse exécuter des mouvemens de rotation au tronc. Elle se reconnaît a des ecchymoses profondes dans le tissu cellulaire,

46o STRIÉ i ^

dans ïes muscles voishis des doux premières vertèbre* du cem et même dans les lîgamens de ces dernières, ainsi qu'à lïpmichement du sang qui a lieu souvent dans Je canal rachidicu. Les autres signes indique* par Jes auteurs, comme Ja décoloration de la lace, et lWorgernent du tissu pulmonaire, n'offrent aucune valeur. Si le corps est très-raide, peu de temps après la mort, et pendant qu'il est encore chaud, ou peut compter que la luxation n'a point eu lieu du vivant de J'indîvidu , parce que la raideur cadavérique ne s'établit que fort tard quand U système nerveux a reçu une atteinte profonde.

à il est très-difficile de distinguer le cas où la suspension a cte faite après la mort, de celui ou elle a eu lieu pondant la vie, la question de savoir si elle est l'effet du suicide ou de 1 homicide, présente aussi de grandes difïku lies , puisqu'il est évident que l'obscurité répandue sur Je premier problème en déverse aussi une épaisse sur le second. On a surtout attache une grande importance au nombre de sillons que l'on remarque au cou, à leur direction, à la disposition de la corde, et h quelques autres circonstances semblables, qui doivent évidemment varier de mille manières différentes, OuelJc importance y attacher d'ailleurs , puisqu'on sait que Vcordc détermine, sur les cadavres, des impressions semblables à celles qui ont lieu pendant la vie? D'où il suit que la présence d un double sillon ne prouve rien, puisqu'il aurait pu ètfe fait par la malveillance après la mort du pendu, sans comntev qu ou I a rencontré aussi dans le suicide. La seule chose importante , c'est de rechercher le point où le noûud était an plique, et de replacer la corde dans les sillons, afin de s'assurer qu'ils ont été réellement faits par elle. Les autres cû> constances propres a éclairer la justice ne *ont j^inl du ressort du médecin. Cependant ce dernier doit encore s'attacher ïi découvrir, dans un cas équivoque, si h* paçsflftn^ M'°u,tffft} pendue n'a pas été empoisonnée ou blessée. S'il parvient à reconnaître l'un ou l'autre de ces deux cas, il doit s'assurer si Ja blessure a été faite par le sujet lui-même, si et ait de nature à lui laisser assez de force pour se pe.na^e, .^'empoisonnement n'aurait pas été volontaire. Les meurtrissures et les contusions ne suffisent pas pour établir l'homicide • car ou sait que des mélancoliques ont commencé par se maltraiter avant de se pendre.

ST1UN(VURÏK, s. f. , ètrap«uria .• gC'iio ou difficulté du cours de l'urine, qui ne jiculsortir que goutte à goutte. C'est un des phénomènes caractéristiques des rëtrécisscmens de l'im-hc.

STRIÉ, adj., strialus, qui présente des stries ou des cannelures à sa surface ou dans son intérieur. Les anatomistes donnent le nom de corps stries à deux i enuaueu:, oblongs si-

STRYCHNIQUE 4G1 tués à la partie interne des ventricules latéraux. Sùié se dit aussi des crachats qui offrent des filets de sang.

STROiNTlANE , s. f . , strontiana; alcali que Davj a reconnu être de l'oxidc de strontium.

STRONTIUM, s. m. - racial solide, d'un blanc argentin , beaucoup plus pesant que l'eau, fusible au desous delà chaleur rouge, difficilement volati lisable , qui absorbe avec promptitude l'oxigcne de l'air et de l'eau, et se transforme €ii strontiane. Ce dernier oxide est d'un blauc-grisàlre, d'une saveur âcre et alcaline.

Le strontium n'existe dans la nature qu'à l'état d'oxide , combine lui-même avec l'acide carbonique ou l'acide sulfurique. 11 ressemble beaucoup au bariuni, dont il diffère surtout en ce que ses composés ne sont point vénéneux. Aucun de ceux-ci n'est employé en médecine.

STRUME, s. m., struma ; mot peu usité, qui est employé par les uns comme synonyme de scrofules, tandis que d'autres, a l'exemple de Wichmann, s'en servent pour désigner l'hypertrophie de la thyroïde quand elle n'est pas compliquée de suppuration. 1

STRYCHNATE, s. m., sel forme par la combinaison de l'acide sirychnique avec une base salifiable. Aucun slrichnatc n'est usilé en médecine.

STRYCHNINE, s. f . , alcali organique, inodore, d'une amertume insupportable, avec un arrière-goût métallique, crrslallisable en prismes à quatre pans incolores, terminés par des pyramides à quatre faces surbaissées, presque insoluble dan* l'eau, l'élher et les huiles fixes ; soluble dans l'alcool ; peu soluble dans les huiles fixes; inaltérable à l'air, infusible et non volalilisable au feu; passant au rouge traça r al, puis au jaune, par l'acide nitrique; qui existe a Tétat de sel acide, dans la lève Saint-Ignace, la noix vomique, et le bois de couleuvre , dont il est le piincipe actif et vénéneux. Un huitième de grain de cette substance suffit pour tuer un chien de forte taille, et un quart de grain a souvent des effets très- prononcés sur l'homme sain. On a proposé de l'employer de préférence h l'extrait de noix vomique, à cause de l'énergie variable de ce dernier, suivant le procédé qu'on a mis en usage pour sa préparation. On en fait des pilules qui en contiennent un douzième ou un huitième de.graiu. On la donne aussi en potion.

STRYCHNIQUE , ad j , nom d'un acide , appelé aussi igasurique, que Pelletier et Cavcntou out découvert dans la noix vomique, et que Ton connaît peu encore. Il est soluble dans l'eau et l'alcool , et cristallise en petites aiguilles blanches, d une saveur très-acide.

46a STYLO-HYOÏDIEN

STUPÉFIANT, adj. et s. m. stupefaciens : épithète don* net à toute substance capable de diminuer la faculté de sentir et de se mouvoir, c'est-à-dire de produire la stupeur. Ce mot est synonyme parfait de narcotique , dont on se .sert bien plus souvent. ffflM( STUPEUR, s. f., stupor: engourdissement des organes

on,mèi

temps. Quand cet état est accidentel et durable, Gcorgct,a, ^propose de lui donner le nom de stupidité ', qui devient alors sync >nyrae d'ioioi-isME acquis. La stupidité, dit-il, est l'absence accidentelle de la manifestation de la pensée, soit que le mar Jade n'ait pas d'idées soit qu'il ne puisse les exprimer. Les aliénés stupides paraissent être dans un état complet d'anéaur tissemenl moral ; ils sont indifférens à tout ce qui les entoure; leur extérieur annonce une tranquillité parfaite; la sensibilité générale est toujours affaiblie ; les malades ne se sentent pas, urinent sans s'en apercevoir. La stupidité dont parle Qeorgei diffère de l'idiotisme en ce que, dans celui-ci , il n'y a jamais eu d'intelligence; et de la démence, en ce qu'il n'y en aura plus dans celle-ci , tandis que dans la stupidité elle peut se rétablir, et se rétablit parfois en effet. Les autres symptômes sont d'ailleurs ceux de la folie.

STYLET, s. m., stylus : instrument de .çhjrurgip*. long„ mince et flexible, d'or , d'argent, ou d'acier peu ucui|h: , dont on se sert pour sonder les plaies, les fistules, et quelquefois même pour exécuter certaines opérations. Les chirurgiens en l'ont un usage très-fréquent. ^

STYLO GLOSSE, adj. et s. m., 'stylo r glossus ; nom du plus court des petits muscles qui naissent (Je l'apophyse styloïde. Il s'insère derrière le sommet, et un peu aussi à la partie supérieure de la circonférence de cette apophyse* et ,v,a gagner la base de la langue, dans laquelle ;l s'épa,no^i^ en manière d'éventail. Il s étend jusqu'à la pointe de 1 organe, et s'entrelace plus ou moins avec les muscles liyo-glosse et géoioglosse. Ses usages sont de tirer obliquement la langue en arrière et de son côté. 11 l'élargit quîmd il agît de copeert avec celui du côté opposé.

STYLO-HYOIDIEN, adj. et s. m. , stylo - hyoïdeus ; nom d'un muscle mince, allongé* et arrondi, oui naît, par un court tendon, a peu près vers le milieu de la face externe de l'apophyse styloïde, se porte de là en devant, en nas et en dedans; offre, près de son extrémité inférieure, une fissure dans laquelle passe le tendon du digastrique, et s'attache à la moitié antérieure du bord externe de la grande corne de l'hyoïde , eu face

Page 1