SUCCÉDANÉ
noué. Lorsqu'elles sont très-visqueuses, avant de les comprimer , on y ajoute un peu d'eau , qui permet à ce suc de couler plus aisément. La même précaution est nécessaire quand on opère sur des végétaux naturellement un peu secs. Ainsi obtenus, les sucs contiennent, outre les produits solublesdans la sève, d'autres substances insolubles, telles que de l'amidon, de la résine verte, et du parenchyme fibreux, qui en aiièic la transparence , et dont on est obligé de les débarrasser. On y parvient de deux manières, avec ou sans le secours d'un intermède. Quand les sucs sont tics-aqueux, la paître verte se rassemblant au fond , sous la forme de flocons, il su If il de les décanter ; mais comme la forme du dépôt exige souveut un temps assez long pour faire craindre que le suc n'éprouve un commencement d'altération, il vaut mieux recourir de suite à la filtration k travers le papier gris. Quand le suc est visqueux, de sorte qu'il passerait d 't licitement à travers le filtre, et lorsqu'il ne contient d'ailleurs aucun principe volatil , on est obligé de recourir à un intermède. Le plus souvent alors on soumet le suc à une légère ébullilion qui coagule l'albumine, et rend la filtration plus facile. Dans certains cas, on y ajoute auparavant du blanc d'œuf. Dans d'autres encore, il suffit de l'immersion pendant quelques minutes dans un bain-maric.
Avec quelque soin qu'on ait préparé, dépuré et clarifié les sucs, ils ne tardent pas à s'altérer. Cependant Appert a reconnu que, quand on les introduit dans des bouteilles fortes , . entièrement pleines, bouchées exactement, et soumises k l'action de l'eau bouillante, on parvient k les conserver pendant plusieurs années en bon état et sans altération.
SUCCÉDANÉ, adj. et s. m.; nom donné a tout médicament qu'on peut substituer a un autre, parce qu'il jouit des mêmes propriétés.
Quatre motifs peuvent rendre nécessaire ou utile la substitution d'un médicament k un autre; ce sont le défaut de ce dernier, sa cherté, la répugnance qu'il inspire au malade, et les altérations qu'on craint qu'il n'ait éprouvées.
On s'est occupé dans tous les temps de la question des succédanés. Mais, malgré son importance, elle n'est point encore résolue, au moins d'une manière solennelle et généralement avouée. Mille raisons diverses, la cupidité des marchands, l'inconstance des malades, leur orgueil, les préjugés des médecins, s'opposeront probablement toujours à ce que l'on en donne , ou plutôt h ce que l'on en admette généralement la solution. Le moyen, en effet, qu'une substance qui se vend à vil prix, soit aussi efficace qu'une drogue apportée k grands frais de trois ou quatre mille lieues! Comment le médicament que propose un humble et modeste médecin pour-