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pathologie , que la langue , les dénis et les lèvres sont fuligineuses, lorsque ces parties sont recouvertes d'une croûte noirâtre , qui approche de la couleur de la suie , comme on l'observe , par eiemple , dans les fièvres adynamiques au plus haut degré'. ( renacldim)
FUMETERRE , s. î^fumaria officinàUs , diadelpbie bexandrie, L-, papave'racées, J. Cette dénomination est évidemment traduite au mot grec KtLirvoç, par lequel Dioscorjje a désigné cette plante, el qui sigmlic future. Toutefois t««j|a!gré celte explication , l'étvmologie est équivoque , et même couverte d'un voile que je trouve impénétrable. En effet, Pline Mip-
Sose , et Ton a presque généralement répété , sur la parole e ce savant compilateur, que la fumeterre était appelée ainsi, parce que son suc rois dans l'œil produit le larmoiement, k l'instar de la fumée. Or, chacun voit aisément que le suc d'une foule de plantes, introduit dnns les yeux, déterminerait plus rapidement et plus énergiquement encore que celui de fumeterre une vive douleur et l'excrétion des larmes. Théi» dit qu'il est plus naturel d'attribuer l'origine de ce nom au détestable goût de fumée ou de suie qui caractérise la fumeterre. J'avoue que , tie sentant point comme M. Théis, je ne puis admettre son opinion.
Quoi qu'il en soit , la fumeterre se plait dans les lieux cultivés, tels que les jardins, les champs , les vignes. Sa racine , annuelle, menue, blanchâtre, s'enfonce perpendiculairement dans le sol. Elle pousse des tiges minces , creuses, lisses, anguleuses, diffuses, et longues de huit à dix pouces. Les feuilles sont alternes, ailées, glabres, molles, vertes. Les fleurs, anomales, imitent les papilionacées ; elles viennent, dit Lamarck, sur des épis lâches, dont les uns sont latéraux, opposés aux feuilles, tandis que les autres terminent les tiges. Ces fleurs sont longues de quatre lignes, d'un blanc rougeâtre , tachées de pourpre noirâtre à leur sommet, terminées postérieurement par un éperon court, obtus, comprimé sur les côtés. On observe sous chaque fleur une bractée membraneuse, blanchâtre, étroite , lancéolée. Le fruit consiste en uue silicule petite, uniloculaire , contenant une graine menue , arrondie , d'un vert foncé.
Dépourvue d'un véritable principe aromatique, la fumeterre exhale sculemeut , lorsqu'on l'écrase , une odeur herbacée. Mâchée fraîche , elle verdit la salive , et roauifeste uue saveur amère désagréable, qui , suivant Bergius, devient encore plus intense dans la plante desséchée. Cependant , malgré cette amertume , elle est broutée par les vaches et les moutons.
Les médecins de l'antiquité prescrivaient la fumeterre dans les affections cachectiques , dans Us obstructions abdominales.
Bodard et Murray citent Galien, Oribase, Aetius, Paul d'Égino Serapion, Avicenne, Mésué. Les observations des modernes* semblent confirmer celles des anciens maîtres de l'art. Gilibert regarde cette plante comme un bon antiscorbutique, et l'illustre Sprengel vante son efficacité dans les engorgemens glanduleux qui toujours accompagnent, et constituent en quelque sort* les maladies hypocondriaques et scrophulcuscs. C'est principalement contre les vices cutanés que la fumeterre déploie une énergie remarquable. Simon Pauliî a constaté ses vertus autipsoriques, et le médecin suédois Straudberg sa propriété antidartreuse. Leidenfrost, Thomson, Bodard la rangent parmi les meilleurs moyens curalifs de la lèpre en général , et particulièrement du fadesjge que le docteur Demangeon appelle eléphantiase du Nord. A ces témoignages, respectables sous divers rapports, je joindrai celui du savant professeur Pinel qui , sans doute , ne sera pas accusé d'ajouter une confiance aveugle au pouvoir des remèdes :
« On peut suivre avec plus de précision l'efficacité de la fumeterre contre les affections cutanées, en faisant infuser une poignée de cette plante dans du lait ou du petit lait qu'on fera prendre au malade, ou bien en lui faisant administre? pendant quelque temps le suc exprimé et clarifié, à la dose de deux o„ trois onces. Je pourrais citer une observation faite avec soin sur la guénson dune dartre invétérée qui se manifestait »„ bras. La malade eut la constance de faire usage, pendant prêt de six mois, de la fumeterre infusée dans du la/t, en même temps qu elle pratiquait des lotions sur la partie avec la même infusion. Apres cette époque, il n'a resté aucime trace de ma!
» On fait avec le suc de la fumeterre no sirop que les enfans prennent sans difficulté : elle entre aussi dans le sirop de chicorée composé; enfin elle va se confondre et se perdre dans un amas monstrueux de drogues, je veux dire dans l'électuaire de psvlhum, les pilules angéliques, la confection hamec- et là îe défie 1 esprit le plus subtil de déterminer le rôle qu'elle peut jouer dans la guérison des maladies.» , .
Dambourney regarde la fumeterre comme une des plantes indigènes les plus précieuses pour donner aux étoffes de lame une couleur jaune pure et solide.
La fumeterre bulbeuse fumaria bulbosa, doit à la form* de sa racine le nom spécifique qui lui a été imposé par Linné' et la dénomination de aristolochia fabacea qu'elle 'porte dans* les officines pharmaceutiques. On a prétendu que l'analogie de figure devait entraîner celle des propriétés médicinales , et l'on a célébré les vertus aristolocbiques et emménagogues de la fu meterre bulbeuse. Quelques-uns l'ont préconisée à titra de"
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vermifuge, d'anires comme antiseptique, surtout contre Icj ulcères sordides et la carie. Parmentier dit que cette racine fournit de l'amidon , avec lequel on fait des potages , et même du pain : Kerner ajoute que les Calmoucks et certains peuples russes s'en servent pour aliment. Gilibert a plus d'une fois remplacé Vherbe de la fumeterre officinale par celle de la bulbeuse', qu'il a vu réussir dans les fièvres tierces et dans la suppression des règles. Toutefois , l'expérience clinique des praticiens les plus distingués n'a point prononcé èn faveur de cette plante, sur laquelle Murray porte un jugement que j'adopte volontiers : ncglâcta hodiè omninb ; nec malè , si superfluis vatedicçndum.
HTFcK'tjran Christophe), De furrutrid, Diss. med. inaug.prœs. Rud. Jac. ' Partierarius ; in-4°. janutir. 1718.
itoli&tt ( ;o»eph louï$ ) , De fumarid vulgari , Diss. io-4° Argcntorati ,
: (chaumetok) FUMIGATION, s. f. tfumiga/io , âcfurntgare, réduire en fumée , ou suffit us , suffimentum , de suffire , parfumer , en gree ^vfjJetfjict , bvfjiiÊLriç : on dit aussi en latin, anathjrmiasis , de ctm, sursùm , et de Sv/xitia» , suffio : action de réduire une ou plusieurs substances en vapeur ou en gaz, soitpar la vaporisation à l'aide de lâ chaleur, soitpar la combustion, et de les diriger à cet état sur la surface ducorps ou de diverses parties du corps , ou sur les choses extérieures avec lesquelles l'homme est en rapport , pour les pénétrer de ces substances vaporisées. Certaines fumigations dégagent de ces parfums recherchés par la mollesse , et plus destinés a satisfaire la sensualité que préparés pour les besoins et l'avantage de la santé. Mais, en médecine, les fumigations, quelle que soit la manière dont elles affrètent l'organe de l'odorat f ne sont jamais pratiquées que pour préserver l'homme de
Quelques maladies ou l'en guérir ; elles sont ou des moyens ç l'hygiène , ou des moyens de la thérapeutique. Les "premières se dirigent sur les émanations malfaisantes dont peuvent être , imprégnés l'air on les vêtemens; cet ordre de fumigations appartient aux agens de désinfection , que nous avons fait connaître dans le septième volume de ce Dictionaire {Voyèz désinfection). Nous ne devons en conséquence nous occuper ici que des fumigations qui sont du ressort de la thérapeutique. On les dirige sur la totalité^ de l'habitude du corps, ou sur uue de ses parties \ et sur diverses portions du système muqueux, telles que la conjonctive , la muqueuse nasale , les muqueuses gutturales et bronchiques , celle du gros intestin, celle du vagin et de la matrice. Nous traiterons, dans un premier paragraphe , de la composition de ces fumigations ; dans un second , des appareils imaginés pour Jes administrer; dans un troisième, nous exposerons les effets sensibles des fumigations,
leur manière d'agir sur les tissus et les organes ; et nous traiterons dans un quatrième , des usages thérapeutiques des fumigations.
§. i. De la composition des fumigations . Les fumigations sont humides ou sèches. Les premières diffèrent des secondes en ce qu'elles contiennent un liquide , tel que l'eau , le vinaigre, l'alcool en vapeur , soit que cette vapeur constitue à elle seule la matière de la fumigation , soit qu'elle contienne quelque autre principe. Les anciens qui faisaient un fréquent usage dés fumigations , les préparaient avec beaucoup de substances différentes. Celles, par excm pie, qui sont indiquées pour cela dans les ouvrages attribués à Hippocralc sont en très-grand nombre : tels sont l'eau, le soufre, le realgar {^AV^A^ky^))^ sulfure d'arsenic rouge, ou l'asphalte, le nitre ; telles sont une foule de substances végétales , savoir , l'origan , l'hysope, le roseau aromatique, la rue, l*ail , le safran, la ciguë, le lotier, l'ivraie, l'orge, la paille d'orge, la farine torréfiée , les rameaux de frenc, la noix et les rameaux de cyprès , les feuilles de myrthe , les semences et les feuilles de laurier , la canellc , les semences et les feuilles d'armoise j les racines de bardane , de souchet, de bryone , de peucedahum; les pétales de rose rouge, l'écorce de grenade, les sarmens de vigne, le marc de raisin, les feuilles d'olivier et les olives non mûres j les semences d'ache , d'anis , de coriandre , la casse. Tels sont encore divers produits immédiats des végétaux ou de la fermentation végétale , le styrax , la myrrhe , le galbanum , l'encens , les substances huileuses , le vin , le vinaigre. Enfin , on employait dans la préparation des fumigations diverses substances animales , telles que la ràpure de corne de cerf, celle de corne de chèvre, la fiente de bœuf, la crotte de chèvre, l'urine humaine; différentes espèces de graisse, la cire, le musc , le castor eum , les poils de lièvre, la laine.
On a renoncé â la plupart des fumigations préparées avec des substances animales ; et on a beaucoup réduit le nombre des substances végétales qui formaient la matière des fumigations des anciens. Mais l'asa-fœtida, le succin , la sarcocole, le mastic , le benjoin, le camphre , les clous de gérofle et plusieurs autres substances qui ne se trouvent pas indiquées dans Hippocrate , ont été employées par divers praticiens , et le sont encore quelquefois aujourd'hui. Eufin , des qu'on commença à employer le mercure en frictions , on l'employa aussi en vapeur , et c'est au cinnabre, ou sulfure de mercure rouge, qu'on a eu souvent recours. Catancus, Benedicti, Ange Bolognini , Vigo , Nicolas Massa , Musa Brassavole , qui écrivaient dans le commencement du seizième siècle, parlent des fumigations mercuriellcsj et ce moyen, après avoir été tour à tour préconisé
et proscrit par les médecins des temps postérieurs, était , pour ainsi dire, tombé en désuétude , lorsqu'il fut remis en vogue sur la fin du siècle dernier, par Ch. Lalouetle {Nouvelle Méthode de traiter les maladies vénériennes par les fumigations , publiée par ordre du Roi } Paris, 1776). Mais, au lieu du cinnabre qu'on avait employé exclusivement jusqu'alors , il conseillait une préparation mercurielle à lui particulière , et qui n'était autre chose que du mercure doux ( sous-chlorure de mercure ). On a aussi conseillé des fumigations avec le sulfure de mercure noir , et ces diverses préparations mercurielles ont été quelquefois associées avec parties égales ou le double de leur poids , d'oliban , de sucre, ou de quelques autres substances. On voit dans Fallope {De morbo gallico tractatus, iSfy) , que de son temps on a associé le réalgar et l'orpiment au cinuabre. Mais il parait que jamais Fallope n'a fait usage de semblables fumigations , qu'il appelle avec raison sujfumigia ma ligna. Car elles devaient être d autant plus daugereuscs , qu'employées comme moyen curatif de la syphilis , on les dirigeait sans doute sur toute la surface du corps , et que les appareils fumigaloires, encore très-imparfaits, n'empêchaient pas les vapeurs de s'introduire en quantité plus ou moins grande dans les voies de la respiration.
Les fumigations qui contenaient des vapeurs arsenicales ne paraissent avoir été que très-peu employées; il y a long-temps qu'elles sont proscrites. Quant aux fumigations simplement mercurielles , l'ouvrage de M. Lalouette ne leur a rendu qu'une vogue de peu de durée , et leur usage est aujourd'hui exclusivement borné au traitement local de quelques affections que nous indiquerons dans la suite.
Parmi les substances minérales , le soufre , qui a été conseillé par Hippocrate , et par divers praticiens des âges postérieurs , est aujourd'hui très-employé en fumigation > surtout depuis des expériences nouvelles faites par M. le docteur Galès , et dont nous parlerons bientôt : il a d'abord fait brûler le soufre avec du nitrate de potasse; ensuite il l'a employé seul. Lorsque le soufre constitue seul la matière de la fumigation, celleci est composée d'acide sulfureux et de soufre en vapeur; et l'on retrouve ensuite du soufre cristallisé, soit sur les corps des malades, soit dans l'intérieur de l'appareil fumigatoire cl de son conduit cfTérent. Lorsque l'on mêle au soufre du nitrate de potasse, l'acide nitrique de ce sel se décompose , et il se forme du deutoxide d'azote (gaz nitreux) , qui passe à l'état de gaz acide nitreux en se combinant avec l'oxigène de l'air. D un autre côté , la combustion du soufre étant favorisée par la séparation d'une portion de l'oxigène de l'acide nitrique , il se forme beaucoup plus d'acide sulfureux que dans le premier cas ;ct il ne se voUtise pas sensiblement de soufre non combine.
F. n fin une portion du gaz acide sulfureux passe, par l'action du az acide nitreux , à l'état d'acide sulfurique La fumigation est onc alors composée de gaz acide sulfureux, d'acide sulfurique p de deutoxide d'azote et de gaz acide nitreux. On voit
3u'il se passe ici les mêmes phénomènes que dans les chambres e plomb. , où se fabrique l'acide sulfurique. §. n. Appareils fumigatoires. Les fumigations que l'on dirige sur les membranes muqueuses, nasale, gutturale ou pulmonaire, ou même sur la conjonctive, n'exigent souventaucun appareil; par exemple , lorsque la vapeur se dégage spontanément, ou par la chaleur de la main, du liquide qui la fournit : alors il suffit d'approcher de l'œil, des narines ou de la bouche, la main ou le • vase qui contient ce liquide ; c'est ce que l'on fait tous les jours à l'égard des vapeurs alcooliques , éthérées, acétiques, ammoniacale» et autres. On peut aussi diriger des fumigations sèches sur les parties indiquées, sans aucun appareil. Si l'on veut faire respirer, par exemple , les vapeurs qui se dégagent de la combustion de quelques substances bitumineuses , balsamiques, résineuses , telles que lesuccin , le benjoin , le baume de tolu , l'asa-fœtida , il suffit de projeter ces substances concassées , sur une pelle bien chaude que l'on approche à une certaine distance du malade. On peut d'ailleurs donner la direction convenable aux fumigations , à l'aide d'un entonnoir de métal ou de papier. Hippocrate (pag. 469 de l'édition de Foesius), en conseillant une fumigation contre l'angine , fait très-bien infuser, à vaisseau fermé, les substances aromatiques qui en forment la matière, et fait respirer la vapeur au malade , à l'aide d'un chalumeau.
On pourrait aussi se servir d'un entonnoir , si on voulait diriger quelque vapeur sur la surface muqueuse auriculaire.
Divers appareils ont cependant été imaginés pour diriger des vapeurs dans l'arrière-bouche, la trachée-artère ou les bronches. Telle est la machine de Mudge de Plymouth ( planche 1 ) , qui a été décrite dans le Cours de chirurgie de Bell , tom. iv, p. 84 de la traduction de Bosquillon. Voici la manière d'en faire usage. \
On remplit le corps de la machine (figure 1) , qui doit avoir la capacité d'une chopine , environ aux trois- quarts , d'eau chaude seule ou chargée de quelques substances aromatiques, et on fait respirer le malade par l'extrémité du tube D qu'il lient dans la bouche. L'air extérieur se porte, pendant l'inspiration , dans les ouvertures E, et arrive, par l'anse oui est creuse , dans la partie inférieure du vase, s'imprègne de vapeurs en traversant l'eau chaude qui y est contenue , et conduit cette vapeur dans les voies respiratoires. L'air qui sort des poumons, pendant l'expiration, retourne à la surface de l'eau, et f au lieu de traverser ce liquide, il soulève la valvule ronde
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et légère de liège B (figure 2) , qui lui offre beaucoup moins de résistance , et s'échappe ainsi au dehors.
On fait, depuis un certain nombre d'années, usage à Paris , pour diriger les vapeurs vers les surfaces muqueuses, gutturale et bronchique , d'une machine qui présente la plus grande analogie avec celle de Mudge : elle est représentée planche 2, fig. 1. On conseille de la remplir, comme celle de Mudge , aux t roisquarts, d'eau chaude ou d'un autre liquide, et on faitVespirer le malade par le tube A. Le tube 6 par lequel entre l'air du dehors remplace l'anse creuse de la machine Je Mudge. Cet air, après s'être imprégné de la vapeur du liquide , soulève , pendant l'inspiration , la valvule sphérique de bois D (fig. 2) , placée dans le fond du tube A , et se rend , par ce tube , dans les voies respiratoires. L'air qui sort des poumons , arrivé dans le fond du tube A, trouve son ouverture inférieure bouchée par la même valvule , traverse le tube latéral F, et s'échappe par le tube C , en soulevant uue valvule sphérique E placée dans le fond de ce tube.
La seule différence qui existe entre cette boite et la machine de Mudge consiste en ce que , dans le premier de ces instruirons p l'air expiré se porte directement au dehors , sans se rendre dans la capacité de la boite , audessus de la surface du liquide , comme cela se pratique, quand on fait usage de la machine de Mudge.
Ces deux machines ne sont au reste, ni l'une ni l'autre, d'un usage bien commode. La résistance opposée par l'eau contenue dans le vase à l'air extérieur qui doit la traverser, fait faire au malade des inspirations forcées souvent diihciles dans les maladies du poumon , et d'autant plus pénibles , que la colonne de liquide est plus considérable. Aussi se sert-on de ces machines avec moins de difficulté, quand, au lieu de remplir le vase à peu près aux trois-quarts , comme on le conseille ordinairement , on n'y met que très-peu d'eau. Quand le liquide qui doit fournir la matière de la fumigation est d'une pesanteur spécifique peu considérable , par exemple quand c'est de l'éther, l'inconvénient dont nous parlons n est pas sensible. Aussi les fumigations éthérées peuvent se diriger avec facilité sur la muqueuse bronchique , à l'aide du petit appareil que nous avons décrit à l'article ether, page 58) du tome xiii de ce Dictionaire, et qui ne diffère pas essentiellement de ceux que nous venons de faire connaître ; mais quand on ne veut faire respirer que des vapeurs aqueuses, un entonnoir remplace avantageusement toute espèce de machine. On en place la partie évasée ou la base sur le vase d'où les vapeurs se dégagent, elle malade qufcn tient le sommet dans la bouche, reçoit, par l'aspiration, les vapeurs aqueuses mêlées à l'air atmosphérique.
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Les Chinois font des fumigations mercurielles locales en •brûlant une bougie composée de ciunabrc et de cire , et dont ils dirigent la flamme et la vapeur vers les parties affectées.
Si Ton voulait exciter la surface muqueuse du gros intestin avec la fumée des feuilles de tabac ou de tout aulre végétal , le procédé le plus simple serait celui qui a été indiqué par Schwilgué (Traité de matière médicale , tomei, page 21 5 de l'édition revue et augmentée de notes par M. 'Njrsteo ). Il consiste à introduire dans le rectum le tuyau raccourci d'une pipe de terre dout on a rempli le réceptacle des feuilles du végétal desséchées et coupées menu : on les allume et on les recouvre aussitôt du réceptacle d'une autre pipe qu'on y fixe avec du papier , et on souffle fortement par le tube de la pipe qui sert de couvercle. On peut aussi se servir , dans le même Lut , du soufflet imaginé par Piat et qui se trouve représenté sur la planche qui accompagne l'article asphyxie dans le second volume de ce Dictionaire.
Hippocrate , ou l'auteur des livres wtç) yvv&iKiit»v , dirigeait souvent des fumigations vers les surfaces muqueuses du vagin et de la matrice. Pour cela , il faisait pratiquer une fosse en terre , y faisait brûler des sarmens de vigne , ou du petit bois j quand la fosse était en ignition , il faisoit retirer les plus gros charbons , laissant dans la fosse , les cendres chaudes et le menu charbon incandescent , établissait là dessus le vase qui contenait les substances qui devaient former la matière de la fumigation ; ce vase portait un couvercle percé à son sommet, et à cette ouverture était adapté un chalumeau qu'on introduisait dans la vulve. La malade assise audessus de l'appareil , et enveloppée de ses couvertures , recevait la fumigation , dont on avait soin, d'éprouver auparavant le degré de chaleur; suivant le but qu'il se proposait, il faisait entrer dans ces fumigations , de l'ail , ou des substances aromatiques , ou des herbes émoi lien tes , plusieurs étaient évidemment ammoniacales. Certaines fumigations étaient vaporisées en jetant dedans des morceaux de fonte rougis au feu , mais celle>-ci n'étaient portées que sur les parties extérieures.
Quaut aux fumigations que l'on fait agir sur la peau , elles sont locales ou générales. Or, on dirige les premières vers les parties qui doivent en recevoir l'action , à l'aide d'un entonnoir et d'un tuyau conducteur flexible , si cela est nécessaire , comme lorsque le malade garde le lit y et c'est sou$ ses couvertures , soulevées par un ou plusieurs cerceaux , que Hon fait arriver les vapeurs. Mais les fumigations cutanées générales , qui sont de véritables étuves, exigent surtout des appareil» bien faits et des soins particuliers. Anciennement on mettait la matière de la fumigation sur des charbons ardens , dans uu réchaud posé sous une chaise percée \ on faisait asseoir le ma-
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lade sur la chaise , et on l'enveloppait jusqu'au cau de couvertares. Il parait même que dans le commencement du seizième siècle , époque à laquelle ou faisait un fre'quent usage des fumigations mercurielles , quelques médecins faisaient entrer la tête du malade dans l'appareil fumigatoire, et l'exposaient ainsi à une prompte suffocation. Voici ce que dit à cet égard Musa. Brassavole, qui florissait vers 1 534 : scitote , mnnullos medicos istos sujfumigasse, capiie etiam a conopeo non exerio; quod pericuïosissimum est. Nam quempiam vidi qui, ex Jfumo caput petente , in apoplexiam incidit , et statim mortuus in terrant cornât. Idcirco laudo et jubeo ut , exerto capitey sitjffumigentur, imo papilio circa collum stringatur, tum ne fumus créât , tum ne nares feriat. On conçoit que l'auteur s'est trompé en attribuant la mort du malade à l'apoplexie. Nul doute qu'il n'ait été suffoqué j car la mort a été subite, et il s'écoule toujours un certain espace de temps entre une attaque d'apoplexie assez forte pour être mortelle, et la cessation des mouvemens vitaux. Sans cela , l'état apoplectique ne pourrait pas être reconnu , comme l'a très-bien remarqué Van Swieten dans ses Commentaires sur les aphorismes de Boerhaave (tome v, p. 5i6 de l'édition de Lcvde) , et àl'occasion du cas rapporté par Musa Brassavole.
Lors même que le malade n'était enveloppé de couvertures que jusqu'au cou , il s'échappait toujours plus ou moins de vapeurs mercurielles qui , s'introduisant avec l'air dans les organes de la respiration , les irritaient vivement. On a évité cet inconvénient en substituant à l'appareil très-imparfait dont nous venons de parler , une boîte carrée en bois , comme celle qui est décrite dans l'ouvrage cité de Lalouetle. Le malade y est assis sur un siège percé , qui peut être, suivant sa taille, haussé ou baissé à volonté, au moyen de crémaillères. Sa tête sort par une ouverture à coulisse , que Ton ferme autant que possible ; on bouche avec une serviette le petit intervalle qui reste entre le cou et le bord de cette ouverture. La fumigation se dégage d'un réchaud placé dans le bas de la boîte, sur lequel on fait tomber la préparation mercurielle par un trou ménagé supérieurement , que l'on ferme ensuite pour le rouvrir au besoin.
Des fumigations sulfureuses ont été administrées, il y a quelques années, par M. le docteur Galès (Essai sur Ut gale , m-40. Paris, 1812), dans le Ht même des malades, à l'aide d'une bassinoire , dans laquelle on avait jeté un mélange de deux gros de soufre et d'un gros de nitrate de potasse. Les malades étaient couchés nus ; la tête seule était hors des couvertures qui enveloppaient le mieux possible les épaules et le cou. Divers inconvéniens ont fait renoncer M. Gates à cet appareil. Il s'échappait toujours, du côté de la tête du malade ,
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jrius ou moins de vapeurs qui provoquaient la (oux et Pétertiuement. La peau était souvent couverte de rougeurs produites par le gaz nitreux uni au gaz acide sulfureux , résultant de l'action' du soufre sur le nitrate de potasse. Les draps étaient altérés dans leur tissu par l'action de l'acide sulfureux, et même d'un peu d'acide sulfurique produit à chaque fumigation.
M. Gales ■ substitué à ce moyen une boite fumigatoire, qui ne différait de celle que nous venons de décrire , qu'en ce u'elle présentait à l'ouverture supérieure destinée au passage e la tête , une espèce de capuchon en peau dont les bords se joignant exactement autour uu visage, et s'attachant audessous du menton du malade, lui permettent de respirer librement l'air de l'appartement, sans être aucunement incommodé par la vapeur sulfureuse. Mais, dans cet appareil, les produits de la combustion du charbon qui sert à volatiliser la matière de la fumigation, se trouvent mêlés avec les vapeurs qui s'en dégagent , et le mélange sort ensuite par nue cheminée uniuue pratiquée à la partie supérieure de la boîte. Or, l'acide carbo- * nique et l'hydrogène carboné ne peuvent concourir au but de la fumigation, et on croit d'ailleurs avoir observé que le premier de ces gaz affecte , d'une manière désagréable et nuisible, l'organe cutané. M.d'Arcet, qui ne laisse échapper aucune occasion d'appliquer utilement la chimie aux arts, a lait, dans la construction de l'appareil, la correction nécessaire pour en faire cesser les inconvéniens. Pour cela, il a remplacé le fourneau par un poêle dont le foyer s'ouvre au dehors de l'appareil , et dont le dessus est une plaque de fonte sur laquelle on fait tomber le soufre; audessus et à peu de distance de cette plaque, en est une autre , également en fonte, criblée de trous pour le passage des vapeurs , et sur laquelle est disposé le siège du malade. Le tuyau du poêle sert à chaufTer la boîte qu'il traverse , et va ensuite se rendre dans la cheminée de l'appartement; et il existe un autre tuyau à 1» partie inférieure de la boîte pour l'issue des vapeurs sulfureuses. On ferme plus ou moins ce tuyau, à l'aide d'un registre, suivant que l'on veut rendre la fumigation plus ou moins dense. On fait brûler le soufre sans addition de nitrate de potasse , drvnl on a reconnu l'inutilité.
Par ces divers cliangemcns apportés dans la construction de la boite fumigatoire, cet appareil est autant perfectionné que le comporte l'état actuel des sciences physiques : il peut servir à toute espèce de fumigation ; car, au lieu de soufre, on peut faire tomber sur la plaque supérieure du poêle du sulfure de mercure, du camphre , de l'eau, de l'alcool, enfin toute espèce de substance volatile , soit sèche, soit liquide.
Nous avons décrit à l'article bain (tom. n, p. ?-75) l'appareil dans lequel on prend les bains de vapeurs ordinaires dans IV- Wissemeut de MM. J un tic et Triayre, à Tivoli , cl nous avons
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vu que c'est sur une brique rougic au feu que l'eau se volatilise pour remplir la boite à l'e'tat de vapeur. Or, cet appareil peut remplacer parfaitement celui que nous venons de faire connaître, quelle que soit la nature de la fumigation . Supposez, par exemple, qu'elle doive être sulfureuse, il suffit de faire tomber sur la même brique du soufre en poudre pour remplir la boite de vapeurs sulfureuses ; et c'est en effet ce que l'on fait à Tivoli.
M. Guictand, pharmacien, rue J.-J. Rousseau, administre, depuis nombre d'années, des bains de vapeurs et des fumigations dans des appareils qui ne diffèrent pas essentiellement de ceux dont nous venons de parler. Quant à l'appareil qui a été présenté , il y a longtemps , à la Société royale de médecine » par un nommé Hildebrand , et dont nous avons fait mention à la lin de l'article bain > l'usage de cette machine n'a pas , ainsi que nous l'avons dit, survécu à son inventeur. Mais l'attention desmédecius avant été rappelée, dans ces derniers temps , sur les avantages que la thérapeutique peut retirer des fumigations sulfureuses, et les procédés fumigatoires avant reçu toutes les améliorations dont ils étaient susceptibles, il s'est formé dans Paris plusieurs nouveaux établisscraensdans lesquels on prend des fumigations de toute espèce. Les trois principaux de ces élablissemens sont i°. celui de M. Gales , rue Sainte- Anne , n*. 59 ; 2°. celui de M. Prosper , rue du faubourg Saint- Honoré , n*. 5o; 3°. celui de M. Lecour, dans l'enceinte de la pompe à feu au Gros-Caillou.
L'hôpital Saint- Louis , spécialement consacré aux maladies cutanées , ne laisse aujourd'hui , grâces à M. Mourgue , membre du conseil d'admiuistration , et à M. Péligot , membre de la commission exécutive des hôpitaux , rien à désirer relative*, ment aux appareils propres aux bains qui font une partie essentielle du traitement de ces affections; et ceux de ces appareils qui sont destinés aux fumigations ne sont pas les moins remarquables. Indépendamment d'une étuve analogue à celles des Russes (Voyez bain, tome 11 de ce Dictionaire) , et assez grande pour contenir plus de cinquante malades, ces administrateurs ont fait établir un appareil destiné à administrer des fumigations sulfureuses à douze malades à la fois. M. d'Arcet a bien voulu diriger la construction de cet appareil qui est établi sur les meilleurs principes , et servira sans doute de modèle pour les élablissemens publics où l'on voudrait en construire de semblables. Il représente une grande caisse de la forme d'un parallélipipèdc, dans laquelle les douze malades sont assis «ur deux rangs. Douze ouvertures sont pratiquées au haut de l'appareil pour le passage de leurs tètes, qui sont, chacune , recouvertes d'un capuchon de peau, de sorte que la figure seule des malades est en contact avec l'air du dehors. L'iutéiieur de cotte caisse est échauffé par 1rs tuyaux de deux poêles placés à
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chacun de ses petits côte*s. Ces tuyaux sont doubles et disposes de manière à mettre à profit tout le calorique dégage' • ils se reunissent audessus de l'appareil en une cheminée unique : deux thermomètres , dont la boule plonge dans l'étuve, 4andis que l'échelle est au dehors , en donnent la température.
Le fourneau destiné à brûler le soufre est placé au milieu d'un des grands côtés de l'appareil. Un tuyau sert de cheminée au foyer , et se rend dans la cheminée commune. L'intérieur de l'étuve ne peut par conséquent contenir que de l'air et la matière de la fumigation. La combustion du soufre se fait audessus du foyer sur une plaque de fer. Comme elle ne ne peut avoir lieu sans le contact de l'air , on établit ce contact à l'aide d'une petite porte à coulisse. La vapeur sulfureuse est reçue dans un tuyau qui va s'ouvrir dans un grand espace disposé sous ljétuve , dont il n'est séparé que par une plaque criblée de trous. La vapeur s'élève et se dissémine , parce moyen , dans l'étuve ; et afin qu'elle présente à peu près partout la même densité , les trous de la plaque criblée sont plus nombreux et plus grands vers ses deux extrémités. Sans cette précaution , les malades placés vers le milieu de l'étuve auraient reçu beaucoup plus de vapeur que les autres.
Il existeen outre deux tuyaux d'appel faits en bois, et placés à l'une et à l'autre extrémité de l'appareil. Ils font l'office de syphons renversés, dont la courte branche s'ouvre dans l'intérieur et dans le bas de l'étuve, tandis que la longue branche qui est au dehors est disposée contre le mur de la salle du bain. Un registre ou diaphragme est placé dans cette longue branche dont l'extrémité supérieure aboutit à un tuyau de poêle , qui se rend avec son semblable dans la cheminée commune. L'utilité de ces syphons est incontestable. i°. Ils contribuent à répandre uniformément les vapeurs dans l'étuve ; 2°. ils renouvellent , pour ainsi dire , continuellement les vapeurs, en les aspirant et les portant de dedans au dehors , avantage qui évite la peine de lutter tous les joints de l'appareil , comme le faisait M. Gales lorsqu'il se servait de la boite imparfaite dont nous avons parlé ; 3°. ils servent à modifier à volonté la densité de la vapeur. Pour cela , on ouvre plus ou moins le registre disposé dans la grande branche du tuyau. Lorsque ce registre est fermé , on conçoit que le syphon est sans action. Quatre portes sont disposées aux quatre coins de l'appareil : mais les malades trouvent plus simple d'y entrer par les ouvertures supérieures ; et pour cela , deux bancs ont été placés à l'extérieur , chacun le long d'un des grands côtés.
La vapeur sulfureuse , dégagée de la combustion du soufre, est sèche ; mais on peut la rendre humide, en faisant arriver un filet d'eau sur la plaque où se fait la combustion du soufre. On peut aussi se servir de cette espèce d'étuve pour des fumi-
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gâtions mercuriclles ou autres ; il suffit pour cela de substituer au soufre les substances qui doivent former la matière de la fumigation.
Tel est l'appareil établi depuis quelque temps à l'hôpital Saint- Louis. Nous avons cru devoir le faire connaître d'une manière succincte , en attendant la description de taillée qui en sera publiée incessamment par le conseil d'administration des hôpitaux.
On a reproché à cet appareil un inconvénient , c'est que la température n'y est pas partout d'une égalité parfaite. En effet, il est rigoureusement vrai que J'air qui environne les tuyaux de chaleur qui servent de cheminée aux poêles, est plus chaud que celui qui circule vers les deux grands côtés de l'étuve ; mais cette différence n'est pas très-sensible et ne s'oppose nullement aux effets de la fumigation ; 'de manière que l'appareil , tel qu'il est , remplit parfaitement le but pour lequel il a été établi.
5- m. Des effets sensibles des fumigations , de leur manière d'agir sur les tissus et les organes. Les effets sensibles des fumigations sur nos organes ont pour élémens la temperature de la vapeur et la nature des substances qui la composent. La chaleur a une telle influence sur l'action des fumigations, que les effets de l'étuve sèche sont, comme nous l'avons dit à l'article bain, exclusivement dus au calorique.
Si donc la fumigation n'est composée que de l'eau en vapeur, ses effets sont entièrement subordonnés à la température de celle-ci. Supposons-la , par exemple , de 55 à 4$ degrés ( échelle de Réaumur) , et dirigeons-la, pendant environ 3o minutes , sur toute l'habitude du corps , elle agira absolument de la même manière que l'étuve humide. Ainsi , une sensation plus ou moins marquée de cuisson dans diverses régions du corps , la rougeur et l'augmentation de chaleur de la peau , l'accélération du pouls , une transpiration abondante , une anxiété générale, une gêne plus ou moins grande de la respiration; tels sont ses effets les plus constans. Il faut joindre à ces symptômes, chez beaucoup de personnes, une céphalalgie ui est quelquefois accompagnée d'étourdissemens , et une failesse qui peut aller jusqu'à la syncope. Mais observons que la gêne de la respiration est à peine sensible , quand la personne qui prend la fumigation ne respire que l'air atmosphérique, comme cela se pratique dans les appareils que nous avons décrits. Quant à la sueur, elle continue plus ou moins longtemps après la fumigation , surtout si l'on favorise cette excrétion cutanée par le séjour dans le lit et les couvertures. Dans tous les cas, la sueur est toujours plus considérable que daus l'étuve sèche qui , ainsi que nous l'avons dit à l'article bain , excite davantage la tonicité et l'action des vaisseaux capillaires de
Vorgane cutané , saus agir autant sur l'excrétion qui s y opère.
Si la fumigation que nous supposons toujours formée par la vapeur seule de l'eau , et d'une température de 35 à 45 degrés, n'est dirigée que sur une portion de l'habitude du corps au lieu de l'être sur la totalité, elle excitera l'action de la partie, en augmentera la circulation capillaire , y provoquera une sueur plus ou moins considérable, sans agir ni sur la circulation générale ni sur la respiration. Mais la vapeur de l'eau , soit seule, soit tenant en dissolution quelque principe mucilagineux , et dirigée sur toute l'organisation ou sur une de ses parties, peut, au lieu d'exciter, produire un effet immédiatement relâchant ; c'est ce qui arrive lorsque sa température est un peu audessous de celle du corps; par exemple, lorsqu'elle est de 11 à 26 degrés de Réaumur.
Si la fumigation , au lieu d'être essentiellement composée de la vapeur de l'eau, n'en contient pas sensiblement, qu'elle soit en conséquence composée de principes secs , de nature excitante, comme lorsqu'elle est produite par la volatilisation ou parla combustion du soufra, oie quelques substances résineuses, balsamiques ou bitumineuses, ses effets immédiats se rapprochent, à température égale, de ceux de l'étuve sèche; seulement ils présentent une intensité plus grande , ils augmentent davantage l'action des vaisseaux exhaïans de la partie, et leurs effets sur les capillaires sanguins peuvent aller jusqu'à provoquer les phénomènes de l'irritation générale. Ainsi les fumigations sulfureuses , qui sont les plus employées des fumigations composées de substances stimulantes , dirigées sur toute l'habitude du corps , excepté la tête , augmentent d'abord vivement la tonicité et la chaleur de l'organe cutané, y déterminent une prompte rubéfaction. Le visage est animé et d'un rouge vif; les yeux sont injectés : cette excitation ne tarde pas à devenir générale; les circulations en sont augmen~ tées ; le pouls est d'une fréquence variable, suivant la susceptibilité des individus; la respiration est plusou moins précipitée; une soif vive se fait sentir ; enfin , au bout de dix à quinze minutes, la transpiration s'établit ; elle se continue, ainsi que la rougeur de la peau , pendant trente à quarante minutes et plus , après la sortie de Pétuvc. A ces phénomènes , succède un relâchement général. S'il existait des démangeaisons ou des douleurs, elles sont souvent calmées et remplacées par un sommeil paisible. Quelques fois, dans les premiers jours , l'abondance des éruptions s'accroît , pour s'effacer ensuite par degrés.
L excitation générale, déterminée par l'action des fumigations sulfureuses sur la peau, ne dépend pas seulement des relations sympathiques de cet organe avec toutes les autres parties dç l'économie animale, mais encore de l'absorption d'une portion des vapeurs lulfureusci.
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Ces vapeurs , reçues même en très-petite quantité' sur la conjonctive , excitent aussi très-vivement cette membrane , la, rougissent, y provoquent un écoulement séreux et augmentent la sécrétion des larmes.
Elles déterminent des phénomènes analogues sur les membranes muqueuses , nasale et pulmonaire j elles occasionnent l'éternuemeut et la toux ; elles ne peuvent être reçues dans ces parties que disséminées dans une grande quantité d'air; respirées dans un degré même modéré de concentration , elles provoqueraient une affection catarrhale très-inflammatoire; enfin , respirées pures , elles pourraient déterminer une mort prompte.
L'usage modéré des fumigations sulfureuses dirigées sur la
Ï>eau , semble exciter les forces musculaires , au moins chez es individus d'une forte constitution; mais s'il est prolongé, il les diminue, détermine la maigreur et un affaiblissement général. Administrées même en très-petit nombre aux personnes faibles , elles augmentent constamment leur faiblesse , occasionnent souvent , comme l'étuve humide , une céphalalgie accompagnée quelquefois d'étourdissement , et peuvent occasionner la syncope.
Enfin, nous avons vu des individus chez lesquels l'irritation déterminée à la peau par les fumigations sulfureuses sèches , et renouvelée un certain nombre de fois par le même moyen , dans un court espace de temps, avait durci l'organe cutané et rendu sa surface inégale, comme sillonnée et rude au toucher. Nous en avons vu d'autres chez lesquels une seule fumigation semblable avait déterminé une espèce de crispation dans l'organe cutané. Cet effet était surtout sensible à l'abdomen qui était considérablement rétracté au moment où la sueur, provoquée par la vapeur sulfureuse, s'était arrêtée. Il parait qu'on a aussi observe , à la suite de ces mêmes fumigations , chez les femmes , une rétraction sensible de la membrane muqueuse des parties génitales. Ces deux derniers effets ne paraissent pas s'observer lorsque la fumigation sulfureuse est humide. En effet, la vapeur de l'eau, associée à la vapeur sulfureuse, tend à entretenir et même à augmenter la souplesse et le relâchement de la peau, et cette association provoque en même temps, toutes choses égales , une transpiration plus douce et plus durable.
Le chlore ( gaz acide muriatique oxigéné), et diverses vapeurs acides, telles que les vapeurs nitrique et hydrochloriquc (muriatique) , le gaz acide sulfureux, irnlent fortement, et indépendamment de leur température, les parties sur lesquelles on les dirige, et en déterminent l'astriction. C'est probablement parce que les fumigations sulfureuses contiennent de l'acide