‹ Dictionaire des sciences médicalesChapitre 23 sur 43 · EXPLICATION DE LA PLANCHE III · texte numérisé non relu

EXPLICATION DE LA PLANCHE III

FIGURE I

Acares , de grandeur naturelle , observés sur une pustule de gale , sur un mouton.

FIGURE II

Jeune acare femelle, grossi au microscope 366 fois , et dont on reconnaît le sexe , au moyen de la longue soie qui se remarque à la patte de derrière a. Les autres pattes sont contractées ou retirées sur elles-mêmes , ce qui prouve que Tinsecte n'a point encore été sur la brebis , et qu'il n'a point été exposé à la compression.

FIGURE III

Acares dans l'accouplement , grossis 566 fois.

a. Le mâle en action.

b. La femelle assoupie.

FIGURE If.

Femelle pleine , grossie 366 fois. Elle est en action de marcher.

figure r.

Acare observé dans la gale du chat , par M. Bosc , et dessiné par lui-même.

FIGURE Vï.

Acare observé dans la gale du cheval , par le même naturaliste , et aussi dessiné par lui.

Ces deux figures , vues au moyen de la loupe , sont trèsexactes, quant aux formes ; mais leur grosseur relative n'a point été calculée.

vortbof , Dissertât io de scabie ; G ait. , 1 791.

BEiftXis , Dissertalio de cousis ctir infirma plebs scabie laborel et nova ei medendi rationc ; m- 40. Helmstadii , 1 79:1.

Becu , Mémoire sur la décoction du tabac» employé au traitement de la gale , ou Méthode de guérir celle maladie sans onguent : ai t>ages in-ia. Pari», 179$.

niLDO BH.irc ut (o.«.), Bemerkungen ueber den Kraetxausschlag ; c'est-àdire , Observations sni la gale; iu-8°. Hanovre, 1797*

béer (c. F.) , Geschichte eines geheUten voUkonvnenen , von zuriickgetrelener K mette entstandenen schwarzen Staars ; c'est-à-dire, Histoire de la giietison d'une goutte sereine complctte, causée par la suppression de la gale; in-8°. Vienne, 1798.

FAv areille— placi al , Tableau des accidens funestes mû résultent du manvait traitement de la gale ou de sa répercussion ; in -8° Paris, 1807.

autenrieth , Dissertalio de morbis e scabie oriundis, magistratuum attentione non indignis ; Tubingœ , 1807.

a an vue , Mémoire et observations cliniques sur un nom eau procédé pour la guérison de la gale ; in-8°. Orléans , 1811.

Cet ouvrage contient des recherches d'érudition qui prouvent qu'un homme instruit peut quelquefois se laisser égarer par des illusions. M nanque a ciu que la staphisaigre est le spécifique uc la gale ; cVst là tout son tort.

calé a , Kssai sur le diagnostic de la gale , sur ses causes et snr les conséquences médicales a déduire de» vraies notions de celle maladie ; Dissertation inaugurale; in>4°. Paris, i8i3.

Ferct , Rapport sur les expériences qui ont en lien relativement à un nouveau mode de traitement de la galr; in-8°. Paris, 181 3.

11 est ici question de la méthode dite d'Helnierich ; l'auteur fait mention à la Gn des procédés de MM Jadelot et Du|>uytren.

jade lot (j. F. w.) , Notice sur le traitement de la gale, au moyen des bains sulfureux; in-8°. Paris, i8t3.

Ce mémoire, rempli de faits, est utile à connaître pour les praticiens. A L fin de la brochure, l'auteur a joint l'exposé d'une autre méthode au moyen d'un Uniment savonneux et hydro-sulfureux.

me me lot (j. F. aIo.) , Recherches snr la gale et son traitement, suivies d'un exposé succinct rie la méthode usilée à l'hôpital des enfant pour guérir celte maladie. Disseitation inaugurale; in-^°. Paris , 181 3.

Celte dissertation se fait remarquer nar des généralités historiques et intéressantes. Mais l'anleur n'étant noint encore praticien , a quelquefois préconisé des théories humorales , dont l'admission prouve un défaut absolu de ci nique.

calés , Mémoire et rapports sur les fumigations sulfureuses , appliquées au traitement des afleelions cutanées , etc. ; in 8°. Paris , 1 8 16.

Ce mémoire contient des rapports fort intéiessans snr la méthode fumigatoirc , faits par divers commissaires pris parmi les hommes de l'art les plus vans et les plus distingués de la capitale.

(foersier)

GALÉGA,s. m. ,gahga, genre de plante de la diadelplne décandrie de Linné , et de la famille des légumineuses de Jussi m , «[ni se distingue par un calice à cinq detiissubule'es, presque égales, et une gousse droite, oblongue, légèrement comprimée t aiguë et renflée par la saillie des graines. La seule espèce de ce genre qui croit en Italie, en Espagne, dans le midi de l'Allemagne et en France , est le galéga officinal, connu sous le nom de lavanèse ou de rue de chèvre. Cette plante vivace qui sert de fourrage pour la nourriture des bestiaux daus certaiuspays

se distingue par les stries obliques qu'on observe sur les élranglcmens de la gousse entre les graines, et par ses tiges droites garnies de feuilles ailées avec impaire. Les folioles sont lancéolées , obtuses ou un peu échancrées au sommet ; les fleurs sont disposées en longs épis pédoncules et axillaires.

Cette plante a très - peu d odeur lorsqu'elle est fraiebe , et n'en donne point lorsqu'elle est desséchée; elle n'offre aucune saveur remarquable , de sorte qu'elle ne paraît avoir aucune action immédiate sur les propriétés vitales de nos organes et n'est susceptible de produire aucune médication. On a cependant attribué des effets merveilleux au galéga; on a prétendu que c'était un sudorifique qui avait été très-utile dans la peste qui ravagea la Lombardic en 1576; mais cette opinion n'est fondée sur aucune observation exacte. Une simple note de M. Molien fils, médecin à Rennes, a porté aussi à croire que le galéga était diurétique, et on l'a recommandé dans les hydropisies. M. Molien s'est borné à dire ( Mémoires de la Société royale de Médecine, tom. 1 ) qu'il avait donné une décoction de galéga à une femme hydropique à la suite des couches, et que cette femme avait guéri. N'aurait - elle pas pu guérir de même avec une simple décoction d'orge ou de chiendent , ou même sans employer aucune tisane ? Quelles conséquences peut-ou tirer d une observation aussi insignifiante , sinon que cette hydropisie était du nombre de celles oui guérissent sans l'emploi d'aucun médicament , et beaucoup d'autres maladies sont dans le même cas. Les autres observations qu'on a alléguées en faveur des propriétés du galéga sont à peu près aussi concluantes. Nous pensons donc que cette plante n'offre jusqu'à présent aucune propriété bien constatée qui mérite de fixer l'attention du médecin , et qu'on peut, sans inconvénient , la rayer des ouvrages de matière médicale et de thérapeutique. (cuEisEtiT)

GALENIQUE, adj. , galenicus. On désigne par cet adjectif la doctrine de Galien , soit sous le rapport de la théorie, soit sous le rapport de la pratique médicale , soit enfin sous celui de la composition des médicamens.t Ainsi on dit médecine galénique , doctrine galénique , pharmacie galénique. Relativement à la doctrine galénique , Voyez galemsme. La pharmacie galénique consiste dans la préparation mécanique des médicamens, dans le simple mélange de leur substance, sans avoir égard aux principes dont elle est composée ; c'est ce qui la différencie d'avec la pharmacie chimique , dont toutes les opérations ont pour but de rechercher les divers élémens qui entrent dans la composition des corps médicamenteux , et d'observer l'action réciproque qui résuite de leur mélange. Du temps de Galien , la chimie n'existait pas, et elle resta dans le

nûant bien des siècles encore après ce grand homme. Aussi la distinction entre Tune et l'autre pharmacie n'a été faite que lorsqu'il y a eu des me'decins chimistes pour établir la différence de ceux qui restaient attachés à la doctrine de Galien , d'avec ceux qui formaient la secte chimique. Pojr. pharmacie.

( RENAULDIN )

GALEN1SME , s. m. , galenismus. On désigne sous ce nom la doctrine de Galien , sans contredit le plus savant et le plus célèbre des médeçins de l'antiquité , après Hippocrate. Entièrement basée sur les principes du père de la médecine , que l'illustre médecin de Pergame se vantait d'avoir mieux étudiés et plus approfondis qu'on ne l'avait fait avant lui, cette doctrine parut à une époque où la théorie de l'art était en proie aux disputes sans fin aune foule de sectes rivales. Parmi ces sectes , on distinguait surtout les empiriques , les épisynthétiques , les éclectiques, les pneumatiques et les méthodiques ; mais Galien proclamant la suprématie de la doctrine du divin vieillard , les fît taire ou disparaître toutes , et acquit ainsi un empire auquel personne n'a pu parvenir depuis lui. Toutefois, il s'est trop souvent écarté de la pureté et de l'admirable simplicité d'Hippocrate. On doit même lui reprocher, avec raison, de s'être livré à de vaines subtilités , à des discussions éternelles sur des objets obscurs et impénétrables. Malgré tous ces défauts , le galénisme n'en est pas moins digne de l'attention des médecins philosophes , à cause de la longue et déplorable [influence qu'il a exercée jusqu'à nos jours sur la théorie et la pratique de l'art.

D'après cette doctrine , le corps animé est composé de trois principes ; les parties , les humeurs et les esprits.

I. Les parties sont Simples ou composées. Les premières sont encore nommées similaires , parce qu'en les divisant, chaque nouvelle partie ressemble aux autres et au tout dout elle est séparée. Tels sont les os, les ligamens , les nerfs , les membranes , les vaisseaux , les glandes, la craisse, la chair. Les

Ïiarties composées, telles que le pied, la main, le foie, 'œil , etc. , se nomment également organiques ou instrumentales , parce qu'elles sont autant d'organes distincts, ou d'instrumens particuliers qui exercent des actions spéciales.

Toutes ces parties , soit similaires , soit organiques , sont formées de quatre élémens , le feu, l'eau, l'air et la terre. Le chaud y le froid , le sec et V humide y sont les quatre qualités primitives attachées à ces élémens. Lorsque ces élémens et les qualités qui leur correspondent sont en équilibre, dans une juste proportion , c'est-à-dire lorsqu'aucun de ces élémens ne

Î prédomine , et que les qualités qui les caractérisent sont dan* es rapports que réclame la disposition naturelle des partics>

il en résulte une juste température , et le corps qui jouit de cette température est dans l'état sain. Mais aussitôt que l'un de ces élémens ou quelqu'une de leurs qualités augmente ou diminue , il en résulte une intempérie qui suspend ou altère plus ou moins les fonctions , et constitue la maladie.

Cette température et cette intempérie sont communes aux parties similaires et aux parties composées j mais ces dernières peuvent pécher en outre sous le rapport de la grandeur, du nombre , de la figure, de la situation , etc.

II. Les humeurs sont au nombre de quatre. Le sang, rouge, chaud et humide; la pituite., blanche, froide et humide ; là bile jaune, chaude et sèche; et la mélancolie , noire, froide et sèche.

III. Les esprits se distinguent en naturels, vitaux et a/i/maux. Les premiers consistent en une vapeur subtile qui émane du sang , et tire son origine du foie, ainsi que ce dernier liquide , auquel Galieu suppose la même source. Après s'être portés dans le cœur, les esprits naturels , en se combinant avec l'air dans les poumons , deviennent des esprits vitaux, et ceux-ci se changent eu esprit animaux dans le cerveau.

Trois sortes de facultés correspondent à ces trois genres d'esprits, et siègent dans les parties où chacuu d'eux prend origine. La faculté naturelle préside à la nutrition , à l'accroissemeut, à la génération ; elle réside daus le foie ; les es-

Ï>rits animaux en sont le principe. La faculté vitale siège dans e cœur , correspond aux esprits vitaux , et communiqué la chaleur et la vie à tout le corps , par le moyen des artères. La faculté animale , la plus noble des trois , parce qu'elle est entièrement liée à l'intelligence ou faculté raisonnable , est fixée dans le cerveau. Elle distribue le sentiment et le mouvement à toutes les parties , parle moyen des nerfs, et préside à l'exercice de toutes nos fonctions.

Enfin,trois genres d'actions sont produits par ces trois facultés, les actions naturelles, les actions vitales etles actions animales : mais chacune de ces actions peut être interne ou externe.

A. L'imagination , le raisonnement, la mémoire constituent les actions atùmules internes; la vue, l'ouie , l'odorat, le goût , le toucher , et en général le sentiment et le mouvement forment le domaine des actions animales externes.

B. Les passions violentes, comme la colère, l'amour , appartiennentaux actions internes delà faculté vitale; le mouvement ou la pulsation des artères , et la distribution du sang artériel dans tout le corps, sont sous la dépendance des actions vitales externes,

C. Enfin , les actions internes de la faculté naturelle , sont la sanguificalion , la coction des alimeus , etc. -, et les actions

GAL 257 naturelles externes , renferment la distribution du sang veineux dans toutes les parties, soit pour ta nourriture du corps et la conservation de l'individu , soit pour la propagation de l'espèce.

Le galénisme reconnaît encore d'autres facultés qui appartiennent, à chaque orgaue en particulier, et qui concourent à l'exercice des fouctious qui leur sont départies. Ainsi l'estomac attire les alimens en vertu de sa faculté' attractive ; il les digère par sa faculté concoctrice j sa faculté retentrice les lui fait conserver un certain temps , au bout duquel il s'en décharge en vertu de sa faculté exp Itrice.

Toutefois ces différentes facultés soit générales, soit spéciales, sont soumises à l'empire suprême de la nature , qui , selon Gjlien , comme dans ta doctrine d'Hippoerate , est le premier mobile , le régulateur suprême et l arbitre souverain de toutes nos facultés et de toutes nos actions dans l'état de santé comme dans l'état malade.

D'après ces principes , le ealénisme fait consister la santé* dans l'exercice libre et facile de toutes nos facultés, et la maladie dans l'altération d'une ou de plusieurs d'entre elles. Ainsi le corps est sain toutes les fois que les facultés produisent les actions qui leur correspondent d'une manière pleine et entière , et il est malade lorsque leur exercice est suspendu ou altère' , et que les actions q,ui en sont la suite s'écartent par conséquent du 1 ype ordinaire.

Il y a trois classes de maladies : i°. celles des parties similaires ; 2*. celles des parties organiques ; 3°. celles qui sont communes aux unes et aux autres.

Les premières consistent dans Y intempérie ; i°. sans matière , comme lorsqu'une partie a plus de chaleur ou de froid qu'elle n'en doit avoir , sans que ce changement de qualité soit produit ou soutenu par quelque principe matériel j 2°. avec matière, lorsque cette augmentation de chaleur ou de froid est due à la présence d'une matière chaude ou froide dans la partie malade.

Les maladies des parties organiques résultent de l'altération ou de l'irrégularité que ces parties sont susceptibles d'éprouver sous les rapports du nombre , de la grandeur, de la ligure , de leur situation , de leurs connexions , etc. Elles comprennent ainsi la plupart des maladies chirurgicales , telles que les vices de conformation , les déplacerons , etc.

Les maladies de la troisième classe , qui affectent également les parties similaires et les parties organiques , sont les solutions de continuité , les érosions , les meurtrissures, les ruptures, les brûlures, les distensions, etc.

La recherche des causes des maladies est un des objets 17. 17

]es plus impor tans du galénisme ; elles sont internes ou externes.

Les causes externes résultent de la mauvaise disposition ou de l'emploi soit intempestif , soit abusif des six choses improprement dites non naturelles : i°. Pair , i°. les alimens et les boissons , 3°. le mouvement et le repos , 4e. le sommeil et la veille, 5". les sécrétions et les excrétions , G9, les affections de l'ame. Toutes les causes externes des maladies sont appelées procatarctùjues ou commençantes , parce qu'elles mettent en jeu les causes internes ; celles-ci sont antécédentes ou conjointes.

La cause ante'ce'dente ne se découvre que par le raisonnement; elle consiste dans le vice des humeurs, lesquelles peuvent pécher par excès , par défaut , et produire la pléthore ou la cacochimie.

La pléthore qui peut avoir lieu par la trop grande abondance de toutes les humeurs ensemble, consiste ordinairement daus l'excès d'uue de ces humeurs , et peut être ainsi sanguine, bilieuse , pituiteuse ou mélancolique . Il y a cette différence entre la plénitude sanguine et les trois autres , que si l'une des trois dernières humeurs prédomine, l'espèce de plénitude qui en résulte ne porte plus le nom de pléthore, mais celui de cacochimie, parce que la bile, la pituite et la mélancolie étant plus abondantes qu'il ne faut, corrompent le sang et en font un mauvais suc.

La cacochimie , du reste, est duc à la dégénérescence des humeurs , soit qu'elles deviennent plus chaudes ou plus froides, plus sèches ou plus humides, plus âercs , plus aigres ou plus salées qu'elles ne doivent être : soitqu'clles acquièrent d'une manière quelconque des qualités étrangères à leur état ordinaire.

La cause conjointe est celle qui est immédiatement liée à l'existence de la maladie , celle qui l'entretient directement ; de sorte que la maladie n'existe que par sa présence, et disparait aussitôt qu'elle est enlevée.

Dans la doctrine dont nous nous occupons, les symptômes sont considérés comme une a/J'ection contre nature , qui dépend essentiellement de la maladie, et (pu la suit comme Combre suit le corps. Ils viennent de trois sources différentes : «°. de la lésion ou dérangemeut des parties, ?°. du changement des qualités, 5°. des vices d'excrétion ou de rétention.

Quant aux signes , ils peuvent être sains , non sains eu neutres, selon qu'ils indiqueut la santé, la maladie ou un étal qui n'est ni i'un ni l'autre. Outre les distinctions que le galénisme a consacrées en séméiologie , selon que les signes des maladies indiquent un événement passé, présent ou futur;

scion qu'ils sont essentiels ou accidentels , scion qu'ils caracte'riscnt spécialement la maladie , ou qu'ils lui sont accessoires , etc. : distinctions qui sont encore enseignées dans nos e'colcs. On sait que Galien a c'tendu les règles du pronostic d'Hippocrate par ses propres observations, et qu'il s'est surtout rendu célèbre par une rare sagacité dans l'art de prédire l'issue des maladies. L'es divisions subtiles et souvent imaginaires, qu'il a introduites sur le pouls et dans la doctrine des crises , beaucoup plus éloignées de la sévérité et de l'exactitude des observations du père de la médecine, ne furent point aussi heureuses et sont presque entièrement tombées dans l'oubli.'

Nous avons vu que le galénisme fait consister la santé* dans une juste température des parties similaires et des qualités , et dans le nombre, la grandeur , la figure et la dis— posilion convenables des parties organiques, en sorte qu'un corps dont toutes les parties élémentaires sont en bonne proportion, les qualités en équilibre, et les organes dans leur disposition naturelle , est réputé sain ou d'un bon tempérament. Un tel tempérament, s'il n'est pas impossible, est trrs-rarc sans doute ; aussi le galénisme ne le considère que comme un modèle fictif sur lequel on doit «e régler pour tous les autres tempéramens moins parfaits, et qui s'éloignent plus ou m'oius de ce type primitif.

CÎcs tempéramens sont au nombre de huit. Les quatre premiers sont caractérisés par la prédominance d'une des quatre qualités primordiales , en sorte que chacun de ces tempéramens prend le nom de chaud , de froid, de sec ou $ humide , selon l'excès de l'une ou l'autre de ces qualités. Mais comme ces qualités peuvent se combiner deux à deux chez le même individu , il en résulte quatre autres espèces de tempéramens des combinaisons binaires du chaud , du froid, du sec et de l'humide , et que l'on nomme par cette raison chaud et sec f chaud et humide , froid et sec , froid et humide.

Outre les subdivisions auxquelles le galénisme soumet ces huit principaux tempéramens , selon les difîérens degrés que présentent le chaud , le froid , etc. , dans leur association binaire; il admet que les tempéramens sout encore susceptibles * d'être modifiés par certaines propriétés individuelles et inex-

Ï>licables de la constitution, sans aucun rapport avec 1rs quaités désignées Ce sont ces modifications spéciales et dépendantes de causes cachées , qu'où nomme idiosyncrasics.

Sous le rapport de l'hygiène , Galien distingue du reste trois classes d'hommes : i°. ceux qui sont forts et robustes , qui vivent dans l'aisance et oRt le temps et la liberté nécessaires pour soigner leur santé ) 2#. ceux dont la constitution

est faible et «lexicale ; 5°. les hommes , enfin , auxquels des devoirs, soit publics, soit prives , ne permettent pas de vivre d'une manière régulière.

Il considère aussi quatre époques distinctes dans la vie , savoir : l'enfance, la jeunesse, la virilité et la vieillesse; c'est sur ces différentes distinctions d'âge , d'e'tat,de tempérament et d'idiosyncrasie , que reposent les règles qu'il établit pour la conservation de la saute'.

Toutes ces règles sont subordonne'es au pre'cepte gênerai d'entre tenir les parties et leurs qualités dans leur état naturel , par les moyens qui sont en rapport avec elles. Ce qui signifie que pour entretenir le chaud , il faut employer la chaleur; pour conserver l'humidité , il faut employer des choses humides y etc. j pour conserver la situation , l'intégrité d'uue

Î>artie, il faut la maintenir dans sa situation ordinaire , éviter es violences extérieures qui pourraient l'altérer , elc.

De même que tous les préceptes relatifs à la conservation de la santé se réduisent a appliquer les semblables a leur* semblables , toutes les règles de thérapeutique se réduisent en dernière analyse à traiter les contraires par leurs contraires. C'est ainsi que lorsqu'une partie chaude est devenue froide , il faut la réchauffer j que* lorsqu'une partie a été' déplacée , il faut , par un mouvement contraire à la violence qui en a opéré le déplacement , la remettre dans sa situation naturelle, elc. ; et, qu'en général, pour traiter les maladies , il faut corriger l'intempérie des qualités, ou les désordres des .parties, par tout ce qui est contraire à cette intempérie ou à ce désordre.

La thérapeutique de Galien est ainsi basée sur deux maximes fondamentales , savoir : que la maladie qui est une chose contraire à la nature , doit être surmontée parce qui est contraire à la maladie elle-même, et que la santé doit être conservée par ce qui a du rapport avec la nature.

De ces deux maximes naissent les indications , indications

Jiue Galien définit , une sorte d'insinuation de ce qu'on doit aire par rapport à quelque chose , tirée de la propre nature ou de Vétat de cette chose. Ces indications sont de deux sortes : les unes sont prises &tX affection contre naf are, laquelle demande à être enlevée ou surmontée; les autres se tirent de la constitution naturelle et des forces qui insinuent qu'on les conserve.

Il y a trois sortes d'affections contre nature ; la maladie, la cause et le symptôme. Comme c'est la maladie qu'on se propose de guérir, c'est elle aussi qui fournit les principales indications , ou l'indication curutivë, laquelle se tire toujours de ce qui est contraire ou oppose à la maladie. Toutefois les prin-

G AL afir

cipalcs règles à suivre pour remplir cette indication majeure , sont les suivantes.

i°. Proportionner l'agent au patient r ce qui signifie que les contraires dont on se sert doivent être dans un degré égal à celui de la maladie , de peur que , s'ils sont trop faibles , ils ne servent de rien , et qu'ils ne nuisent , s'ils sont trop forts.

2°. Employer les contraires par degre's, c'est-à-dire , recourir d'abord aux plus faibles , et n'arriver que peu à peu aux plus forts , pour e'viter les effets souvent funestes des changemens subits , ebangemens que la nature supporte difficilement.

5°. Quoique une maladie simple indique , en général , un remède simple , et une maladie composée , un remède composé , ou oui serve à diverses fins : dans une maladie compliw <iuée, on doit , en général , s'attacber à la maladie principale, à celle qui est la cause ou l'origine des autres.

4°. On ne doit s'écarter de cette dernière règle, et négliger la maladie primitive ou essentielle, pour attaquer immédiate» ment la maladie secondaire ou accessoire , que dans quelques cas particuliers où cette affection consécutive menace directement la vie du malade , comme cela a lieu , par exemple, dans la malignité dont se compliquent certaines affections.

L'indication que fournit la cause de la maladie , consiste à enlever ou surmonter cette cause ; et , s'il y en a plusieurs réunies , il faut les attaquer l'une après l'autre , en commençant par celle qui est née la première et qui se trouve la dernière dans l'ordre analytique.

Les symptômes , considérés comme tels , n'exigent aucune attention spéciale sous le rapport de la thérapeutique , puisqu'ils disparaissent avec la maladie qui les produit. Toutefois lorsqu'un symptôme est très-grave, lorsqu'il détruit les forces ; ou bien lorsque, de toute autre manière, il s'oppose aux efforts de la nature , entrave la marche de la maladie , et met le patient dans un état pire <jue la maladie elle-même ; ce symptôme , dis- je , fournit des indications spéciales , que l'on nommi sjrmptomatiques .

A l'égard de la seconde source des indications, je veux dire à l'égard des forces et de la constitution naturelle du corps , il faut bien remarquer que les forces n'indiquent pas ce qu'il faut faire pour guérir une maladie. Elles n'indiquent pas non plus , selon Catien , la qualité des remèdes à employer; mais elles en règlent la quantité. Sans être directement basée sur la nature de la maladie , l'indication qu'on tire des forces, ou l'indication vitale , est donc d'une très- grande importance. FJlc doit accompagner , modifier toutes les autres indication»; elle est la premier» de toutes, et passe , en quelque

sorte , avant l'indication curative elle-même. D'après cela, le médecin doit examiner , avant tout , ce que les forces du malade sont en état de supporter ; et souvent il est oblige' d'emplojer des remèdes contraires à la nature de la maladie , lorsque l'état des forces l'exige. A l'égard des indications que fournit la constitution générale du corps , elles se tirent de l'âge , du sexe , du tempérament , de l'iubitude , de l'c'tat ordinaire de chaque partie j de la sensibilité de l'organe affecté, de sa figure , de sa situation , de ses connexions , et d'autres considérations particulières dans lesquelles il serait inutile d'entrer.

Enfin , le galénisme admet une troisième source d'indications dans l'air qui nous entoure et que nous respirons.

Toutes ces indications , de quelque nature qu'elles soient , se remplissent par la diète, la cJiirurgie et la pharmacie , les trois moyens généraux que le médecin emploie pour combattre les maladies.

Sous le rapport de la diète, le galénisme, entièrement conforme à la doctrine d'Hippocrate, ne s'éloigne guère des principes posés par le père de. la médecine.

Les faibles progrès de la chirurgie , pendant environ cinq siècles qui se sout écoulés depuis ce dernier jusqu'à l'illustre médecin de Pergame , n'ont imprimé aucun caractère particulier à cette partie de la science sous l'empire du galénisme ; ils semblent s'être bornés à étendre l'usage de certains procédés opératoires , à multiplier le nombre des topiques , et peutêtre aus^ à compliquer le pansement des plaies , des ulcères , etc.

La pharmacie est , de toutes les parties de la médecine , celle qui a plus particulièrement éprouvé l'influence de la doctrine de Galion ; et , tels sout l'aveuglement et la crédulité des hommes , qu'il est à craindre que le caractère imprimé par le galénisme , à cette partie de la médecine , ue se fasse encore sentir longtemps, malgré les progrès récens de la physique, de la chimie et de l'histoire naturelle.

Galieu ne se borna pas à fonder les propriétés des médicametis sur leurs qualités chaude , froide , sèche ou humide ; il distingua quatre degrés dans chacuuc de ces qualités. Ainsi , un médicament qui était chaud, le fut au premier, au deuxième , au troisième , ou au quatrième degré. La chicorée , par exemple , fut froide au premier degré ; le poivre chaud au quatrième degré, et ainsi des autres substances. 11 faisait résulter la douceur, X amertume, Ydcreté, X acidité, etc. , des diverses combinaisons du chaud , du froid , du sec , de l'humide , ou de leurs différent degrés : le salé avait le chaud pour base $ l'amer dépendait du sec ,• l'aigre du froid , ainsi de suite.

G AL a63

Les médicamens eurent en outre des qualités actuellement et en puissance. Par exemple , la glace était froide actuellement , et la ciguë froide en puissance* Le feu était actuellement chaud , et Ir poivre chaud en puissance : de là viennent les dénominations de cautère actuel et de cautère potentiel , données encore de nos jours au fer rouge et à la potasse caustique.

Les corps qui n'agissaient point par les qualités désignées , agirent par toute leur substance ; tels sont les spécifiques, certains poisons , les antidotes, les purgatifs , etc.

En un mot , sous l'influence du galénisme , le nombre des médicamens simples fut augmenté j celui des médicamens composés s'accrut prodigieusement. Sans avoir égard à leurs actions respectives , une foule de substances soit analogues , soit de nature entièrement opposée , furent accumulées sans choix et sans discernement dans des formules qui étonnent les plus ardens pharmacophiles par leur longueur et leur complication indigeste. Des prescriptions fastueuses , des fatras de médicamens, de véritables monstruosités pharmaceutiques, qui n'ont pas encore entièrement perdu leur réputation u&urpée , prirent la place du petit nombre de substances simples qui composaient la matière médicale d'Hippocrale. A l'observation sévère des faits, aux résultats positifs d'une expérience judicieuse et sagement raisonnée , succédèrent des distinctions oiseuses , de vaines hypothèses , et des disputes continuelles.

Soutenu par les plus rares talens , par des connaissances profondes et variées , par une éloquence persuasive , par le puissant appui de la philosophie d'Aristote , par tous les prestiges de la fortune , du crédit d'une grande réputation , et parle concours enfin de toutes les circonstances propres à favoriser les succès d'une semblable doctrine , le galénisme dut facilement en imposer à tous les esprits. On adopta, avec une sorte d'empressement, un système qui , en forçant la nature de se plier à nos caprices et de s'abaisser jusqu'à nos faibles conceptions , semblait faciliter l'étude de la médecine, jusque là déuuée de principes généraux , la ramenait en apparence à un petit nombre d'idées claires et faciles à saisir, et qui promettait de dévoiler, à tous les yeux , le mécanisme de nos fonctions , la nature intime des maladies et les mystères les plus impénétrables de la vie.

Sans doute Galien a fait faire quelques découvertes importantes à P.matomie ; plusieurs parties de ses ouvrais sur la physiologie sont un des plus beaux monumens é evés à sa gloire ; la pathologie générale , la séméiotique et l'hygiène lui sont redevables d'une partie de leurs progrès ; il a développé et éleudu , en quelques points , les préceptes «J'Hippocratc, sur la diététique; enfin, une foule d'excelleutes choses ^

qui sont en quelque sorte noyées dans quatorze volumes mfolio , réclnment notre reconnaissance et notre admiration en faveur de cet homme prodigieux. Toutefois on ne peut s'empêcher de reconnaître qu'en voulant asservir la nature à un système arhitraire j en assujettissant la science , encore naissante , à7 un petil nombre d'ide'es générale» et prématurées 9 et en détournant ainsi les esprits de l'observation , senle et unique route qui conduise à la vérité , le galénisme a dû relarder les progrès des sciences médicales sous plusieurs rapports, (chamberet)

GALÉMSTES adj. Cette épithète sert à désigner les médecins de la secte de Galicn, ou qui sont attachés à sa doctrine : on emploie aussi ce terme substantivement pour indiquer ces mêmes médecins. ( reiiaulimn )

GALIPOT , s. m. On donne vulgairement ce nom à la résine liquide qu'on retire des pins et des sapins , et particulièrement à celle qu'on obtient du pin maritime. Cette opération se pratique pendant le temps des chaleurs, depuis la fin de mai jusqu'au mois de septembre. On choisit les pins qui ont quatre ou cinq pieds de circonférence , et on fait au pied de l'arbre et tout près des racines une incision profonde de deux à trois pouces , à peu près aussi large , et haute de sept à huit pouces environ , de manière à pénétrer un peu au milieu du liber. On place audessous de cette rainure une auge en bois pour recevoir la résine qui s'écoule ; dans quelques pays, comme au Canada , on creuse seulement une fosse dans la terre. On a soin tous les quatre ou cinq jours d'enlever quelques copeaux sur les côtés de la plaie afin d'en rafraîchir les bords. On voit alors suinter la résine en gouttelettes de la partie supérieure de la plaie , principalement de l'aubier et de l'espace compris entre le bois et l'écorce ; il ne s'en écoule point de l'écorce, parce que les sucs propres redescendent par l'aubier des branches vers les racines. Tous les ans on fait aux arbres de semblables entailles les unes audessus des autres. La quantité de galipot qui s'écoule neudant l'été varie suivant la vigueur des arbres et la chaleur au pays , depuis une à deux livres jusqu'à douze ou quinze. Lorsque l'arbre est bien ménagé, il peut en fournir ainsi pendant vingt ans.

Depuis le mois de septembre jusqu'au mois de mai , les pins fournissent une résine plus solide qui se concrète autour des plaies et qu'on nomme baras. Cette résine desséchée est ramassée à l'aide de râteaux , et fondue ensuite avec le galipot pour former le bray sec.

Lorsque le galipot est encore liquide, au lieu de le faire cuire avec le baras , on le fait bouillir avec de l'eau dans un atambic f et on obtient alors par la distillation une eau blanchâtre qni a

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entraîné avec elle une portion de l'huile essentielle de la résine. Cette espèce d'essence de térébenthine , beaucoup inférieure à celle qu'on retire des sapins, est appelée par les Provençaux eau de rose ou huile de rose. On s'en sert seulement dans les peintures communes.

Le galipot et l'huile de rose n'ont pas encore été employés eu médecine , au moins que je sache j mais il est vraisemblable que le galipot agirait à peu près à la manière de la poix dite de Bourgogne, et que l'huile de rose aurait des propriétés très-analogues à celles des térébenthines les plus inférieures en qualité. Voyez poix et térébenthine.

galipot n'jkMÉniQi;E. Ce nom a été appliqué par analogie au suc qui s'écoule du bursera gummifera , Lin. , gomart d'Amérique , et auquel les habitans des Antilles et du continent de l'Amérique méridionale attribuent des propriétés vulnéraires, (cckrsent)

GALLE , s. f. , galla , xhxk. L'origine de ce mot a été scrutée par l'auteur de l'excellent article gale; M. Fournicr a exposé, de la manière la plus ingénieuse , l'analogie de la galle des arbres avec l'affection psorique des animaux. Je ne dois parler ici que de la première, sur laquelle M. Biett a donné des renseignemens si exacts et si détaillés, ( Voyez chêne ) , que je me bornerai à quelques notes supplémentaires.

Les galles sont des excroissances formées sur les végétaux par la piqûre du cynips. Cet insecte habite sur diverses plantes ; il y a même des arbres , tels que le chêne , qui nourrissent plusieurs espèces de cynips. L'un pique les Heurs , l'autre les rameaux , celui-ci les feuilles , celui-là leurs pétioles.

La bouche des cynips est garnie de mâchoires et dépourvue de trompe : ils ont la tête petite , les antennes minces, longues de treize à quinze articles , les ailes grandes et presque sans nervures , le thorax comme bossu , l'abdomen comprimé sur les côtés et tranchant par en-bas, où il contient, entre deux: lames écailleuses , un aiguillon qui se recourbe en spirale , et sort seulement lorsque l'insecte veut déposer son œuf sous l'épidémie d'une plante. Sa piqûre y cause une protubérance qui va toujours croissant , et dans laquelle la larve vit jusqu'au moment de sa métamorphose : alors elle ronge sa prison, et le lieu de sa sortie est désigné par le trou dont la galle est percée. Quelquefois cependant la larve meurt avant cette epoque , ou bien elle ne peut parvenir à se frayer un passage j dans ce cas, la galle reste imperforéc.

La galle du chêne , vulgairement appelée noix de galle , était autrefois regardée comme un remède précieux , et je trouve qu'elle n'est point assez estimée par les médecins (le nos jours, qui semblent l'abandonner aux teinturiers. Hippo-

cratc s'en servait à l'extérieur contre les affections Je la matrice , et Galien guérissait les fièvres intermittentes en l'administrant à la dose d'un gros.

L'usage externe et interne de la noix de galle est indique" dans les maladies aslhéniques des systèmes lymphatique et cellulaire, dans quelques flux muqueux trop abondans, tels que la blennorrhée , la leucorrhée ; Virgile conseillait de s'en servir pour guérir la diarrhée des abeilles :

Proderil et tutisum gallcc aâmiscere saporem.

Elle est un puissant auxiliaire pour retenir en place les partics dont la coutiguité a été rompue.

La noix de galle laisse déposer , par sa simple infusion dans l'eau , des cristaux disposés en soleil , de couleur grise, de saveur aigre et slyptique : c'est l'acide gallique , qui conserve les propriétés de la substance qui l'a fourni. L'alcool bouillant dissout parties égales de cet acide ; froid , il en dissout le quart. L'alcool gallique qui en résulte me parait un astringent très-énergique , susceptible de remplir des indications curatives variées. (r.p. c. )

GALVANISME, s. m. , ou électricité galvanique, eleotricilas galvanica. On a donné ce nom à l'électricité, qu'on développe parla simple superposition de certains corps, c'està-dire sans le secours soit du frottement , soit de la percussion ou de la chaleur, seuls moyens que l'on croyait autrefois capables de mettre l'électricité en mouvement. Les expressions galvanisme et galvanique viennent de Galvani , professeur d'anatomic à Bologne, qui, ayant su fertiliser le premier phénomène de celte espèce d'électricité , observé longtemps avant lui, mais* resté stérile, méritait seul l'honneur de la découverte.

Les rapports faits à l'Institut , sur les expériences de Galvani et de Volta , par diverses commissions ; le traité de physique de M. Haùy , celui de M, Biot ; le traité de chimie de M. Thénard , sont les principales sources dans lesquelles nous avons puisé pour la rédaction de cet article. Il est divisé en uatre sections. La première , contient un précis historique e la découverte du galvanisme. Nous faisons connaître dans la seconde l'appareil auquel on a donné le nom de pile de Volta. Dans la troisième , nous examinons l'action du galvanisme sur les corps bruts ; et dans la quatrième, ses effets sur l'économie animale.

première 9ECTION. Précis historique de la decou< erte du galvanisme. L'origine de celte espèce d'électricité appartient plutôt à la physiologie qu'à la physique. On en trouve les premières traces dans une expérience publiée par Sulzer, eu 1767, dans

sa Théorie géne'rale du plaisir: elle consiste à mettre deux métaux difterens, l'un dessus l'autre dessous la langue, de manière qu'ils dépassent le sommet de cet organe, et à les incliner ensuite l'un vers l'autre par leur partie saillante , jusqu'à ce qu'ils se touchent. Au moment du contact, on éprouve une saveur que Sulzer compare à celle du sulfate de fer ; il arrive souvent que cette sensation est accompagnée d'une espèce de lueur qui semble' passer devant les jeux. On ne fi 1 aucune attention à cette expérience qui fut bientôt complètement oubliée dans l'ouvrage de S hcr.

Le Journal encyclopédique de Bologne, 1786, n°. 8, rap-

Sorte que Cotuçno , disséquant une souris vivante qu'il tenait 'une main dans une position fixe, éprouva, en touchant avec son scalpel le nerf diaphra«malique de l'animal , une commotion semblable à celle que produit l'électricité. Ce fait, dont le bruit se re'pandit en Italie , fit naître diverses conjectures auxquelles on ne donna aucune suite.

Vers 1789, un nouveau phénomène se présenta à Bologne, chez Galvani , et il fut l'origine de sa découverte. Des grenouilles écorchées , que l'on destinait à faire des bouillons, avaient été placées sur unelable où se trouvait uue machine électrique. Un élève s'avisa d'approcher la pointe d'un scalpel des nerfs cruraux d'un de ce* animaux ; à l'instant , tous les muscles de la grenouille présentèrent des mouvemens convulsifs. Un autre élève crut avoir remarqué que cet efTet avait eu lieu an moment où l'on tirait une étincelle du conducteur de la machine. Galvaui , qui , alors , était occupé d'un objet différent, ayant été averti de ce qui venait de se passer, répéta l'expérience , tantôt en faisant de même concourir l'étincelle électrique avec l'application de la pointe du scalpel sur les nerfs de la grenouille, tantôt en employant séparément, soit l'action de la machine , soit celle du scalpel ; et il vit que les contractions n'avaient plus lieu dans ce dernier cas, et que l'étincelle électrique suffisait pour les faire naître. Galvani varia l'expérience de plusieurs manières ; il se servit de l'électrophore et de divers appareils. Il essaya même l'électricité atmosphérique ; et , dans tous les cas où les moyens qu'il employait se trouvèrent propres à mettre en activité une certaine quantité de fluide électrique, il obtint des effets analogues.

Ce phénomène , observé parGalvani , montre la grande excitabilité des animaux à sang froid sous l'influence électrique. M.mt considéré physiquement , il trouve facilement son explication dans les lois établies parla théorie des deux électricités vitrée et résineuse, la seule qui puisse s'accorder avec tous les phénomènes produits par l'action électrique. En effet, leconducti ur , chargé de fluide vitré , force le fluide de même nom de refluer de la

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grenouille dans lej corps environnans avec lesquels elle communique , et y maintient en équilibre le fluide résineux par l'attraction qu'il exerce sur lui. Si Ton tire une étincelle du conducteur, l'équilibre est rompu , la grenouille reprend toutà-coup son fluide vitre', et la promptitude de ce rétablissement, , jointe à l'extrême susceptibilité' de l'animal , détermine des contractions plus ou moins fortes. Si In grenouille est revêtue de son épiderme , l'influence électrique est arréle'c par la propriété isolante de celte enveloppe , et on n'observe plus aucun effet.

Galvani, continuant ses recherches snr l'excitabilité des organes musculaires, suspendit un jour plusieurs grenouilles , tuées et écorchées , à un balcon de fer par des crochets de cuivre attachc's à leurs nerfs lombaires. Aussitôt leurs membres , qui posaient aussi en partie sur celer, entrèrent en convulsion j et le phénomène se répe'ta autant de fois qu'on re'ite'ra le contact. Galvani s'attacha dès-lors à déterminer les conditions essentielles de ce phénomène Hl vit d'abord que si on posait ,1a grenouille sur une plaque de fer , il suffisait d'appliquer sur ce fer le crochet de cuivre pour déterminer des coirvulsions. Il reconnut ensuite que tout se réduisait à établir , entre les muscles et les nerfs de la grenouille , une communication par un arc métallique. Il observa que les convulsions s'excitaient encore quand cet arc était d'un seul métal , mais qu'elles étaient alors très-rares rt très-faibles ; et que, pour les rendre fortes et durables, il fallait employer le contact de deux métaux différens. Cette condition remplie , on pouvait compléter la chaîne de communication par des substances quelconques, pourvu qu'elles fussent conductrices de l'électricité. 11 lit mettre dans cette chaîne d'autres parties animales , et même des personnes vivantes qui se tenaient par la main : les convulsions se manifestèrent encore.

Pour répéter l'cupérience de Galvani , on prend une grenouille , on coupe son corps transversalement derrière les membres thoraciques , qu'on jette avec la tête. Oh enlève la peau de la partie du tronc conservée et des membres abdominaux ; on enlève les viscères de l'abdomen , et on met ainsi k découvert les nerfs lombaires. Pois on coupe la colonne dorsale audessous de leur naissance , de manière que les jambes et les cuisses restent suspendues uniquement par ces nerfs. Alors on les entoure d'une petite feuille de cuivre ou de xinc , qu'on appelle armature: on pose la grenouille, aiusi préparée, surun support isolant , par exemple , sur une plaque de verre ; on prend un morceau de tout autre métal recourbé en forme d'arc ton pose une de ses extrémités sur l'armature des nerfs , et l'autre sur les muscles des cuisses, et aussitôt on voit les

convulsions se manifester, non-seulement dans le membre qui a e'té touché, mais encore dans l'autre.

Galvani {De viribus electricitatis in motu musculari commentarius ; Bonohiœ^ 1792) crut voir dans ses expériences le développement d'une électricité propre au corps animal. Il imagina que le fluide électrique , sécrété dans le cerveau , était porté dans les muscles par la substance médullaire ; tandis que le uévrilème , doué d'une propriété isolante, l'empêchait de se dissiper. Ce fluide , ainsi transmis, s'accumulait , suivant Galvani , dans chaque libre musculaire comme dans autant de petites bouteilles de Lcyde; de manière que leur intérîeur se chargeait d'électrité positive , tandis que leur surface extérieure était électriséc négativement. Venait-on à mettre , à l'aide d'un arc métallique , les nerfs, qui étaient les conducteurs de l'électricité, en- communication avec les muscles auxquels ils se distribuent , l'équilibre était rétabli ; et c'est à ce rétablissement de l'équilibre qu'étaient dues les contractions musculaires.

Dans celte hypothèse , qui fut accueillie avec enthousiasme par un grand nombre de physiciens , le fluide galvanique était assimilé au principe de l'influence nerveuse. Mais l'analogie que l'on avait cru observer entre les moyens employés par la nature pour produire les contractions musculaires et ceux dont nous nousservous pour les déterminer artificiellement; cette analogio cesse d'exister , lorsqu'on voit les phénomènes galvaniques se continuer , malgré la ligature et la section des nerfs , et malgré qu'on emploie des nerfs et des muscles pris dans des membres et même dans des animaux différens. Il est en ctfet évident que , dans ces dernières circonstances, les nerfs n'agissent que comme des conducteurs humides, privés de vie ; tandis que, dan-» les contractions naturelles , les nerfs agissent sur les muscles pour les exciter, eu vertu d'une influence vitale , qui parait tout à fait étrangère au fluide galvanique.

Volta , bien loin de se laisser séduire par les vues hypothétiques de Galvani, trouva, dans les phénomènes observés, des indications toutes différentes. Voyant que les convulsions ne s'obtenaient que très-rarement avec un arc composé d'un seul métal , et seulement lorsque l'irritabilité était encore trèsrive , tandis qu'on les reproduisait constamment, et pendaut plus longtemps , avec un arc composé de métaux hétérogènes , il en conclut que le principe d'excitation résidait dans les métaux ; et comme ce principe devait être nécessairement de nature électrique , puisque sa transmission était arrêtée par toutes les substances isolantes , il en viol à penser que le seul contact des métaux hétérogènes devait produire une électricité faille qui, so transmettant à travers les organes ruuscu-

foires Je la grenouille , lorsqu'ou complétait la chaîne , déterminait dans ces organes les convulsions que Galvani avait observées.

En essayant l'application de divers métaux , Volta reconnut que le meilleur excitateur était le zinc mis en contact avec l'argent ou le cuivre , quoiqu'on put produire ainsi les phénomènes avec un arc hétérogène composé de deux métaux quelconques.

Galvani chercha à soutenir son opinion d'une électricité animale contre le professeur de P.-ivie ; et l'argument l« plus fort qu'il lui ait opposé, est le développement des mouvemens convulsifs sans le concours d'aucune substance métallique , et en composant exclusivement le cercle des parties musculaires et des nerfs qui s'y distribuant. Otte expérience, que nous avons rapportée à l'article électricité de ce dictionairc (p. 278 du onzième volume) , et à laquelle doit s'attacher , comme nous l'avons dit, la gloire de Galvani, prouve bien qu'il se développe dans l'économie animale , et par l'action exclusive des organes , des phénomènes électriques. Le même fait est encore établi par l'analogie que présentent , avec la commotion électrique , les commotions déterminées par la torpille, raja torpédo , par une espèce de silure, et surtout par l'anguille trcmblaule de Surinam , grrnnolus electricus ( Voyez même artic'e , électricité, même page). Ces phénomènes intéressent vivement la physiologie ; et il serait sans doute à désirer qu'on entreprît de nouvelles expériences sur le développement de l'électricité par l'action réciproque des parties animales vivantes : de semblables r< cherchas répandraient peut-être beaucoup de lumières sur l'étude de nos fonctions et des altérations dont elles sont susceptibles. Mais l'expérience de Galvaui, et toutes celles qui ont clé faites jusqu'à présent , bien loin d'être opposées à l'observation de Volta, lui donnent, au contraire , plus d'extension. Elles tendent à prouver que, non-seulement il se développe de l'électricité par le seul contact de deux métaux , mais encore par le contact de deux substances hétérogènes quelles qu'elles soient. Il est, en efict , très- vraisemblable , comme le remarque M. Biot, que celte propriété s'étend , avec des degrés très-variables , à tous les corps de la nature ; mais tous les métaux hér térogènes doivent , sans coutredit , être placés, à cet égard , au premier rang, surtout lorsqu'ils sont disposés, comme dans l'appareil qui a si justement illustré le nom de Volta. Nous allons faire connaître cet admirable instrument , auquel la chimie doit de très-beaux résultats et plusieurs découvertes.

deuxième section. Delà pile de Volta. Volta a etc conduit à la construction de cet appareil par le fait suivant:

GAL a7t

Si Ton met en contact deux métaux diffc'rens , isole's et n'ayaut que leur quantité d'électricité naturelle, ils se constituent dans deux états opposes d'électricité'; de manière que si on les sépare ensuite , l'un donnera des signes d'électricité vitrée , et l'autre des signes d'électricité résineuse. Prenons

Jour exemple deux disques métalliques, l'un de cuivre, l'autre e zinc : dans leur contact mutuel , le cuivre acquiert l'électricité résineuse , et le zinc l'électricité vitrée j c'est ce dont on s'assure à l'aide de l'instrument , nommé condensateur, dont on trouve la description dans plusieurs ouvrages, et notamment dans le Traité élémentaire de physique de M. Haùy.

Si donc l'on représente par l'unité la somme des deux électricités vitrée et résineuse , dont Tune appartient au ziuc, et l'autre au cuivre, cette somme, partagée également entre les deux disques , donne k pour la quantité de fluide de chacun d'eux ; et si , pour distinguer la fraction qui indique l'électricité résineuse , on lui donne le signe négatif, l'état du ziuc sera exprimé par -f-j, et celui de cuivre par — ï.

La quantité absolue de fluide électrique peut varier dans chaque disque par diverses circonstances que nous allons examiner. Mais la différence i entre les états des deux disques reste constamment la même.

Supposons maintenant que l'un des disques ainsi électrisés soit mis en communication avec le sol , il reprendra à celui-ci une quantité d'électricité propre à neutraliser celle oui constituait son état électrique , par conséquent de nature différente; et son nouvel état deviendra zéro, taudis que celui de l'autre disque deviendra -|- i ou — 1 , suivant que ce disque sera de zinc ou de cuivre, la différence entre les états des deux disques étant toujours , comme nous venons de le dire , égale à l'unité.

Si deux métaux différens , au lieu d'être placés dans un contact immédiat, sont séparés par un corps humide, ils n'exercent plus l'un sur l'autre aucune action sensible ; mais l'électricité que l'on communique à l'un se répand librement dans l'autre, de manière à les constituer tous les deux dans un même état électrique. Aiu>i , deux disques , l'inférieur de cuivre et le supérieur de zinc, étant superposés , si l'on place sur ce dernier un disque de carton ou de drap mouillé, et sur celui-ci deux autres disques, le premier de cuivre, le second de zinc, le disque cuivre de la seconde paire acquerra le même état électrique que le disque zinc de la première, et la condition du contact immédiat n'en sera pas moins remplie; de manièrç que chaque disque de cuivre se con>tituera dans un état électrique opposé à celui du disque zinc avec lequel il est en contact, et que la différence entre ces états sera toujours d'une unité. Ou conçoit donc qu'eu multipliant les paires de disques

î^i G AL

cuivre et zinc , et en plaçant entre chaque paire un corps humide, on aura une série d'états e'iectriques , dont la différence entre le disque zinc de la dernière paire et le disque cuivre de la première sera d'un nombre d'unités égal à celui des paires de disques. Or, cet assemblage de paires de disques de deux métaux diue'rcns , entre lesquelles sont interposés des conducteurs humides, constitue la pile de Volta ; chaque paira de disques est regardée comme un de ses élémens , et I on y distingue deux pôles, l'un positif , situé à l'extrémité supérieure zinc , et l'autre négatif, situé a l'extrémité inférieure cuivre.

Considérons d'abord l'appareil isolé, et supposons que l'on ait commencé à le construire , en plaçant la première paire cuivre et zinc sur l'isoloir, le cuivre étant en dessous; il est clair, d'après ce qui a été dit, que l'état du cuivre sera — \t et celui du zinc-f-f - Plaçons maintenant audessus de ce dernier disque un conducteur humide , comme un disque de drap mouillé, et, audessus de celui-ci, un disuue de cuivre, le disque zinc devra céder, par l'intermède du conducteur, la moitié de son Uuide à ce second disque de cuivre. Comme il contient — ; de Uuide, il semble d'abord qu'il ne devrait lui en céder que £ ; et alors l'état du premier disque étant toujours — î, celui du zinc serait ~ , et celui du second disque de cuivre également de ^ ; mais , dans ce cas , la différence entre les deux premiers disques serait seulement ~ , au lieu qu'elle doit être égale à l'unité. Or, pour que cette condition soit remplie , l'électricité du premier disque de cuivre sera — £ , celle du disque de zinc-j-i-, et celle du second disque de cuivre aussi + f ; et la somme des quantités d'électricité perdue par la première pièce et acquise par les deux autres sera égale a zéro , comme dans le cas des deux pièces.

Si nous ajoutons un quatrième disque qui sera de zinc, il devra avoir une unité de plus que celui de cuivre auquel il est immédiatement superposé : cet excès ne pouvant s'acquérir qu'aux dépens des uisques inférieurs, puisque la pile est isolée, ou aura:

Pour le disque inférieur, qui est de cuivre, — i.

Pour le second disque , qui le touche , et qui est de zinc , o ; c'est-à-dire qu'il sera dans l'état naturel.

Pour le troisième disque , qui est de cuivre, et qui est séparé du précédent par un carton mouillé , o ; il sera aussi dans l'état naturel. Enfin pour le disque supérieur, qui est de zinc, et qui est en contact avec le précédent, -f- ï.

En poursuivant le même raisonnement , on trouvera facilement les états électriques de chaque pièce de la pile , en la supposant isolée et formée d'un nombre quelconque d'élémeus. Il suffira de se rappeler qu'il doit y avoir une unité de

différence entre l'état électrique de deux disquci contigus de cuivre et de zinc, et qu'il ne doit y en avoir aucune eiitre celui de deux disques séparés par le conducteur humide. Les quantités d'électricité croîtront ainsi pour chacun des élémeu* de 4 la pile , de la base au sommet , suivant une progression arithmétique , dont la somme sera égale à zéro.

Si le nombre des disques est pair, ou aura l'état électrique du disque inférieur de cuivre , en divisant ce nombre par 4 , et en affectant le quotient du signe — .Soit, par exemple, 12 disques , l'état du premier sera — — ou — 5 , et celui des autres sera successivement — 2, — 2, — 1, — l, o , o , -f~ >« 1 , 2 , -f- 2, -f- 5. Dans ce cas , il y aura autant de disques supérieurs positifs que de disques inférieurs négatifs.

Avant de passer du positif au négatif, l'électricité deviendra nulle. Ainsi les deux uisques, l'uu de zinc, l'autre de cuivre, qui se trouveront au milieu de la pile , seront dan* l'état naturel ; tandis que deux disques quelconques pris , l'un dans la moitié supérieure, et l'autre dans la moitié inférieure , à égale distance des extrémités, seront également électrisés, mais en *ens inverse, c'est-à-dire l'un positivement, l'autre négativement; et ils le seront d'autant plus, qu'ils se rapprocheront plus des extrémités , et que le nombre des disques sera plut grand.

Si le nombre des disques est impair, on aura l'état électrique du disque inférieur de cuivre, en prenant d'abord le quart de ce nombre avec le signe négatif, et eu ajoutant au résultat l'unité divisée par quatre fois le même nombre.

Supposons, par exemple, que le nombre des disques soit de 7, 1 état du premier sera — ï + 7> ou — î1- Ainsi , ou aura successivement, pour tes différons disques, — ~, — — A,

Tant que la pile restera isolée, ses élémens seront dans l'état dont nous venons de parler. Mais si l'on établit la communication entre le disque inférieur de cuivre et le réservoir commun , il est évident que ce disque , qui se trouve électrisé négativement, tendra à reprendre au sol ce qu'il a perdu; mais son état électrique ne peut changer sans que celui des disques supérieurs varie , puisque la différence électrique des uns aux autres doit être toujours la même dans l'état d'équilibre. Il faudra donc que toutes les quantités négatives de la moitié inférieure de la pile soient neutralisées aux dépens du réservoir commun; et alors il arrivera :

i°. Que le disque inférieur, qui est de cuivre, aura le degré d'électricité du sol que nous représentons par o ;

2°. Que le second disque, qui est de zinc, et qui touche immédiatement le précédent , aura -f- 1 .

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