‹ Dictionaire des sciences médicalesChapitre 24 sur 43 · iB · texte numérisé non relu

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3°. Que le troisième qui est de cuivre et qui est séparé du zinc inférieur par uo carton mouille' , aura comme lui -f— 1 ;

4°. que le quatrième , qui est de zinc , et qui touche le précédent, aura-f- 2.

5° Que les quantités d'électricité des divers éléroens croîtront ainsi en suivant une progression arithmétique.

Alors , si Ton touche d'une main le sommet de la pile , et de l'autre sa base, ces excès d'électricité se déchargeront à travers les organes dans le réservoir commun , et exciteront une commotion d'autant plus sensible , que cette perte se réparant aux: dépens du sol, il doit en résulter un courant électrique dont la rapidité plus graude dans l'intérieur de la pile que dans les or* ganes , qui sont des conducteurs imparfaits , permet à la partie intérieure de la pile de reprendre un degré de tension qui s'approche de celui qu'elle avait dans l'état d'équilibre.

La communication étant toujours établie avec le réservoir commun , si Ton met le sommet de la pile en contact avec le plateau supérieur d'un condensateur dont le plateau inférieur touche le sol, l'électricité qui se trouvait, à cette extrémité, à un trèa- faible degré de tension , passera dans lecondensateuroùla tension peut être regardée comme nulle ; mais la pile n'étant pas isolée , cette perte se réparera aux dépens du réservoir commun : les nouvelles quantité* d'électricité recouvrées par la plaque supérieure , passeront dans le condensateur comme les précédentes , et elles s 'y accumuleront enfin de manière qu'en séparant le plateau collecteur , on pourra en tirer des signes électrométriques très-sensibles , et jusqu'à des étincelles. Quant à la limite de cette accumulation , il» est visible qu'elle dépend de l'épaisseur de la petite coufhe de gomme qui sépare les deux plateaux du condensateur : car. en vertu de cette épaisseur, l'électricité accumulée dans le plateau collecteur , ne pouvant agir qu'à distance sur celle du plateau inférieur , elle est toujours plus considérable que celle qui lui fait équilibre dans ce dernier ; et de là résulte dans le plateau collecteur une petite tension qui a ici pour limite la tension -existante à la partie supérieure de la pile.

De même que l'électricité de la colonne s'accumule dans le condensateur, elle s'accumulera dans l'intérieur d'une bouteille de Leyde , dont l'extérieur communiquera avec le réservoir commun ; et comme à mesure que la pile se décharge, elle se recharge aux dépens de ce même réservoir , la bouteille se chargera également, quelle que soîl sa capacité; mais sa tension intérieure ne pourra jamais excéder celle qui a lieu au sommet de la pile. Si on retire alors la bouteille, elle donnera une commotion , dout la force sera correspondante à et degré de tension ; et c'est ce que l'expérience confirme.

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L'appareil que nous venons de décrire a d'abord été construit par Volta , en superposant des disques de zinc , de cuivre et de carton mouillé; mais cet appareil a ensuite été singulièrement perfectionné. En effet , après un plus ou moins grand nombre d'expériences , on a reconnu^ i°. que le zinc et le cuivre étaient les deux métaux qu'on devait préférer , parce qu'on se les procurerait facilement , et qu'ils se constituaient par le contact dans un état d'électricité plus grand que la plupart des autres ; qu'il y avait un très- grand avantage à souder les deux pièces de zinc et de cuivre qui formeut les élémens de la pile; que , par là , on obtenait un contact parfait, et qu'on prévenait l'oxidalion des parties continués ; 3#. que l'eau pure était un conducteur beaucoup moins bon que celle qui était chargée de sel , et surtout d'acide nitrique, qui produisait le plus d'effet , ou transmettait le plus vite l'électricité d'un élément à l'autre ; 4° qu'au lieu de plaques circulaires , en pouvait employer , avec le même succès, des plaques carrées et de toute autre forme j 5°. que les effets chimiques d'une pile dépendeut principalement de sa tension; et que cette tension étant en raison directe du uombre des éle'metis, quelle que soit leur dimension , il valait mieux se servir d'une pile à petites

Slaquçsque d'une pile à grandes plaques , toutes choses égales 'ailleurs, c'est-à-dire, la somme des surfaces étant la même ; 6*. que les piles a larges plaquos ne convenaient que dans quelques cas , et particulièrement dans ceux où l'on voulait faire brûler des fils métalliques , parce qu'alors on avait besoin de foire passer une grande quantité de fluide , quantité qui paraît être proportionnelle a la surface des plaques ; y*, qu'en plaçant la* pile verticalement, et se servant de cartons, ou de papiers, ou de draps, pour contenir le conducteur humide , il en résultait qu'on ne pouvait mettre qu'uoetrès- petite quantité de liquide entre chaque élément; et qne ce liquide, dégagé par la pressjon , coule le long de la pile , et établit une communication plus ou moins grande entre toutes les parties, ce

3 ni en diminue nécessairement l'effet ; 8P. qu'on remédie à et ouble inconvénient en plaçant les élémens de la pile de champ , a une certaine distance les uns des autres , sur des corps non conducteurs , formant , avec des corps également non conducteurs et du mastic , l'espace qui la sépare inférieurement et latéralement, de manière a produire des auges que l'on remplit du liquide conducteur , et à avoir ainsi une pile horizontale.

Il est facile de construire , d'après ces divers principes , une pile d'une dimension plus ou moins grande ; mais il suffit

Sénéra'emeot que les plaques aient environ douze centimètre* e haut sur quatre centimètre» de large. L'épaisseur des pla-

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3 ucs de zinc doit être trois à quatre fois aussi grande que celle es plaques decuivre. On les fait souder par paire , zinc et cuivre. On se procure une caisse de bois de chêne, un peu plus profonde et plus large que les plaques qu'on doit y placer. On en recouvre le fond aune couche , d'environ cinq millimètres d'épaisseur, d'un mastic composé de quatre parties de brique piléc , trois de résine et une de cire jaune. On applique d'abord une double plaque, zinc et cuivre, contre la paroi intérieure d'une des extrémités de la caisse, et on dispose successivement les autres plaques de champ , comme la première, et sur des plans parfaitement parallèles , en faisaut correspondre la surface cuivre de l'une avec la surface zinc de l'autre ; et on les sépare toutes les unes des autres par autant de tubes de verre recourbés en U, que l'on plonge d'abord dans un bain de mastic , et que l'on applique ensuite le long des bords inférieurs et latéraux de chaque plaque. Au moyen de cette dis—

Eosition , il reste eutre les parois de la caisse et les parties itérales de chaque élément , deux espaces vides dans lesquels on coule du mastic pour consolider tout l'appareil , et , à l'aide de ce mastic , la pile est parfaitement isolée. Chaque caisse ne doit contenir que cent vingt à cent vingt-cinq paires de plaques , afin qu'on puisse les transporter aisément , et que la manœuvre en soit facile. Ou a donné à ces appareils le nom do piles à auge* : telles étaient celles qui ont servi à la plupart des expériences publiées dans les Recherches physico-chimiques de MM. Gay-Lussac etThénard.

Au lieu de séparer les plaques les unes des autres par des tubes de verre , comme nous venons de l'indiquer , on peut , à l'exemple de M. Cruikshank , faire pratiquer dans les parois de la caisse autant de rainures qu'elle doit contenir de plaques , laisser entre les rainures un intervalle de dix à douze millimètres ; couler dans le fond de la caisse une couche de mastic , comme dans le premier cas ; glisser promptement les plaques, préalablement chauffées dans les rainures; les enfoucer dans le mastic avant qu'il soit figé , et recouvrir ensuite les parois latérales de toutes les auges d'une couche du même mastic.

Pour mettre la pile voltaïque en activité , on remplit prèsqu'entièrement toutes les auges d'acide nitrique du commerce , étendu de douze à treize fois son poids d'eau : on a deux gros fils ou conducteurs métalliques , soudés par une de leurs extrémités à une plaque de lailon : on fait communiquer une de ces plaques avec le pôle positif, et l'autre avec le pôle négatif; et Ton met, en les plongeant dans les auges extrêmes do la pilo, le corps sur lequel son action doit avoir lieu, en contact, d'une part, avec l'extrémité du conducteur positif, et,

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de l'antre , avec celle du conducteur négatif. On rapproche ces conducteurs à volonté sans rccevoir/lc commotion, en les saisissant avec les mains bien sèches , ou mieux avec des tubes de verre , à travers lesquels on les fait passer.

Il arrive quelquefois qu'une seule pile n'est pas capable de

{iroduire l'effet qu'on désire ; alors on en réunit plusieurs , et 'ensemble prend le nom de batterie. La réunion de deux piles se fait d'une manière très-simple , au moyen d'un fil de laiton , terminé par deux plaques métalliques , ordinairement de laiton , qu'on fait plonger, l'une dans la dernière auge de l'extrémité positive de fa première pile , et l'autre dans la dernière auge de l'extrémité négative de la seconde; car,au moyen de cette disposition , il est évident que les deux piles sont dans le même cas que si elles n'en faisaient qu'une , puisqu'elles font suite l'une à l'autre. On peut , de la même manière , en réunir trois, quatre , ou plus : quel que soit leur nombre , on conçoit que les fils destinés à porter le fluide électrique au corps sur lequel il est dirigé, doivent partir, l'un du noie négatif de la première pile , et l'autre du pôle positif de la dernière. La plus forte batterie que l'on connaisse est celle que l'école polytechnique a reçue du gouvernement: elle contient six cents paires de plaques , chacune de quatre-vingt-un centimètres carrés de surface.

A mesure que l'acide qui remplit les intervalles des plaques agit sur le cuivre ou sur le zinc , la pile perd de sa force ; c'est pourquoi il faut le renouveler de temps en temps. A cet effet, on vide les piles en les retournant sens dessus dessous ; on les rétablit dans leur première position, et on les remplit d'acide. Lorsque l'expérience est achevée, il faut les vider de nouveau, les laver à plusieurs reprises , et les tenir renversées pour les égoutter , sans quoi les plaques continueraient d'agir et de •'altérer.

L'appareil que Volta a désigné sous le nom de tasses h cou» ronne , n'est réellement qu'une modification du précédent. Il consiste dans une série de verres ou godets remplis d'eau , tenant en dissolution une substance saline quelconque. Dans chaque vase est plongée une des extrémités d'un arc métallique formé de deux lames , l'une de zinc , l'autre de cuivre , soudées bout à bout. Ces arcs sont tellement disposes , que le coté cuivre du premier est dans le même vase que le côté zinc du second ; le cuivre de celui-ci est avec le zinc du troisième , et ainsi de suite pour toute la série : le premier et le dernier vase représentent les extrémités opposées de la pile. Cet appareil occupe un grand espace. L'appareil à auges que nous venons de fa^re connaître est préférable.

Si l'on désire d'autres détails sur la pile voltaïque et les

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modifications qu'elle éprouve dans sa force et dans ses eflV U , suivant la nature des conducteurs placés dans les intervalles des plaques , on les trouvera dans les ouvrages de physique , et notamment dans celui de M. Biot. On y trouvera au»>i la description de la pile sèche, imaginée par M. Zamboni, ou plutôt par Deluc , et composée de disques de papier doré ou argenté sur nne de leurs surfaces, et enduits à cette même surfice d'une légère couche d'huile d'olive , saupoudrée d'oxide noir de manganèse. Les notions que nous donnerions ici sur cet appareil ue pourraient avoir aucun but utile ; se» effets tant chimiques que physiologiques sont nuls. Son action électrique , très-faible , a cela de remarquable qu'elle paraît se contiuuer, sans diminntiou sensible , pendant des années entières , et on en a profilé pour construire une sorte de mouvement perpétuel Joui l'électricité est le moteur. Pour cela, on place à c6té l'une de l'autre, deux piles égales, posées, par des pôles contraires, sur un même support conducteur, et entre lesquelles une longue aiguille isolée peut osciller sur une suspension extrêmement mobile. Celte aiguille étant approchée du sommet d'une des piles , s'y éleclrise et est repoussée sur le sommet de l'autre , où elle prend une électricité contraire. Elle revient donc à la première pile , puis retourne à la seconde , indéfiniment ; c'est à ce jeu alternatif que se borne l'usage de ces piles.

M Riltera imaginé une pile qui porte le nom de pile secondaire , et dont la découverte se rapporte à l'observation suivante , faite auparavant par M Ermann , de Berlin , sur l'imparfaite conductibilité des substances végétales imbibées

d'eau.

Si l'on isole une colonne électrique , dont le pôle supérieur soit vitré , et le pôle inférieur résineux , que l'on fasse communiquer ces deux pôles par un conducteur imparfait , comme une bande de papier mouillé d'eau pure , chaque moitié de la haude preudra l'électricité" du pôle avec lequel elle communique j la partie supérieure sera vitrée , et l'inférieure résineuse. Ce phénomène est une conséquence évidente des lois

Sue suit l'électricité , lorsqu'elle se distribue sur des corps qui t transmettent imparfaitement.

Concevons maintenant que Ton enlève ce conducteur im-

{>arfait avec un corps isolant , comme une baguette de verre $ 'équilibre ne se rétablira pas instantanément entre ses deux extrémités^ et elles resteront pendant quelque temps vitrées et résineuses , comme lorsqu'elles communiquaient aux deux pôles de la pile.

La bande de papier mouillé , dont nous venons de parler p est , dans l'expérience de M. Ritter , remplacée par une co-

Ion ne composée de disques de cuivre et de cartons humides entrelaces. Cette colonne est iucapable , par elle-même , de mettre l'électricité en mouvement , du moins si Ton suppose ses élémens de chaque espèce homogènes entre eux ; mais elle se charge par la communication avec la pile , comme la bande de papier humide j et , une fois chargée , elle perd son élec- • tricité très-lentement , lorsqu'il n'y a pas de communication directe entre ses deux pôles. Mais si l'on établit cette communication par un bon conducteur , l'écoulement des deux électricités et leur combinaison s'y faisant avec vitesse , déterminera une décharge qui s'opérera , comme dans la bouteille de Leyde , par une commotion instantanée.

Cet appareil reproduit , avec une moindre intensité* , les effets physiologiques .et chimiques que l'on obtient de la pile ordinaire . M. Ritter , en variant le nombre et Tordre des disque» de carton et de cuivre , a observé dans ses effets diverses modifications , dont on peut prendre connaissance dans l'ouvrage de M. Biot.

section troisième. De l 'action du galvanisme sur les corps bruts. La pile de Volta agit sur les corps inorganiques par une véritable affinité chimique , et surtout sur les corps qui sont conducteurs du fluide électrique ; elle tend à échauffer , à fondre , et même à réduire à l'état gazeux ceux de ces corps qui sont simples, et à séparer eu outre les élémens de ceux qui sont composés. Cette action n'est pas sensible sur les corps non conducteurs , tels que le soufre solide , les huiles, les graisses , le verre , etc. Cependant , parmi les gaz qui appartiennent a cette classe , il en est un sur lequel la pile de Volta exerce une action très-marquée, c'est le gaz oxigène; en effet, celui qui fait partie de l'air qui environne l'appareil est rapidement absorbe. On peut s'en assurer d'une manière très-simple , en plaçant une pile verticale sur un support entouré d'eau , et la recouvrant d'une cloche cylindrique de verre qui plonge aussi dans l'eau par sa base. En peu d'instans, on voit s'élever l'eau dans l'intérieur de la cloche , surtout si l'on établit la communication entre les deux pôles de la pile par des fils de métal , de manière à y déterminer la circulation de l'électricité. Quand il n'y a point de communication établie , l'absorption s'opère encore , mais avec beaucoup plus de lenteur. Dans tous les cas , après un temps plus ou moins long , selon le volume de la pile et la quantité d'air qui l'environne , l'absorption cesse, et l'air reste' sous la colonne ne présente plus de trace d'oxigène. Ce phénomène a été découvert par MM. Biot et F. Cuvier , dans le premier temps où l'appareil de Volta fut connu en France. On sait aujourd'hui que sa cause réside dans l'affinité de roxigèuc pour les surfaces électrisées vitreusemont ,

comme le sont les élémrns zinc de la pile ; et , en effet , ce sont ces élemens qui sont oxidés.

C'est a la même cause que l'on doit rapporter la décomposition de beaucoup de corps composés qui contiennent de l'oxigène parmi leurs principes constituans. Le premier sur lequel l'action chimique de la pile ait e'té observe'e est l'eau. La de'couverte de la décomposition de ce liquide , par cette action , est due à MM, Carlisle et Nicholson. Si deux fils d'or ou de platiuc sout mis eu communication , l'un avec le pôle vitré , Vautre avec le pôle résineux d'une pile voltaïque , et sont ensuite plongés par leur extrémité libre , à quelque distance l'un de l'autre , dans un vase contenant de l'eau, bientôt des bulles se manifesteront sur chaque fil, mais en plus grande abondance sur celui qui communique avec le pôle résineux ou négatif. Si l'on recueille ces eaz dans deux petits tubes remplis d'eau et placés audessous des fils respectifs , on trouvera, en les analysant, que l'un est du gaz hydrogène , et l'autre du gaz oxigène. Le volume du premier est , à celui du second , dans le rapport de deux à un ; et c'est effectivement dans celte proportiou qu'ils doivent être combinés pour former de l'eau.

Si , au lieu de fil d'or ou de platine , on emploie des fils métalliques plus susceptibles d'oxidation , celui qui communiquera avec le pôle vitré ou positif sera oxidé et ne fournira pas sensiblement de gaz ; mais le fil eu communication avec le pôle résineux ou négatif continuera à donner de l'hydrogène.

Tous les oxides et tous les acides qui contiennent de T'oxigène ont été décomposés par l'action de la pile de Volta. L'oxigène est venu constamment se rendre au pôle vitré , et le principe qui lui était uni s'est porté au pôle résineux. Ces belles observations ont été d'abord faites par MM. Hiscneer et Berzelius. M. Humphry Davy , en les variant , en les étendant, fut conduit à essayer l'action de l'appareil électro-moteur sur les alcalis , que l'on avait jusque-là regardés comme des corps simples. Il vit alors, et ce phénomène excita l'admiration de tous les savnns , il vit des bulles d'oxigène se dégager au polc vitré j tandis qu'au pôle résineux s'assemblaient des substances brillantes d'un aspect métallique, et pourtant très-légères , brûlant dans l'air avec énergie , et même jouissant de la singulière propriété de s'enflammer dans l'eau ; c'étaient les bases métalliques de la soude et de la potasse , appelées depuis sodium et potassium. Mais ces propriétés même faisaient qu'on ne pouvait extraire que des atomes de ces substauces , qui se détruisaient dans l'air à mesure qu'ils étaient formés. Il fallut donc chercher un moyen de les préserver du contact de Vair qui les dévorait. Le docteur Seebeci imagina pour cela

un procède fort simple , qui consiste à combiner le sodium ou le potassium avec le mercure à mesure qu'il se dégage. On creuse , dan* un petit fragment de soude ou de potasse , une cavité que l'on remplit de mercure ; on pose ce fragment sur une plaque métallique; et l'on plonge dans le mercure le fil résineux d'un appareil qui doit coutenir au moins deux cent couples de plaques. On fait communiquer l'autre fil avec le support de métal; alors la soude ou la potasse est décomposée ainsi que l'eau qu'elle contient. L'oxigene del'un et de l'autre se rend au pôle vitré , où leur état électrique les entraîne ; l'hydrogène et le sodium ou le potassium qu'ils abandonnent se rendent au contraire au pôle résineux. Là , l'hydrogène se dégage sous forme de gaz, et le potassium ou le sodium se combine avec le mercure qui le préserve du contact de l'air. De temps en temps , on verse l'amalgame dans de l'huile de Napbte , et on renouvelle le mercure. Lorsqu'on a recueilli une certaine quantité d'amalgame , on le distille dans une cornue avec le moins d'air possible j l'huile se vaporise d'abord , ensuite le mercure; et enfin le sodium ou le potassium reste libre. Pour que la décomposition de la notasse ou de la soude s'opère par le procédé que nous venons de décrire , il faut que ces alcalis contiennent assez d'eau pour transmettre l'électricité de la pile, mais non pas cependant une quantité assez grande pour que la décomposition de cette eau exige tout l'emploi de l'électricité transmise ; car alors la potasse et la soude ne se décomposeraient pas. M. Davy et M. Seebeck , par des procédas de ce genre , sont parvenus à reconnaître dans d'autres alcalis et dan» plusieurs terres, des signes non douteux de décomposition ; et quoique ces dernières recherches n'aient pas offert des résultats aussi positifs que celles qui avaient pour objet la potasse et la soude , on en a conclu que tous les alcalis et les substances terreuses étaient des oxides métalliques.

Toutes les combinaisons salines , soit alcalines , soit terreuses , soit métalliques , sont décomposées par l'action de la pile de Voila ; et , dans ces décompositions , l'hydrogène , les corps combustibles , les alcalis , les terres et les oxides métalliques , sont constamment appelés vers le pôle résineux ; tandit que l'oxigène , le chlore et les acides se portent vers le pôle vitré. Lorsqu'on décompose de cette manière un sel métallique , souvent le métal qui en faisait partie est revivifié. Remplissez , par exemple , un tube de verre , d'un demi - pouce de diamètre et de quelques pouces de long , d'une dissolution d'acétate de ptomb ; fermez les deux extrémités de ce tube avec des bouchons , et faites passer a travers ces bouchons deux fils métalliques, communiquant l'un avec le polc vitré 9

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l'autre avec le poîc résineux d'une pile de Volta , et de manière qu'ils pénètrent dans l'intérieur du tube , à la distance d'un pouce l'un de l'autre ; dés lamelles et des espèce» de filamens paraîtront sur-le-champ , adhéreront au fil négatif, qui bientôt sera recouvert d'une belle végétation de plomb à l'état métallique. Si l'on fait cette expérience avec le muriate d'étain ou le nitrate d'argent , on obtiendra à peu près un semblable résultat : d'autres métaux sont aussi revivifiés , mais sans présenter le même éclat métallique.

La décomposition d'une dissolution saline quelconque a également lieu lors même qu'elle est contenue dans deux capsules différentes , communiquant avec les pôles opposés d'une pile «le Volta, et réunies l'une à l'autre par quelques filament d'amiante mouillée , ou même par du coton mouillé que l'on fait plonger dans leur intérieur. Dans ce cas , la base du sel se porte dans la capsule qui communique avec le pôle résineux , et l'acide dans celle qui répond au pôle vitré. Ainsi , supposé qu'on ait mis dans les capsules une dissolution de sulfate de soude , au bout de quelques heures on trouvera de l'acide sulfurique dans l'eau de la capsule vitrée, et de la soude dans relie de la capsule résineuse. L'acide et l'alcali sont donc transmis dans des directions opposées , à travers les filament mouillés , ou plutôt à travers l'eau qu'ils contiennent.

L'expérience réussit encore, lorsque l'on met la dissolution saline dans une des capsules, et de Peau distillée dans l'autre. Si l'on rend positive ou vitrée la capsule qui contient la dissolution , l'acide y restera , et la base du sel sera transportée dans la capsule négative ou résineuse : si , au contraire , I» première est rendue négative, l'acide sera transporté et la base restera. Ces sortes de décompositions ont été modifiées de beaucoup de manières différentes , sur lesquelles d'autres détails seraient ici déplacés.

Nous nous bornerons à faire observer , pour terminer cette section , que la décomposition des corps par l'action de la pile de Volta , dépend en général , comme l'a remarqué M. Biot, de trois éiémens ; i". de la disposition plus ou moins forte qu'auront les principes des corps composés à prendre dans chaque particule des états électriques opposés ; a°. de l'énergie plus ou moins grande avec laquelle se constituent ces états ; 5°. enfin , du rapport de cette énergie avec l'affinité chimique que les principes des corps ont entre eux. Par exemple , si l'on opère sur un corps dont les principes se mettent facilement dans un état électrique très-opposé , il pourra se faire que la pile décompose ce corps , quoique l'affinité chimique qui réunit ses principes soit très-puissante. Si , au contraire , l'affinité est trèsfaible , mais qu'eu même temps les principes constituans du

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corps aient très-peu de tendance à se mettre dans des états électriques opposés, il sera fort possible que la décomposition ne s'opère pas. Enfin , de même que dans le frottement de» corps les uns contre les autres , il y en a qui prennent tantôt l'électricité vitrée , tantôt l'électricité résineuse , selon la nature du frottoir auquel on les applique ; de même il pourra arriver qu'un même principe prenne tantôt l'état vitré , tantôt l'état résineux , selon les combinaisons où il entrera j et quoique , en général , chaque principe doive porter dans toutes les combinaisons les mêmes dispositions naturelles , néanmoins le résultat définitif dépendra encore des dispositions analogues ou différentes des principes avec lesquels il sera uni. Dans toutes les expériences, par exemple , que l'on a faites jusqu'à présent avec l'appareil électro-moteur , l'oxigène a paru conserver sa disposition à l'état résineux , et s'est toujours porte en conséquence vers les surfaces électrisées vitreusement ; même , lorsque les corps se sont trouvés composés de plusieurs principes , dont quelques-uns avaient de fortes affinités pour J'oxigène , celui, ci leur a communiqué sa disposition résineuse et les a entraiués vers le pôle vitré ; tandis qu'au contraire les autres principes ont alors pris l'état vitré et se sont portés vers le pôle résineux.

quatrième sf.ction. Effets du galvanisme sur l'organisation animale. Les premiers phénomènes galvaniques ont été , comme nous l'avons vu 9 observés sur l'économie animale ; telle est la saveur particulière que l'on éprouve quand deux pièces métalliques , de nature différente , étant placées, l'une dessus, l'autre dessous la langue, on les incline l'une vers l'autre de manière à les mettre en contact ; telle est encore l'espèce de lueur que l'on semble quelquefois voir, au moment de la communication des deux métaux , on lorsque l'œil lui-même est soumis à l'action galvanique ; telles sont aussi les contractions observées d'abord sur des grenouilles , et ensuite sur beaucoup d'autres animaux , tant par Galvani que par les savans qui ont répété ses expériences. Ritter a de plus remarqué que le fluide galvanique produisait sur son odorat une sensation qu'il a comparée à 1 odeur de l'ammoniaque ; d'autres observateurs ont éprouvé une espèce de bourdonnement dans l'oreille, au moment où cet organe était traversé par le fluide galvanique. Enfin , cette espèce d'électricité , développée surtout par la pile de Voila , excite , comme l'électricité ordinaire , la contractililé des organes musculaires, favorise sans doute aussi les sécrétions et les exhalations, stimule , en un mot , toutes les parties vivantes soumises à son action. Celles de ces parties , qui sont comprises dans l'arc de communication d'une extrémité de la -pile à l'autre, re-

çoivent une commotion analogue à celle de la bouteille de Leyde : mais il existe , comme nous l'avons déjà observe' à l'article électricité, une différence essentielle entre ces deux actions j elle consiste en ce que les secousses déterminées par la pile se succèdent presque sans interruption , parce que son action électrique est sans cesse renouvelée dans l'un et l'autre de ses élémens , et que ses effets doivent en conséquence se soutenir et se perpétuer, tant que les deux pôles de l'appareil sont tenus en rapport mutuel par des conducteurs intermédiaires. Ces secousses seront d'autant plus fortes que le nombre des couples dont la pile est composée sera plus considérable , et par conséquent les tensions plus énergiques à l'une et à l'autre extrémité.

C'est sans doute en raison de la continuité de l'action de la pile , qu'elle sépare , comme nous l'avons vu dans la précédente section , les élémens de la plupart des substances inorganiques composées ; et cette même cause modifie aussi peutêtre la composition des liquides sécrétés par nos organes et qui sont encore sous l'influence de la vie : on est au moins conduit à tirer cette induction d'une expérience de M. de Humboldt que nous avons rapportée dans l'article électricité. Ce savant , en mettant la plaie d'un vésicatoire dans le cercle galvanique , en (it couler une sérosité dont l'action était telle que , s'épanchant sur la peau non entamée , elle la rougissait et l'excoriait partout sur son passage. Cette sérosité, ainsi que nous l'avons observé , avait certainement changé de caractère et était très-différente de la sérosité lymphatique qui coule d'un vésicatoire , immédiatement après son application sur la peau d'un homme sain. Il faut cependant convenir que c'était toujours une liqueur placée hors de l'influence organique et vitale , et exposée à l'action d'une cause décomposante étrangère à la vie.

L'action de l'électricité galvanique sur la contractilité a surtout exercé le zèle et la sagacité des physiologiste?. Ils possédaient dans ce moyen un excitant plus puissant et qui devait donner des résultats plus exacts que ceux auxquels on avait recours auparavant , surtout que les stimulans counus sons le nom à'agens chimiques. En effet , parmi ces agens , ceui qui sont faibles , comme l'alcool , le vinaigre , ne déterminent souvent dans les fibres de l'organe qu'un léger froncement , difficilement apcrcevable , et seulement au point de contact du stimulant : les plus forts, tels que les acides minéraux concentrés , la potasse liquide, le muriate d'antimoine sublimé , éteignent promptement la contractilité en raccornissant l'organe ; et dans les mouvemens qu'ils déterminent , lorsque cette propriété est trcs-aflaiMic, il est, pour ainsi dire >iropo&-

GAL a85 sible de distinguer ce qui appartient au raccornissement et ce qui dépend de l'action vitale. L'électricité galvanique ne présente pas ces inconvéniens. Il est facile d'observer les moindres mouvemens qu'elle détermine $ et bien loin de porter aucune atteinte à la contractilité , elle semble au contraire la ranimer lorsqu'elle est sur le point de «'anéantir.

Ainsi les divers degrés d'eicitabilité des organes contractiles , l'état et la durée de la contractilité après la mort , sont des objets qui ont dû être étudiés et qui ont été éclairés par l'électricité galvanique.

Mais ce moyen , qui semblait ne devoir conduire qu'à des vérités incontestables , donna d'abord à divers savans des résultats d'autant plus douteux qu'ils ne s'accordaient nullement. C'est ainsi , par exemple , que MM. Volta , Mezzini , Valli , Klein, Pfaff, crurent observer et publièrent que le cœur et tous les organes qui sont hors du domaine de la volonté , étaient insensibles au galvanisme ; tandis que MM. de Humboldt et Fowler assuraient avoir fait contracter par le galvanisme le cœur de plusieurs animaux ; et que Grapcngiesscr disait avoir déterminé , à l'aide du même agent , des mouvemens péristaltiqucs des intestins.

Si Ion consulte Bicbat (Recherches physiologiques sur la vie et la mort> p. 3q7), on voit que , loin de confirmer les assertions de ces derniers, il soumit inutilement au galvanisme, peu de temps après la mort , le cœur de diverses espèces d'animaux , et qu'il n'obtint pas plus de succès des essais qu'il fit sur le cœur de plusieurs suppliciés 5 taudis que le galvanisme déterminait des mouvemens dans les muscles de la vie animale , et que le cœur se contractait oar les excitans mécaniques directement appliqués sur ses fibres charnues. Il est vrai que Bichat avait fait ses expériences avec de simples armatures métalliques ; mais plusieurs des physiciens qui assuraient avoir obtenu des contractions du cœur , à l'aide du galvanisme , avaient opéré de la même manière. D'ailleurs , depuis Bichat , M. Aldini , neveu de Galvani , soumit inutilement à l'appareil de Volta , peu de temps après la mort , la cœur de l'homme et de plusieurs grands animaux, tels que des bœufs et des chevaux.

Des résultats aussi contradictoires ne pouvant çuère se concilier, on était resté sur ce point dans le plus grand doute, lorsque MM. Vassali Eandi, Giulio et Rossi présentèrent , en juillet i8o5 , à l'Académie des Sciences de Turin , un mémoire , dans lequel ils annonçaient avoir vu le cœur de trois suppliciés se contracter par le galvanisme , mais perdre sa contractilité quarante minutes après la mort , et lorsque le même excitant

déterminait encore de fortes contractions dam Ici muscles de

l'appareil locomoteur.

Ko admettant les faits observés par les physiciens de Turin v on devait resfer étonne' que le cœur qui , comme Ta prouvé Ha lier , conserve plus longtemps que tous les autres organes sa cou tract ilité sous l'influence des slimulans ordinaires, fut uu des premiers a ta perdre lorsqu'on l'excite par le moyen du galvanisme. Un grand nombre de physiologistes crurent cependant qu'il en était ainsi ; et cette opinion commençait à s'accréditer , lorsque M. Nysten résolut d'examiner jusqu'à quel point elle était fondée. Il soumit , pour cela v comparativement au galvanisme , les divers organes musculaires , ou présumés tels , tant de la vie animale que de la vie organique. 11 fit ses expériences sur les quatre grandes classe* d'animaux à sang rouge, à l'aide d'une pile de Volta , composée ordinairement de cinquante paires de disques , au plus , d environ trente-trois millimètres de diamètre. Le liquide conducteur était une dissolution saline , tantôt de muriate d'ammoniaque 9 tantôt de muriate de soude. M. Nyslen remarque, à cet égard f que ce geure de recherches n'exige pas nue pile énergique : en effet , quoique la force des contractions qu'on obtient des organes musculaires , excités par l'électricité galvanique , soit proportionnée , toutes choses égales d'ailleurs, au nombre des plaques métalliques dont la pile est composée , les effets prodigieux qu'on a déterminés sur de grands quadrupèdes récemment morts , par exemple , les mouvemens de totalité de flexion et d'extension des membres , le rapprochement convulsif des mâchoires , le tournoiement des yeux , sont plus propres à satisfaire la curiosité, à servir d'amusement et de spectacle qu'a étendre les progrès de la science.

Souvent M . Ny sten attendait que les agens mécaniques ne produisissent plus d'effet sensible sur les organes contractiles avant de les soumettre à l'action galvanique. Ses expériences ont fait l'objet de plusieurs mémoires , qu'il a présentés à la Société dt Ja faculté de médecine de Paris et à l'institut royal de France. Il ne s'est pas borné à résoudre la question relative à l'excitabilité galvanique du cœur. Il a étendu ses recherchesà tous les organes musculaires ou présumés tels : il a d'abord examiné l'état et U durée de la conlractilité de ces organes cher l'homme , mort par la décapitation , et ehes les animaux à sang rouge après lei divers genres de mort violente. Ensuite il a étudié l'état et la durée de la même propriété « bec l'homme mort à (a suite des différentes maladies Voiri les principaux résutlats qu'il a obtenus de çes deux série* dVxpénenres.

Première série dt expériences. Les organes contractiles de l'homme sain, mort par la décapitation , perdent leur contraa-

G AL nS7

lilité, sous l'influence de l'électricité galvanique , dans l'ordre suivant :

i°. La contractilité du ventricule aortique du cœur s'éteint peu de temps après la mort, et toujours plus promptement que celle des autres organes contractiles.

2°. Les intestins et l'estomac perdent ensuite successivement leur faculté contractile ; le gros intestin , quarante-cinq à cinquante-cinq minutes après la mort; l'intestin grêle, quelques minutes plus tard ; l'estomac , peu de temps après l'intestin grêle.

3°. La vessie urinaire perd quelquefois sa contractilité aussitôt que l'estomac , mais souvent un peu plus tard.

4°. Les contractions du ventricule pulmonaire se continuent , en général , plus d'une heure après la mort.

5°. L'œsophage cesse de se contracter environ une heure et demie après la mort.

6°. Les iris , qui sont très-sensibles au galvanisme , perdent leur excitabilité souvent quinze minutes plus tard que l'œsophage.

7#. Les muscles de la locomotion viennent ensuite. En général ceux du tronc perdent leur contractilité avant ceux des membres ; et les muscles des membres abdominaux avant ceux des membres thoraciques : mais cette propriété s'anéantit dans ces organes d'autant plus tard qu'ils ont été moins exposés au contact de l'air , et ils présentent , à cet égard , des différences très-grandes; lorsqu'ils ont été à l'abri de l'action de l'air, ils ne perdent quelquefois leur contractilité que sept à huit heures après la mort.

8°. Les oreillettes , tant celles du cœur aortique que celles du cœur pulmonaire continuent de se contracter sous l'influence galvanique , lorsque les autres organes musculaires n'exercent plus aucun mouvement ; et l'oreillette pulmonaire est, de toutes les parties du cœur, celle qui conserve toujours le plus longtemps sa faculté contractile. Cependant la portion de la veine cave qui avoisine cette oreillette , se contracte aussi d'une manière très-marquée par le galvanisme , et quelquefois pendant aussi longtemps que l'oreillette elle-même.

9#. L'aorte, dont les académiciens de Turin avaient cru observer des mouveroens lorsqu'ils l'excitaient par la pile de Volta , est entièrement insensible* l'électricité galvanique. 11 en est de même des autres artères.

A quoi attribuer les différences des résultats obtenus sur U contractilité du cœur par les physiciens qui , avant M. Nysten t avaient soumis cet organe à l'action galvanique? D'abord, ceux qui ne sont pas physiologistes , ont pu , dans la croyance que c'étaient les ventricules qui dussent conserver long- temps la faculté contractile , diriger spécialement leur attention sur ces

parties , et les soumettre au galvanisme lorsque la contractait é y était déjà éteinte , ou que leurs mouvemens étaient peu apparens. C'est une erreur que M. ÏVysten a vu commettre par des hommes , d'ailleurs très- judicieux , qui , afin d'obtenir des effets plus marqués , faisaient leurs expérieuces sur de grands quadrupèdes ; il remarque , à cet égard , que , lorsque la sensibilité du ventricule pulmonaire est très-affaiblic, il faut souvent l'examiner avec soin pour distinguer ses mouvemens : quelquefois même il est nécessaire que l'œil qui les observe soit au niveau du ventricule , et que celui-ci soit bien exposé au grand jour. Or, sa contractilité ne tarde pas alors à s'éteindre ; et Haller n'a jamais dit que les ventricules conservaient cette propriété plus longtemps que les muscles soumis à la volonté. Ainsi , lorsqu'on a appelé le cœur le primum vivens , et Vultimum moriens; l'épithète primum vivens a dû s'entendre de toutes les parties de cet organe ; tandis que l'oreillette pulmonaire est la seule de ces parties qui mérite réellement le titre d'ultimum moriens : c'est d'ailleurs ce que prouvent les 'propres expressions de Haller ; Quando nunc etiam dexter ventriculus ( languit aul dissectus fuerit , aliquandiu plerumque in auriculd dextrd motus superest.. .... Ergo hœc au-

ticula rectè ultimum moriens Galeno dicta est et Hqrveio. (Elemenla phjrsiologiœ , 1. 1 , p. 4?4 et 4*5).

Une seconde source d'erreurs dans les résultats des expériences galvaniques faites sur le cœur , et qui a pu être commise par de très-bons physiologistes , est l'insensibilité apparente que présente souvent cet organe aux premières excitations ; tandis qu'il est encore très-contractile sous l'influence des agens mécaniques. Il suffit alors de changer les points d'excitations ou de modifier légèrement l'appareil , pour reconnaître que la nullité d'action du galvanisme était purement accidentelle. Eufin, l'affaissement des parois des oreillettes par leur vacuité absolue , ou leur distension par une grande quantité de sang , sont des circonstances tellement défavorables à leurs mouvemens , que souvent elles font paraître ces parties insensibles au galvanisme. Dans le premier cas , que Von peut rencontrer dans les deux oreillettes, c'est le défaut d'un point d'appui sur lequel la force contractile puisse agir qui en empêche les effets apercevabies ; dans le second, qui est toujours borné à l'oreillette pulmonaire , c'est la résistance opposée à cette force par le sang accumulé dans l'oreillette. M. Nysten faisait cesser l'affaissement des parois des oreillettes

Ï>ar l'insuillation d'une certaine quantité d'air ; il remplaçait par e même fluide le sang contenu dans l'oreillette droite, lorsqu'il la distendait assez pour contrarier ses mouvemens. Les animaux que M. Nysten a soumis à ses recherches gai-

GAL 289 vaniques sont , parmi les mammifères , des chiens , des chais , des cabiais , des vaches j parmi les oiseaux , des pigeons, des

Eoulets , des e'perviers , des chardonnerets , des linottes, des ruans ; parmi les poissons , des carpes ; et parmi les reptiles , des grenouilles. Pour exciter comparativement par l'électricité* galvanique les organes contractiles dans ces divers classes d'animaux , M. Ptysten les a fait périr par la cessation des fonction* du cerveau; c'est-à-dire, en enfonçant un scalpel, dans la moelle épinière entre le trou occipital et la première vertèbre cervicale. Il a ensuite observé sur des chiens et des cabiais seulement l'état de la conlractilité , quand la mort générale avait été déterminée par celle du cceur et par celle des poumons.

Dans les quadrupèdes mammifères , dont la mort générale avait été déterminée par celle du cerveau , les organes contractiles ont perdu leur sensibilité à Faction galvanique dans Tordre suivant : le ventricule aortique , le gros intestin , l'intestin grêle , l'estomac et les iris , le ventricule pulmonaire , les muscles locomoteurs , l'oreillette aortique , l'oreillette pulmonaire. Dans les chiens et les chats , la durée de la conlractilité de ces divers organes ne présente pas de différence notable. Dans ces animaux , l'oreillette droite ne perd quelquefois son excitabilité cjue sept à huit heures après la mort. Cette propriété parait s'éteindre beaucoup plus tôt dans les divers organes contractiles des cabiais. L'utérus de deux cabiais femelles approchant du terme de la gestation ne s'est contracté d'une manière sensible ni par les agens mécauiques , ni par l'excitation galvanique.

L'appareil digestif des ruminans étant très-différent de celui des autres quadrupèdes , il était intéressant de connaître la durée de l'excitabilité des diverses parties contractiles de cet appareil. Voici ce que M. Nysten a observé sur deux vaches z Une demi-heure après la mort , toutes les parties du canal alimentaire se contractèrent sous l'influence des agens mécaniques et du galvanisme ; les contractions du bonnet et de la panse étaient beaucoup plus fortes que celle des autres estomacs et des intestins ; et elles cessèrent successivement , d'abord dans le gros intestin , ensuite dans l'intestin grêle , dans les estomacs et dans l'œsophage. Le gros intestin perdit sa

Î>ropriété contractile une heure et quelques minutes après a mort , et l'intestin grêle au bout d'une heure vingt minutes. Quelques minutes plus tard , on n'observa plus de mouvement dans le feuillet ni dans la caillette. L'excitabilité de la panse . et du bonnet ne fut anéantie qu'une heure trente-cinq à quarante minutes après la mort ; et celle de l'œsophage s'éteignit beaucoup plus tard ; les deux colonnes charnues au bonnet , »7- >9

qui semblent jouer le principal rôle dans la rumination , ne furent pas plus longtemps sensibles aux excitations que les autres fibres de cet estomac.

Les expe'rienccs de M. Nystcn sur les oiseaux lui ont offert les résultats suivans :

Les organes contractiles des oiseaux à estomac membraneux perdent leur excitabilité dans le même ordre que ceux des mammifères. Dans les oiseaux à gésier , on observe une seule anomalie , c'est que le gésier perd sa sensibilité au galvanisme avant les intestins j à Cela près, l'ordre indiqué se conserve. Ainsi les intestins cessent de se contracter avant le ventricule succenturié et le jabot j et lorsque les mouvemens ont entièrement cessé dans ces deux estomacs, l'œsophage et les muscles de l'appareil locomoteur-se contractent encore. Enfin la veine cave et le cœur sont les derniers à perdre leur contractililé.

Quant aux poissons et aux reptiles, les organes contractiles de ces animaux ont présenté des phénomènes analogues à ceux qui ont été observés sur les mammifères et les oiseaux : ainsi l'ordre dans lequel ces organes perdent leur excitabilité est à peu près le même dans toutes les classes. Si l'on excepte les oiseaux à gésier , dans lesquels cet estomac perd sa sensibilité aux stimulans avant les intestins, constamment l'excitabilité des orgaues digestifs s'éteint d'abord dans les intestins , ensuite dans l'estomac , et , en dernier lieu, dans l'œsophage. Dans toutes les classes, les intestins et l'estomac perdent leur excitabilité avant les muscles de la vie animale ; le cœur est toujours Vultimum moriensàans le sens quelialler avait donné à ces expressions. Dans les animaux qui ont le cœur double , savoir les mammifères et les oiseaux, c'est l'oreillette pulmonaire ou droite , qui , de toutes les parties contractiles , est la, dernière à perdre sa sensibilité aux stimulans j dans les poissons et les reptiles , dont le cœur est simple , c'est-à-dire , n'est composé que d'un ventricule et d'une oreillette, c'est cette dernière partie. Cependant la veine continue souvent de se contracter aussi longtemps et même quelquefois plus longtemps que l'oreillette à laquelle elle aboutit.

Passons aux résultats des expériences faites sur des animaux morts par la cessation des fonctions du cœur ; et remarquons d'abord qu'on peut déterminer la mort en arrêtant l'action du cœur de deux manières : i°. par l'ouverture d'une grosse artère , telle que la carotide ou la sous-clavière ; eu injectant dans la veine jugulaire une suffisante quantité d'air atmosphérique ou d'un autre gaz insoluble pour distendre le cœur pulmonaire.

Lorsqu'on a fait périr un animal par une hémorragie artérielle , le cœur est dans le même état physique que lorsque la

tnorl * été déterminée par la décapitation. Si les parois de ToreilleUe et du veutricule pulmonaires , sont assez affaissées sur elles-mêmes pour nuire à leurs mouvemens il suffit d'y injecter un peu dair: cette condition étant remplie, lorsqu'on la juge nécessaire , l'excitabilité du cœur et de» autres parties contractiles se conserve aussi longtemps et s'éteint dans le même* ordre que lorsque la mort a é^é déterminée par la cessation des fonctions du cerveau.

Lorsqu'on a arrêté les fonctions du cœur , en injectant dans la veine jugulaire une quantité (Pair ou de gaz insoluble suffisante pour distendre l'oreillette pulmonaire , voici ce qu'on observe : Si on laisse persister la distension pendant quel-

3ue temps , on porte une atteinte profonde à la contractilité e cette partie qui la perd très - promptement j mais les mouvemens de l'oreillette du cœur aortique n'en sont nullement intéressés , et l'excitabilité des autres organes contractiles est la même qu'à la suite des genres de mort dont nous avons parlé jusqu'à présent. Si l'on fait cesser la distension du cœur pulmonaire immédiatement après l'extinction de la vie , il se contracte encore pendant longtemps : cependant l'énergie de ces grands mouvemens qu'il exerce quand la mort a été déterminée par la cessation des fonctions du cerveau , ou par hémorragie , ou par décapitation , est toujours diminuée d'une manière très-marquée. Si , au lieu d'arrêter l'action du cœur en le distendant subitement , on l'affaiblît graduellement par des injections successives de gaz jusqu'à ce que l'animal succombe, la contractilité de cet organe est encore plus affaiblie que lorsque la distension du cœur , ayant été opérée subitement , on la fait cesser immédiatement après la mort.

Quand on fait périr un animal , en injectant dans le cœur pulmonaire une quantité notable de gaz hydrogène sulfuré (gaz acide hvdro-sulfuriquc) , on porte encore atteinte à la contractilité (Je cet organe , qui est souvent anéantie une heure après la mort : mais cet effet est étranger à la distension du cœur , laquelle n'a pas lieu dans ce cas , vu la grande solubilité du gaz ; il est entièrement dû à l'action que ce gaz exerce par sa nature délétère sur les propriétés vitales des divers organes. Lorsque la contractilité du cœur pulmonaire est anéantie dans ce geure de mort , elle n'est pas encore éteinte dans les muscles des actions volontaires , qui ont reçu moins directement l'influence du gaz.

il nous reste à faire connaître les résultats des expériences faites sur des animaux morts par la cessation des fonctions des pouqnons. Or , on arrête l'action de ces organes en les privant du contact de la partie reipirable de l'air ou par la respiration d'un gaz délétère.

- fQ. V

Peu de temps après la découverte du galvanisme , et lorsque, ne connaissant que les simples armatures, on ne pouvait encore s'occuper que de leurs effets , une commission nommée par l'Institut pour vérifier les divers faits relatifs à cette découverte , fit un grand nombre d'expériences , dont une partie eut pour but d'examiner l'influence que les différentes espèces d'asphyxies peuvent avoir sur les effets galvaniques touchant la contractilité musculaire. Ce travail , auquel M. Hallé prit une part très-aclive , comme membre et rapporteur de la commission , fut fait à la faculté de médecine sur des lapins et des cabiais ; et il a paru en résulter, i°. que les asphyxies par le gaz hydrogène, nydrogène carboné , acide muriatique oxigéné (chlore), acide sulfureux , et par privation d'air au moyen soit de la strangulation , soit de la machine pneumatique , ou de la submersion dans le mercure , n'altérait pas , d'une manière sensible , la contractilitc j 20. que cette propriété était sensiblement diminuée dans les asphyxies déterminées par l'ammoniaque, la vapeur du charbon, et surtout le gaz hydrogène sulfuré ; 3°. que l'asphyxie par le gaz acide carbonique n'altérait que momentanément cette même propriété.

M. Nystcn a asphyxié des chiens par défaut d'air et par le gaz hydrogène sulfuré. Il a asphyxié des cabiais par les gaz azote, nitreux (protoxide d'azote) , acide carbonique, oxide de carbone hydrogéné , hydrogène carboné , et acide muriatique oxigéné ou chlore. Il a observé , à cet égard , que les asphyxies , par le gaz hydrogène sulfuré, portent à la contractilité une atteinte très-forte , ce qui est conforme aux observations de M. Hallé : mais c'est surtout l'excitabilité du cœur que ce gaza frappée dans ses expériences; elle était entièrement anéantie dans l'espace d'environ une heure, tandis que les muscles de la vie animale se contractaient encore. En voici la raison : le gaz introduit dans les organes respiratoires où il est absorbé , et dissous dans le sang rouge , va d'abord porter son influence délétère sur le cœur à peu près comme à la suite des injections directes de ce gaz par la veine jugulaire ; et lorsque , par la voie de la circulation , il est arrivé aux muscles locomoteurs, il est, sans doute, plus ou moins altéré et doit en conséquence avoir perdu une partie de son action délétère. Relativement aux asphyxies par les autres gaz, ceux qui, respires, font périr sur-le-champ, tels que les gaz uitreux (protoxide d'azote), et acide muriatique oxiçéné (chlore) , u'ont pas paru à M. Nysten agir sur la contractilité , quoiqu'ils soient trèsdélétères : cette observation s'accorde encore avec celle de M. Hallé. Au contraire , lorsque les animaux ont été asphyxiés lentement, comme cela a lieu quand on les fait mourir , soit dans un gaz non délétère, tel que l'azote, soit sous une cloche

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dont l'air n'est pas renouvelé , ou même par la strangulation , la contractilité , surtout celle du cœur , lui a paru affaiblie au commencement de l'expérience. Cependant l'oreillette pulmonaire est restée constamment Vultimum moriens quand il remplaçait le sang qu'elle contenait par un peu d'air. Mais , lorsque les gros vaisseaux ayant été' ménagés à l'ouverture du cadavre , il laissait le cœur gorgé de sang , comme il Test daus toutes les asphyxies , cet organe a plusieurs fois perdu trèspromntement sa contractilité , et beaucoup plus tôt que les muscles de l'appareil locomoteur. M. Nysten a remarqué que le cœur était alors très-distendu , et il a attribué l'extinction de sa contractilité à cet état de distension qni,s'opposant d'abord ■ mécaniquement à ses mouvemens , a fini par en anéantir la source. C'est ainsi que la vessie urinaire , considérablement distendue dans une rétention d'urine , ne tarde pas à se paralyser , si l'on n'a- recours à la sonde qui , en faisant cesser la cause matérielle de la distension , l'empêche de porter atteinte aux propriétés vitales de l'organe.

Dans l'homme et dans les diverses classes d'animaux , quel que soit le genre de mort auquel ils aient succombé, M. Nysten a observé que le contact de l'air extérieur diminue considérablement l'excitabilité des organes contractiles. Enfin , un résultat général de ses expériences , très-intéressant pour la physiologie , est que la durée de l'excitabilité après la mort (lorsque cette propriété n'a pas été détruite par une des causes qui peuvent lui porter une atteinte funeste) , est en raison inverse de l'énergie musculaire développée pendant la viê. Ce résultat se trouve établi par la comparaison de l'excitabilité entre les différentes classes d'animaux , entre les ordres d'une même classe , et entre les organes musculaires d'un même individu.

Les oiseaux , par exemple , qui jouissent d'une grande énergie musculaire , qui ont des organes respiratoires très-étendus, une circulation très-rapide, une température propre plus élevée que celle de tous les autres animaux , perdent leur excitabilité très-peu de temps après la mort. L'homme et les quadrupèdes , dont l'action musculaire est en général moins forte , conservent plus longtemps cette propriété ; mais ils la perdent beaucoup plus promptement que les poissons ; et ceuxci la conservent moins longtemps encore que les reptiles qui f sous le rapport de leur activité vitale , semblent placés à l'autre extrémité de la chaîne.

Si nous comparons les différons ordres d'une mémo classe , nous retrouvons le même rapport inverse entre l'exercice de la contractilité pendant la vie et sa permanence après la mort. Nous voyons , par exemple , les oiseaux de proie , qui volcut

très-haut , miî peuvent emporter , en s'élevant . des oiseanx d'un poids égal au leur, perdre leur excitabilité avec une promptitude extrême ; et ceux des gallinacées qui ne quittent presque pas la terre , la conserver aussi longtemps que le* quadrupèdes.

Enfin , si nous rappelons l'ordre suivant lequel la contractilité sVteint dans les diverses parties de chaque appareil , nous remarquons encore que ce sont les organes les plus exerces pendant la vie qui deviennent le plus tôt insensibles après la mort. C'est ainsi que les muscles du tronc cessent, en général r » de se contracter avant ceux des membres ; et , en effet , les mouvemens de ceux-ci , à la vérité plus étendus , sont sujets à des intermittences plus longues et plus fréquentes que les premiers dont l'action n'exige pas de moindres efforts. Les ventricules du cœur , dont les contractions si énergiques entretiennent la circulation pendant toute la durée de la vie , perdent leur excitabilité bien avaut les muscles soumis à la volonté : le ventricule aortique , qui agit avec bien plus de force que le pulmonaire , la pera avant celui-ci. Les oreillettes et la veine cave , dont les mouvemens exigent peu de force , conservent celte propriété plus longtemps que les ventricules et que tous les autres muscles. Le gésier des oiseaux , qui peut être comparé aux ventricules sous le rapport de l'énergie vitale , cesse d'être sensible aux stfmulans aussi promptement que ces parties du cœur. Le gros intestin qui , agissant sur des matières plus consistantes, emploie plus de force que l'intestin grêle , perd sa contractilité avant lui , celui-ci avant l'estomac , et l'estomac avant l'œsophage.

Dans les expériences , dont nous venons de faire connaître les résultats , les rapports des divers organes entre eux ont été conservés. Lorsqu'on isole entièrement les parties contractiles des autres, on affaiblit considérablement leur contractilité , et cette propriété s'éteint alors beaucoup plus promptement. La destruction des parties nerveuses , opérée immédiatement après la mort, diminue beaucoup l'énergie des mouvemens de totalité des muscles , et l'action du cœur est elle-même subordonnée à l'influence des nerfo , puisque le principe de la force dont il a besoin , pendant la vie , pour entretenir la circulation , réside dans la moelle épi n ière , comme l'a prouvé M. Legallois (Expériences sur le principe delà vie , notamment sur celui des mouvemens du cœur, et sur le siège de ce principe; Paris, 1812). Mais , ni la destruction de la moelle épinière , ni celle des nerfs musculaires eux-mêmes , ne paraissent avoir aucune influence sur la contractilité fibrillaire ; et M. ^ysten a vu , plusieurs fois , le cœur entièrement isolé

des autres parties , continuer de se contracter encore , dans les oreillettes , beaucoup plus longtemps que les autres muscles dont les nerfs avaient été ménages. L'action des nerfs dans les animaux à sang chaud , sur les mouvemens des muscles auxquels ils se distribuent , est même si proinptement détruite après la mort jusqu'au point de l'insertion du filet nerveux dans les fibres charnues, qu'on peut en inférer que les nerfs n'agissent sur les muscles que comme les stimulans naturels derleur contractilité.

Seconde série d'expériences Elles sont, comme nous l'avons dit , relatives à l'état et à la durée de la contractilité des organes musculaires chez l'homme mort à la suite des diverses maladies auxquelles il est exposé.

Jusqu'à présent l'influence des maladies sur la contractilité musculaire n'avait pas été examinée d'une manière précise. On présumait assez généralement que certaines affections pouvaient rendre cette propriété plus active ou l'affaiblir ; mais ces notions vagues n'étaient fondées que sur l'exaltation ou I4 diminution des forces musculaires qui s'observe, en divers cas, chez les malades. Pour obtenir sur ce sujet quelques données plus positives , M. Nysten a eu recours a la pile de Volta. Mais comme les réglemeus de police ne permettent d ouvrir les corps des personnes mortes à la Suite des maladies que vingtquatre heures après la mort , il aété forcé de se borner à l'examen des muscles superficiels du tronc et des membres ; et , pour soumettre ces organes à l'excitation galvanique , il pratiquait de petites incisions en prenant les précautions nécessaires pour ménager les. vaisseaux Sanguins. Ses expériences ont été faites à l'hôpital de la Charité , sur environ quarante sujets morts des maladies les plus fréquentes j telles que les fièvres adynainiques et ataxiques , les péripneumonies , les apoplexies , lesphthisies pulmonaires , les squirrhes de l'estomac , les anévrismes du cœur , les hydropisies , les hépatites , les péritonites chroniques , etc. Nous allons rapporter succinctement les résultats de ces recherches.

IVLjVyslen n'a jamais trouvé la contractilité complètement anéantie , lorsqu'il excitait les organes musculaires peu de temps après la mort , par exemple , au bout d'environ une heure.

La contractilité s'est constamment éteinte beaucoup plus tôt dans les muscles droits et obliques de l'abdomen que dars les muscles pectoraux ; et toujours les muscles des membres l'ont conservée plus longtemps que ceux dn tronc. Les muscles de la face ont présenté , à cetégard , beaucoup de variétés.

Chez lus sujets môrts de fièvres advuamiques et ataxiques ^

sans éinaciation considérable , la contractilité était très-forte et ne s'est entièrement éteinte que dix à quinze Heures après la mort.

A la suite des péripneumonies , les organes musculaires , qui n'étaient pas affaiblis par des circonstances antérieures , se sont également contractés avec force et ont conservé , dans quelques portions des membres , leur contractilité pendant treize à quinze Heures.

Chez un homme de cinquante-six ans , d'une assez forte constitution , qui succomba inopinément a une hémorragie de la membrane muqueuse des intestins , toute propriété vitale était éteinte neuf heures après la mort.

Chez deux apoplectiques , qui avaient succombé au bout de quelques jours , l'un à la première attaque , et l'autre à la seconde , le galvanisme a déterminé des contractions aussi forte* dans les muscles du côté paralysé que dans ceux du côté sain. Les iris des deux côtés se sont également contractées ; elles ont perdu leur sensibilité , chez l'un , au bout de six heures ; et , chez l'autre , au bout de six heures trente minutes après la mort. Cette propriété n'a été complètement anéantie dans le* organes musculaires des deux sujets qu'environ douze beurcs après la mort j et on n'a observé aucune différence dans le» muscles paralysés.

A la suite dèsanévrismes du cœur, la contractilité a présenté des différences suivant que les sujets avaient encore de l'embonpoint , ou étaient plus ou moins émaciés au moment de la mort , et suivant nue leurs membres étaient plus ou moins infiltrés. Chez un d'eux , qui avait un embonpoint médiocre et sans infiltration, la contractilité ne s'est complètement éteinte qu'au bout de vingt heures ; tandis qu'elle a été anéantie au bout de dix heures cbez plusieurs sujets qui avaient les membres plus charnus, également sans infiltration. Chez un autre , qui avait les membres inférieurs infiltrés , mais dont les muscles très-prononcés ne participaient pas à l'infiltration , la contractilité ne s'est complètement éteinte qu'au bout de vingtsept heures ; et les raouvemens des iris n'ont cessé nue six Heures après la mort. Cbez un autre encore , mort dans le marasme le plus complet , avec œdème des jambes , mais dont les muscles n'étaient nullement infiltrés , les iris ont conservé leur sensibilité pendant quatre heures , et la contractilité s'est éteinte dans les organes musculaires au bout de cinq heures quinze minutes. Enfin , chez divers sujets médiocrement amaigris , généralement infiltrés, et dont les muscles participaient à l'infiltration , toute propriété vitale était anéantie de trois à cinq heures après la mort. Seulement, cbez l'un

d'eux , les muscles de la face , qui ne participaient pas à Pinfil" rat ion générale, n'ont cessé de se contracter que neuf heures après la mort.

Dans un homme de trente-sept ans , ayant un embonpoint musculaire très-prononcé , mort inopinément d'un hydrothorax aigu avec asthme convulsif , la contractilité musculaire était si énergique , même une heure et demie après la mort , que le galvanisme faisait exercer aux bras des mouvemens de totalité sans aucune incision préalable. Il suffisait de faire entrer ce membre dans le cercle galvanique en faisant communiquer l'épaule et la main humectées , l'une avec l'extrémité positive , et l'autre avec l'extrémité négative de la pile. Les mouvemens des iris ontcesséune heure miarante-cinq; minutes après la mort ; et la sensibilité s'est entièrement éteinte dans les muscles au bout de dix heures et quelques minutes.

Lorsque la marche des phthisies pulmonaires n'est pas accélérée par quelque aulre maladie , on sait que les malades arrivent progressivement à un épuisement total des forces et meurent dans le marasme. Alors les contractions musculaires , excitées au moyen des stimulans , sont extrêmement faibles ; et elles cessent entièrement de trois h six heures après la mort. Mais lorsque la phthisie pulmonaire a été accélérée dans sa marche par une fièvre ou une phlegmasie , que les forces sont moins épuisées au moment de la mort , la contractilité s'éteint beaucoup moins promptement. Dans un sujet qui avait succombé à une phthisie pulmonaire , accompagnée d'une pleurésie chronique , et dont la marche avait pris sur la fin un caractère aigu , les muscles n'ont cessé d'être sensibles au galvanisme que quinze heures après la mort.

L'observation que nous venons de faire relativement aux phthisies pulmonaires , est applicable aux affections squirrheuses de l'estomac.

Chez deux sujets qui avaient succombé à une hépatite chronique avec ascite et anasarque . la contractilité a également présenté des différences sensibles suivant la marche de la maladie : chez l'un , où l'état adynamique l'avait , sur la fin, rendue aiguë et l'avait terminée avant l'épuisement total de la fibre musculaire , la contractilité était peu affaiblie , et les contractions étaient encore très-apparentes six heures et demie après la mort , lorsqu'elles cessèrent d'être observées ; chez l'autre , dont la maladie n'avait pas été troublée dans sa marche chronique , et avait amené l'épuisement et une infiltration beaucoup plus considérable , la contractilité était tout à fait éteinte deux 11 eures quarante-cinq minutes après la mort.

A la suite d'une péritonite chronique avec émaciation con-

fttdèrable , les muscles perdirent leur sensibilité aux stinmlans aussi prompteiuent que chez ce dernier sujet , c'est-àdire , deux heures quarante-cinq minutes après la mort.

Entin , chez deux sujets morts d'hydropisie ascite avec anasarque sans lésion organique , et dont beaucoup de muscles participaient à l'infiltration , la conlractilité était éteinte , chez le preraier.au bout d'environ quatre heures, lorsqu'il fut «oumis aux expérieuces , et chez l'autre une heure trente miuutcs après la mort.

Dans ces maladies chroniques qui , sur la fin , sont accompagnées de L'infiltration des membres inférieurs , l'amaigrissement va souvent jusqu'au marasme à la région thoracique et aux membres supérieurs , taudis que la nutrition est peu altérée dans les parties inférieures ; on observe alors que la conlractilité s'anéantit moins promptement dans les muscles dont le marasme s'est emparé , que dans ceux qui sont encore très-éloignés de cet état , mais qui sont infiltrés. M. Nysten a remarqué plusieurs fois ce fait , et il est certain qu'if ne s'en est pas laissé imposer à cet égard par l'œdème des membres ; car il a toujours eu soin de distinguer le volume propre des muscles du volume apparent que leur donnait l'infiltration du tissu cellulaire intermusculaire.

On peut tirer des faits que nous venons de rapporter le* conclusions suivantes :

Les maladies influent sur la contractilité musculaire plutôt par leur marche et leur durée cjue par leur nature.

Les maladies chroniques altèrent beaucoup plus cette propriété que les maladies aiguès ; et , parmi les chroniques , ce sont celles dans lesquelles la nutrition est le plus lésée o^ui

Sortent la plus forte atteinte à l'action musculaire. Ainsi , ans les phlKisies pulmonaires , dans les squirrhes de l'estomac et autres affections organiques qui épuisent progressivement les forces et font périr dans le marasme , la contractilité est en général plus affaiblie que dans les hydrothorax et les anévrismes du cœur ; cependant , lorsque ces dernières maladies se prolongent assez longtemps pour produire le marasme» ce qui est rare , elles se rapprochent dos premières sous le rapport de leur iufluence sur la conlractilité. Par la même raison , lorsque les phthisi es pulmonaires et les autres maladies coiisomptives sont accélérées dans leur marche par une maladie aigue qui vient les compliquer , comme uue fièvre gTave ou uue pleurésie , la contractilité est beaucoup plu* forte après la mort , et persiste bien plus longtemps que dans le cas où ces mêmes maladies suivent La marche lente qui leur C4t ordinaire.

GAL *m

I/infiltration qui constitue l'œdème et Panasarque , et qui accompagne beaucoup de maladies chroniques , n'a aucune influence sensible sur la contractililé , lorsqu'elle n'occupo que le tissu cellulaire sous-cutané. M. Nysten a vu quelquefois cette propriété se conserver très-longtemps dans des muscles dont la surface était recouverte d'un tissu cellulaire imprégné de sérosité: mais lorsque l'infiltration attaque les fibres musculaires elles-mêmes , elle altère la contractilité ; et , si elle est très-considérable , elle peut être plus nuisible à la force et à la durée de cette propriété que le marasme.

A la suite des maladies les plus funestes à la nutrition , et par conséquent à la contractilité , l'action musculaire ne se conserve souvent que pendant une ou deux, heures après la cessation de la vie générale ; mais lorsque la mort est déterminée par des maladies très-aiguës , par exemple , par des hémorragies , ou par l'étouffement , comme dansl'(iydrothorax avec asthme convulsif dont nous avons parlé , là contractilité se conserve aussi longtemps qu'après les morts violentes. Elle semblerait même , d'après les expériences sur les décapités t s'éteindre plus promptement dans ceux-ci ; mais si l'on tient compte des circonstances qui ont dû l'altérer, telles que les secousses d'une voiture rude depuis le lieu du supplice jus-

3 u'au cimetière , et l'influence de l'air qui agit bien plus sur es corps que rien n'en garantit , on concevra que cette apparence ne peut être qu'illusoire.

11 n'est pas douteux que beaucoup de maladies ne portent aussi atteinte à la contractilité des diverses parties du cceur. M. Nysten a de même vu, dans quelques cas où la tendance «les cadavres à la putréfaction permet de les ouvrir plus promptement que de coutume , les mouvemens de cet organe cesser sous l'influence du galvanisme lorsque les muscles de l'appareil locomoteur se contractaient encore avec force.

Les sujets dont les muscles sont les plus volumineux ne sont pas , en général , ceux qui conservent le plus longtemps leur contractilité après les maladies très-aigu* s, qu'une mort , pour ainsi dire subite , a terminées. Dans les individus de cette constitution , l'action musculaire est ordinairement éteinte douze a treize heures après la mort ; tandis qu'on la voit souvent persister pendant quinze à vingt heures dans le* cadavres des personnes qui ont succombé à des maladies beaucoup moius aiguës , dans lesquelles il y a eu un commencement d*amaigrissement. Cette observation est parfaitement d'accord avec les résultats de nos recherches sur la contractilité des animaux , où nous avons vu que , dans les différentes classes et dans les ordres d'une même classe , la durée de

3oo G AL

cette propriété était en raison inverse de l'énergie dont les organes musculaires étaient doués pendant la vie.

De même qu'une constitution robuste n'indique pas la contractilité la plus durable , de même aussi la prostration de» forces qui accompagne les fièvres adynamiques n'est pas un signe dfe la diminution de la contractilité : en effet , nous avons vu , à la suite des fièvres adynamiques , cette propriété présenter beaucoup d'énergie, et persister aussi longtemps que chez des sujetsmorls d'autres maladies aiguës qui n'avaient pas clé accompagnées de la prostration des forces. Nous croyons pouvoir en conclure que cette prostration ne dépend d'aucune lésion de la contractilité , et qu'elle est entièrement due à l'altération du principe cnii , dans l'état naturel , met cette propriété en jeu , c'est-à-dire , de l'influence nerveuse.

La paralysie , qui semblerait devoir , selon l'opinion de beaucoup de physiologistes , entraîner la perte de la contractilité , n'altère pas plus cette propriété que l'état adynamique ; car nous avons vu , à la suite des apoplexies , les organes contractiles , sans en excepter ceux qui reçoivent directement leurs nerfs du cerveau , être aussi sensibles au galvanisme du côté paralysé que du côté sain , et les phénomènes des traitemens électriques , dans les cas de paralvsic , sont d'accord avec cette observation. Les soulèvemens des faisceaux musculaires sons l'étincelle électrique , et même les contractions de totalité d'un seul muscle provoquée par l'étincelle qui le frappe , ne sont pas des garanties du succès du traitement électrique.

Tels sont les résultats des recherches galvaniques faites sur la contractilité des organes musculaires de l'homme mort à la suite de différentes maladies. On voit que , dans tous les cas , le galvanisme détermine sur la contractilité , après la mort , une action analogue à celle que l'influence nerveuse exerce pendant la vie. On conçoit que si , peu de temps après l'extinction de la vie générale , on excite les nerfs musculaires par le galvanisme , celui-ci peut, non-seulement agir sur la contractilité , mais aussi sur l'influence nerveuse non encore anéantie ; et c'est à cette double excitation qu'on doit attribuer les convulsions très-fortes oui ont lieu alors dans les muscles auxquels se communique l'irritation. Mais au bout de quelque temps* , l'influence nerveuse parait s'éteindre ; et , dèslors , le galvanisme agissant seul , au lieu de déterminer des contractions de totalité , comme dans le premier cas , ne fait plus contracter que les faisceaux de fibres , qui reçoivent immédiatement l'influence du stimulant; et ces contractions iibrillaires se continuent , comme nous l'avons vu , jusqu*à l'extinction de la contractilité.

GAL Soi

Quoique cette contractilité soit une propriété vitale , il n'est pas exact de dire que taiit qu'elle existe , la vie existe ; et que le galvanisme est en conséquence un bon moyen de prononcer entre la vie et la mort , comme M. Crève et quelques autres physiologistes l'ont prétendu. En effet , la vie consiste dans l'ensemble des actions de l'économie animale ; et lorsque cet ensemble cesse , au moins dans les principaux organes , lorsque . par exemple , l'action d'un de ces organes , tels que le cœur , les poumons ou le cerveau , s'éteint , son extinction entraine celle des autres } et dès-lors la vie cesse , quoique les propriétés vitales , telles que la sensibilité et la contractilité organiques,persistent encore plus ou moins longtemps , comme on le prouve à l'aide des stimulans et surtout du galvanisme. Il est vrai que , lorsque la pile de Volta ne détermine plus de contractions musculaires , la vie n'existe plus ; mais ce serait généralement une précaution , au moins inutile , d'attendre l'extinction de toute contractilité pour prononcer que la mort est arrivée. On pourrait cependant emplover le galvanisme , lorsqu'au bout de sept à nuit heures , depuis la cessation des phénomènes vitaux , on aurait encore des motifs de croire que la mort n'est qu'apparente (Foyes mort), .Mais ce cas ne peut se rencontrer que très-rarement.

Plusieurs des faits rapportés dans cette section ; savoir , l'énergie des contractions qu'on obtient à la suite des fièvres adynamiques ; la permanence de la contractilité dans les muscles paralysés par l'apoplexie ; l'identité des niouvemens de ces muscles sous l'influence du galvanisme avec ceux des muscles sains ; la différence des contractions musculaires , lorsque la sensibilité de la portion libre du nerf existe encore , d'avec les mêmes mouvemens lorsque cette sensibilité nerveuse est éteinte ; ces différens faits , disons-nous , concourent , avec l'expérience de Tourdes et de M. Circaud , qui ont fait contracter la fibrine du sang par le galvanisme , à établir que la contractilité est une propriété inhérente à la fibre musculaire et indépendante de l'influence nerveuse , comme le pensait Haller.

cinquième section. Emploi du galvanisme dans la théra» peu tique. Après ce que nous avons dit sur le traitement des maladies par l'électricité , nous avons peu de chose à ajouter sur les applications du galvanisme à la thérapeutique. 11 existe, comme nous l'avons vu , une grande analogie d'action entre la

£i le de Volta et la bouteille de Leyde , à la différence près de i succession continuelle des secousses déterminées par la pile ; or , cette différence ne parait en occasionner aucune dans les efUst> thérapeutiques qu'on, obtient de l'un et de l'autre moyen,

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au moins lorsque les commotions provoquées par la bouteille de Leyde sont graduées à l'aide de l'électromètre de Lane. C'est à la rapidité avec laquelle les contractions musculaires , excitées par la pile , se succèdent , qu'on doit attribuer l'espèce de relâchement qui suit ce mode d'excitation , et l'augmentation apparente de la maladie , lorsqu'on l'emploie dans une paralysie. Cet effet dépend, comme l'a observé M. Thillaye ( Essai sur V emploi médical de t électricité et du galvanisme ; Paris , i8o3) , de la fatigue qu'éprouvent les muscles qui ont été forcés de se contracter un grand nombre de fois dans un temps très-court ; il n'est que momentané et ne doit nullement emixk-her d'employer la pile de Voltadans le traitement des maladies qu'on croit convenable de combattre par les commotions électriques ; la seule conséquence qu'on en puisse dé-* «luire , c'est qu'il importe , pour le succès aes traitemens électriques , quels qu'ils soient , de ne pas trop prolonger la durée de chaque application , ainsi que de ne pas donner à l'action électrique une trop grande énergie. L'une et l'autre erreur est capable de détruire toutes les espérances qu'on peut fonder sur l'emploi sage et modéré de ce moyen. En observant cette précaution , on peut , dans la plupart des cas, se servir indifféremment ou de la pile de V olta ou de la bouteille de Leyde,en gra^ duantses effets avec l'électromètre de Lane. Ainsi , on peut essayer l'un ou l'autre de ces modes d'électricité dans les paralysies , les amauroses commençantes , les surdites incomplettes , la mutité accidentelle , certaines névralgies , des douleurs rhumatismales chroniques, la suppression de la menstruation ou du flux hémorroidal,Vasphyxie,etc. Cependant il serait possible que l'action de la pile fût préférable dans certain cas , où l'excitation doit spécialement être dirigée sur les tégumens ou sur quelques tissus sous-jacens. En effet , outre les commotions , la pile détermine une excitation particulière dans les parties les plus superficielles de celles qui sont placées dans La chaîne. Nous pensons donc qu'on pourrait recourir à la pile Voltaïque de préférence dans les paralysies de sensibilité de la peau , dans la paralysie du nerf facial ', et même dans l'amaurose.

Dans tous les cas , on emploierait de préférence une pile à auges , semblable à celle dont nous avons donné la description dans la seconde section de cet article ; et on ferait entrer les parties affectées dans la chaîne de communication en mettant les deux points les plus éloignés de ces parties, préalable-* ment mouillés, en contact , l'un avec le pôle positif, et l'autre avec le pôle négatif de l'appareil. On commencerait par de faibles commotions qu'on obtiendrait f par exemple , avec

G AL 5o5

vingt k trente paires de plaques : on pourrait en augmenter le nombre par degrés , avec la précaution cependant de ne jamais les donuer qu'au degré de force que le malade petit soutVrir sans peine. On ferait agir la pile pendant quinze, vingt et rarement trente minutes à chaque fois } on pourrait renouveler ce mode d'excitation une ou deux fois dans les vingtquatre heures • et il serait essentiel , surtout si on en obtenait quelques succès , d'eu continuer l'usage pendant assez longtemps {F'ojet ÉLECTRICITÉ).

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Ce rapport a été inséré dans le Journal de physique pour le mois de vendémiaire an xi.

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Les résultats de ces expériences et de celles que M. Nysten a faites depuis, sont consignés dans ses Recherches de physiologie et de chimie pathologiques pour faire suite à celles de Bichat sur la vie et la mort; in-8°. Paris, 1811.

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GAN 5o5

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Celouviagc vient d'être traduit en fiançais par M. ThUlaye t professeur de physique au Lycée Louis-le-Grand ; in-8^. Paii», 1816. Nous ne prétendons pas avoir indiqué dans cette noie bibliographique, toos

les ouvrages publiés sur IVIeclricité galvanique. Il nous a paru inutile d'y faj,e

figurer divers méritoires peu impôt tau-,, dont on trouvera l'analyse dans l'histoire

tin galvanisme de Sue; et non* croyons n'avoir omis aucune indication essentielle,

depuis la publication de ce dernier ouvrage.

( HALLE et WTSTEK)

GALVANOMÈTRE , s. m. , de Gabarit, et de ytfopf , mesure. On a donné ce nom aux inslruuiens imaginés pour apprécier les quantités d'électricité développées par la mie galvanique. Les uns sont fondés sur les phénomène -s d'attraction et de répulsion déterminés par le fluide galvanieue j tels sont le galvanomètre (électomètre condensateur) de Yolta , celui de Pépvs , elles appareils de M. Erman. Les autres agissent en déterminant les quantités «l'eau décentposées par le même fluide : tels sont le galvanomètre de M. Roberlson et celui de M. Crapercn. Ces instrumens sont exclusivement du ressort de la physique , et ne peuvent guère être d'aucune utilité aux physiologistes ni aux médecins. On trouve la description de LVlectomelre condensateur de V oila dans le Traite de physique de M. flaiiy ; et celle des galvanomètres de MM. Pépys , Erman , Roberlson et Craperon dans le Manuel du galvanisme de M. Izaru. (hysteic)

GANGLIFORME, ou ganglioforme , adj. , aanglifotmis 9 qui a la forme d'un gangliou. On donne cette epilhèle à des renflomens qui s'observent le long du trajet de cerlains nerfs. Ainsi , par exemple, il existe de semblables gonfle mon s dans les rameaux de la troisième branche des trijumeaux , qui vont à la glande maxillaire , et qui s'anastomosent avec les branches des nerf» grands sympathiques. (jouboas)

GANGLION , s. m. , ganglion. Les anatomisles donnent 17* 30

5o6 GAN

ce nom à des espèces de nœuds ou de tubercules, d'une forme,' d'une couleur , d'un volume , d'une texture et d'une consistance variables , enveloppés constamment dans une membrane

3 ni leur sert de capsule, et formés essentiellement, soit par es filets nerveux , soit par des rameaux vasculaires , lesquels se divisent , s'entrelacent , s'agglomèrent de mille manières différentes , et sont unis ensemble par un tissu cellulaire trèsfin , dont les aréoles, plus ou moius larges, renferment un fluide particulier.

Le professeur Chaussier est le premier qui ait établi une ligne de démarcation bien tranchée entre les ganglions et les glandes proprement dites , avec lesquelles on était généralement dans 1 usage de les confondre avant lui. Le ganglion, or* gane très- compliqué de sa nature, diffère, en cfTct, de la glande, en ce qu'il n'a pas de canal excréteur, et du follicule , en ce qu'il n'est point garni d'un orifice extérieur. On le distingue , en outre , de tous les autres solides organiques , parce qu'il est enveloppé d'une -membrane capsulaire , et que celte capsule reuferme une quautité considérable de nerfs et de vaisseaux entrelacés et confondus ensemble.

On admet trois sortes de ganglions j les glandiformes , les lymphatiques et les nerveux.

Les ganglions glandiformes , ainsi nommés parce qu'ils ont l'apparence de glandes, sont formés de globules agglomérés, parsemés de vaisseaux sanguins qui se réunissent de différentes manières, et qui sont entourés d'un tissu cellulaire dont les aréoles renferment un suc lactescent ou quelquefois jaunâtre. Dans cttte classe se rangent la thyroïde , le thymus , et les capsules surrénales , organes sur les usages et les fonctions desquels la physiologie n'est pas encore parvenue à nous procurer des lumières satisfaisantes. Voyez surrénal , thymus

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