‹ Dictionaire des sciences médicalesChapitre 3 sur 43 · DES · texte numérisé non relu

DES

FREIN , s. m. , frenum. Voy ez filet.

FRÊLE, ad ].,/mgilis; expression par laquelle certains traducteurs rendent quelquefois les mots debilis , gracik's. Dans le langage médical et plus encore dans celui du monde, le mot frêle Rapplique aux individus qui n'ont qu'une constitution faible, et qui paraissent ne pas devoir parcourir une longue carrière. On applique aussi, par une sorte d'extension, cette qualification aux membres peu fournis de chair et dépourvus de vigueur. Ainsi, on dit qu'un enfant est frêle quand il est mince et délicat , et qu'il parait peu viable; qu'une personne a les jambes frêles pour exprimer qu'elles sont menues , faibles et délicates. On dit aussi qu'un individu a une frêle santé lorsqu'il est souvent et facilement incommodé. ■

Les causes auxquelles on peut attribuer l'état frêle d'un enfant naissant sont le nlus souvent fort difficiles à déterminer. Ces causes ne sont ordinairement recherchées que che» les parens ; et cependant , comme on voit fréquemment des père et mère d'une forte constitution donner le jour à des enfans frêles, et des enfans fortement constitués naître de parens frêles , it faut bien admettre , sans en connaître la cause , que le germe fécondé , que l'embryon a une manière d'être , une existence sui ge ne ris , qui le fait différer des individus dont il a reçu l'existence.

La négligence ou le* soins mal entendus des nourrices , tels que le défaut de nourriture , la compression de certaines parties , etc. , peuvent déterminer cet état chez les enfans nés vigoureux. La compression, surtout telle qu'on l'exerçait jadis avec des bandes fortement roulées autour du corps de l'enfant,

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devait déterminer fréquemment ce genre d'altération , en détruisant l'énergie des mouvemens circulatoires , en oblitéraut une partie des vaisseaux nourriciers, et aussi en engourdissant les nerfs qui président à la nutrition. Mais souvent on ne peut déterminer aueune des circonstances qui d'un enfant robuste font un enfant frêle , et qui arrêtent ainsi l'essor qu'avait pris la nature.

Indépendamment de cette constitution frêle qui se propage probablement de l'embryon au fœtus , du fœtus à l'enfant , et que nous voyons se transmettre de l'enfant à l'adolescent , de l'adolescent à l'adulte ; il est des individus qui acquièrent cette constitution ou qui deviennent frêles par suite de diverses affections morbifiques ou d'un épuisement corporel ou moral.

Plusieurs professions , en condamnant certaines parties du corps à une inaction presque absolue , les rendent frêles et par suite sujettes à des altérations particulières. Voyez profession.

Certaines parties sont d'autant plus frêles , relativement à l'ensemble de l'organisation , qu'elles sont plus éloignées du tronc et conséquemraent du centre de nutrition ; aussi , dans les cas d'affaiblissement ou d'amaigrissement , les jambes , toutes eboses égales d'ailleurs , sont-elles plus» frêles que les autres membres. Par la même raison , les cuisses et les jambes étant dan* l'enfance , les organes qui participent le plus tard à la répartition égale des forces nutritives , ces parties restent assez souvent frêles. Quant aux bras , s'ils sont frêles dans les premiers temps de l'existence, ils se fortifient plus promptement, soit parce que leurs mouvemens sont plus libres et plus fréquens , soit aussi parce qu'ils sont moins éloignés du centre dénutrition. En général la liberté des mouvemens, jointe à une bonne alimentation dans le commencement de la vie > détermine l'équilibre des forces dans toutes les parties de l'organisation. Ou voit cependant cet équilibre , le mieux établi , se rompre quelquefois, et certaines parties, telles que les membres , rester frêles relativement au tronc qui prend alort un développement disproportionnel.

Dans quelques circonstances , l'état frêle n'est que momentané : tout-à-coup le germe d'une nouvelle vie semble se développer chez l'enfant qui paraissait le plus débile. Ici se rattache l'histoire des croissances spontanées que la puberté amène quelquefois.

Une structure frêle ne doit pas toujours être considérée^ comme une chose essentiellement nuisible à la conservation de l'existence. Il est d'observation que des sujets de la plus faible apparence , de la plus frêle constitution ont souvent parcouru une longue carrière. M. Fouquier, dans sa Dissertation sur les avantages de la faiblesse , établit en principe qu'une

Constitution faible est plus favorable à la longévité qu'une constitution forte. C'est d'après ce même principe que Hufe- )and , dans sa Macrobiotique , prétend prolonger la durée de la vie, en diminuant l'intensité ou plutôt la consommation des forces vitales. Quoi qu'il en soit de toute espèce de théorie , il est généralement constant, i*. que les individus d'une constitution frêle ont des maladies moins aiguës et moins meurtrières que ceux qui sont robustes , et qu'ils sont moins susceptibles d'être atteints par les épidémies ; 2°. que les enfans délicats résistent plutôt aux accidens de la dentition , aux convulsions , à la coqueluche , etc. , que les enfans qui semblent plus heureusement constitués.

Quoiqu'une constitution frêle , loin d'être essentiellement défavorable , soit quelquefois avantageuse , il faut néanmoins, dans la plupart des cas , que le médecin s'attache à la combattre, afin de prévenir les désavantages incomparables qu'elle entraîne à sa suite. Les moyens à employer sont d'abord , Téloignemenl ou la cessation des causes qui pourraient la favoriser, et ensuite un régime alimentaire fortifiant, joint à des exercices proportionnés aux forces du sujet. Ce serait nous eiposeràaes répétitions fastidieuses et déplacées, que d'entrer ici dans des détails hygiéniques ou thérapeutiques à ce sujet , détails pour lesquels nous renvoyons aux articles atrophie 9 constitution , enfant , faiblesse , marasme , re'çime et scrofule , etc. Nous nous arrêterons seulement à cette remarque, c'est qu'il est des êtres dont la trop frêle constitution n'est pas susceptible d'amélioration. Pour eux l'art est impuissant. Le printemps de leurvie se passe sansamener d'heureux changemens; et la nature , qui a prononcé sans appel , semble les abandonner pour toujours a une vie languissante et à une vieillesse anticipée. (Villeneuve)

FREMISSEMENT, s. m. t frémi tus. Le frémi ssement doit être tour à tour considéré par le physiologiste et par le médecin. Aux yeux du premier, le frémissement est un phénomène qui se manifeste dans l'exercice de plusieurs fonctions ; le second y voit un des principaux symptômes de quelques maladies.

Observé par le physiologiste , le frémissement est un mouvement rapide qui s'établit dans les muscles , agit sur les tendons , et quelquefois se manifeste dans les membres par des vacillations irrégulières et toujours indépendantes de la volonté. Alors il constitue ce qu'on appelle le tremblement. On ne saurait mieux comparer le frémissement, par sa rapidité , qu'à l'éclair qui sillonne la nue.

11 est difficile de donner une explication de la manière dont les muscles entrent en action pour produire le frémissement.

Quelquefois la peau semble participera cette agitation. Comme «n nhserve nue le frémissement ne se manifeste avec énergie

on observe que le frémissement ne se manifeste avec encrgi que dans les violentes agitations physiques ou morales , ou dans des circonstances où la force vitale se concentre, on pourrait croire qu'il est produit par la suspension momentanée de l'action nerveuse centrale, qui laisse aux fibres musculaires et aux filets nerveux uuc liberté funeste.

Dans certains spasmes généraux , il y a un frémissement, intérieur qui semble se communiquer jusqu'aux fibres musculaires du cœur. Durant les premiers instans qui suivent l'ingestion des alimens dans l'estomac, il survient une sorte de frémissement qui est généralement regardé comme le caractère d'une bonne digestion.

Hippocrate et après lui Galien ont écrit qu'au moment de la fécondation la femme ressent un ébranlement, un frémissement involontaire, mêlé à la volupté, et auquel succède un état de langueur du corps et de l'esprit. Mais cette sensation intérieure est loin d'arriver chez toutes les femmes ; on doit donc regarder ce pbénomène comme une exception particulière de quelques-unes d'entre elles.

Le frémissement a lieu quelquefois pendant la copulation. La plupart des oiseaux donnent alors à leurs ailes un mouvement remarquable.

Plusieurs affections morales , plusieurs émotions, telles que la fureur, la terreur, déterminent dans toute l'économie un frémissement qui, dans quelques cas, semble augmenter les forces , et dans d'autres les anéantir.

Immédiatement après l'amputation des membres, les muscles dont on a, fait la section entrent dans une sorte de frémissement quirreud quelquefois difficile la ligature des artères.

Observé par le médecin , le frémissement est un des phénomènes les plus remarquables de certaines affections. Précurseur de la plupart des maladies fébriles, il est un de leurs premiers caractères distinçiifs ; mais il ne faut pas le confondr e avec In fri«;oîi , quf se distingue alors par le froid dont il est accompagné, et par la durée de son existence. Nous n'entreprendrons point d'indiquer ici toutes les maladies dans les phases desquelles survient ou peut survenir le frémissement , ni les inductions, qu'on peut en tirer pour établir le diagnostic et le pronostic de. ces mêmes maladies. De tels détails nous entraîneraient an-delâ des limites dans lesquelles nous devons nous restreindre $ nous ferons seuîemeut remarquer que le phénomène dont il s'agjt peut se manifester accidentellement dans beaucoup d'affections , lorsque le sujet est d'une grande susceptibilité nerveuse. , .

11 est quelques phénomènes pathologiques qui doivent être

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distingués avec soin du frémissement; tels sont les tressaillement , les soubresauts t etc. Voyez ces mots , pour connaître en quoi leur acception diffère du frémissement , et aussi les articles frisson et tremblement.

En physique on désigne , sous le nom de frémissement , le' mouvement vibralile et insensible des corps sonores , qui se communique à l'air ambiant et produit le son.

( VILLEWEUVK )

FRENE, s. m. yfraxinus> polygamie diœcie , L. jasminées , J. végétal précieux , dont toutes les espèces sont utiles aux arts, et quelques-unes remarquables en outre par leurs propriétés médicinales. Les frênes qui distillent la manne seront examinés dans Parlicle consacré à l'histoire de ce suc mielleux : je ne dois m'pccuper ici que du frêne commun , fraxinus ercelsior, L.

C'est un arbre qui s'élève rapidement à une très-grande hauteur. Chanté par l'immortel Virgile et par nos poètes Rapin et Vaniere , le frêne était regardé chez les Romains, de même que chez nous, comme l'ornement des forêts j mais on l'éloigné des jardins et autre* lieux d'agrément, parce que les cantharides, qui en sonfPxès-friandes , le dépouillent presque tous les ans de sa verdure dans la plus belle saisou , et causent une puanteur insupportable.

Sa tige droite , bien proportionnée dans sa grosseur, soutient néanmoins une tête médiocre, lâche, formée de rameaux en général peu étendus. L'écorce, cendrée sur te tronc et le» grosses branches , est verdâtre sur les petits rameaux , qui contiennent une moelle assez abondante. Les bourgeons courts, ovales , obtus , sont constamment noirâtres, couleur qui distingue parfaitement cette espèce : les feuilles ailées, terminées par une foliole impaire plus grande que les autres , qui sont au nombre de dix à douze , ovales , pointues , dentées , dis-

Î osées par paires sur un pétrole commun, canâlicule' en dessus, •es fleurs paraissent au mots d'avril, sur dès grappes latérales, opposées , longues d'an à deux pouces. Dépourvues de calice et de corolle , elles sont hermaphrodites ou femelles sur des pieds séparés , quelquefois sur le même pied. Les fruits sont des capsules ovates-oblongues , légèrement comprimées, terminées par une aile ou languette membraneuse, un neu plus longue que la capsule, linéaire-lancéolée : ces capsules avec leur aile ont deux pouces et demi de longueur, et sont à peine larges de trois lignes.

Le bois de frêne a des usages non moins variés qu'imporfans. Quoique blanc , il est assez dur, fort uni , très-liant tant qu'il conserve un reste de sève : aussi l'emploie-t-on de préférence pour les pièces de ebarronnage qui doivent avoir du

ressort et delà courbure. Il est chaque jour mis en œuvre par les tourneurs, les armuriers et les tonneliers. Les frênes venus dans des terrains montueux , ou qui ont été habituellement tondus, sont sujets, dit Lamarck, à être chargés de gros nœuds qui , en dérangeant Tordre des fibres , occasionnent une plus grande dureté et une diversité de couleur dans les veines du bois , ce qui les fait rechercher par les ébénistes :

Est quoque Jraxineo sua vis et gratia lujno.

Les chevaux , les bœufs , les moutons et les chèvres broutent avidement le feuillage du frêne , qui pourtant détériore le lait des animaux , si Ton en croit Miller et d'autres agronomes.

Avant la découverte du Nouveau-Monde , les médecins ,

Î>rivés du fébrifuge par excellence , administraient souvent 'écorce du frêne. On a voulu de nos jours la remettre en vogue , et le professeur poméranien Christophe Helwig n'hésite point à lui donner le titre de quinquina d'Europe. Le docteur Costc Ta prescrite à la dose ae deux gros en poudre , réitérée toutes les quatre heures , avec des succès équivoques. Je l'ai tentée cinq à six fois sur des militaires atteints de fièvres intermittentes, et je n'ai point eu à m'en ttiûer. L'illustre Tort* n'a pas été plus heureux -y le prétendu quinquina d'Europe a presque constamment échoué dans les mêmes cas où la véritable écorce péruvienne a produit des merveilles.

Que dirai-je des feuilles de frêne , sur lesquelles on a porté des jugemens si divers ? Tablet leur accordait une vertu purgative supérieure à celle du séné, tandis que Willich, les regardant comme toniques , leur donne la prééminence sur le thé que nous expédient les Chinois ! D'un autre côte , le docteur Gilibert , trop confiant peut-être dans les observations parfois légères, bizarres, paradoxales de M. Petetin, s'imagine avoir guéri des scrophules commençantes, et arrêté les progrès de plusieurs , en ne prescrivant que des bains avec des feuilles de frêne , et une tisane préparée avec les mêmes feuilles t elles ont aussi passé pour vulnéraires et alexitères :

Livida fraxinea curant quoque vaincra frondes.

Peyrilhe dit que le petit peuple d'Angleterre confît le fruit du frêne , avant sa maturité , dans le vinaigre et le sel , et s'en sert comme assaisonnement. Les graines sont rangées par quelques praticiens au nombre des meilleurs apéritifs, hydragogues , diurétiques j on les a même supposées aphrodisiaques.

Le patriote Dambourney a communiqué à la laine une jolie teinte vert-pomme avec la décoction de l'écorce verte du frêne ; le bois frais-écorcé produit la vraie nuance de vigogne, franche et bien solide.

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Enfin , je dois rappeler que , dans les climats Irès-cbauds , le frêne commun distille une certaine quantité de manne.

scmioER (;can Christophe) , Curiase Beschreihung tles Eschcnbaums , oder Fraxini, dessen Eigenschaft, und Nutzen in der Medicin und Chirurgie ; c'est-à-dire , Description curieuse du frêne , avec l'énoniération de ses propriétés médicinales et chirurgicales ; in-8°. Francfort sur l'Oder , 1700.

hclwic (Christophe), De t/uinquind Europœorum, Diss. ùiaug. in«4°- Oryphyswald'ue , 1 J 1 a.

schrecer (aernara nocI cottlob), De corticis fraxini excelsioris nalurd et v tribus medicis, Diss. inaug. in-.f°. Lipsice , aa jtd. 1791.

(cHAL'MKlOs)

FRÉNÉSIE. Voyez phrénésie.

FRÉQUENCE , s. f. , frequentia ; répétition de ce qui se fait souvent ou à de courts intervalles. En médecine , ce mot s'applique spécialement à la respiration et à la circulation ; il indique l'accélération des mouvemens de ces deux actes organiques.

La fréquence de la respiration s'observe dans une foule de maladies, mais plus particulièrement dans celles qui attaquent les organes intérieurs de la poitrine, comme dans la péripneumonie , la pleurésie , les catarrhes pulmonaires violens , l'hyd rot borax , l'asthme, les affections organiques du cœur, etc. Cette fréquence , du reste, quelle qu'en soit la cause, est toujours un mauvais signe.

La fréquence du pouls caractérise en général l'état fébrile, quoiqu'il y ait certaines fièvres où elle ne soit point remarquable. Mais elle manque rarement d'accompagner les phleçmasies aiguës, les fièvres adynamiques et ataxiques, les accès d'intermittentes, etc. Nous avons parlé des causes et des effets de cette fréquence à l'article accélération. Voyez ce mot , et surtout l'article pouls. ( reracldiiv )

FRIABILITÉ , s. f. j propriété qu'ont certains corps de cédera l'action d'une puissance qui tend à en isoler les molécules.

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