‹ Dictionaire des sciences médicalesChapitre 30 sur 43 · MAI.C · texte numérisé non relu

MAI.C

GARGARISME, s. m.ygargarisma, du gr c ynpyapiÇiiv, gargariser. Ou nomme ainsi des médicament liquides que l'on emploie contre les affections de la gorge ou seulement de la bouche. Il est bou de rappeler cependant que l'on nomme co/lutoires les préparations pharmaceutiques dont on veut seulement laver , humecter l'intérieur de la bouche , et que l'on désigne particulièrement sous le titre de gargarisme* , les agens qui doivent agir sur la gorge.

Pour se servir d'un gargarisme , on met un peu de ce médicament daus la bouche , puis ou renverse la tête en arrière , dt manière à faire avancer la liqueur médicinale vers la gorge; et au moment où elle doit tomber dans le pharynx , on repousse doucement l'air que contiennent les poumons contre le voile du palais ; il agit en même temps contre la matière du gargarisme qu'il soulève , qu'il fait bouillonner , et qu'il empêche de péuétrer plus loio. Cette matière reste ainsi pendant quelques instans eu contact immédiat avec la gorge qu'elle baigne et sur laquelle elle exerce une impression particulière en rapport avec les qualités intimes et les propriétés médicinales du gargarisme. L'expression gargariser e^t formée par onomatopée du bruit qui se produit dans la gorge pendant cette opération.

Nous remarquerons d'abord que la dénomination pharmaceutique qui nous occupe indique seulement la destination des médicament auxquels on l'applique , mais qu'el'e ne présage rien ni sur la forme de ces médicament, ni sur leur composition . ni sur leur propriété médicinale. Un gargarisme peut être une -

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infusion , une décoction , un suc dépuré , un mélange de plu-, sieurs préparations , etc. -y il peut avoir pour ve'hicule l'eau , le vin , le vinaigre, ou un alcool délaye. L'analyse chimique montre qu'il est tantôt mucilagineux , tantôt oléagineux, ou bien qu'il recèle des principes volatils, résineux, etc. Juget-on les gargarismes par les effets qu'ils produisent , on voit qu'ils ont une action ou tonique, ou excitante, ou irritante , ou émollicnte, etc. Le mot gargarisme n'a donc qu'une seule valeur; il sert en matière médicale à annoncer que les agens auxquels on l'applique, quelles que soient d'ailleurs leurs qualités et leurs vertus , doivent agir sur la surface de la bouche et de la gorge.

Examinons un instant la structure , l'organisation de la partie du corps qui doit recevoir les médicamens dont nous parlons. Nous trouvons d'abord l'intérieur de la cavité buccale et gutturale , tapissé d'une membrane muqueuse sur laquelle les artères et les veines forment par leurs innombrables divisions un réseau capillaire très-abondant. Nous savons aussi qu'il y existe une grande quantité de filets nerveux , et que la sensibilité y est très-vive : on remarque sur cette surface une multitude de porcs absorbans ; on y a signalé une foule -de follicules qui habituellement fournissent des mucosités. Ce lieu est surtout remarquable par le nombre de conduits excréteurs qui partant a*es glandes salivaires , y amènent le produit de la sécrétion de ces dernières. N'oublions pas les tonsillcs ou les amygdales qui ont tant d'analogie avec les cryptes muqueux. Tel est l'état anatotnique de l'endroit que médicamentent les gargarismes. Il s'y fait habituellement une exhalation aqueuse et une sécrétion muqueuse , et c'est- là que la salive se forme. Or les gargarismes changent la situation vitale de cette surface j ils donnent un autre mode d'action aux organes qui y sont -y ils apportent enfin un changement, déterminé et prévu d'avance, dans Pexercicc des fonctions qui s'exécutent sur ce point du corps.

Il est important ici de noter que les gargarismes ne peuvent avoir qu'une action locale. La thérapeutique tire un grand parti de leur impression sur la gorge et la bouche , dans les affections qui ont leur siège dans ces lieux j mais elle ne doit pas en espérer d'autres services. En effet , l'activité des gargarismes n'a pas une sphère bien étendue ; elle ne dépasse pas le rayon que nous avons tracé. Ces agens ne peuvent rester assez longtemps en contact avec la surface muqueuse buccale et gutturale , pour que les suçoirs absorbans , disséminés sur elle , recueillent les molécules actives dont les gargarismes sont dépositaires , et les importent dans l'économie animale: ou au moini le produit de cette absorption ne pourra jamais

GAR 55i devenir assez fort pour qu'il en re'sulte des impressions sensibles sur tous les tissus vivans , des changemens appréciables dans les rnouvemens organiques , en un mot pour qu'il soit la cause d'une médication ge'ne'rale.

Aussi l'art de gue'rir n'a recours aux gargarismes que pour corriger l'e'tat morbifique de la gorge et de la bouche ; rarement il emploie ces agens contre d'autres maladies. Mais quand ces endroits sont atteints d'inflammations , de gonflemens fluxionnaires , d'ulcérations, etc. j que ces affections" offrent un caractère idiopathique, ou qu'elles soient seulement le symptôme d'un* autre maladie , tes gargarismes se montrent des secours très-efficaces.

Nous distinguerons plusieurs genres de gargarismes ; nous établirons cette distribution méthodique sur la nature de la force active de ces agens, et sur l'observation des changemens immédiats qu'ils provoquent dans les parties vivantes soumises à leur action.

Gargarismes toniques. Ces gargarismes sont ceux que l'on fait avec des substances d'une saveur amère ou styptique , dans lesquelles la chimie découvre une prédominance d'extractif, de tannin, d'acide gallique , etc. j le quinquina, les roses rouges, le cachou, l'aigremoine, la tormentille, l'écorce de grenade, la quintcfeuille, les feuilles de ronces , etc. , servent à former les gargarismes que nous avons ici en vue'; on les édulcore avec le miel rosat ou le sucre. On y ajoute aussi souvent du sulfate d'alumine.

Ces composés ont une action locale bien remarquable. Par leur impression immédiate , ils déterminent un resserrement fibrillairc dans toutes les parties'dc la bouche et de la gorge: ils réveillent et développent la force tonique sur la surface buccale et gutturale ; ils rappellent son énergie vitale , quand elle est affaiblie , et corrigent le relâchement morbifique dont elle pourrait être frappée.

•Ces gargarismer s'emploient avec succès dans les maux de gorge qui surviennent pendant le cours de fca fièvre adjrnamique , dans les esquinancies qui menacent de gangrène, à la lin de ces inflammations lorsqu'elles ont duré longtemps , et qu'elles ont laissé les divers tissus de la gorge dans une sorte de débilité morbifique. On s'en sert aussi avec succès dans les affections scorbutiques. Ces gargarismes resserrent avantageusement le tissu des gencives ..dissipent la fétidité de l'haleine qui tient au mauvais état de la bouche, etc. Les gargarismes , doués d'une faculté tonique , seraient nuisibles dans une esquinancie inflammatoire, dans une irritation de la membrane muqueuse de la bouche , etc. : lorsque les gargarismes toniques s'emploient pour dissiper un gonflement ato-

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nique des amygdales , un écoulement humoral qui reconnais la même cause , ou leur donne le titre d'astringens ou de réso'tttift.

Gargarismes excitons» Les ingrédiens de ces gargarismes contiennent une grande proportion de principes âcres , volatils et aromatiques , etc. ; tels sont le romarin , la sauge , la canelle , les feuilles de scordium , de rue, le cochlearia , la racine de raifort sauvage , etc. ; nous y ajouterons les (leurs de sureau, le mélilot. Ou ajoute souvent à ces gargarismes l'oxirael scillitique , l'alcool distillé de cochlearia , le vin antiacorbulique , etc. Tous les jours on faif un mélange de ces substances avec celles qui servent à former les gargarismes toniques ; on réunit alors dans un même composé une force complexe , une vertu tonique et une vertu excitante.

Les gargarismes excitans font sur l'intérieur de la bouche et de la gorge une impression stimulante. Ils provoquent un développement des propriétés vitales sur cette surface, ils la rendent plus rouge , plus chaude, plus vivante. L'exhalation qu'elle fournit , est augmentée ainsi que la sécrétion de la salive , et une grande quantité de liquide aqueux s'écoule de la bouche après leur emploi.

Ces gargarismes doivent être utiles dans les maladies avec faiblesse , avec débilité , lorsqu'elles aflecteut l'intérieur de la bouche ou de la gorge. Leur action réveillant la vitalité de ces lieux, peut concourir efficacement à les rappeler à leur état naturel. On les conseille dans les ulcérations scorbutiques, dans celles qui affectent les amygdales , etc. On s'en servira aussi avec avantage pour combattre les maladies des gencives. Les collutoires dans lesquels entre l'eau-de-vie de gayac se rapportent par leur manière d'agir aux gargarismes excitaus. Il est évideut que ces gargarismes doivent être proscrits, lorsque la gorge est atteinte d'une phlegraasic essentielle.

Gargarismes irritons. Les gargarisme» que nous avons ici en vue sont ceux que l'on forme avec des substances qui, appliquées sur la peau, irritent sa surface , et déterminent le phénomène de la rubéfaction. La pyrèthre, l'ammoniaque liquide, l'acide sulfurique, l'acide muriatique , le murîate ammoniacal, etc. , sont les ingrédient ordinaires de ces gargarismes: on les fait entrer dans ces composés pour une proportion telle, qu'ils exercent sur les parties vivantes que les gargarismes doivent toucher et humecter, une impression vive etasser profonde , sans cependant blesser ces parties , sans corroder les tissus dont elles sont formées. Il est aussi important de rappeler que l'on doit rejeter avec soin la liqueur de ces gargarismes après que l'ou s'en est servi pour humecter la gorge, et éviter autaut qu'il est possible d'en avaler.

Inaction des gargarismes irritons est facile à concevoir. Ils irritent l'intérieur de la bouche et de la gorge, ils appellent le sang sur cette surface , ils titillent les conduits excréteurs des laudes salivaires , et mettent par-là ces dernières dans un état 'orgasme nui donne lieu à l'excrétion d'une surabondance de salive : ils excitent aussi l'action des cryptes muqueux , et provoquent la formation d'une grande quantité de mucosités : l'exhalation aqueuse de la surface buccale augmente en même temps. Ces divers effets rendent bien raison de l'évacuation considérable d'humeurs qui a lieu par la bouche, lorsque l'on emploie ces agens. On pourrait dire qu'ils sont les purgatifs de cette partie du corps. Leur manière d'agir rend ces gargarismes des sialagogues ou des apophlegmalisans.

L'impression que font ces agens sur les parties vivantes avec lesquelles on tes met en contact, produit une chaleur cuisante . et cause souvent de la douleur. Ils déterminent même des excoriations superficielles , si on les laisse séjourner longtemps sur la membrane muqueuse , buccale et gutturale. Des ageus aussi actifs doivent se rendre très-utiles dans la thérapeutique , lorsqu'il existe des ulcérations dans la bouche et dans la gorge , et que l'on veut , en changeant le mode d'actionâdc la surface ulcérée , déterminer le travail de la cicatrisation ; alors on nomme ces gargarismes détersifs. Quelquefois on rend ces composés plus actifs , en augmentant la dose des substances irritantes et même caustiques qui entrent dans leur composition ) et pour éviter de léser les parties saines, on se contente de toucher avec un pinceau trempé dans la liqueur du gargarisme les endroits affectés d'ulcères. La préparation que Voit nomme si improprement collyre de La u franc se rapporte aux gargarismes (jui nous occupent.

On a aussi conseillé l'usage des gargarismes irritans dans la paralysie de la langue. L'impression qu'ils exercent sur toute la surface de la bouche, peut réveiller la sensibilité et surtout l'action contractile des muscles qui meuvent cet organe , et contribuer à guérir cet accident.

Les gargarismes dans lesquels entre le sublimé corrosif ont aussi une propriété irritante. Ils peuvent être avantageux par l'exercice seul de cette propriété , et souvent sans doute ils ont guéri -des maux de gorge qni n'avaient rien de vénérien. Mais ciuand les ulcères de la bouche ou du voile du palais reconnaissent pour cause un vice sinhilitique , les gargarismes mercoricls ont une double action, ils agissent contre le principe qui cirtretient les lésions locales ; de plus , en exerçant sur la surface ulcérée une vive irritation , ils déterminent sa cicatrisation.

Gargarismes émolliens. La gomme arabique , la gomme 17. 23

adraçant , ïa racine de guimauve , de grande consoude , les feuilles et les fleurs de guimauve , de mauve , de bouillonblanc , la graine de lin , l'orge entier ou mondé , les figues , les dattes, les jujubes , le lait, etc., etc. , sont les matière* avec lesquelles on compose ces gargarismes. Le mucilage , le sucre , la fe'ctile sont les principes constituans de ces composes : ils ne récèlent rien d aromatique , rien d'âcre , rien d excitant.

Ces gargarismes ne font point une impression bien marquée sur la surface buccale et gutturale ; dans l'état naturel , on aperçoit à peine un efiet , un changement que Ton puisse attribuer à leur action : mais lorsque la gorge est le siège d'un état inflammatoire, et qu'il y existe un gonflement douloureux, alors ces gargarismes exercent une influence qui décèle bien la puissance et le caractère de leur faculté médicinale ; ils détendent les tissus vivans qui sont engorgés, rouges et douloureux j ils calment l'exaltation que les propriétés vitales ont éprouvée dans ce lieu ; ils tendent à amener uue résolution favorable. Si ces gargarismes paraissent dans ces circonstances augmenter la sécrétion muqueuse et faire couler la salive , c'est qu'en relâchant toutes les parties de la bouche , ils ramènent la vitalité des organes sécréteurs et exhalans, qui en font partie, vers l'état naturel, et rétablissent par-là l'exercice de leur fonction.

On conçoit que ces gargarismes adoucissans sont les seuls qui conviennent dans les esquinancies inflammatoires , dans les gonflemens fluxionnaires des amygdales , et dans toutes les irritations vives de la membrane muqueuse qui recouvre la bouche et la gorge. On s'en sert aussi avec avantage dans les tuméfactions douloureuses du tissu des gencives.

Souvent dans les maux de gorge, la douleur oui accompagne chaque mouvement des piliers du voile du palais» est telle que les malades ne peuvent se gargariser. Dans ce cas, on se coutente de tenir dans la bouche la liqueur du gargarisme émollient, et de la promener doucement de tous les côtes; son impression sur la membrane muqueuse de la bouche se propage par contiguïté jusque sur les parties enflammées ; les vapeurs qui s'en élèvent agissent directement sur ces dernières ; le malade éprouve du soulagement de l'usage de ces movens topiques.

Gargarismes narcotiques. L'opium et ses nombreuses préparations forment la base de ces gargarismes. Ajoute-t-on à un gargarisme fait avec une décoction ou une solution mucilagineusc , un composé opiatique , la propriété émolliente est remplacée par une propriété narcotique.

Les gargarismes narcotiques exercent sur les organes gut-

luraux une action stupéfiante. Lorsque ces organes son! actuellement atteints d une fluxion inflammatoire , ces gargarisme!, administrés avec méthode , peuveut calmer l'exaltation de la vitalité dans ces parties, apaiser la douleur, en diminuant la sensibilité , et disposer les choses à une prompte résolution.

On donne avec avantage des gargarismes opiacés pour calmer l'irritation de la bouche dans la salivation mercurielle. On ajoute même le laudanum liquide de Sydenham à la tisane ordinaire des malades à la dose de quinze à vingt gouttes par pinte de liquide , pour atteindre le même but ( Lngneau , Mal. véhe'n'en). On conçoit que l'opium , soit que, pris eu tisane, il exerce sur tonte l'économie vivante son influence débilitante , soit nue , mêlé aux gargarismes , il n'agisse que sur l'intérieur de la bouche , affaiblira toujours la sensibilité générale , apaisera l'orgasme des glandes salivaires, et arrêtera les progrès du travail organique de la salivation.

Gargarismes tempérons. Ces gargarismes se font avec 1rs acides végétaux , le suc de citron , de limon , de groseilles , de mûres , le vinaigre , l'oximel simple , etc. , etc. On emploie fréquemment le sirop de vinaigre framboisé , le sirop de mûres , etc. , pour composer des gargarismes.

Les gargarismes acidulés ont une action tempérante. Us tendent à réprimer la trop grande activité des vaisseaux capillaires qui recouvrent la membrane muqueuse de la bouche et de la

S orge, a éteindre la chaleur pénible , l'ardeur que l'irritation e ces parties fait éprouver. L'effet que ces gargarismes produisent sur la surface buccale et gutturale est le même qun celui qui se nomme effet répercussif , lorsqu'il se passe sur la peau. Leur impression immédiate sur l'intérieur de la bouche donne aussi lieu à une excrétion abondante de mucosités et de salive. On a recours aux gargarismes acides dans la plupart des angines inflammatoires : l'expérience a prouvé leur utilité. Il est peu de maux de gorge dans lesquels on ne se serve de sirop de mûres j c'est une pratique populaire, et qui sans doute a pris naissance dans l'observation réitérée des avantages que procure ce sirop acidulé et mucilagineux dan» les maladies dont nous parlons. (barbier)

G A HOU , s. m. , daphne. Les botanistes appellent ainsi nn genre d'arbrisseaux , oct. monog. , L. , th ymélées , J. , remarquables par l'âcreté et la causticité dont toutes leurs parties sont douées , et à raison desquelles ces plantes occupent une place assez distinguée dans la matière médicale. Les espèces usitées sont le bois gentil , daphne mesereum ; le ça-» rou ordinaire, daphne laureola ; la.lauréole paniculfe , daplui$ gnidium ; et le daphne largetto.

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La vertu Acre et stimulante des daphruS réside principalement dans l'écorce de leur racine. C'est aussi à peu près la seule partie dont on se serve , celle à laquelle est réservée en médecine la dénomination spéciale de garou. Cette écorce , blanchâtre , tenace , molle , soyeuse , est recouverte d'un épiderme poli , n'a point d'odeur , et parait , au premier abord , dépourvue de saveur j mais si on la garde dans sa bouche , surtout lorsqu'elle est fraîche , elle ne tarde pas à exciter une phlogose assez vive , qui se prolonge pendant un laps de temps plus ou moins long , et qui ne cède pas de suite aux. gargarisme s avec l'eau fraîche. Depuis quelques années on remploie assez fréquemment en Europe , comme épispastique. C'est en 1767 que le médecin Leroy fixa , d'une manière spéciale , l'attention sur elle. Avant cette époque , les propriétés n'en étaient guère connues que par les hahitans du pays d'Aunis. Le procédé très-«imple qu'employaient ces derniers , est encore celui qu'on met aujourd'hui en usage pour l'appliquer. On prend un ses nient d'ecorce , long d'un pouce environ , et large de huit lignes : on le fait tremper , pour le ramollir , dans du vinaigre ou de l'eau tiède , avec l'attention de l'y laisser huit à dix heures , s'il est sec ; ensuite on l'éteud'sur la peau , on le couvre d'une feuille de lierre ou de plantain , et on le fixe au moyen d'une petite bande.

Cet exutoire agit lentement. Il faut avoir soin de renouveler l'écorce malin et soir pendant les premiers jours ; mais une fois le mouvement fluxionnaire établi , il suflit de la changer tous les jours ou même tous les deux jours. Le garou ne fomie jamais ni plaie , ni excavation , comme il n'arrive que trop aux vésicatoires ordinaires. L'épiderme seul est atta-

3ué , et la place où il a été déchiré ne laisse suinter que 'abondantes sérosités. Mais les démangeaisons qui suivent l'application de cette écorce , qui durent au moins six ou dix jours , et qui sont fréquemment excessives , l'inflammation considérable et même les graves érysipèles qu'elle suscite

3uelquefois , l'obligation qu'elle suppose de la renouveler à es époques assez rapprochées , la lenteur de son action , telle que l'épiderme ne se détache que du second au troisième jour, enfin l'inertie absolue dont elle fait preuve chez certains individus , toutes ces circonstances la mettent fort au-dessous des vésicatoires , surtout depuis que l'invention du taffetas épispatique a délivré des justes craintes que l'influence des cantharides sur la vessie inspirait dans plus d'une occasion. Au reste , l'inflammation et les démangeaisons que le garou occasionne , cèdent aisément aux lotions avec l'eau

tiède ou Veau de guimauve .^>n se sert , dit-on , de ce moyeu en Suède , pour se garantir des suites de la morsure des vi-

C»res. Autrefois ou remplaçait souvent le séton dans les madies chroniques des yeux , par l'insertion d'un morceau arrondi de garou dans un trou pratiqué au lobe de l'oreille.

Les baies des différentes espèces de daphne jouissent de propriétés fortement purgatives. On cite l'histoire d'un enfant dont elles causèrent la mort : 6a mère les lui avait fait prendre pour le guérir d'une fièvre quarte. Divers voyageurs assurent cependant que les Japons y ont recours avec succès dans quelques occurrences. Plusieurs médecins ont tenté d'utiliser les propriétés excitantes de l'écorce de la racine , en l'administrant à l'intérieur , soit seule , soit alliée à d'autres substances. Jean Andrée préconise singulièrement la décoction de racine de bois gentil : c'est , suivant lui , le meilleur moven qu'on puisse employer pour guérir les maladies cutanées et les douleurs estéocopes vénériennes. La dose est d'uue demi-once pour quatre pintes d'eau. On a coutume de la combiner avec de la salsepareille. Le docteur Schwecliauer assure l'avoir vu réussir unie au gayac. Suivant le docteur Wright , le daphne latgeito jouit de propriétés antisyphilitiques encore plus prononcées, fia décoction du daphne mezereum et du daphne laureola a montré pareillement de l'efficacité dans les affections scrophuleuses ; elle a été conseillée dans les indurations chroniques de la prostate ; et les cataplasmes préparés avec elle ont souvent réussi à dissiper des engorgemeus glandulaires opiniâtres.

Plusieurs daphne Mirent 011 teinture : ils fournissent une assez belle couleur jaune. (joordan)

leroy (jacqncs Agathange), Essai sur Pusaee et In effets de l'eccrccde garou,

ou Traité des cxtitoires; in-ia. Parts, 1 — tbid. 1774* — Traduit en

allemand, par Jnrickerj in-8°. Strasbourg, 1773.

Le judicieux Murray reproche avec raison au docteur- Leroy de s'être ahan-

donne à des explications frivoles , et au traducteur allemand d'avoir plus d'una

fois altéré le sens du texte original, •osa (1. a.;, De coHuc thyinolcta:, Diss. in-4°. Lugduni Balavorum,

XA5CUKE (chrétien nenri), Super daphne s gnulii usu epispastico pauca qtue*

thim , Diss. mmg, pnes. Pctr. Imttuin. Hartmann; iu-4°. Francofurtiad

Kiadnim , 37 sept . 1 780.

jrsn (charte* Guillaume), De thymvt.rd mezerco, ejusque v'uibus usuqua

medico; Diss. in-6°. Muiituigi , 1 7«jd.

G ASTER , s. m., çaster des Latins, yetçlnç des Grecs; mot grec conservé par les Latins dans leur langage médical , ek usité quelquefois aussi , quoique fort rarement, en français. Dans Galicu , il désigne Tabdonitu ou le ventre tout entier.

Mais Hippocrale s'en est servi pour exprimer l'estomac em particulier, acception qu'ont adoptée Barlholin, Willis et beaucoup d'autres anatomistes. Souvent il signifie , dans les livres du père de la médecine, tout le canal intestinal, y comprit l'estomac, et souvent aussi la matrice seulement, (joorda*) GASTRALGIE , s. f. , gastralgia , de yarrnp, estomac , et tthyof , douleur. Ce terme, que les pathologistes emploient fort rarement , est tout à la fois très-concis , très-expressif , et n'a rien de contraire à l'euphonie. On pourrait s'en servir pour désigner ce qu'on appelle communément mal d'estomac , douleur d'estomac. Il parait qu'on donne la préférence au mot çastrodjnie , qui signifie la même chose Voyez cardialgie ,

GASTROOYXÎE.

GASTRICITÉ , s. f. , gastricitas, de yttfrnp , ventre. Certains patliologistes ont désigné sous celte dénomination l'état sahurral des premières voies. Si cette expression n'a pas toute la justesse désirable, elle est du moins infiniment préférable à celle d'appareil gastrique , qui doit signifier tout autre chose qu'une affection pathologique Voyez embarras gastrique ,

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