G AY
abdominal, au lieu d'être l'efïct Je la fièvre, en est le plus souvent la cause réelle. Cela est si vrai que , si l'on parvient a re'soudre l'engorgement , la fièvre ne revient plus , et qu'au contraire elle est sujette à des récidives saus nombre , tant eue le gâteau abdominal subsiste. Ce dernier, à la vérité , se dérobe souvent à la connaissance du médecin , surtout dans le commencement de sa formation , parce qu'eu effet le foie , la rate, le pancréas , les glandes mésentériques , sont susceptibles de s'engorger lentement , silencieusement , sans éprouver de vives douleurs; d'où il résulte que fréquemment fa cause fébrile précède de beaucoup l'explosion de la fièvre. Aussi les intermittentes opiniâtres nous semblent-elles devoir provoquer fortement l'attention de l'homme de l'art : il doit rechercher avec soin s'il n'existe pas quelque vice organique , capable de renouveler et d'entretenir périodiquement les accès fébriles. Une autre considération qui vient à l'appui de notre opinion , c'est que la fièvre elle-même est très-souvent un moyen que la nature met eu œuvre pour opérer la solution des empâte* menschroniques ; et l'art n'imite-t-il pas dans ces cas le procède'de la nature , lorsqu'il administre des médicamrns Ironiques excitans, pour réveiller les forces digestives , accélérer le mouvement circulatoire général, régulariser les sécrétions , etc. , etc. ?
Quoiqu'il en soit, c'est par le quinquina que l'on doit attaquer le gâteau fébrile. Les médicamens appelés fondans , apéritifs, seraient sans succès L'ccorce du i'érou doit être donnée ici d'une main libérale , en proportionnant néanmoins les doses de cette substance à l'éteudue et au volume de l'engorgement, à son ancienneté, et en prenant en considération le type de la fièvre , l'âge et les forces du sujet , l'espèce d'organe affecté, la nature des complications, s'il eu existe, etc.
En général , ces engorgemens chroniques réclament un long usage du quinquina. On reconnaît l'efficacité de ce médicament , à la diminution progressive de la tumeur, et, à la disparition des paroxysmes fébriles périodiques. Lorsque ce moyen reste impuissant , on doit soupçonner une dégénération organique profonde, qui se terminera tôt ou tard par l'iiydropisie et la mort. Voyez fièvre intermittente.
(REJI AULDin)
GAYAC, s. m., guajacum officinale. Décandrie monogynie, L., rutacées , J. Cet arbre, dont l'introduction, dans la matière médicale, date de près de trois siècles, est indigène de l'Amérique méridionale; il croit particulièrement au Brésil et à Saint-Domingue ; il est d'une grosseur médiocre , et s'élève assez ordinairement à la hauteur du frêne; ses feuilles toujours vertei bout simples , obtuses , munies de sti-
pules; le fruit, d'un jaune pâle , approche par sa forme de la châtaigne. Le gayac est répandu dans le commerce sous la forme de fragmens plus ou moins volumineux ; mais plus souvent on le trouve raye'. L'écorcc à laquelle on attribue des propriétés supérieures à celles du bois, est ligneuse, dure, difficile à rompre , grise à l'extérieur , parsemée de taches vertes, brunes et blanchâtres. Le bois est d'un tissu très-serré, dur, pesant, difficile à fendre ou à scier; il a une couleur jaune de buis qui se rembrunit vers le centre ; l'odeur aromatique qu'il exhale est peu marquée d'abord , mais elle devient très-sensible par le frottement ; sa saveur est amère , légèrement âcre , résineuse; plus il est odorant et amer, plus ses vertus sont énergiques : lorsqu'on le fait bouillir dans Peau, il prend une couleur verdâtre. Il est difficile de sophistiquer le gayac lorsqu'il est en bûches; mais la fraude devient plus facile quand il est râpé ou en poudre. Dans le pays où croit cet arbre, on le prend le plus récent possible, et en général on donne la préférence aux rameaux les plus minces, parce qu'ils sont légèrement purgatifs; mais ces petites branches se dessèchent promptement, et perdent une grande partie de leurs propriétés lorsqu'on les transporte au loin. Le meilleur bois qu'on trouve dans le commerce, est , en conséquence, celui
3ui est d'un volume médiocre, légèrement onctueux, non esséché ni vermoulu , et dont toutes les parties sont parfaitement jauues, à l'exception du cœur qui doit être d'un brua foncé.
11 s'exhale naturellement de l'écorce de cet arbre un suc gommo-résineux , qu'on obtient plus abondamment encore en pratiquant des incisions sur le tronc et les branches. Il est friable, d'une couleur verdâtre ou grise, offrant l'éclat des matières résineuses , répandant une odeur suave lorsqu'on le jette sur des charbons ardens. On regarde généralement ce suc comme une gomme résine ; mais , d'après les expériences de Brandc, il possède quelques propriétés particulières qui paraissent tenir à un principe Sut generis. C'est ainsi que sa couleur primitive est susceptible d'éprouver plusieurs changemens remarquables par la simple exposition à l'air; c'est ainsi encore qu'il se précipite sous des teintes très- variées lorsqu'on traite sa solution alcoolique par les acides. L'action de l'acide nitrique, concentré sur cette substance, y détermine la formation d'acide oxalique, tandis que c? même acide étendu d'eau en sépare une matière dont les propriétés résineuses sont plus marquées. Le suc gommo-résineux du gavac se dissout entièrement dans l'alcool. L'eau n'en dissout 'qu'une petite quantité (System ofmaieria medica and pharmacr » bv John Murray, Edinburgh , i8i5, vol. i, pag. /,o4). On i'a Itère
fréquemment dans le commerce, en y mêlnnt delà colophane, le baume de soufre ou d'autres substances; mais il est aisé de le reconnaitre à l'odeur qui s'en dégage lorsqu'on le jette sur des charbons ardens. Quelquefois aussi on lui substitue l'extrait du bois qui est entièrement résineux , et qui , selon la remarque de Jean-André Murray, est beaucoup plus amer que la gomme résine (Apparat, medicamin. , vol. ni , pag. 407 ).
Les propriétés générales du gayac sont de stimuler les tissus organiques , de provoquer une action assefc vive vers la peau, et par suite des sueurs plus ou moins considérables. Dans certains cas, il dirige ses cflets sur d'autres organes; il détermine des salivations , des évacuations alvincs, des urines copieuses. Le gayac a subi le sort de plusieurs autres médicamens exotiques; il fut considéré d'abord comme un remède presque miraculeux , et peu à peu on tomba à sou égard dans uue sorte d'indifférence qu'il est loin de mériter : peut-être faudrait-il étudier de nouveau son action , en se tenant soigneusement en garde des exagérations des uns et des autres. L'histoire du gayac se lie à une des époques les plus mémorables de la médecine, l'invasion de la maladie syphilitique. Il fut conuu en Europe très-peu d'années après l'apparition de ce fléau ; mais ce ne fut qu'en 1617 et en i5i8 que Nie. Poil et Léon. Schmauss le mirent en vogue par leurs écrits. L'illustre chevalier Ulrich de Hutten contribua surtout à étendre la réputation du gayac par les éloges qu'il lui prodigua. Ce guerrier célèbre était en proie à tous les accidens les plus terribles de la syphilis; il avait subi onze fois le traitement par le mercure , et il était daus l'état le plus déplorable lorsqu'il eut recours au gayac. Ce fut, à ce qu'il assure, ce remède seul qui le délivra de tous ses maux : aussi lui voua-t-il une espèce de culte dans l'ouvrage qu'il publia. Musa Brasavola, Nicolas Massa et d'autres médecins célèbres de l'Italie, multi-
Ïdièrent les observations sur ce remède héroïque. Fracaslor ui consacra une grande partie du troisième livre de son poeme , et sut revêtir des couleurs brillantes d'une poésie harmonieuse, une foule de détails arides et les règles sévères qui étaient imposées à ceux qui en faisaient usage (Syphilis , lib. Ill , pag. io5). Enfin ce fut un enthousiasme universel pendant tout le seizième siècle, et il n'était question que des cures merveilleuses opérées par ce nouveau moven. Toutefois il ne parait pas difficile de comprendre tous les succès du gayac à cette époque; quand on songe à tous les accidens qui résultaient de l'usage du mercure; les malades en étaient gorgés à plusieurs reprises , des salivations affreuses se manifestaient en l'accompagnant d'uue foule de symptômes les plus graves , sans que le p!us souvent la maladie vénéricuoe fut eulièrcoveu*
dcrarinée. Le gayac , administre dans ces circonstances , produisait les mêmes effets qu'on obtient encore aujourd'hui de la s.iiseparcilloou des autres bois sudorifiques donnes après un traitement mercuiiel pousse' trop loin. Les symptômes s'apaisaient, tes accidens disparaissaient, et ta maladie vénérienne , exaspérée par les moyens violens qu'on lui avait d'abord opposes , cédait à un traitement plus sage et à un régime plus convenable. En parcourant l'immense se'ric de faits consigne'* dans les auteurs sur les effets du gayac, on voit positivement qu'il n'a réussi que dans les cas où l'on avait précédemment employé le mercure ; il n'qgiste pas un seul exemple bien avéré, au moins dans nos climats, d'une affection vénérienne > constitutionnelle , radicalement guérie par ce seul moyen. Dans toutes les observations, rapportées par Massa , Nie. Poil et Kernel , on voit des malades qui étaient épuisés par plusieurs trailemens mercuricls successifs, cl auxquels on n'administrait le gayac qu'après avoir vainement essayé tous les autres moyens. Les expériences de John Hunier (On vcncreal diseases) , celles de Benjamin Bell (Traité de lu gonorrhe'e virulente, etc., trad. de Bosquillon, vol.?., pag. 5S8), bien que favorables à ce médicament, puisqu'elles semblent prouver qu'il a dissipé pour quelque temps des symptômes syphilitiques bien caractérisés , ne peuvent empêcher de regarder comme démontré, au moins jusqu'à ce que des essais continues pendant longtemps, et variés sur un certain nombre d'individus , viennent modifier les idées des praticiens sur ce point si important, que le gayac ne détruit point le virus syphilitique, et qu'on ne saurait se lier à ce seul moyen dans des maladies qui sont produites par ce virus. Les médecins du quinzième siècle prescrivaient un régime très-rigoureux aux malades qu'ils traitaient par le gayac , et ils y attachaient une extrême importance. Toutefois les méthodes qu'ils suivaient sont présentées avec tant de détails dans la traduction de l'ouvrage de Bell, par M. Bosquillon, et dans la dissertation de M Callericr neveu, qu'il serait tout-à-fait superflu d'en parler ici. Je rappellerai seulement que Bocrhaave , qui montrait une grande vénération pour le gayac, ajouta des modifications utiles à la méthode de Hutten; en même temps qu'il administrait la décoction de ce bois à L'intérieur, il soumettait le malade à des fumigations alcooliques qui augmentaient considérablement les sueurs. On a pu se convaincre très-souvent des avantages de ce dernier moyen , depuis l'établissement d une éluve humide à l'hôpital Saint-Louis. J'ai vu constamment que les bains de vapeurs, combinés avec un traitement méthodique, hâtaient la cure des maladies les plus invétérées, il dissipaient beaucoup plus promptemcul les
symptômes les plus graves, tels que les douleurs ostc'ocopes, les exostoses , cte.
Les propriétés actives du gayac devaient nécessairement le faire essayer dans quelques autres maladies ; on s'assura bientôt de ses bons effets dans la goutte atonique Soleuander et Tode ont publié des observation-* très-intéressantes à ce sujet. Bartlwz regarde la gomme re'sine de gayac comme un des remèdes les plus sûrs et les plusuliles dans la goutte habituelle et chronique ( Tmilè des maladies goutteuses , premier vol. t pag. 148). Il est des cas néanmoins où il faut se méfier des diaphoniques trop actifs, et BarlhfZ lui-même a vu le gayac donner lieu a des céphalalgies très-vives et à des hémorragies.
Les médecins anglais ont particulièrement insisté sur les avantages du gayac dans le rhumatisme chronique. Pringle aflirme avoir obtenu les meilleurs effets de la gomme résiue, administrée à une dose un peu considérable à l'heure du coucher {Diseases of iheanny , p. 161 ). Cla»k vent qu'on alterne l'usage de cette gomme résine avec la poudre de Dover {Observ* on the diseases in long voyages to hot coun tries , in-8° ) , et liarthez regarde le baume de gayac comme un excellent moyen à opposer aux rhumatismes des individus phlegmatiques ( op. cit. ).
On recommande assez fréquemment le gayac ou la gomme résine dans quelques maladies cutanées ; il me semble, toutefois , qu'il est des circonstances où il est prudent de s'abstenir de ce moyen : j'ai vu des éruptions de la face s'aggraver manifestement après un usage assez court de cette dernière substance. Peut être conviendrait-il de ne l'employer que dans les dartres accompagnées d'une débilité générale, et dans lesquelles il importe de réveiller l'énergie du système dernwrlcpar les stiraulans pris intérieurement , en même temps qu'on agit sur la peau elle-même par des applications appropriées. Je ne dois point omettre de mentionner les expériences de John Hunter, sur les effets de l'application externe de la gomme résine de gayac. Ce chirurgien célèbre a vu des ulcères syphilitiques de la peau qui avaient résisté à plusieurs moyens , céder promptement à celui-ci.
On administre le gnyac sous des formes très-variées ; la décoction du bois était particulièrement en usage dans le seizième siècle : Hutten , Poil, Massa , recommandaient des décoctions très- rapprochées ; les uns faisaient d'abord macérer la râpurc du bois, pendant vingt-quatre heures , dans de l'eau froide , avant de la faire bouillir : les autres préféraient le vin pour véhicule, en y mêlant cependant une certaine proportion d'eau. De nos jours, il est assez rare qu'on administre le gayac seul en décoction $ on le combine le plus ordinairement avec
la salsepareille, le sassafras et la squine, réunion qui a certainement quelque chose d'empirique, mais que l'habitude a eu quelque sorte consacrée. Pour préparer la décoction de gayac, on fait bouillir cent cinquante parties d'eau sur dix parties de ce bois râpé; on entretient l'ébullition jusqu'à ce qu'il ne reste que cent parties de liquide ; on édulcore convenablement, et on administre ce liquide par verres à des intervalles convenus.
La gomme résine de gavac est d'un emploi beaucoup plus commode , et par cela même plus fréquent. Toutefois on a remarqué que dans le traitement des maladies vénériennes chroniques , elle n'avait pas les mêmes avantages que la décoction du bois : ses effets paraissent beaucoup mieux appropriés dans les cas de goutte asthéniqne ou de rhumatisme chronique. Quelques praticiens la regardent comme éminemment utile dans les blennorrhécs qui ont résisté à tous les autres moyens. On peut l'administrer en substance sous forme de pilules ou d'électuaire , en suspension dans un véhicule aqueux et en solution alcoolique. En pilules , on la triture et on la mole avec partie égale de poudre inerte, et quantité suffisante de sirop ou de miel. Pour l'avoir à l'état de suspension aqueuse, on la réduit en poudre très-fine, on la mêle avec vingt parties de sucre, une demi-partie de poudre dégomme adraganf , et on y ajoute successivement cent parties d'eau. On obtient la solution alcoolique en faisant dissoudre quatre pnrtics de gomme résine dans cent parties d'alcool , à dix -j- o. On trouve dans les Pharmacopées de Londres et d'Edimbourg, la formule d'une teinture volatile de gavac, qui n*est autre chose que la dissolution de la gomme résine dans l'alcool ammoniacal. Cette préparation fort active doit être administrée avec quelque ménagement; Cullen la regarde comme peu avantageuse. La dose de cette teinture est de vingt grains à un gros, convenablement étendue; celte de la gomme résine en poudre , en pilules ou en électuaire , est de dix à vingt grains. Celle substance forme la base de quelques arcanes que des empiriques distribuent sous le nom d'élixir anligoutteux , etc. Voyez salsepareille, sassafras, squine, sudo-
KIFIQUE , SYPHILIS. (biETT)
ftCHMArs (Léonard), Lucnbratiuncula de morbo gallico et curd ejus non ter rcpcrld cum ligno itulicn ; in -8°. *4ngustœ Pindcliconimy i5i8.
It pnraît que ce médecin bavarois est ie premier ccrirain qui ait mentionné et préconisé le gavac.
BUTTE!» fclricde). De guaiaci meâicinâ et morbo gallico libellai ; in-^°. Moguntiœ , i5iy- — Ibid. in-8°. i5a4 ; i53i. — In«4°. Bonnnitr, i5at. — Traduit en français par Jrin Chéradame; i»-4°. L?on. — Traduit cei allemand; in-.{0. tip. l'Sig. — Traduit en anglais par Thomas Pjyucll , in- 80. Londres, i$3C; l53o; iS^l.
Enthousiaste du gayac, comme Gonsalre Fcrrando, parce qu'il Kû dei^t
Digitizc
également la goérison d'une siphilis invétérée , i! chanta pareillement les louanges de ce bois , dont l'usage est effectivement suivi du plus heureux •accès dans certains cas où le mercure a été administré sans uisennement . SBTHfcft court (jacques de), Nova pœnitentialis quadragesima , nec non purgatorium in m» hum gaUicum , seu venereum ; unit eu m dialogo aquœ argenli et ligni guaiaci colluctanlium super dicti morbi curationis prœ/aUtrii , opus Jructtfcrum; in-8°. -Paris Us , i5v].
Ce titre métaphorique payait pour très-ingénienx an seizième siècle, et l'on a vu de nos jours renouveler de pareilles gentillesses, qui n'obtiennent plus, à la vérité, les mêmes applai»disscmcns. Le carême représente le traitement par le gayac, qui exige une diète longue et rigoureuse; le purgatoire exprime la salivation inercuriellc. Quoi qn'il en soit , l'ouvrage de Bclhcncout t mérite une mention particulière : ce médecin normand [tasse pour le premier qui ait écrit en France sur la siphilis, et lui ait imposé le nom de maladie vénérienne.
delcado (François), Del modo di adoperare il legno santo , ovuem delmodo che si guarisca il mal j 'rancese cd ogni mal incurabile ; cVst-à-dirc, De la manière Remployer le saint bois, ou des moyens de guérir la vérole et les autres maladies incurables ; in-4°. Venise, 1 5'J().
Cet opuscule, écrit en italien par un prêtre espagnol, qui pendant vingt-trois années tut tourmenté par la siphilis, est singulièrement remarquable sous plu— aieurs rapports. Souillé de contes absurdes et d'assertions mensongères , il est terminé par un privilège du Pape Clément vu, en forme de bulle. L'ignorance et le charlatanisme de l'auteur sont peints de main de maître par le savant Astruc : Non chaiitatis zelo , de quo Utmen gloriatur, sed pntiits quœsltls causâ Lbrum suum conscripsisse videtur : siquùlem miris lauaibus effert virtutes eleciuarii cujusdam quod ex ipso guaiaco prœparabat, cuj>js ejfficaciam ejfficaciœ ligni ipsius recentis et viridis parem esse deprœdicat , sed cujus prarparandi modum de industrid rcticel . '/•'""' fraudes vendtlatoris remediorum , artesque diribiloris ar-
canorum apertè redolet, qui sibi semilam non sapiunt, altcri momtrant viam.
roLL flicolat), De curd morbi gallici per lignum guajracanum libellas ; in-{°. Pêne liis, 1 535. — Id. in-4°. Basiletr , 1 536.
La dédicace au cardinal Lange est du 19 décembre i.lr, et les bibliographes assurent que la première édition de l'opuscule date de la même année; ce qui assignerait h Poil la priorité sur tons ceux qui ont mentionné et fastncuscmtnt préconisé le gayac : In quibusilam, detperationis causd , nihil medicinarum applicatum fuerat , quorum poslea omnium per guayacanum lignum curatio quasi pro miraculo ab omnibus habita fuit : hœt erum, uno quasi et eodem lemporc, tria j ère hominum milita ad bonaui valeUtdinem rcduxit , qui post convalcsccntiam sibi ipsis renati videbanlur.
ferri (Alphonse), De ligni sancti multiplici medicitui et vini exhibilionc libri quatuor -, in-4°. liomœ , 1 537- — Id. in-8°. Jiasilcœ , 1 538. — Id. in-ia. Parisiij, i53g; t5j?. — Id. in-u. Lugduni, i5^*\ — Traduit en français par Nicolas Michel; in-8°. Poitiers, i5:jo; i5^6; i55o. — Traduit' en allcmaod par Gautier Hcrman Rj fT, qui oublia «le nomme» raideur; in-8°. Strasbourg, i5+i.
Le gayac est présenté comme une sorte de panacée propre a guérir les maia'lics les plu» dissemblables , et notamment la siphilis , dont il est pro<-l;:tué Je spécifique. Fcrii avoue néanmoins que dan» certains cas rares le mal e$ tellement opiniâtre, qu'on est forcé de recourir au mercure . Cette psodueliou rte manque [Mis d'intérêt; aussi fut-elle généralement accueillie.
itc.io (Antoine) , eu lutin G allas t De ligno sancto non permiscendo ; in-8J . Pu ris ii s , l5Jo.
L'auteur donne des détails étcnJ;:s et assez exacts sut le mercure et diverses
««pirations cîe ce nv-tal qui contribue puissamment à guérir la vérole; m.v»
cette gnérisoo a besoin d'être c«»mpietée , cimentée par le gayac , et par le gayac m*uI, qui poitedc ie préewi-x avantage d'cxtiiper ju»qu'aux dernière» racines du mal.
FCC h s on fi'sch (Rcmacle), Murbi hispanici. quem alii gallirum, tdti neapnlilanum appellent, turattdt per Uunt inuiti , qwd guayatum iu/gà tin ta i .it t octum, eiqutMiismma metbo^us; m qud pL, nma ex 1 eterum nu fie rum sementul ad n>>vi itu-rbi rttrutiontm magis absolu lam , me— dita theoi cnuita ercutiuntur . in- f\ - . Parisiù , i : \ i .
Bio>o<< niclicl An -e . De origine mnrt>i guflici deque ligni indici ancipiti proprtetatc ; in-K«\ f'rneltt»^ 1 54'*-
L'autci i A II ree d\m»in;ci le» éloge» que l\»n prodiguait an gavac : il sonnent, i l'api è» sou expérience , que ce boi* est un «ample [<alîialiff dont il faut se défier*
HEHOKl t,LiV!inio , Disputmio apologrtica Je indole ar qualitate guaraci et snLœ-purdla: , advenus Hicr»nymum AJuiettum ; in-4©. Bononîce,
L»- gayac est-il plus Acre et plu» rhaud que la saisrparcille ? telle est Popininn de Keltoti , Cotnhaltue pat Jéiôme "Minelli, dans on maigre opuscule intitulé : Quœsiio non minkt pulchra quant Utilii, de sarzœ-parillœ et ligni >nncti viribus.
MccoLOMivi (sesttfo), Ephinla ad Corradum A rnobhun , in qud pmbal lignum Corradi eue veranx et optiniam spetiem ligni sancti; io-4°. Romœ, j bo t .
Le droguitte hollandais Conrad Arnold avait expédie h Rome une grande quantité de gayac; mai» on refila de paver , »ous prétexte que le bois reçu de Ho' lande nVlait pas du vrai gayac. lx* |\ipe Clément vit chargea les médecins et les droguistes de décider la question. Les a*is ne fttrcnl pat unanimes. PiccoLmini et Cintio Clémente plaidèn nt la cause «l'Arnold : Démet rio Cane vaii prouva au contiaiie, dans son Cnmmentariits de ligna sancto, que le négociant batave avait trompe la confiance tle ses correspondait*.
ItJhCKER (jean), Çntnpendinsa methndus therapeutica, qud mnrbonwt ferè incurabiUum medicatinnes dneeniur per s:latn diœlam et ligni gumaci divers intedè preeparati adminislrationem ; in- 4°- F.rjordiat , ioa{.
rpinr i i< i (jean Atnoud), De guaiaco, Diss. inaug. resp. Georg. Keyser, io-4°. lenœ, 166a.
short (rhilippc) , / e medicatâ guaiaci virtute , Dits, inaug. in-4°. duni Batavnrum, a8 jul. 1719.
crl'mer (chrétien odcfioi'. De tpecifico antipodagrica nmericano (guaiaco), Diss. in-4°. lenct , 17^8. — Insérée dans le tome 4 dn Syllogc de Baklingcr.
acKBRMANN (jean rrédéne) , De iincuirat guayacmœ virtute antarthhticd ; Diss. inaug. resp. Ecklmf ; in-4°. Kiloniœ, 178a.
GAZ, s. m. gas. Ce mot, dont on ne connaît pas hien l'clymologie, a d'abord ét«5 donné par Van Helmont au fluide élastique u;ai se dégage de la fermentation vineuse , c'est-àdire à l'acide carbonique. Il a ensuite été appliqué , comme déuominalion générique , à tous les fluides élastiques perma- *iens, c'est-à-dire qui conservent leur état élastique à toutes les températures. C'est cette permanence de la fluidité élastique des gaz, qui les fait différer des vapeurs. En effet , celles-ci ne conservent leur état aériforme qu'à une température plus ou moins elevée, et prennent l'état liquide ou même l'état solide
par l'action du froid , par exemple , à zéro, ou à quelque degré' audessous. Telles sont les vapeurs aqueuse , alcoolique, élhérco, acétique.
Quoique les gaz conservent leur état aériforme à toutes les températures, c'est à la force expansive du calorique qu'est du l'état gazeux; de manière qu'on peut considérer les gaz comme des corps maintenus à l'état aériforme par leur combinaison avec le calorique.
Les gaz ont beaucoup de propriétés communes avec l'air atmosphérique, qui, lui-même, comme nous l'avons vu, est un composé gazeux. Ainsi , ils sont tous pondérables : leur élasticité est , comme celle de l'air, en raison de la force qui les comprime et de leur température. Us sont indéfiniment compressibles et dilatables ; ainsi les variations de volume qu'ils
Ïicuvent éprouver, n'ont pas de bornes. Tous dégagent du caorique par la compression. Us suivent lous^ ainsi que l'ont prouvé M. Dalton, en Angleterre , et M. Gay-Lussac, à Paris , la même loi dans leur dilatation , qui est, pour chaque degré du thermomètre centigrade, de 77775 de leur volume à zéro , sous la pression atmosphérique. Ku effet, l'expérience a démontré à ces savans qu'un gaz quelconque , en passant de o° à io° , se dilate autaut qu'en passant de io° à ;.o^ , de 200 à 5o° j et qu'enfin , en passant de o° à 1000, il se dilate de 0,575 de son volume. Or , puisque la dilatation est la même en passant de o° à io° , de io° à 20*, de 20" à 5o° , etc. , il s'ensuit que, par chaque degré , sa dilatation est de = 0,00^75 == rrrrr ^u volume qu'il occupe à zéro.
Cette loi étant établie, il est extrêmement facile, connaissant le volume d'un gaz à une température quelconque , de savoir ce que deviendra ce volume , à toute autre température. En effet, on aura la dilatation du volume du gaz , pour chaque degré, en le divisant par 266,67, mi » p'us exactement, par 2ti6 j, plus le nombre d'unités dont la température du gaz est audessons de zéro. Celte dilatation connue, on la prendra autant de fois qu'il y aura de degrés entre les deux températures, et on ajoutera la somme au volume, ou on la retranchera, selon que ce volume devra être plus ou moins grand que le volume cherché.
Supposons qu'on ait 100 parties de gaz à -f- 4°"» c* qu'on veuille connaître le volume de ce gaz à -j- 200 : on divisera 1 00 par a(^> -J- -f- 400 , ou par 5o6T, et l'on obtiendra pour quotient 0,526 : ce quotient, multiplié par 20, donnera 6,570, qui , retranchés de 100, donneront 95 pI '"",4c pour le volume qu'occuperont les 100 parties de gaz à -f- 20°.
La pesanteur spécifique des gaz varie suivant leur nature ,
suivant leur température et la pression atmosphe'rique. Ton s rc'fractent la lumière à des degrés différens. Le pouvoir réfringent (1rs gaz a clé examiné par MM. Biot et Arago. Ces savans ont reconnu que l'oxigène est celui de tous qui possède le moins celte faculté, et que l'hydrogène est celui qui la pre'sente au plus haut degré.
Les gaz sont incolores, excepté trois : le gaz acide nitreux, qui est rouge ; les gaz acide muriatique oxigéné et sur-oxigéné (chlore et acide ohloriquc), qui sont d'un jaune-verdâtre.
Quelques gaz produisent des vapeurs blanches dans l'air : tels sont les acides murialique, tluo- borique , fluorique - silice' , hydriodique. Il y en a qui sont inflammables par le contact de l'air et des bougies allumées ; savoir : les gaz hydrogène, hydrogène carboné, hydrogène phosphoré, liydrogène sulfuré, hydrogène arséniqué , oxide de carbone. Plusieurs rallument les bougies qui présentent quelques points en ignilion: ce sont les gaz oxigène, protoxide d'azote , acide nitreux , acide muriatique oxigéné, ou chlore. Quelques-uns n'ont point d'odeur, ou n'en ont qu'une faible : tels sont les gaz oxigène, azote, hydrogène, hydrogène carboné, acide carbonfrjue , protoxide d'azote j tous les autres ont une odeur insupportable, qui est souvent* caractéristique. Un grand nombre sont acides et rougissent la teinture de tournesol; savoir : les gaz acides nitreux, sulfureux , muriatique , fluo - borique , hydriodique , fluorique- silice , carbo-muriatique, muriatique sur-oxigéné, carbonique , hydrogène sulfuré. Un seul gaz est alcalin , cVst l'ammoniaque. Tous les gaz acides sont solubles daus les dissolutions alcalines ; il en est de même du çaz acide muriatique oxigéné. Un grand nombre sont très- solubles dans l'eau. Tous sont absorbés parle charbon. Tous sont moins bons conducteurs du calorique que les liquides ; et la faculté conductrice des gaz -diminue encore par leur raréfaction , comme l'ont prouvé de Kumfnrd et M. Lcslic.
Le nombre des gaz , admis par les chimistes modernes , est de vingt-quatre , en y comprenant les gaz hydrogène potassé et hydrogène telluric , dont nous ne parlerons pas , parce qu'ils sont encore peu connus. Ainsi , ceux qne nous examinerons dans cet article , sont réduits à vingt-deux.
Les gaz intéressent surtout la médecine, en raison de Taclion particulière qu'ils déterminent sur l'économie animale. Leur manière d'agir sur la respiration a été- étudiée par beaucoup de physiologistes, et c'est même, pour ainsi dire exclusivement sous ce rapport, que les gaz ont été l'objet de leurs recherches. Us ont vu que la plupart des gaz n'étaient pas propres à la respiration ; et que l'asphyxie , déterminée par plusieurs de ces fluides élastiques , était accompagnée de phénomènes particuliers.
On croyait généralement dans ces derniers temps , et Bichat avait surtout accrédité cette erreur {Voyez ses Recherches physiologiques sur la vie et la mort, pag 209), qu'il suffisait d'injecter quelques bulles d'air dans le système vasculaire des animaux vivans pour déterminer la mort ; et l'on avait appliqué la même opinion à l'action des autres gaz.
Ayant plusieurs fois injecté de l'air en quantité modérée dans le système veineux des animaux, sans donner lieu à aucun symptôme dangereux , malgré l'assertion de Bichat et de plusieurs autres auteurs , j'en ai conclu que leurs expériences méritaient d'être recommencées ; qu'afin d'être autorisé à en tirer des conclusions rigoureuses , il fallait les faire avec beaucoup de précision , les multiplier et les modifier de différentes manières, et, qu'après avoir observé attentivement les effets des injections de l'air, il était intéressaut d'éxaminer comparativement l'action des principaux gaz sur l'économie animale , tant lorsqu'ils sont introduits dans les organes de la circulation que lorsqu'ils sont mis en contact avec les surfaces absorbantes des animaux vivans. J'ai entrepris ce travail : mes expériences sont consignées dans un ouvrage que j'ai publié il y a quelques années sous le titre : Recherches de physiologie et de chimie pathologique , pour faire sui(e à celles de Bichat sur la vie et la mort , Paris , 181 1 .
Les résultats que j'ai obtenus, en fixant l'opinion des médecins sur les phénomènes attribués par les auteurs à la présence de l'air dans les vaisseaux sanguins, ont dû éclairer sur les effets de la respiration de certains gaz , sur la manière dont agissent dans l'asphyxie ceux qui ne sont pas respirables , et sur la véritable cause de la mort des personues, dans le système sanguin desquelles on trouve un corps gazeux.
Mes expériences sur les injections de 1 air ont prouvé que ce fluide peut être injecté en petite quantité dans le système veineux , sans déterminer, dans la circulation, d'autre trouble qu'une excitation momentanée de l'action du cœur; que cette excitation, lorsqu'on réitère les injections par quantité modérée , est suivie d'un affaiblissement de la même action , comme le prouvent la rareté et la faiblesse du pouls ; qu'enfin l'air injecté eu quantité suffisante pour distendre outre mesure l'oreillette et le ventricule pulmonaires , arrête tout-àcoup la circulation dans son principal agent. La mort que l'air injecté occasionne dans ce cas commence donc par le cœur, et par le cœur pulmonaire, dont l'action est mécaniquement arrêtée. En effet , la force contractile de cet organe vaincue ,
£our ainsi dire , par la force expansible du gai injecté, et de 1 vapeur qui se forme au moment de la distension que ce gax détermine , ne peut plus réagir sur le sang qu'il contient
?>our le faire arriver an* poumons, et la cessation de la circoaliou pulmonaire eutraine nécessairement celle de la circulation générale. Mais quand cette cause de la cessation de l'action du cœur aortique n'existerait pas , ses mouvemeus seraient toujours, sinon complètement anéantis, au moins considérablement affaiblis et pervertis , tant parce que les deux ventricules sont naturellement eu harmonie d'action , que purce que la distension énorme du ventricule pulmouairc détermine dans les libres du ventricule aortique un état de tiraillemeut qui s'oppose au libre exercice de la contractilité. Aussi trouve- t-ou toujours à l'ouverture des animaux morts parcelle distension , une certaine quantité de sang dans le ventricule aortique , quoiqu'il n'en vienne plus des poumons ; ce qui n'aurait sans doute pas lieu dans les animaux où les deux cœurs pulmonaire et aortique ne sont pas accolés, mais entièrement isolé*, comme dans les seiches.
C'est ainsi que s'éteint , dans ces sortes d'expériences , la vie générale. Mais les phénomènes se succèdent si rapidement, qu'au même instant , pour ainsi dire , qnc l'action du ventricule pulmouairc est arrêtée, celle des poumons et celle du ventricule aortique le sont également. Quant à la vie des divers organes, on conçoit qu'elle s'étc int par cela même qu'ila cessent de recevoir leur principe vivifiant.
Bichat , qui , comme nous l'avons vu , croyait qu'une quantité quelconque d'air introduite dans le système veinenx d'un animal vivant suffisait pour le tuer , avait une opinion bien p!us erronée encore sur là manière dont l'air injecté détermine la mort; tant il est vrai que les hommes de génie , se laissant entraîner par l'activité de leur imagination , assurent souvent à priotïdvs faits que l'expérience impartiale trouve faux , et que, lorsqu'il* consultent cette dernière avec prévention , ou qu'ils la brusquent, ils peuvent obtenir des résultats qu'ils fout accorder avec leur théorie.
Suivant Bichat, lorsqu'on fait périr nn animal- en injectant «le l'air dans le système veineux , ce n'est pas le cœur qui est le premier atteint , mais le cerveau , et la circulation ne sV/iterrompt que parce que l'action cérébrale est préliminairement anéantie.
La source d'une semblable erreur , bien constatée par mes expériences , me parait exister dans les observations d'apo- - plectiques que cite Bichat d'après Morgagni, et dont les vaisseaux cérébraux contenaient de l'air. Mais ce qui est ici étonnant, c'est qu'un auteur aussi recommandable n'établisse aucun doute sur la vérité de sa proposition, et qu'il avance , pour la prouver, des faits tres-spécicux au premier abord, mais qui manquent d'exactitude.
Bichat dit, par exemple : i°. que dans ce genre de mort, l'animal tombe privé de la vie animale, et vit encore organiquement pendant un certain temps; 2°. qu'on injectant de l'air au cerveau par l'une des carotides, il a détermine' la mort avec des phénomènes analogues.
Comme les phénomènes qui précèdent la mort prompte que l'on détermine en injectaut à la fois une suffisante quantité d'air dans le système veineux d'un animal, se succèdent avre une très- grande rapidité, on conçoit que Bichat , attache' à l'opinion que lui avaient fait naître les faits rapportes p ir VI i gagni , ait pu se tromper dans l'ordre qut présentaient eni«e eux ces phénomènes ; car il est bien certain que s'il lesavr.it examinés moins superficiellement , il aurait vu que , constamment 9 quand l'injection a été faite dans la veiue jugulaire ou dans la veine crurale, la mort commence par la vie organique , et qu'elle diffère totalement de celle qu'on détermina en injectant de l'air dans lacarolide.
En effet, dans ce dernier cas, l'action du cerveau est surle-champ anéantie. La tète de l'animal reste dans la situation horizontale où elle était avant l'injection , et une roideur spasmodique s'empare des muscles soumis à la volonté comme dans les apoplexies. Mais dans un apoplectique, ce phénomène ne s'observe que d'un côté du corps, tandis que. dans l'expérience les quatre membres de l'animai deviennent roides, ce qui doit être , les effets de l'injection n'ayant pu être bornés à un seul côté du cerveau , à cause des nombreuses anastomoses des artères cérébrales. Les irritaus mécaniques et chimiques ne déterminent pas la moindre expression de sensibilité. La vue, l'ouie et l odorat sont complètement anéantis. Enfin les phénomènes de la vie organique sont les seuls qui persistent. Le pouls est fort et sans fréquence ; la respiration d'abord grande, devient ensuite comme stertoreuse; et au bout de deux ou trois heures l'animal expire.
J'ai répété plusieurs fois cette expérience , tant avec l'air atmosphérique qu'avec d'autres gaz dont les qualités sont peu malfaisantes, et toujours j'ai obtenu les mêmes résultats : phénomènes de l'apoplexie, lorsqu'une quantité un peu considérable de gaz avait atteint le cerVeau ; effet nul , quand je n'avais injecté que très-peu de gaz. Dans ce dernier eus j'ai quelquefois laissé vivre l'animal pendant plusieurs jours, sans observer la moindre altératioti dans ses fonctions.
On voit qu'il n'y a aucune comparaison à établir, malgré l'assertion de Bichat, entre le genre de mort qui résulte de l'injection de l'air dans la carotide , et celui qu'on détermina en injectant le même iluide dans les veines : dans le premier , tel propriétés vitales du çerveau sont d'abord éteintes par la
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compression exercée sans doute dans le système capillaire cérébral par l'air qui le distend au moment de son arrivée j et ranimai vit encore organiquement pendant plusieurs heures , parce que la circulation et la respiration n'éprouvent aucune altération par l'action directe du gaz; c'est donc la mort du cerveau qui entraîne successivement celle des autres organe*. Au contraire , dans l'anima) qui meurt à la suite d'une forte injection d'air dans la veine jugulaire , c'est le cœur pulmonaire qui est d'abord arrêté daus ses fonctions, et la cessation de la circulation pulmonaire entraine celle de la circulation générale, et par Cela même la mort des divers organes.
On peut injecter successivement daus le système veineux des animaux vivans des quantités modérées d'air , sans produire aucun accident primitif grave, pourvu qu'on fa^se les injections avec les précautions nécessaires pour ne pas déterminer La distension au cœur pulmonaire. Mais lorsque la somme des injections est considérable , il en résulte consécutivement un embarras dans le système capillaire des poumons , et une lésion de sécrétion du mucus bronchique, accidens auxquels succombe l'animal au bout d'un à trois jours > et, dans ce cas, la mort commence par les poumons.
Mais comment l'air atmosphérique , injecté dans le système veineux , peut-il occasionner cette lésion pulmonaire mortelle? C'est ce dont je vais tâcher de rendre raison. Nous avons vu que le système artériel des animaux dans les veines desquels on avait injecté de l'air , ne contenait jamais une bulle de ce fluide ; et l'on doit en conclure que , quoiqu'il soit peu soluble, il finit par se dissoudre dans le sang, ou s'évacue en partie par l'cxbalation pulmonaire. Or, il est probable que , lorsqu'on n'en injecte qu'une petite quantité , elle entre en combinaison avec le sang , depuis la veine jugulaire , par où on l'introduit, jusqu'au système capillaire pulmonaire j mais que , lorsqu'on en injecte plus que le sang noir ne peut en dissoudre , les bulles qui ne se dissolvent pas sont entraînées avec ce liquide dans le système veineux jusqu'aux cellules pulmonaires , et que là elles rencontrent des obstacles, tant pour se rendre dans les ramifications bronchiques , que pour passer dans les radicules du système artériel. Forcées ainsi de s'arrêter dans les vaisseaux capillaires pulmonaires , elles y embarrassent nécessairement la circulation ; mais elles finissent par traverser, au moins en partie, la membrane qui les sépare des ramifications bronchiques, et cette membrane, en remplissant une fonction qui ne lui est pas assignée par la nature , se trouve par là même altérée d'une manière grave dans ses propriétés vitales Boerhaave parait avoir entrevu ce genre de lésion , lorsque , dans ses Prœlectiones academicœ , tom. n , pag. 208 , il cherche à
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expliquer comment Vair injecté dans le système veineux détermine la mort. Aery dit-il, vence vivi animal/s impulsus , mox lethalem facit peripneumoniam , dum obs truie minima vasu pulmonum ; dum erùtn conatur per vias iler sibi p a rare , quas es sud indole invenii impervias , diJJ'ringit omnia citamque mortem infen. Seulement cet auteur célèbre parait avoir confondu la mort que Ton détermine parla distension du cœur pulmonaire , avec celle qui résulte , mais beaucoup moins promptement, du genre de lésion que nous venons d'indiquer.
Tels sont les principaux résultats de mes expériences sur rinjection de l'air dans les vaisseaux sanguins. Celles que j'ai faites sur les autres fluides élastiques , ont démontré, i°. que la plupart des gaz connus peuvent, comme l'air , être injectés, en petites quantités , dans le système sauguin des animaux, sans déterminer la mort. 20. Qu'il existe un certain nombre de gaz qui , n'ayant pas de qualités très-malfaisantes, agissent, comme l'air, d'une manière purement mécanique, lorsqu'on les injecte dans le système sanguin des animaux : et que , parmi ces gaz , ceux qui sont solubles dans l'eau , comme le gaz acide carbonique, peuvent être injectés en quantité considérable , sans déterminer d'accident grave , parce qu'ils se dissolvent dans le sang à mesure qu'ils y arrivent. 3°. Que les gaz injectés dans le système sanguin des animaux se dissolvent en presque totalité dans le saug , et qu'il s'en dégage une très-petite portion par la respiration. 4°> Que plusieurs gaz déterminent , quelle que soit la partie sur laquelle ou dirige leur action , une irritation plus ou moins violente, en raison de leur degré* de pureté ou de concentration ; que ces mêmes gaz ne sont pas propres à entretenir la respiration , mais qu'ils sont beaucoup plus nuisibles lorsqu'on les introduit dans l'organe pulmonaire , par leur qualité irritante , que par leur nonrespirabilité. 5°. Que certains gaz agissent sur les organes vivant, comme des substances délétères, et que leur influence malfaisante ne dépeud ni de leur nou-respirabilité, ni d'un principe irritant , etc.
On trouve quelquefois , à l'ouverture du cadavre des personnes qui ont succombé à des maladies plus ou moins aiguës , des quantités notables de gaz dans le système sanguin , et même dans le tissu de divers organes j et si l'on compare, comme je l'ai fait'daus mes Recherches de physiologie , les observations publiées à cet égard par les auteurs , avec les expériences faites sur les animaux vivans, on voit dans quels cas le gaz trouvé a pu être la cause de la mort.
Il est par exemple évident que , lorsque les vaisseaux sanguins des cadavres contiennent seulement quelques bulles de gaz , ce fluide n'a pu occasionner dans la circulation un troub'c 17- 3i
tel , qu'il soit raisonnable de lui attribuer la mort , quand mente il n'existerait aucune autre circonstance à laquelle on pût rapporter l'extinction de la vie.
Ou n'est pas non plus autorise' à regarder comme la cause de la mort le gaz trouve même en quantité assez notable dans les vaisseaux sanguins d'une partie, lorsqu'il existe d'autres lésions suQisantes pour avoir occasionné la mort , surtout si cette parlic n'est pas de la première importance à l'exercice des mouvemens vitaux.
Mais l'apoplexie peut quelquefois dépendre de la présence d'un gaz dans les vaisseaux sanguins du cerveau; il su Hit pour cela que le gaz soit assez abondant pour embarrasser la circulation cérébrale , et comprimer la partie essentielle de l'organe ; c'est à cette cause qu'on doit rapporter la mort subite de l'Ethiopien , dont Morgagni trace l'observation dans sa lettre v. J'ai vu avec M. Halle , il y a quelques années , l'exemple d'une mort inopinée qui a dû dépendre du même phénomène que nous avons remarqué à l'ouverture du cadavre.
Le développement d'un gaz dans le cœur peut aussi occasionner une maladie grave , soit en le dilatant outre mesure, et en affaiblissant par degrés cet organe, soit en déterminant consécutivement une lésion dans les organes respiratoires. Quoique les observations rapportées à cet égard par les auteurs présentent peu de détails séméiotiques, on voit évidemment en les rapprochant des cfTets que produisent sur les animaux vivans les gaz qu'on injecte dans le système veineux , que les malades ont pu succombera l'une de ces lésions. J'ai rapporté plusieurs de ces observations dans l'ouvrage déjà cité.
C'est probablement dans des cas analogues qu'il est quelquefois sorti des bulles de gaz avec le sang de la veine qu'on venait d'ouvrir par la saignée. Ce fait a été observé, il y a deux siècles, par Joubert, dans ses Annotations sur la chirurgie de Guy de Chauliac, publiées à Houen en i6i5 (Ânnot. sur le traité de phle'botomie , pages 2 *o et 261). Voici ses expressions : « J'ai oui plus d'une fois sortir du vent aussitôt que la veine était ouverte, laquelle n'ayant vidé* guère de sang était bien desenflée. »
Plusieurs hommes de l'art ont, depuis Joubert, observé le même phénomène. Peyrilhc , professeur de matière médicale à la faculté de Paris , disait , il y a une douzaine d'années, dans ses cours, avoir vu plusieurs fois sortir des bulles d'air avec le sang des saignées ; et il assurait qu'alors le malade en retirait beaucoup plus de soulagement, lors même qu'il n'était sorti qu'une petite quaulité de sang , que d'une saignée ordinaire.
Enfin , on trouve quelquefois dans les ouvertures des cadavres > une certaine quantité de gaz dans le parenchyme dc«
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poumons , et particulièrement clans le tissu lamiucux interlo- Dulairc de ces organes , et ce développement gazeux parait être le produit d'une exhalation. M. Breschcl a rapporte dans l'article emphysème plusieurs exemples de ces emphysèmes des poumons , et j'ai eu moi-même l'occasion d'en observer deux depuis quelques mois à l'hôpital des Enfans, qui paraissent y être plus sujets que les adultes; ces affections sont généralement accompagnées d'un état de dyspuée et de suffocation auquel succombe le malade.
Il est donc évident , d'après ce qui précède, qu'il peut se développer dans les organes de l'homme vivant , des quantités
Ïdus ou moins considérables de gaz , et qu'il eu résulte, dans es fonctions de l'économie , des altérations analogues à celles qu'où détermine par l'injection des gaz dans le système vasculaire des animaux. La mort qui résulte de ces altérations commence par le cerveau , lorsque le gaz se porte dans les vaisseaux cérébraux en assez grande quantité pour déterminer l'apoplexie. Elle commence parle cœur, lorsque c'est cet organe qui est plus ou moins distendu par le fluide aériforme. Enfin , elle peut commencer par les poumons, lorsque le gaz se rassemble dans le parenchyme de ces organes quelle que soit la voie par laquelle il y arrive.
Si l'on voulait faire de nouvelles recherches relativement aux effets des corps gazeux injectés, soit dans le système vasculaire , soit sur les surfaces absorbantes des animaux , on se servirait , pour déterminer avec précision les quantités de gaz qu'on se proposerait d'injecter , d'une pompe graduée , dont la capacité est connue j telle est celle que j'ai fait construire , et dont on trouvera la description, page i5 de mes Recherches de physiologie. .
Quant à l'usage des gaz en thérapeutique , il sera probablement toujours borné à la respiration de quelques-uns de ces fluides , et à leur administration en boisson lorsqu'ils sont dissous daus l'eau. Si l'on voulait faire respirer des proportions déterminées d'unLgaz , on emploierait des moyens variables , suivant que les mouvemens mécaniques de la respiration s'exerceraient plus ou moins librement , ou feraient entièrement suspendus.
Dans le premier cas , on se servirait avec avantage de la machine de Girtanner. Elle est composée d'une plaque , de deux tubes, dont l'un est horizontal et l'autre vertical , et d'un ballon. La plaque a l'étendue convenable pour couvrir le nez et la bouche ; elle est élastique et entourée d'un bourrelet de cuir; son centre est percé et fixé à une des extrémités du tube horizontal. Celui-ci, long de vingt*scpt centimètres , large de deux centimètres , est coupé obliquement à son autre extré-
mité qui est fixée au ballon , et il y est muni «Tune soupape, qui s'ouvre en dedans. Ce tube , qui sert à Pinspiration , communique , à un tiers euviron de cette extrémité' , avec !c tube perpendiculaire : celui-ci est long de treize centimèlres, large de deux centimètres; ii est coupé obliquement à son extrémité' libre, et il y est muni d'une soupape qui s'ouvre en dehors ; il sert, comme ou le conçoit, à l'expiration.
J'ai apporté dans la construction de la macbine de Girtanner quelques modifications qui la rendent d'une exactitude plus rigoureuse ; i*. j'ai remplacé les soupapes métalliques à charnières, qui font une partie essentielle de cette machine ,
£ar des soupapes membraneuses faites avec la baudruche, et uilées j a», j'ai remplacé la plaque élastique par un simple évasement de l'extrémité du tube horizontal. Cet évasement est aplati sur deux faces j il présente un peu plus d'étendue que la circonférence de la bouche , et la concavité de ses bords permet de Vy adapter parfaitement, à l'aide d'une légère pression , avantage que ne présente pas la plaque élastique, par cela même qu'elle doit embrasser en même temps le nez et la bouche. Mais on conçoit que pendant qu'on respire, à l'aide de la machine de Girlauncr ainsi corrigée, il faut pincer le nez. Malgré ce léger inconvénient , je m'en suis servi avec beaucoup de succès dans des expériences que j'ai faites sur les phénomènes chimiques de la respiration dans les maladies ( Voyez pag. 187 et suiv. de l'Ouvrage plusieurs fois cité).
Dans le second cas, c'est-à-dire quand les mouvement respiratoires sont entièrement suspendus, comme dans l'asphyxie, supposé que l'on voulût faire pénétrer dans les bronches un gaz excitant et rcspirable, tel que l'oxi^ène; on y injecterait ce gaz par une des narines, pendant qu'on lient l'autre fermée et qu'on fait presser doucement la trachée-artère en arrière pour comprimer l'œsophage et empêcher que le gaz n'y entre. On atteindrait encore mieux le but qu'on se propose , en introduisant une soude de gomme élastique par le nez dans la glotte même j opération , qui n'est nullement difficile , et qui permettrait an gaz injecté d'arriver, avec la plus grande sûreté, à sa destination.
En prenant la manière d'agir des gaz sur l'économie animale pour base de leur classification , nous les divisons {Voyez asphyxie) en quatre sections : i#. celle des gaz respirables ; a°. celle des gaz qui ne nuisent à la respiration que par leur nou-respirabilité j 3°. celle des gaz irritant ; 4°. celle des gaz délétères.
première section. Des gaz respirables. Cette section nt comprend que le gaz oxigène.
Gaz oxigène. Ce gaz est abondamment répandu dans la nature -, il existe en grande quantité dans l'air atmosphérique,
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dont il constitue les 0,2 r en volume; l'oxigène, qui est la base de ce gaz, fait partie de beaucoup de composés naturels. Il est un des priucipes coustituans de l'eau, dont il forme les 0,88 en poids. Il se trouve en combinaisons solides , avec beaucoup de corps combustibles, et ces combinaisons forment des masses considérables à la surface et dans le sein de la terre. Eufin , il entre dans la composition des corps organises végétaux et animaux.
Il paraîtrait, au premier abord , que le moyen le plus simple d'obtenir le gaz oxigènt serait de le séparer directement de l'air ou de l'eau ; mais, comme nous ne connaissons pas de corps qui ait la propriété d'absorber l'azote de l'air, on l'hydrogène de l'eau , nous sommes forcés de séparer ce gaz, par le moyen du feu, de quelques combinaisons solides naturelles ou artificielles dans lesquelles il se trouve : telles sont plusieurs substances salines et plusieurs oxides métalliques.
Les sels d'où on retire le plus facilement l'oxigène. sont quelques nitrates et les muriates suroxigénés; mais le gaz oxigène obtenu de la décomposition des nitrates n'est jamais pur, il contient toujours de l'azote j c'est pourquoi il est préférable de le retirer des muriates suroxigénés, et notamment de celui de potasse, qui le fournit très-pur et en grande quantité.
Quant aux oxides métalliques , ceux dont on peut séparer l'oxigène le plus facilement, sont les oxides d'argent, de mercure ; l'oxide noir de manganèse au maximum d'oxidation ; les oxides rouge et brun de plomb : mais comme ce gaz serait très-coûteux , si on le retirait des oxides d'argent et même de mercure , on ne se sert guère de ces oxides que pour des expériences de démonstration. D'un autre côté , les oxides de plomb déterminent facilement , à raison de leur grande fusibilité, la fusion des vaisseaux dans lesquels on les échauffe, et ne sont pas non plus propres à cette opération. Cet inconvénient ne se rencontre pas dans l'oxide de manganèse qui est fort commun , et fournit au gaz oxigène en très- grande quantité : aussi ce minéral est le seul des oxides qu'on emploie ordinairement; mais ayant, de même que tous les autres , la propriété de se combiner avec l'acide carbonique, il culèvc celui de l'atmosphère ; de sorte que le gaz oxigène qu'on en retire , surtout celui qui se dégage le premier , contient toujours de l'acide carbonique : c'est pour celle raison que le gaz oxigène qu'on destine à des expériences de recherches, doit être retiré du muriate suroxigéné de potasse.
Pour le séparer de ce sel , il faut choisir celui-ci très-pur ; car , s'il contenait quelques matières combustibles du règne organique, il y aurait inflammation et production de gaz , qui altéreraient la pureté du gaz oxigène. On met le muriate suroxigéné de potasse dans une cornue de verre, qu'on lutte ,