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«ne saveur très-recherchée sur les tables ; mais ce même acide est un poison , non - seulement pour plusieurs animaux , que les amandes araères font périr , mais encore pour l'homme , s'il est donné en trop grande abondauce. Il ne parait pas qu'il favorise, à petite dose , la digestion , comme on Ta cru, mais c'est plutôt le principe amer de ces amandes. Il existe aussi une poussière rousse qui parait extracto-résineuse et qui est Acre , sur la pellicule ou l'endocarpe des amandes de tous les fruits à noyaux des arbres rosacées , et celle poussière suscite la toux. Un chimiste el pharmacien très - distingué de Paris , M.Boullay, a reconnu une singulière analogie entre la matière blanche suspendue dans l'cmuUion des amandes, et le caseum du lait, soit pour sa nature animalisc'c, soit pour sa coagulahililé , soit pour sa manière de se comporter avec les alcalis , les acides , soit même pour former une sorte de fromage , susceptible de se passer , comme le cr.seum.
Il y a d'autres semences émulsivcs qu'on a nommées froides, comme celles des cucurbitacécs j elles contiennent en effet plus de mucilage insipide que les précédentes , et sout aussi moins digestibles. Ou pourrait encore citer les semences de sésame , celles du soleil , hclianthus annuus , L. et quelques autres qu'on mange ; ces dernières causent la carebarie «ou pesanteur de tête ; leur écorce noire est imprégnée naturellement d'une sorte de térébenthine ; c'est pourquoi elles sont aussi diurétiques.
90. Les glands. Nous classerons ici les fruits secs à fécule nutritive , principalement la châtaigne, castanea vulgaris , Lamarck , et le chincapin d'Amérique , cast. pumila , Lan*, j les gtauds doux qu'on mange en Orient , en Grèce , en Espagne, des quercus cesculus , L. , cl bellota , Desfontaines j la maerc , trapa natans , L. , le nelumbo d'Egypte , nelunibium spea'osum , Lam. ( amandes contenues dans une sorte de baie mucilagineuse ) , el d'autres végétaux à fruits analogues. On sait assez que la châtaigne contient , outre une fécule abondante, très-agréable , du vrai sucre cristallisable , et un principe tonique ; qu'elle sert presque d'unique aliment aux habitaus des Cévennes , de la côte de Gênes , des Apennins ;que ces peuples deviennent aussi robustes el beaux , par cette seule nourriture, que par des alimens plus recherches (Targioni Toxzetti, Viag. ; etPinelli, Deacid. sang. , pag. 72 ). Ou fait griller les glands doux , pour leur enlever une sorte d'âpreté désagréable ; la marre aquatiaue , commune à Venise , et en quelques lieux de l'ancienne Lorraine, donne une fécule un peu constipante, difficile à digérer. Les fèves du Nelumbo sont délicates et agréables au goût. Les jambons de Baronne n'ont tant de réputation qu'à cause que les cochons y mangent beaucoup de châtaignes.
Venons maintenant aux Traits succulens, moins capables de se conserver que les précédcns , à moins qu'on ne. les fasse sécher, ou qu'on ne les confise. Ou observe qu'ils naissent et mûrissent dans les saisons et les contrées les plus chaudes, principalement ; ainsi la plupart des arbres des grandes Indes porteut ces sortes de fruits , tandis que les arbres conifères , et plusieurs amentacées qui produisent des fruits secs , susceptibles de se garder pendant l'hiver, se plaisent dans des contrées plus froides. Est-ce hasard , ou plutôt prévoyance de la nature pour la sustentation des êtres animés ?
i°. Les baies sont de plusieurs sortes principales. Gaertner nomme acinus , les grains très-succulens du raisin , de la groseille , des framboises et ronces , telles que les ru bu s idœus , catsius , Jruticosus , arcticus , chamtemorus , saxatilis , occidentalis , L. , etc. , les rtbes grossularia , uva crispa , mgrum , rubrum , aloinum , L. , les airelle ou myrtille , vaccinium mjrrtillus , uliginosum , L. , les canneberges , vacc. oxycoccus , vitis idœa , L. , Pépine-vinetfe , berberis vulgaris et sinensis , L. , les baies de sureau , sambucus nigra , L. , surlout celles si délicieuses dans les Indes, du litchi , euphoria litchi , Labillardière , du ramboutan, cuph. nephelittm, Lab. , des an très euphoria longan et crinita , Lab. , les nombreuses espèces de melastoma d'Amérique ( Voyez Bonpland , Afonogr. des me las to m. ,et Âublet, Pl. Guyan. ) , les mourelliers , malpighia ,L. , de diverses sortes , la di lie nia syalita,\j. , etc. sont encore des baies dans lesquelles le sucre et les acides tartarique, citrique et malique sont unis à un parenchyme gélatineux , souvent coloré en pourpre ou en violet. Dans le sureau , il existe un arôme nauséabond j il est stomachique dans la groseille noire, très -suave dans la framboise et le rubus cœsius , les litchis, les euphoria, etc. Rien n'est plus rafraîchissant et plus convenable dans les affections bilieuses communes sous des cieux ardeos , que l'usage de ces fruits.
%9, Ce que Mirbel appelle e'iairon, et Desvaux assimine , sont des fruits composés ou squammeuv, remplis d'une chair fondante et sucrée , comme les corossols , anona jacca, L. j le cachiment ou pomme canelle, an. muricata, L. ; le chérimol ia, cultivé même en Portugal, an. tripetala, Willden. ,1e corossol écailleux, an. squammosa , L», et plusieurs autres espèces également excellentes ; le jabotapita, ochna squarrosa, L. , à fruit bleu ; les durions , durio zibethinus , L. , dont IVcorce épineuse et résineuse sent l'oignon pourri, mais dont la chair est résineuse et passe pour aphrodisiaque ; l'excellent mangoustan 9 garcinia mpngostana, L., et ses espèces voisines, comme le brindonnier, g. celebica, L. , etc. , qui a le suc de la framboise, du raisin et de la cerise la plus sucrée ; le mamei,
mammea americana , L., dont là pulpe approche de celle de la pêche ; la goyave , psidium pyfiferum , que Ton commence à cultiver dans le midi de la France , et qui a une pulpe si savoureuse; les caramboles , averrhoa carambola et bilîmbi, L., à fruits anguleux, délicieux en compotes; la marmelle, cratœva marmelos , L. (cegle de Corréa , Act. soc. linn. , Lond , tom. v , et une foute d'autres fruits des deux Indes , qu'il serait trop long dVnumérer, sont des baies simples, rafraîchissantes et nutritives. Leur abus peut affaiblir les organes digestifs, bien que la nature ait joint des qualités aromatiques à quelques-unes, ou un principe amer, comme à l'écorcc du mamei, une substance résineuse à celle du durion. Aussi doitou mâcher du bétel ou prendre du poivre, après avoir mangé beaucoup de ces fruits , si délicieux qu'ils excitent a des excès.
!>°. Il y en a d'autres sortes, telles que les soroses de Mirbel, ou syncarpes de Richard, dans lesquels on place l'ananas, bromelia ananas, L. ; la mûre, du morus nigra, L. ; le fameux fruit à pain ou rima, artocarpus incisa , Willdenow; et le jacquier, art. jaca,W.t qui sont aussi des fruits composés. Mais les deux premiers sont très-sucrés et succulens avec les acides citrique et malique ; les derniers contiennent une fécule légèrement acide et sucrée, mais très- nutritive et capable seule d'alimenter , comme on en voit des exemples dans plusieurs îles de la mer du sud.
4°. La fraise et ses diverses espèces ( Voyez Duchéne, Hist. des fraisiers ) est une sorte de baie nommée polychorionide par Mirbel : on connaît ses qualités. La figue, dont l'involucre charnu renferme plusieurs graines, est un fruit douton connaît beaucoup de variétés; la figue sycomore , ficus sjrcomorus , L. , d'Egypte , et les nombreuses figues exotiques offrent une putpe mucilagineuse très-sucrée, émolliente , laxative et pectorale, mais qui amollit beaucoup tout le système fibreux, et goufle le tissu cellulaire. Ses abus causent des empâtement muqueux abdominaux.
5°. Les acrosarques de Desvaux sont surtout la figue d'Inde du cactus opuntia, L., qui, empreinte d'un principe colorant, teint l'urine en rouge lorsqu'on en mange. Nous pouvons ranger en cette classe les bananes , musa paradisiaca , L. et musa sapientum , L. , dont les fruits doux , fondans , se mangent c'galement cuits ou crus , et sont si souvent employés dans les deux Indes.
6°. Parmi les baies exotiques, nous rangerons encore les
caïmiliers, chrjsophjrllum cainiip , oli vif orme , ma coucou d'Aublet et Lamarck , à pulpe mucilagineuse, fade; Xtgempa americana , L. , à parenchyme acidulé , violet , ainsi que quel-
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ques phytoîacca ; U morinda rojroc9 L. , qui est légèrement a m ère et aromatique, etc.
Les baies de nos climats n'approchent pas , pour l'agrément, de la plupart de celles qu'un soleil plut ardent et des cieafc plus prospères mûrissent. Elles sont souvent âpres et acerbes
tialgré leur parfaite maturité, et même lorsqu'elles deviennent lettes ou molles, comme les azeroles, mespilus azarolus 9 Lamarck; les nèfles du m. germanica, L. , et de celui du Japon , m. japonica, Thunb. j les alouches du pyrus aria 9 Willden , et celles du pyr. torminalis , W. ; les cormes du sorbus dômes tica, L. ; (es fruits de l'aubépine, mespilus oxyacantha , Lam. j les baies des arbousiers , arbutus unedo , L. , et uva uni, L. Dans le nord, on mange encore les baies acerbes et purgatives de Targoussier, hippophaë rhamnoïdes , L. , et celles de la ca marine ou bruyère à fruits noirs , empetrum nigrum , L. En outre , les gratte-culs de l'églantier ou cynorrhodon de la rosa canina , L. , et des autres roses , participent à ces qualités astringentes , toniques , plus ou moins acerbes , qui produisent même des coliques et la flatulence ; mais ces baies, mûrissant vers la fin de l'automne, semblent proposées par la nature pour arrêter les flux diarrhoïques , fréquens à cette époque par suite de l'usage des fruits laxatifs, tels que les melons , les figues et les raisins. C'est alors aussi que se recueille la baie de génevrier, juniperus commuais 9 L., dont la faculté tonique ou stomachique semble encore plus appropriée à la saison humide et froide qui précède l'hiver.
Parmi les baies, l'on compte encore la tomate , solanum h copersicum , L. , dont le suc acidulé , mais un peu nauséeux: entre dans presque toutes les sauces des Espagnols, des Italiens, des Égyptiens $ la mélongène, sol. melongena, L. , que les Maures mangent cuite, ainsi que la baie du sol. incanum, L., commune en Égypte, selon Hasselquist. Elles recèlent un principe légèrement vénéneux et de savenr déplaisante, qui pourtant est sans danger dans ces espèces.
7*. Les fruits nomacés ( mélonide de Richard ) , tels que les pommes , les poires , les coings , ne se distinguent des baies que par leur parenchyme très-charnu. Les variétés de ces espèces sont presque innombrables. On sait que le coing est beaucoup plus astringent que d'autres espèces de poires ( Voyez alimittt, tom. 1 de ce Dictionaire, p. 587 ). La çrenade, punica granatum , L. , d'un suc acide et sucré, contient dans son écorce ou malicoriam beaucoup de tannin et de principe astringent , comme les bal au st es.
8#. Un autre genre de fruits est celui des hespéridies de Desvaux , ou des oranges , citrus auraniium ,L, et ses variétés ; Zti citrons et cédrats , ciir. medica , L. f des limuns,
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c. limonum , Risso; des bigarades, citr. vulgaris , Risso ; âca bergamottes et limettes , c. limelta , R. ; des pampelmousses , c. decumana , L. , et autres espèces. Dans cette famille , le wampi des Chinois, quinan'a wampi , de Lourcfro, les limonelliers, limonia dulcis et monophjrUa, L. , etc. , offrent tous abondamment un acide citrique tort agre'able , quelquefois combine à un principe amer , comme dans la bigarade j à un principe colorant rouge, comme dans l'orange rouge, mai» plus souvent contenant une matière sucrée dans une pulpe vésiculeusc. L*enveloppe extérieure de ces fruits est empreinte d'une huile volatile suave, dans un parenchyme fongueux, amer.
90. Les péponides , fruits des cucurbitacées , n'ont an contraire rien d'acide, mais plutôt un suc doux ou fade, mucilagiueux , auquel est combine' un principe nauséeux , purgatif, amer dans quelques espèces, comme les concombres (en particulier la coloquinte ) ; en d'aulres il existe un principe stupéfiant et réfrigérant , surtout dans le genre des courges on potirons. Les espèces que l'on emploie le plus en alimens sont les melons, cucumis melo, L. j les concombres et cornichons , eue. sativus , L. ; le dm te , eu Ëgypte, eue. eh aie , L. ; les c. dudahn , prophetarum , conomon , anguria , L. j et le ser-
Eent , c Jlexuosus , L. ; la luffa de l'orient, momordica luffa, ,. , usitée principalement contre les phlegmasies cutanées ; la pastèque, cueurbuta citmllus, h.; la courge calebasse, cueurb. lagenaria, L. j le potiron ou la citrouille , cucur. pepo , L. j )e pépon musqué ou giraumou , cueurb. melo pepo , L. , etc. L'on n'a guère fait attention qu'au principe amer et purgatif de ces genres de fruits; mais le principe nauséabond et stupéfiant qui parait si suave dans le melon , est beaucoup plus actif dans d'autres cucurbitacécs ; il devient éminemment répercussif et réfrigérant en application extérieure sur les phlegmons , les brûlures , l'érysipèlc , etc. Nous admettons encore la papaye, fruit du carica papaja , L. , au nombre des cucurbitacées ; ses graines sont un excellent vermifuge : le posoposa , car. posoposa , L. , d'après le P. Feuillée, est encore une bonne papaye d'Amérique.
1 o°. Enfin les drupes ou fruits à noyaux terminent cette liste nombreuse. Dans nos contrées, ce sont les arbres de la famille des rosacées qui en produisent la plus grande partie , comme les diverses sortes de cerises et de prunes si multipliées dans nos vergers , ainsi que les variétés eje pêches et d'abricots, qui offrent des nourritures dont les qualités ont été appréciées ( Vojrez aliment ). Les cornioles du cornus mascula et suecica , L. , cultivés , ont une chair astringente , mais assez agréable dans leur maturité. Les fruits en drupes sont bien
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plus multipliés dans les climats chauds qu'en Europe. Les fameux arbres des lolopliagcs, zizyphus lotus, Desfontaines, qui nourrissent plusieurs peuplades harbaresques ; le jujubier , cultive même dans nos provinces méridionales, ztzyphus communis , La m. , ont des fruits sucrés , douceâtres et plus mucilagineux que ceux des autres espèces, comme du jujubier cotonneux , rhamnus jujuba , L. , et de l'épineux , rh. spina Christt , L. , qui croissent dans les Indes; une espèce de la Chine a des fruits narcotiques , rh. soporifer, L. Nous ne citons pas le nerprun et la bourdaine , rh. catarthicu* et frangula , L. , qui sont purgatifs. Un autre fruit mucilagineux est <a sébeste , cordia sebestena et mjrxa , L. , dont la pulpe sucrée semble contenir une matière gommeuse ; aussi l'emploic-t-on avec avantage dans les maladies de poitrine qui réclament des adoucissans. La datte , fruit du phœnix dactylifera , offre les mêmes qualités , mais elle contient beaucoup plus de substance saccharine , dans une putpe onctueuse, qui passe aisément à la fermentation vineuse. Ces alimens trèscommuns des Orientaux et des Asiatiques les disposent à la langueur physique comme à l'inertie morale.
Dans les Indes , plusieurs drupes remplacent nos prunes , comme le kaki, diospjrros kaki, L., semblable à la reine-ctaude; l'icaquc, chrysobolanus icaco , L. ; le nellika des Japonais et Asiatiques , phyUanthus emblica , L. , qui est le mirobolan emblic ; le plaqueminier de Virginie , diospyros virginiana , L., à fruits très-sucrés et acidulés; les poires d'anchois, drupes du grias cauîi/lorat L., etc. La jamrosc du Malabar, Eugenia jambos , L. , est un fruit délicieux , d'odeur suave comme la rose; celle de Malaca, Eug. Malacccnsis, L.; Y Eug. ; Micheli, L. , et Y Eug. pseudopsidîum de Jacquin, sont plus ou moins agréables au eoùt , soit crus , soit en compotes. Les mombins rouges , spondias mombin , L. , sont de meilleur goût que les jaunes ou blancs du mjrrobalanus , L. ; l'hévy, sp. cytherca , L. , qui vient d'Otahiti , a la saveur de la pomme de reinette. Les fruits du calaba, calophyllum calaba, L., et c. inophyllum, ont une chair acidulé , mais l'amande de leur noyau fournit de l'huile et se peut manger aussi , bien qu'elle ait quelque amertume. La plupart de ces drupes sont bien inférieurs a la mangue, du mangifera indien, L., dont la chair jaune, succulente et sucrée ne nuit presque jamais ; on doit enlever son épiderme qui est de texture solide. On peut faire subir divers apprêts à ces excellcns fruits. La petite mangue, du mangifera pinnata% L. , n'a que la grosseur d'une olive, mais elle a la même saveur que les plus grosses qui pèsent jusqu'à deux livres.
1 1°. Parmi les drupes , il en est qui ont une chair huileuse, comme l'olive, et qui ont besoin, comme elle, d'être soumis
à une sorte de macération dans la saumure , pour lui enlever leur saveur âpre et acerbe. Tel est aussi le fruit du ganitre , eleocarpus serrata , L. , à Ceylan. Quant au fruit de l'avocatier , laurus persea , L. , si agréable aux Américains , mais qui plaît moins d'abord , au palais des Européens , il est butyreux et fondant; il n'a nul besoiu de préparation préliminaire , on l'assaisonne cependant avec du sel.
Nous citerions encore les drupes mangeables du gnetum gnemon , L. ; du ihoa urens d'Aublet , de sa bagassa , etc. ; la noix de Ben, moringa oleifera, Lamarck, et une foule d'autres végétaux qu'il serait trop long d'énumérer, quand même nous les connaîtrions tous parfaitement ; mais nous croyons devoir nous borner aux espèces les plus usitées dans les diverses régions de notre globe.
Il résulte de celte revue que parmi les fruits secs, les plus riches en fécule nutritive sont les cariopses ou céréales , les glands et les légumes ou gousses. 11 est â remarquer aussi qu'ils contiennent une certaine quantité de sucre , surtout avant leur parfaite maturité ; car il semble que la fécule soit du sucre passe ( Voyez sucre ). Ces alimens sont considérés comme venteux ( excepté les céréales).
Les fruits oléagineux, tels que les noix et noisettes, ou les graines huileuses des siliques, de quelques capsules, sont d'une digestion plus difficile que les précédens, et contiennent moins d'aliment réel. Ils sont sujets à produire du relâchement dans les premières voies ; mais ils peuvent convenir dans les climats froids et aux estomacs robustes.
Les fruits aromatiques , les semences d'ombellifères , les épices, ne sont point des nourritures, mais ils deviennent, dans plusieurs circonstances et dans les pays chauds surtout , indispensables pour la digestion des alimens et pour leur assaisonnement. Aussi la nature les a prodigués dans toutes les contrées ardentes de la terre.
Par rapport aux fruits succulcns , les baies en petits grains (acini , Gaertner) sont et les moins nutritifs et les plus rafratf hissan s de cette classe. Il en est de même deshespéridies , mais celles-ci sont environnées d'une écorce aromatique, excellent correctif de l'acidité de leur suc.
Les étairous et plusieurs soroses ou syncarpes sont des fruits succulens , sucrés, plus ou moins nutritifs , mais en général humecta ns, excepté le fruit à pain, qui renferme un parenchyme plus nourrissant que les autres espèces.
Parmi les baies de plusieurs rosacées, il en est beaucoup d'astringentes et même d'acerbes; d'autres sont empreintes de sucs colorans , quelquefois de propriété laxative , surtout les baies noires ou violettes, toutefois les rouges sont plus commu-
nement acides. Voyez , sur les proprie'te*s médicales des couleurs des végétaux , mon Mémoire daus le Bulletin de pharmacie , tom. m , p. 529 et sq.
Les drupes , ayant une chair en général plus solide , offrent plus d'aliment $ celles qui sont oléagineuses se trouvent d'ordinaire accompagnées d'un principe acerbe ou d'autre nature, qui les rend moins propres à nourrir.
De tous les fruits succulens , les pomacés , les acrosarques et la plupart des péponides présentent nne matière nutritive plus abondante. On en peut extraire , ainsi que des dnipes et des baies, une sorte de gélatine végétale, sucrée, agréable. Beaucoup d'autres fruits donnent aussi des sucs fermentescibles et vineux. La germination développe également un principe sucré fermentescible chez les céréales.
La manière de conserver les fruits en les garantissant du contact de l'air, de l'humidité , de tout ce qui peut diviser ou froisser leur tissu ( car en brisant les cellules qui contiennent leurs divers sucs, ceux-ci , venant à se mêler, s'altèrent à cause du ferment qui s'y rencontre, suivant Fabbroni ; ; les diverses préparations de sucs , de gelées , de confitures et condits , de compotes, de robs, de conserves, etc. , appartieuueut plutôt à l'écouomie domestique et à d'autres arts qu'à la médecine. 11 doit suffire ici de connaître les principes constituaus des fruits qui forment l'une des plus importantes parties de la nourriture de l'espèce humaine. % (vwxx)
dodoess (aembert), De frugum historié liUr unus ; in-8°. Aniuerpue ,
sttlAULO (Antoine), Noua et artificUtsa methndus comparandorum /roc- Utum , olerum , radicum , et aliorum hortensium Qua corpus blandè et absque nojrd purgant ; m- 8°. Luteliat % i56j. — ïbid. 1&65. — Ihul. — Trad. en allemand par George Steoisch ; in— 1 1. BUe , 1616. A la fin d'un auue écrit de Miuukl {De send) se trouve an opuscule attribue au fameux Arnauld de Villeneuve, sous ce u Lté : Consilium ad regem Aragonum de salubri hortensium usu : olerum , radicum , leguminum et Jructuum; in-8°. Lutetiat, 167a.
SAiaT-ÉTiE» va (claude) , Nouvelle instruction pour connaître les boni fruits v selon les mois de Tannée , avec une méthode facile pour la connaissance des arbres fruitiers, et la façon de les cultiver j in-ia. Paris , iG6o# — Ibid. 1670; 1687.
w.rlim. (jeao), Carpologia phfsica ; in-8©. fVittebergœ , iG6t.— Ibid*
Cette production posthume oiTre peu d'intérêt : die a été mise M jour par Geoige Gaspard Kiichmaier.
KtftLET (leao), Abrégé des bons fruits, avec la manière de les connaître et de
cultiver Je» arbres ; in- 11. Pâtis , 1667. — Ibid. 1675; 1690; <74°* Cistcaaaics ( a odol plie Jacques) , De catwententid utanlarum in jructijxcalume et r tribus , Diss. inaug. resp. Ceorg. Frider. Gmelin ; in-4°. Tubingœ, mari. 1C99.
Les cfioxis des savans qui ouvrent une carrière utile ont droit à des encooragemens et à des «loges. C'est à ce titre que je meutiouue honorablement U
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dissertation de Camerarius. Le plan qu'il a ébauché a été étendu et perfectionné par ses successeurs , et notamment par le professeur Decandolle , dont je me plais a transcrire les expressions : « La plupart de* auteurs anciens paiaissaient croire que les plantes qui se ressemblent par leur forme extérieure, se ressemblent aussi par leurs propriétés. Le premier naturaliste médecin qui ait énonce clairement cette opinion est Camerarius. »
vesti (just) , De fructuum horœorum et etculenlorum usu etabusu , Dits, inaug. in-40. Erfordiœ% 1704.
schclze (jean Henri), De Jructibus horœis , Diss. in-4<>. Halœ Magdcburgicce , 1 737.
EOËUM£*(jeau nenjamin). De virtutibus fructuum horœorum medicis , Dus.
inaug.resp.S. F. Uausleutner ; in-fo. Lipsiœ , 1753. R 1 '■ m ter (George cottlob) , De salubritate fructuum horœorum , Dus. med.
tnaug. resp. G. A. Segniz ; in-4° Gottingœ , 1 754. Lta»wé (chartes), Fructus esculenti, Diss. inaug. resp. Joan. Salberg; in-4°.
Upsauœ, 11 jun. 1763.
Cette dissertation est insérée dans le tome sixième des Amœnitates aca-
detnicœ. L'iliustre autrui indique la nature cl les usages des fruits comestibles,
qu'il partage en six classes : baies , pennes ; pommes ; siliques ; grains ;
kroop (iean Berman) , Fructningie , oj besehrrving dervrugtboomen en vrugten die men in de hoven plant en ondernoud ; c'est-à-dire , Frneto— logie , ou description des arbres fruitiers et des fruits qu'on plante et qu'on entretient dans les jardins }in-fol. fig.color., Lewarde, 1 763. — /<f. in-fol. fig. Amstcidam, 1771.
bubchker (André xlie), De eautiiu defcnrlendd Jruetuum horœorum y in pmducendd dysenterid innocentid, Diss. med. inauc. resp. Dcsner ; in-4°. Halœ Magdeburgicœ , 1766.
Duhamel OUMOMCEAD (Henri Louis), Traité des arbres fruitiers, contenant leur figure, leur description et leur culture ; a roi. in-4°. Paris, 1768.
Cet ouvrage joint la béante à Futilité : c'était le plus complet qui eût encore paru sur cette branche intéressante de Técnnoniie rurale. Aussi fut -il promptement tradnit , en totalité ou par extrait , dans plusieurs langues : on le contrefit à Bruxelles j MM. Turpin et Poiteau en ont commence une édition magnifique.
zallisgeb zum THrair ( jean-waptiste ) , De ortu fnigum ex meçhanhme
plant arum, Dus. in-4°. OEmponti, 1760.
— De incremento frugum , Diss. in-4°. OEniponti , 1771.
Ces deux opuscules onl été traduits en allemand , par Jean-Baptiste d'Auers-
berg j in-8°. Augsbourg , 1 780 et 1 78 1 . Misses (jean Baptiste), De Jructibus hotœis , Diss. med. inaug. in-8°.
riennœ (Austriœ) , 1770.
Cet opuscule , mince sous tous les rapports , contient cependant quelques
préceptes judicieux sur l'emploi des fruits horaires : quia sunt fugaces sir ut
horœ. L'auteur donne à ce sujet une règle digne d'être suivie dans une fouie
rie circonstances : nmne qund est nimium , vertitur in vitium. o.tRTNFR (Joseph) , De fructibus et seminibus plantarum ; 3 vol. in-4«. Gg.
Stutgardiœ et Tubuigœ , 1789-1791-1805.
Cette carpotugie est un traité fondamental et classique. L'Académie des
sciences de Paiis ayant a juger l'ouvrage qui depuis plusieurs années avait été
le plus utile aux sciences , désigna celui de Gartner. fohstth (cuillaume), Treatise on the culture and management of fruit-
trees ; c'est-à-dire , Traité sur la culture et l'entretien des arbres fniitîcrs ,
in-40. 5p< Londres , t8oî. — Traduit en français, avec des notes , par J.
P. Pietet-Mallet; in-8°. fig. Paris, i8o3.
Ce livre est regardé , surtout en Angleterre , comme nn chcf-d*oenvre.
L'auteur a été splendidement récompensé, et ses décisions passent, en quelque
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cilv : i (ttienne) , Des arbres fruitiers pyramidaux , Tulgairement appelé* quenouiUrs , avec la manière d'élever sous cette forme tous les arbres a fruits • in- i ^ Paris , 1802. — Iiiâ. 180^. — Trad en allemand , avec Ht* noies , par Jran Valcnun Sicklcr (ud des meilleurs agronomes de l'Allemagne) j in-8°. fig. Piapuc, t8o3.
cadet de vaux ( Antoine Alexis) , De la restauration et du gouvernement des aibres à fruits , mutilés et dégra'lc» par la succession annuelle de l'ébour— geonneincnt et de la Caille ^ in-8°. Paris, 1807.
Je n'ai mentionné dans cette notice que les livres les plus importans ou les plus renommes sur les arbres fruiticis. Jr ne devais citer qn'avec beauconpdc réserve 1rs écrits qui se rapportent plus spécialement à la botanique ou à l'économie rurale. Telle est la raison ponr laquelle je n'ai point énumeré 1rs titres des oimagcs prodigieusement multipliés sur la connaissance , la culture, le choix , la taille des aibres à fruits. Je me borne à citer chronologiquement le* noms de quelques agronoines-carpologistes distingués: Sébastien Joseph du (^amhnut île Pontcbastcaii , 1 G 5 1 ; René Triquel , 1 653 j Jean Evclyn , 166$ j Nicolas Vautier , 1676; Thomas Langford , 168 1 ; Larivière et Duru>>nl.n, 16" '. Jean Laquintinyc, 1 690 j Pierre Brancha , 1693 j l'abbé de h Cbataigncrayc, tfigaj flcné Dahuron , 169J ; Jean Lawrence, 1717 i Pcllctii r île Frcpillon, 1773 j Jean Mayer, 177GJ Châties Buiret , 179L» j Léonor Le moi ne , 1 80 1 .
FUCUS , s. m. , nom latin francisé qui désigne un genre de plantes marines très-répandu et très-nombreux en espèces , dont quclquesrunes sont employées en médecine , dans les arts, eu économie domestique , et qui méritent sous ce triple rapport , rattcnlion des médecins.
Quelques botanistes rendent le mot de fucus par celui de varec ou varech j mais nous n'avons pu l'adopter, parce que , dans plusieurs provinces maritimes , on donne le nom géuérique de varec à toutes les plantes rejetées par la mer. Celui d'algues, algie, a été employé par les anciens pour désigner les plantes qui croissent dans la mer, et 1rs fucus en font parconséquent partie. Aussi Linné les a compris dans cette section de la cryptogamie qu'il a appelée algues , et qui renferme beaucoup ac plantes qui croissent dans l'eau ou les lieux humides. Théophraste , lib. 4» cap. 7, se sert du root zjkoç , qu'on rend en latin par celui d'alga , pour désigner toute espèce de fucus '7 tandis que Pline assure que le nom de fucus est le mêtroe en toutes les langues (lib. i3, cap. 25 ). Sur la côte de Normandie , on appelle brajr ou brac les fucus, et Dalecbamp prétend que ce mot vient du grec 0pW.
Voie» les traces qu'on trouve dans les auteurs sur les fucus. Théophraste en reconnaît cinq espèces, dontla première, qu'il appelle zoster n'est point un fucus , et constitue le genre îo5tera de Linné ; la mousse de mer, muscus marinus , qui est probablement notre Jucus helntinthochorton'y celui qui sert à teindre en rouge , qu'il désigne sous le nom de <vbvjior, et qu'il dit semblable au fenouil , dont on peut voir la figure au lib. 12 , c. 1 1 de Dalechamp; celui qu'il dit semblable aux grami-
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nées; et celui qu'on appelle loctuca marina, qui pourrait n'être pasuii/wcus, et qui forme peut-être Yulva marina de Linné', tandis que Vautres pensent que c'est \q fucus vesiculosus du même auteur. Dioscoride (lib. 4 , cap. 96), réduisit a trois les fucus connus; mais ce qu'il en dit est encore moins positif que les paroles de Théophraste. 11 y a, dit-il, un fucus marin qui est large, l'autre qui est longuet et rouge, et un troisième qui est blanc. Il est probable que cette troisième espèce est le corallina officinalis , L. , qui n'est point une plante , mais un polypier. Pline {lib. 26, cap. 10), traitant de ces mêmes plautes, n'en admet non plus que trois espèces, et répète presque mot à mot les paroles de Dioscoride. Il y en a une large, dit-il, l'autre qui est longue et rouge , et une troisième dont les feuilles sont recoqoillces , qui sert à la teinture. Cet auteur revient en plusieurs endroits de son grand ouvrage sur les fucus(//6. i3 , lib. 27), mais il n'est pas toujours d'accord avec lui-même sur les caractères des espèces de ce genre. Malhiole (comm. sur Diosc, liv. 4 , cap. g5)j Lobel(ofo. 647, 652, etc.); Dalcchamp ( Hi st. plant , lib. 12, cap. 1 1 ) ; Jran Bauhin ( Hist. plant. 3 , lib. 3$ , cap. 1 -33 ) ; Tournefort (Inst. rei herb. , * p. 569 f tab. 336 , etc. ), etc. ont ajouté plusieurs espèces de fucus à celles indiquées par les trois naturalistes anciens; mais, malgré les figures qu'ils en ont données , il n'est pas toujours aisé de reconnaître les espèces dont ils ont voulu parler. Il y a trop d'incertitude dans ce qu'ils en disent et trop peu de détails sur leurs caractères , pour parvenir à une connaissance un peu exacte de ce groupe de plante. Il faut arriver jusqu'à Linné pour trouver le genre fucus établi d'une manière certaine. Cet illustre botaniste assigna les caractères génériques déjà entrevus par Tournefort. Il en décrivit d'abord trente-quatre espèces , ce qui était plus qae double de toutes celles indiquées avant lui par tous les auteurs réunis. Ce n'est pourtant que depuis la belle monographie de Gmelin, h'istoria fucorum , publiée en 1768, que ce genre est parfaitement apprécié. MM. Goodcnoug et Woodward ont inséré en I7<j5, dans les Transactions linéennes de Londres, un mémoire sur les fucus des îles britanniques , où ils ont ajouté quelques espèces à celles de Gmelin. Espar, en 1800, Stackhouse (iVe>reis britannica) , en 1801; Dawson Turner (Synopsis ) , en i8op , Xavier de Wulfen , en 1 8o5 , ont augmenté la somme de Sos connaissances sur les fucus et le nombre total des espèces. M. La m ou roux, qui étudie avec tant de zèle les productions marines , a publié en 1 8o5 une dissertation intéressante surplusieurs espèces de fucus nouvelles ou peu connues, où le nombre des espèces s'accroit encore beaucoup ; enfin, l'Ency cl. bot. , tom. 8, publie plus de deux cent vingt espèces
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de ce groupe de plantes. C'est l'article le plus complet qui eiiste sur ce genre , et celai auquel nous renvoyons pour la description botanique des espèces dont nous n'avons pas voulu grossir cet article. Si on ajoute à cette liste quelques observations particulières , relatives à certains fucus , on aura une idée des auteurs qui ont écrit sur ce genre de plantes , par ordre chronologique. J'estime , par approximation , que la quantité des fucus conuus se monte maintenant à plus de trois cents. On a lieu d'être étonné lorsqu'on voit que des plantes si nombreuses, dont plusieurs sont connues depuis la plus haute antiquité , et employées en médecine et dans les arts ; on a lieu d'être étonné , dis- je , qu'aucune matière médicale moderne ni aucun ouvrage économique ne parlent de leur emploi dans l'une ou l'autre de ces sciences. C'est pour réparer cet oubli , et pour montrer l'utilité qu'on peut retirer de plusieurs espèces de ce genre, que nous avons écrit cet article. Nous espérons qu'en réveillant l'attention des médecins , des savans , des agriculteurs , sur l'usage des fucus, on pourra , à l'instar des anciens, retirer beaucoup d'avantage de leur emploi.
Mais ce dictionnaire n'étant pas consacré à la botanique pure , nous devous nous borner à ne parler que des fucus employés sous un rapport quelconque ; nous devons relater surtout les espèces qui ont un usage médical , usage si complètement tombé en désuétude cher les modernes. Car maintenant il faut aller jusque chez les sauvages pour voir utiliser les fucus et s'en servir à rétablir la santé , comme nous le verrons dans la suite de cet article. Ce n'est pas la seule occasion où on ait retrouvé chez des nations éloignées des habitudes enseignées par la Grèce savante , et que nos Européens policés ont dédaignées depuis des siècles , ou n'ont jamais connues. Nous allons faire précéder leur indication de quelques aperçus généraux sur leur nature.
Les fucus habitent la mer, et surtout ses bords; on en observe dans toutes les régions connues j il y en a qu'on rencontre dans toutes les mers , d'autres qui n'habitent que certaines plages. Les uns vivent dans le fond de la mer, d'antres nagent à sa surface , où ils forment ce que les marins appellent des goémons ; d'autres enfin ne je trouvent que sur les lieux que la mer recouvre j il y en a même qui sont parasites et ne viennent que sur d'autres fucus. Il ne faut pas croire que tous les fucus qu'on rencontre sur une côte y aient pris naissance. Ils peuvent au contraire lui être étrangers , et y avoir été apportés de fort loin par les vents, les tempêtes, etc. Ces plantes sont ordinairement vivaces ; quelcrues-unes pourtant ne paraissent pas subsister beaucoup au-delà d'une année. La consistance des fucus est en général considérable , parce que
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la nalure de la substance qui les compose est le plus souvent cartilagineuse ; ou eu rencontre quelques espèces qui sont
Êélatineuscs. Toutes se <lnrcissent après être sorties de l'eau. Iles ont la propriété de se conserver longtemps à l'air sans se décomposer , cl même après plusieurs années d'enfouissement dans le sable ou de dessiccation, elles ont le privilège de reprendre leur forme première, en les remettant entièrement dans l'eau de mer , et même d'y reprendre vie , selon quelques naturalistes , ce qui les rapprocherait de certains polypes qui, au dire de Spallanzani , sont susceptibles de jouir de nouveau de la vie, après eu avoir clé privés par une dessiccation de plusieurs années.
Il y a des fucus qui sontrameux et se tiennent droits de mauîèrc à imiter de petits arbrisseaux ; le plus grand nombre sont couchés et (lollans. Il y en a de simples ; mais la plupart sont divisés, au moins par les extrémités. Leur lige est appelée ftvnde , comme celle de toutes les plantes cryptogames. Elle est arrondie , ou comprimée , ou membraneuse. Leur taille varie depuis un pouce jusqu'à celle de plusieurs toises ; il y en a même une espèce , fucus giganteus , Forstcr , qui acquiert jusqu'à huit cents pieds de longueur. Leur couleur est ou d'un vert noirâtre, on d'un rouge plus ou moins clair, et allant jusqu'au pourpre foncé. Il y en a très-peu d'une autre couleur. Les fucus morts perdent leur co'oralion , tt passent au jaune ou au blanchâtre. Ces plantes n'ont pas de feuilles proprement dites ; ce sont des divisions de la tige auxquelles on donne ce nom. Gmclin prétend que les fucus n'ont pas de racine, et que c'est à tort qu'on donne ce nom aux fibres, rcnllemcnt ou disque , qu'on aperçoit souvent à leur base , et qui ne serveut , selon lui , qu'à les fixer parfois si solidement qu'il faut casser le rocher pour avoir le fucus , surtout s'ils sout dans le temps de la fructification. M. Lamouroux croit au contraire que ces plantes ont une véritable racine, et il en donne pour preuve que les fucus ne se fixent pas indifféremment à telle ou telle substance ; mais toujours, au contraire , ta même espèce repose sur le même sol. Au surplus, ces végétaux, chez lesquels on n'observe point de vaisseaux circulatoires et nutritifs, mais seulement une structure celluleuse, sont pourvus de porcs par lesquels ils tirent de la mer leur nourriture , et ils convertissent ses eaux en leur propre substance et se les assimilent.
Réaumur et quelques autres botanistes ont cru voir des fleurs dans les fucus , et les ont même décrites. Il pensait qu'elles étaient hermaphrodites ou uuisexuellcs. Celle opinion n'a pas pris faveur parmi les observateurs modernes , parce qu'aucun d'eux n'a pu voir ces prétendues ïlcurs. Quant à la
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Les fucus habitent les mers, comme nous l'avons dit, et quelques espèces en font l'ornement : telles sont celles qui sont de nature membraneuse, et d'une belle couleur rouge ou purpurine. Ils laissent échapper de l'azote ou de l'oxigène, suivant qu'ils sont à l'abri de l'action de l'air et de la lumière , ou qu'ils y sout exposés, propriété qui leur est commune avec presque toutes les plantes. Il y a un certain nombre de fucus vésiculeux
2ui renferment dans leur réservoir aérien des gaz qui semblent estinés à diminuer leur pesanteur spécifique et à les faire flotter à la surface de l'eau avec plus de facilité. Il serait curieux de connaître la nature de ces gas sédentaires.
Hudson est le premier qui ait proposé une classification un peu méthodique des fucus , mais elle n'est pas à l'abri de la critique , puisqu'elle est basée spécialement sur les formes extérieures Ses fucus ; c'est moins la forme de ces plantes qu'il faut 17. *
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consulter pour les classer que la nalurc de leur substance et leur mode de fructification. M. Lamouroux pense, avec raison, qu'une bonne classification des espèces de ce genre, pour être la plus naturelle possible, doit être basée principalement sur ces deux considérations.
Linné' avait établi pour caractère générique des fucus, d'avoir des (leur* maies composées d'étamines placées sur des vésicules, et des fleurs femelles composées de graines uageant dans des vésicules gélatineuses; mais, sur soixante-dix espèces décrites dans les dernières éditions de ses ouvrages, à peine dix espèces présentent-elles ces caractères. Toutes les espèce* dépourvues de vésicules eu étaient exclues. Gmelin définit ainsi le genre fucus : « globules chargés de fruits ou semences en forme de grains cacbés dans des ponctuations perforées. » Je pense que les caractères assignés a ce genre par M. Decandolie {Flore française, tom. n , p. 17) sont les plus exacts. Il les pose ainsi : a algues membraneuse* ou filamenteuses dont les graines ou les capsules , réunies dans des gousses ou des tubercules, aboutissent à des pores extérieurs et sortent naturellement de la plante ». Ainsi toute plante marine qui sera pourvue de ces caractères sera un fucus. Nous uous sommes apesanlis à dessein sur les caractères du genre, ne pouvant dans cet ouvrage donner ceux des espèces. Nous allons maintenant indiquer sommairement les usages de celles qui en oni, ou les particularités propres à quelques autres , nous réservatit d'y ajouter quelques réflexions après cette éoumération.
Fucus vesiculosus , L. Cette espèce est la plus commune et la plus volumineuse de toutes celles de notre continent; elle répand une odeur très-désagréable sur les bords de la mer, dont elle rougit quelquefois, d'une manière fugace, les eaux où elle croît. Dans quelques provinces maritimes de la Suède , on en couvre les toits des maisons ; on en fume les terres : les bestiaux en mangent volontiers à cause de sa saveur salée. On en mêle, en Nortlande , avec la farine pour la coufection du pain : on en fume les terres. Par l'incinération , ou relire de la soude et de la potasse de ce fueni.
Cette niante est supposée le auercus marina des anciens auteurs. Pline en parle , et dit qu elle est excellente contre la goutte des articulations et contre les tumeurs inflammatoires. Gaubius et plusieurs autres médecins croieut ce fucus propre à fondre les eugorgemens des parties, et même leur squirre. Russel se sert de sa décoction pour frictionuer les tumeurs «crophuleuses et squirreuses. Le même forme avec la plante d«*ssécbée une poudre qu'il appelle c'ihiops ve'ge'ial , et qu'il donne avec grand avantage dans les scropbules. Baster eu compose une mixture qu'il administre dans l'engorgement des glandes. Ces renseignemens, tirés de Gmelin, fout voir que
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cette plante a des vertus certaines contre la maladie scrophuleuse, et doivent engager les praticiens français* surtout ceux qui habitent les bords de la mer, à employer ce fucus dans des cas semblables.
Fucus saccharinus, L. Cette espèce doit son nom à une fa* rine blanchâtre qui effleurit à sa surface lorsqu'elle est hors de l'eau, et qui offre une saveur salino-sacebarine. On la mange, en Islande, cuite dans de l'eau ou autrement. Le fucus saccharinus croit autour de l'Angleterre et des iles du nord de l'Europe ; il n'est pas rare non plus sur les côtes de France. Suivant Gui H in , ce fucus est salé, et on ne le rend doux qu'après on certain nombre d'cbullitions. C'est de cette espèce que les chimistes modernes retirent en plus grande quantité' une substance qu'ils appellent iode. Toutes paraissent pourtant en contenir plus ou moins.
Fucus palmaius% L. On le mange en Islande et en Écosse. M. le baron de Humboldt , connu de l'Europe savante par son amour pour les sciences qu'il cultive toutes avec le plus grand succès , m'a communiqué une note sur ce fucus , dont voici le précis. En Islande, on le nomme sol; c'est le plus recherché de tous ceux qu'on mange dans le pays. On le cuit dans de l'eau. La substance farineuse qui couvre le fucus pal" matus est un véritable sucre , et non un sel , comme dans le fucus , appelé mal à propos saccharinus , qui, d'après ce renseignement, ne mériterait pas ce nom. Biarne Povelsen a écrit une dissertation sur le sol , dans laquelle 'il nomme le fucus palmatus, alga sacchanfera. A Orebax, petite ville d'Islande, on vend un voèt (80 livres) du fucus palmatus bien séché, cinq francs , numéraire de France. M. Martin , voyageur anglais , dit qu'il sert, ainsi que plusieurs autres, à fumeries terres et les arbres dans plusieurs iles du nord de l'Angleterre.
Fucus edulis , L. Sa saveur naturelle est salée; mais on la lui fait perdre par la macération dans l'eau douce, ou au moyeu de certaines préparations. On s'en sert comme aliment dans '[uniques parties de l'Inde, en en formant des espèces de salades. On croit que la matière visqueuse qu'on observe dessus est la même que celle qu'on trouve dans les nids d'hirondelles, si recherchés des gourmets du pays, et regardés comme uu mets délicieux. Ce fait ne paraît pas prouvé.
Fucus esculentus , L. Il se mange en Islande, ainsi que le serrants, L , et le digitatus, L. Le nom du premier indique asseï sa qualité comestible.
Fucus dulcis, L. Les Ecossais et les Irlandais le mangent. Dans les iles qui entourent ces pays, on en prépare un aliment que les habitatis trouvent excellent. Ils mangent aussi la plante récente. Ils ont sans cesse ce fucus roulé dans la bouche , et le
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mâchent , comme les chiqueurs font des feuilles de tabac Ray dit que l'infusion des feuilles se'cbées sent la violette. Dans Pile de Skie , une de celles du nord de l'Angleterre , on l'emploie pour exciter la sueur dans les fièvres. Les Hibernois mangent encore \e fucus ciliatus et le scoiieus de Dulcsh. Le premier vient sur les coquillages.
Fucus notons , L. j fucus sargasso , Gmelin. Il est connu des marins sous le uom de raisinde mer, raisin des tropiques, nom qu'il doit à ses nombreuses vésicules sphe'riques. Cette espèce ne présente pas d'attache fixe à la base, de sorte qu'elle nage dans les eaux de la mer, et est le jouet des vents. I! parait qu'elle naît surtout sur les rivages de l'Amérique , d'où elle s étend à des régions très-éloignées. On la rencontre depuis les Canaries juqu'aux plages du Nouveau-Monde. C'est ce fucus qui forme ces tapis verts que Ton observe sur les flots, et qui effrayèrent tant les matelots de Christophe Colomb, lorsque ce grand homme allait découvrir un autre univers. Actuellement les marius, bien loin de s'en effrayer, estiment qu'il s'oppose à la fureur des vagues par la couche épaisse qu'il leur présente à déchirer. Ce végétal sert d'aliment aux poissons, et c'est presque la seule nourriture végétale qu'ils rencontrent , ainsi que les coquillages, dans la haute mer. D'après le sentiment d'Aristote, les Phéniciens paraissaient avoir navigué jusqu'à la mer herbeuse, ce qui donne une idée de la position de la fameuse Atlantide des anciens {Voyez Humboldt, Voyages aux régions éauinoxiales , t. i , p. 12). Les hommes trouvent dans l'emploi de ce fucus un médicament assez puissant dans le cours de leurs voyages maritimes. G. Pison , célèbre médecin et voyageur, dit(a'6. iv, cap. 68) qu'il est excellent contre les douleurs et les suppressions d'urine. Rumphius affirme que les feuilles sèches sont utiles contre la néphrétique. Kalmius rapporte qu'en Amérique on s'en sert contre les fièvres , et qu'on donne sa poudre pour provoquer l'accouchement. Gmelin avertit qu'on en prépare un vinaigre qui ne le cède pas à celui de passe-pierre (crithmum maritimum,h.), et que dans quelques contrées de l'Espagne on en mange avec la viande.
Fucus bracteatus, L. Rumphius dit qu'en plusieurs endroits des Indes on le mange associé à des aromates. Au rapport de S tel 1er, on mange en Asie le fucus clathrus de Linné.
Fucus tremella lactuca, Gmelin. C'est la laitue de mer, une des espèces de Théophraste et de Pline . qui croit dans toutes les mers d'Europe. Ce dernier la croit incrassante et astrin«i gente. Martin dit, dans son voyage aux îles du nord de l'Angleterre, que dans celles situées a l'occident de l'Ecosse , on applique la* laitue de mer sur le front et aux tempes, comme anodine , anti - fébrile , pour apaiser les douleurs de tète et exciter le sommeil.
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Fucus amans i/, Lamouroux. Les habitans de Madagascar et de l'Ile- de-France mangent ce fucus, ainsi que le fucus spinœformis du même auteur et plusieurs autres : on dit qu'ils en font un grand usage.
Fucus helminthochorton , Latouretle. Cette espèce a été décrite pour la première fois en 1782, dans le Journal de physique; elle est connue des pharmaciens sous le nom de mousse de mer , ou plutôt de mousse de Corse. Il est d'autant plus extraordinaire qu'elle ait échappé aussi longtemps aux botanistes et aux médecins français , que c'est probablement une des espèces désignées , obscurément à la vérité , par Théophrastc , Dioscçnde et Pline , et par tous les vieux auteurs , sous le nom de muscus marinus. Il est probable même qu'on en fait usage , de temps immémorial , dans l'Archipel et en Grèce. Ce fucus, dont la vertu vermifuge désignée par son nom est très - connue, est un des médicamens les plus employés ; on l'administre en infusion , en poudre , sous forme de sirop; il a la propriété de former une gelée, ainsi que plusieurs autres espèces, dans l'eau bouillante, qui permet de le faire prendre aux enfans sous cette forme , parce que , trompés par 1 apparence et le goût du sucre qu'on a soin d'y ajouter, ils croieut prendre des confitures. On trouve ce fucus sur les côtes de Corse , où il est maintenaut rare; sur celles de Sardaigne et en petite quantité sur celles de la France qui bordent la Méditerranée. 11 ne faut pas confondre avec la mousse do Corse la coraliine de Corse , ou blanche , qui est un produit animal , dont les vertus vermifuges sont nulles ou peu marquées , et appelée par Linné corallina officinalis.
La substance qu'on trouve chez les pharmaciens , sous le nom de mousse de Corse, est bien loin d'être entièrement composée du fucus helminthochorton. M. Decandolle , qui en a fait l'examen, ditqu'elley entre à peine pour un tiers. Cela vient de ce que les pêcheurs qui vont à la recherche de cette plante, se contentent de râcler les rochers où elle croit, et vendent pèle mêle tout ce qui en provient. Il a observé au moins viogt substances qui lui sont étrangères , tels sont des fucus , des conferva , des ulva , des ceramium , dont on peut voir le détail dans la notice que M. Decandolle a fait inseVeiNMMom. i<r, n" 9, du Bulletin de la Société de la faculté de médecine de Paris. Reste à savoir si toutes ces plantes partagent la vertu de In mousse de Corse , chose qui ne pourrait être décidée qu'en les employant séparément.
Fucus tendo, L. Cette plante d'une forme presque cylindrique et très-alongée , sert à faire des lignes pour la pêche, en plusieurs régions du globe , notamment au Brésil ; à la Chine on eu foit des espèces de cordages en en mettant trou
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brins ensemble, et Linné* dit qu'alors l'homme le plus robuste ne pourrait les rompre avec les mains.
Fucus plocamium f L. C'est une espèce très- jolie et d'une etite dimension. Les curieux en font des ouvrages très-agréales, qui imitent des jardins , des forêts , des champs plantés , etc. Sa couleur de minium me fait soupçonner que cette espèce est le fucus rouge de Théophraste et de Pline , qu'ils disent être propre aux teinturiers. Nous reviendrons plus bas sur cet objet. Les fucus versicnlor et purpurascens , L. , sont susceptibles aussi de faire des ouvrages d'agrément , des tableaux ; on les encadre, on imite des parcs , des vergers , etc.
Voilà une vingtaine de fucus qui préseutent des propriétés intéressantes. Sans doute plusieurs autres sont dans le même genre , et n'attendent que l'expérience d'observateurs attentifs pour nous faire connaître qu'ils partagent les qualités des espèces dont il vient d'être parlé, ou même qu'ils en offrent d'autres non encore aperçues. Ces plantes qu'on regardait comme l'écume cl le rebut de la mer, offrent au contraire de* qualités pre'cieuses dont l'homme peut retirer des avantages immenses , comme on a pu l'apercevoir dans la notice que nous venons d'offrir des espèces dont on trouve quelques observations dans divers auteurs , bien que dans le plus grand nombre on ne rencontre absolument rien sur eux , que leur description el lenr distinction minutieuses. Nous avons préféré, au contraire , ne pas parler de leurs caractères botaniques , qu'on trouve dans les livres dont nous avons donné les noms , pour nous étendre sur les avantages que l'bommc peut retirer de ce genre nombreux de plantes marines que la providence lui a offerte, pour s'en servir dans diverses circonstances de la vie et qu'il a négligées beaucoup trop, faute de connaissances suffisantes sur leur emploi.
Propriétés me'dicales des fucus. i°. Les anciens qui connaissaient moins de plantes que nous , mais qui savaient mieux apprécier leurs vertus , avaient recounu que les fucus pouvaient être employés en médecine. Ils avaient surtout trouve* que les fuCuS étaient utiles Contre la goutte , appliqués en cataplasme. Pline, qui leur assigne cette propriété, devait avoir eu maintes occasions d'en éprouver les effets ; car la goutte , chez les Romains de son temps , qui vivaient dans la mollesse et la débauche , ne devait pas être rare. On ne trouve dans aucun auteur moderne de recherches pour savoir si les fucus ont effectivement de la valeur dans cette maladie si douloureuse et si rebelle à nos moyens , contre laquelle on prétend avoir mille remèdes, ce qui prouve qu'on n'eu a effectivement aucun , et dont le traitement est actuellement l'appanage des charlatans , après avoir fait le désespoir des médecins. Rien n'est si facile que d'employer les fucus récens contre la goutte
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des articulations ; les personnes qui habitent les bords de la mer peuvent l'expérimenter aisément; et si on obtenait des «accès de ce moyen , on pourrait envoyer ces plantes dans de l'eau marine , qui les conserve dans leur fraîcheur, partout où besoin serait. Pline n'attribue la propriété antigoutteuse qu'au quercus marina, que Ton croit être notre fucus vesiculosus, L. ; mais il est probable que la plupart des autres espèces doivent être dans le même cas, ou du moins celles qui s'en rapprochent le plus. Au demeurant , cette espèce est la plus abondante de toutes sur nos côtes. Les médecins qui habitent les rivages de la mer, peuvent, en employant des fucus , s'assurer de leur propriété antigoutteuse ; ils rendront un éminent service à la médecine, s'ils parviennent à leur reconnaître cette propriété. Je pense que , pour leur application topique, il convient de les réduire en une sorte de pulpe , au moyen du mortier, en y ajoutant un peu d'eau de mer , s'il est nécessaire ; car autrement leur consistance qui est toujours assez grande, jointe à leur forme arrondie, pourrait blesser des parties entlammées par l'humeur goutteuse , et qui sont déjà si douloureuses par elles-mêmes. On devra renouveler l'application de ces cataplasmes , soir et matin , et tenir là partie en repos parfait.
a*. Pline dit encore que les fucus apaisent l'inflammation et peuvent être appliqués sur les tumeurs qui en sont le résultat. Cette propriété est beaucoup moins précieuse que la précédente, parce que nous ne manquons pas de moyens propres à combattre les alléchons de ce genre. Pline attribue surtout celte propriété à la laitue de mer ( tremella lactuc* , L. )„ D'après le savant voyageur Martin , cette plante n'aurait cette vertu que parce qu'elle serait un peu narcotique , puisque dans les îles du Nord de l'Angleterre on l'emploie pour provoquer Je sommeil, ce qu'elle fait par sa simple; application sur le front. Galien (lib. 6, simp. med. ) , estime aussi les fucus rafraîchissant et dessiccatifs.
5°. Des médecins dont l'autorité est d'un grand poids , tels que Gaubius, Russe! et Baster , ont emplové avec succès les fucus contre les scrophules , soit à l'extérieur, soit à l'intérieur. Il serait bien à désirer que nous eussions un remède assuré contre cette fâcheuse maladie, qui dévaste les campagnes et la classe indigente des villes , et dont on triomphe si difficilement. La présence de moriates et d'alcalis dans les fucus, explique l'avantage qu'ils peuvent offrir dans les scrophules , puisque l'expérience a prouvé que ces substances salines étaient au nombre des plus efficaces qu'on puisse employer contre eux , et qu'on s'en sert tous les jours sous différentes formes. Nous avons indiqué plus haut les diverses manières dont on les a employé». On a surtout expérimenté le
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fucus vesiculosus , L. , si facile à s e procurer , et dont on tirera un médicament à bon marche', si , comme il y a lieu de le présumer , ses propriétés antiscrophuleuses sont confirmées. Il restera aux praticiens à indiquer combien d'espèces de fucus partagent cette propriété , et quelle est la méthode la plus convenable pour en faire usage. Je crois que desséchés et pulvérisés , ils doivent donner toutes les vertus dont ils sont susceptibles.
4°. Les mêmes auteurs ont été jusqu'à dire que les fucus pouvaient être utiles contre les tumeurs squirreuscs. Comme sous ce nom , ou confond une multitude de tumeurs différentes, ilne serait pas impossible que l'application locale de ces plantes, parleur action tonique, qu'elles doivent aux sels et aux alcalis qu'elles contiennent, ne produisit cet effet sur quelques engor-
§emcns atoniques qu'on aura pris pour des squirres j ce qui aura onné lieu de penser qu'elles auraient le même eJfet sur toutes les espèces. Nous crovous que dans le cas que nous indiquons , ces fucus peuvent agir comme fondans; mais si le sqoirre est formé, ils doivent, suivant nous, être plus nuisibles qu'utiles. Invoquons encore ici l'expérience , et souhaitons que quelque praticien habile , placé d'une manière favorable , puisse résoudre cette intéressante question ; et désirons qu'il puisse enrichir la médecine d'un médicament qui serait si nécessaire, 5°. La vertu la mieux constatée dans le genre fucus est la vermifuge. Il parait que depuis très-longtemps les peuples de l'Archipel , et peut-être ceux de la Grèce , s'eu servaient contre les vers. Eu France, et par suite dans le reste de l'Europe , ce n'es! que depuis peu d'années qu'on a découvert l'espèce douée de cette qualité, et cependant son usage est actuellement général. Comme le fucus hebninthochorton n'a pas de saveur marquée , il faut que la propriété anlbelmintique tienne à un principe particulier. Ne pourrait-on pas soupçonner que les vers strongles (ascaris vermicularis) , qui sont ceux que la mousse de Corse expulse surtout, sont tués par la nourriture excessive qu'ils trouvent dans le mucus abondant, que fournit ce fucus ; car cette espèce est du nombre de celles qui forment une gélée par l'ébullition dans l'eau. Les vers qui sortent vivans sont déjà bien malades , et meurent presque incontinent. Ces animaux périsseut , suivant nous , par une sorte d'indigestion , et sont chassés par suite du mouvement péristaltique des intestins, qui entraine vers le rectum les matières qu'ils renferment. Les vers n'avant plus la force de se cramponner à leurs parois, suivent l'impulsion des autres corps stercoraires. Les substances amères, spiritucuses, d'une odeur forte , tuent les vers en les empoisonnant ; il est à présumer que ces derniers médicamens sont plus véritablement vermifuges que ceux qui agissent à la manière de la mousse de
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Corse. Nous avons vu ,dans l'extrait que nous avons rapporté de la notice de M. Dccandolle , que plusieurs autres espèces de fucus partageaient la propriété vermifuge de Vhelminthochorion , ainsi que plusieurs autres plantes de la classe des algues, et fort voisines du genre fucus, comme \eceramium qui n'en est qu'un démembrement. Je soupçonne que tous les fucus à expansions capillaires , et non foliace'cs , ont la vertu anthelmintique de la mousse de Corse.
6°. On a indiqué plusieurs autres vertus médicinales dans les plantes dont nous traitons , mais comme elles sont beaucoup moius constatées , nous nous contenterons de ce que nous en avons dit plus haut. Telle est la propriété anti-fébrile des fucus dulcis et natans \ L. ; la vertu qu'a cette dernière espèce de calmer la néphrétique ; celle du fucus rouge contre la morsure des serpens , au dire de Nicander , ce qui lui faisait appeler cette plante la thériaque de mer , etc.
Il résulte donc de ces rapprochemeus que les fucus ont des vertus médicinales réelles, d'après l'autorité des anciens et celle de médecins non suspects; mais que plusieurs d'entre eux ont besoin d'être éprouvés de nouveau avant qu'on puisse faire un usage général de ces plantes , et que tout fait présumer que la médecine aura bientôt un nouveau moyen thérapeutique d'autant plus précieux qu'il est abondant et facile à se procurer.
De l'usage des fucus comme aliment. Dans les climats où la nature est avare de ses dons , où l'homme trouve à peine de quoi fournir à sa subsistance , celui-ci a dû chercher dans tout ce qui l'entourait de quoi se nourrir. Les végétaux qu'il a trouvés sous sa main ont dû d'abord fixer son attention, et il a sans doute essayé d'y chercher un aliment que la dureté du sol lui donnait à peine. Dans les pajs maritimes, les fucus, qui abondent partout , ont présenté aux habitans un mets sinon succulent , du moins plus ou moins propre à sa nourriture journalière. Les espèces qui se présentent comme plus propres a l'alimentation sont celles à expansion déliée ou plane, mince, comme foliacées et d'une consistance gélatineuse; elles se rapprochent en quelque sorte des végétaux terrestres et n'offrent pas a la 4* "L une résistance coriacée qui en rendrait le broiement presque impossible ; tels sont les fucus edulis , cilialus scoticus, dulcis , saccharinus , pal ma tus , serraius , digitalus , esculentus , clathrus , braetcatus , amansii , spinai- Jormis , etc. Les noms que plusieurs de ces plantes ont reçus prouvent leur qualité nulrifivc. On ne peut pas en faire usage sans de certaines préparations ; il parait que la saveur salée de plusieurs espèces a besoin d'être corrigée par des lotions dans Feau douce; on les mange mêlés en diverses pro-
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portions à de la farine ou à d'autrcâ substances nutritive* ou seules , ou cuites dans du lait , etc. Je ne doute point que le* f mus ainsi préparc's ne fournissent une meilleure nourriture que i'e'corce de pin et de bouleau , que les nations du nord , non voisines de la mer , mangent faute de mienxi
Il y a pourtant des pays pourvus d'une végétation riclie, où rien ne manque aux besoins de l'homme , et où on recherche les fucus sinon comme aliment au moins comme ronciiment , ou par un goût particulier. Ainsi dans l'Inde, à Madagascar, à l'Ile-de-France, dans certaines parties de l'Espagne, en Bretagne même, etc. , on mange des fucus, quoique d'autres nourritures , qui nous paraissent plus succulentes , n'y manquent pas ; est-ce l'cAet d'un appétit bizarre ?ou bien la saveur salée de ces végétaux donne-t-clle aux substances avec lesquelles on les mêle un goût agréable et propre à stimuler la faim 7 La matière gélatineuse qu'on trouve sur certains fucus et que les Indiens mangent avec délice ( analogue à celle qu'on obse'rve dans les nids d'hirondelles de ces climats), prouverait en faveur de la dernière de ces questions ; et , qui sait d'ailleurs jusqu'où pe%t aller la singalarité de l'appétence alimentaire , quand on voit des nations entières avaler de la terre argileuse, non-seulement pour tromper la faim , mais encore par goût pour cette substance?
Au surplus les animaux ne dédaignent point non plus les fucus. Aristote avait déjà observé ( lib. vi ) , que les poissons et les oiseaux en usent et même se purgent avec ces plantes. Dans la pleine mer , ces animaux n'ont guère en nourriture végétale que ces plantes pour s'alimenter. En Suède , le bétail eu mange mêlées avec d'autres fourrages, à cause du goût salé qu'elles y ajoutent.
De la matière sucixïe qu'on peut extrait* des fucus. Plusieurs espèces de fucus se recouvrent, lorsqu'on les expose à l'air pendant un certain temps , d'une poussière blanchâtre , qui est formée de houppes soyeuses extrêmement fines , laquelle fournit à la dégustation un goût sucré, mêlé d'un arrière-goût salé. On a donné le nom de sucre à cette substance j et les chimistes, entre autres M. Vauquelin , y ont effectivement reconnu non du sucre , mais une matière sucrée analogie à celle de la manne et de l'oignon , dont elle diffère pourtant par quelques caractères.
Le fucus sacchan'nus , ainsi nommé de la propriété qu'or? lui a recounue de fournir cette matière sucrée , est bien loin d'être l'espèce qui en fournisse le plus. Il est un de ceux , à la vérité, qui se recouvre le plus promplement de la* poussière blanche qui décèle la matière sucrée; mais si on goutte cette poussière , ou la trouve plutôt salée que douce , ce qui prouve
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que la matière sucrée y est en très - petite quantité ; le fucus digitatus se recouvre aussi d'une cfllorescence sucre'e , mais peu abondante; le fucus palmalus parait fournir une plus grande quantité' de substance sucrée que les deux espèces précédentes ; mais celui de tous qui eu renferme le plus , au dire de M. H. F. Gauthier de Claubry, est le fucus siliquosus, L. Il aflirme que la quantité qu'où en relire est vraiment étonnante; effectivement cette plante se recouvre eu peu de temps de couches blanches qui se reforment successivement à mesure qu'on les lui enlève.
La manière d'extraire le sucre des fucus est des plus simple?. Il ne s'agit que d'enlever la matière effleurie à leur surface , de la faire fondre dans de l'eau, de rapprocher les solutions et de les faire cristalliser. De nouvelles solutions dépouillent ce sucre des sels étrangers qu'il contient et des principes coloraus. On peut voir des détails sur ce procédé dans l'ouvrage de ». Gauthier, que nous citerons à la fin de cet article. Jusqu'ici on n'a extrait le sucre des fucus qu'en petite quantité , et pour eu constater la présence ; mais il est à présumer qu'on pourrait l'extraire en grand , d'autant plus facilement que l'espèce qui en donne le plus abondamment , n'est pas rare sur nos rôles, surtout sur celles de la Manche. C'est une nouvelle branche d'industrie à exploiter, et qui peut n'être pas à dédaigner.
De quelques produits propres aux ans, qu'on peut retirer desjucus.
i#. Soude et potasse. L'abondance des fucus sur les rivages de la nier a fait penser à les utiliser. Ou en extrait une soude grossière , qu'on connaît dans le commerce, sous le nom de soude de varecs , et qui est très-employée dans les verreries. Pour la préparer, on ramasse les fucus deux fois par an ; on les faitse'cher; on les brûle dans des fosses-. La combustion achevée, on casse la matière qni en résulte en morceaux. Cette soude de peu de valeur ne contient qu'à peine un douzième de sous-carbonate de cet alcali; les autres sels qu'elle renferme sont beaucoup dliydro-chlorate et de sulfate de soude , de sulfate de magnésie , d'hydro- chlorate de potasse et de maenc- »ie , de sous-carbonate de potasse , d'un peu de sulfate sulfuré de soude et d'hydriodate de potasse.
La potasse est plus abondante dans les fucus que la soude, ce qui est d'autant plus singulier que les autres plantes marines douuent ordinairement beaucoup de soude et peu de potasse; celte dernière est le résultat plus fréquent de l'incinération des plantes terrestres non salées. Par des moyens chimiques orv pourrait décomposer les sels qui composent \e$ fucus , et retirer une plus grande quantité de ces deux alcalis que celle qu'où
obtient de leur simple incinération. C'est à ceux qui habitent les bords de la mer à chercher, par des moyens convenables, à extraire le plus possible de ces substances si utiles dans les arts.
Les fucus sont très-composës dans leurs élémens chimiques, comme on peut le voir à la liste des sels qu'on observe dam leurs cendres. Voici le résultat de l'analyse chimique qui a été rapportée du fucus vesiculosus, L. dans la Nereis britannica de Stackouse :
£au , 1 58 parties; ammoniaque, 90; charbon, 86; huile empyreumatique, 54; soude, io,5; magnésie, 14; silice, i,5; fer, o,3; acide mu ri a tique , 6,5; acide sulfurique , 4,5; soufre, 4>5 ? gaz acide carbonique , 60 ; gaz oxigène, i3 ; V pnz hydrogène carbone , 2 ; gaz azote , 5. Total , /{^5,8. Perte, 4,2. Total général , 5oo parties.
L'analyse que M. Gauthier de Claubry a faite des fucus donne les plus grands détails sur leur composition ; mais c'est dans l'ouvrage même qu'il faut la lire , à cause de son étendue.
2°. Iode. Les chimistes modernes ont trouvé dans les eaux mères des cendres de varecs une substance particulière, qu'ils ont nommée iode , et qui , dans son état de pureté se présente sous la forme d'une poussière ardoisée , et donne par sa combustion une flamme d'un bleu admirable. Les fucus ne tirent point l'iode des eaux de la mer , comme on le pensait , puisque celles-ci n'en contiennent pas : cette substance se trouve dans leur intérieur, à l'état salin; les plantes marines sont , jusqu'ici , les seules où on l'ait rencontrée ; mais je soupçonne que les plantes glauques en contiennent toutes , rt que c'est à sa présence qu'est duc ce vert bleuâtre qui leur fait donner le nom de glauques. Les arts , surtout la peinture et la teinture , retireront sans doute un jour des avantages considérables de l'emploi de l'iode qui fournira de magnifiques couleurs , lorsque des recherches ultérieures auront appris à l'employer convenablement.
3°. Couleur pourpre fournie par les fucus. Beaucoup d'espèces de fucus sont d'une couleur pourpre superbe. Nous citerons surtout \esfucus Sanguineus , rubens , plumosus , palme ta , lacera lus , alatus , plocamium , pinrwtifidus , natans , etc. Près de la moitié des espèces offrent cette teiuteplus ou moins foncée. Les anciens , à qui rien de ce qui était utile n'échappait, avaient tiré parti de ces plantes , ou du moins , d'une espèce de ce genre, qu'ils appelaient fucus rouge , ou fucus des teinturiers. Ils l'employaient effectivement à teindre les draps et autres étoffes de laine. On se servait surtout de ce genre de teinture dans l'île de Candie. Il parait même que le fard
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des dames était extrait de celte plante ; c'est' de là , sans doute, qu'est venu le mot fucus qui en latin signifie rouge ou fard. Piaule et Tibulle emploient en plusieurs endroits de leurs ouvrages le mot fucus pour indiquer le rouge de toilette dont usaient les femmes romaines. Les anciens , au rapport de Pline , préparaient ce rouge en faisant macérer la plante dans de l'urine, avec addition de sel marin. Peut-être est-ce de ces plantes que la fameuse couleur pourpre des anciens était extraite.' Le fait est que Ton ignore maintenant d'une manière positive ce qui la fournissait. Les uns disent qu'elle est produite par un murex, d'autres par un buccin, etc. Les modernes ont entièrement négligé les travaux des anciens sur la couleur pourpre qu'on peut retirer des fucus; c'est un travail entièrement neuf, et du plus haut intérêt à entreprendre sur ces plantes. Les espèces rouges abondent sur nos cotes , et il ne s'agit que de trouver les moyens d'en extraire la partie colorante , ce qui doit être facile , avec les moyens actuels que possède la chimie. Je pense que les espèces de couleurs purpurines la contiennent abondamment , tandis que celles qui sont verdâtres ou brunes renferment l'iode. Au surplus , si dos savans s'ont en arrière sur les anciens sous le rapport des couleurs à extraire des fucus , les peuples maritimes , en suivant les seules impulsions de la nature et de l'observation , s'en sont rapprochés j car Gmelin remarque que les jeunes Kamtchadalcs mêlent les fucus avec la graisse des poissons pour se rougir le visage. Il ajoute que les femmes de plusieurs régions maritimes de l'Europe, non moins soigneuses de leur beauté , font macérer les fucus dans l'eau , et se frottent les joues avec cette macération.
4°. Gélatine. Ces plantes sont composées presque entièrement d'une matière gélatineuse qui peut être très-propre aux arts. Qu'on examine certains fucus secs , on les trouve transparens , cassans , et en les approchant d'un morceau de colle forte , on aura peine à les distinguer ; si on les fait bouillir dans l'eau , plusieurs offrent une matière gélatineuse qui se prend par le refroidissement , comme on le voit pour le fucus nelminthochorton. En les incinérant , ces plantes font sentir une odeur de corne brûlée qui, jointe à l'ammoniaque qu'elles donnent à l'analyse, pourrait élever des doutes sur leur nature , et la faire soupçonner animale. Mais ces dontiées ne sont pas suffisantes pour infirmer les témoignages des plus grands botanistes qui les ont toujours rangées parmi les végétaux. Au surplus, quelle qu'en «oit la nature, la matière gélatineuse dont ils sout souvent enduits à leur surface , celle qui enveloppe leur capsule , et celle qu'ils fournissent à IY-, bullilion f donnent lieu de croire qu'on l'extrairait arec plus