‹ Dictionnaire abrégé de la fableChapitre 1 sur 74 · AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

AVERTISSEMENT

C)n sait que îa Mythologie est un tissu d'imaginations bizarres , un amas confus de faits , quelquefois vrais dans le fond , mais sans presque aucune chronologie , sans ordre , souvent même répètes sous différents noms ; qu'enfin c'est un assemblage de contes misérables , la plupart destitues de vraisemblance , et dignes de me'pris. Mais on sait aussi que la connaissance de ces chimères poétiques, et païennes est absolument nécessaire pour entendre les Auteurs. Dans cette vue , l'on a ici rassemble', par ordre alphabétique , ce qu'il y a d'essentiel à savoir sur cette matière, afin d'épargner aux jeunes gens la peine d'aller puiser dans des sources souvent empoisonnées , oii , après une étude dangereuse et dégoûtante , il n'y a rien à gagner pour îa raison , et il y a tout à perdre ppur le cœur.

Le succès de cet Ouvrage â paru exiger qu'on le rendît le plus complet qu'il était possible , en y insérant une quantité de mots inconnus à. ceux qui n'ont pas encore une suffisante connaissance de la Fable : tels sont les mots qui ont. rapport à la Géographie poétique , et aux surnoms des Divinités païennes , comme Thnumantias , Virago , Addephagus , Tardipes , etc. Par ce moyen on sera éclairci sur - le - champ m lisant les beaux restes de Fantiquité.

vj Avertissement.

Il n'est pas mal-à-propos cependant de fixer encore plus exactement l'objet de ce petit Dictionnaire , pour ne lui pas demander ce qui lui est étranger. On entend par la Fable , les contes que le paganisme a faits des dieux , dés demi-dieux et des héros que les poètes ont chantés , avec les fêtes et les cérémonies de Religion qu'on y observait. Voilà de quoi il s'agit pour l'intelligence des poètes. Nous n'avons pas entrepris d'expliquer ce qui est caché sous ces voiles : c'est une autre espace d'étude. Les folies des princes qui se sont fait adorer , les apothéoses des Empereurs Romains , les noms de toutes les Divinités des anciens peuples barbares , l'idolâtrie des sauvages Américains ; tout cela n'a pas plus de rapport à l'Histoire poétique , que les Fables d'Esope , ou les Pagodes des Indes orientales.

On a continué à faire une attention particulière à l'ïconologie h c'est-à-dire , à l'explication des statues et des tableaux de la Fable , dont les peintres et les sculpteurs ont fideîlenient marqué les symboles. L'usage de celte partie du petit Dictionnaire , considérablement augmentée , est toujours lé même. Pour savoir , par exemple , ce que c'est qu'une figuré* d'homme portée sur un Aigle , ou armée d'ime Faux ; ce que c'est qu'une figure de femme avec un Croissant ou une Tour sur la tête ; il faut chercher le mot Aigle qui renvoie à Juoiîer ou à Ganymède , Faux à Saturne , Croissant à Diane y et Tour à Cjbèle , etc. Si

Avertissement. vîj le symbole renvoie à plusieurs articles , on compare le tableau ou la statue qu'on considère avec celui des récits qui le caractérise.

Nous avons encore tâché de perfectionner ce Lexique , et nous osons presque nous flatter d'être parvenus à en faire une espèce de Commentaire général de Mythologie , sur les texfes des anciens Auteurs , non-seulement en ce qui constitue l'historique de la Fable , dans les articles tels que ceux à'Achlle , d'Ajax f etc. , et ce qui regarde la religion païenne , comme dans les articles Ambrosie , Dieux , Mânes , etc. ; mais aussi dans ce qui concerne la Géographie poétique , les noms patronymiques , et les surnoms des fausses Divinités. En voici quelques exemples , pris seulement de la lettre A. Si on lit dans Ovide : JEmonias si qms decurrit ad artes. El dans un autre endroit: Per lamen adversi gradieris cornua tauri JEmoniosque arcus. En cherchant ici l'article AZmonia , on j trouvera que par artes JEmonias , îl faut entendre la Magie , et la constellation du Sagittaire par JEmonios arcus.

Si on lit dans un endroit de Virgile : memor ille malris Acidaliœ , et dans un autre : sacri monstrai nemus Jrg'-hti ; on trouvera à l'article Acidalie que c'est. Vénus , et pourquoi elle est ainsi surnommée ; et à l'article Argilète , ce qu'il faut entendre par sacri nemus Argileti.

Enfin , si dans Horace on lit : O Diva gratum quœ re; is Antîwïi ; bu hier • L&vis Agyieu, on trouvera aux articles Antium et A g jeu? ,

yiij Avertissement.

quelles sont les Divinités dont le poète parle

dans ces deux endroits.

Il en est de même pour les noms patronymiques. Qu'on lise dans Horace : Quin et Atridas duce te superbos , etc. ; dans Virgile : Hortator scelerum Molides ; et dans Ovide : JEolis inl&reà taniorum ignara malorum ; on trouvera à l'article Alrides , que ce sont Agamemnon et Mendias ; à l'article JEolides , que c'est Ulysse ; et à l'article JEolis , que c'est Al clone.

Outre les observations qui regardent l'intelligence des Auteurs , on en a recueilli quelques autres qui , sans y avoir un rapport aussi direct , peuvent néanmoins y contribuer , comme à l'article Achille , on a observé que la fable qui le suppose invulnérable , n'était » pas reçue du temps d'Homère j à celui de Colchide , qu'on 3^ a supposé une ville de Colchos qui n'a jamais existé ; à celui de Sirèiies , qu'elles n'étaient pas des monstres moitié femmes et moitié poissons comme on se les figure , mais des monstres si différents de ceux-là , que Pline les appelle des oiseaux fabuleux , etc.

Si l'on ne trouve pas ici bien des articles qu'on voit dans de nouveaux Dictionnaires prétendus portatifs sur la même matière , c'est que ces articles sont , ou étrangers à la Mythologie , ou sous des noms défigurés et barbares.

Page 1