‹ Dictionnaire alphabêtico-méthodique des cérémonies et des rites sacrésChapitre 214 sur 480 · MINISTRE · texte numérisé non relu

MINISTRE

On appelle ministres les officiers sacrés ct les offi-iers inférieurs qui servent le célébrant à l'autel ou ailleurs. Les fonctions de ch:cun sont détaillées sous le nom qui lui convient. Nons meltrons ici seulement ce qui concerne l'eau bénite.

Du ministre de l'eau bénite à l'absoute et dun enterrement.

1. Le ministre de l'eau bénite prend, à la fin de la messe, sur la crédence, le bénitier, qu'il tient de la main droite, ayant l'autre appuyée sur la poitrine; il se met à la gauche du thuriféraire et va faire avee lui la génuflexion devant le milieu de l'autel, après quoi élant toujours à sa gauche, il se place devant la représentation du côté de l’Epltre. Quand le célébrant a dit Pater. noster, il doi l'aspersoir et le reprend après l'as- 3 quand on a chanté Regutescant in pace, il retourne à la sacristie avec le thuriféraire.

2. À un enterrement il marche le premier devant la croix, la téte découverte, à moins qu'on n'aille loin ou qu'il ne (asse mauvais lomps : lorsqu'il est arrivé au lieu où est le corps, il se mel un peu derrière l'officiant à la droite du cérémoniaire, à qui il donne l'aspersoir et de qui il le recoit apràs l'aspersion. Ensuite il va à l'église dans le même ordre qu'il est venu; en y arrivant il salue l'autel, et va mettre le bénitier sur la crédence, où il le reprend après la messe ou l'office qu'on chante. Mais si l'on ne dit aucun office, il se met vers les pieds du défunt, etse comporte commo à l'absoute. Lorsqu'il faut aller à la fosse, il y va à la gauche du thuriféraire, qu'il ne quitte point, ainsi qu'à la fin quaud il faut retourner à la sacristie.

MINISTRE DE L'EUCHABISTIE.

(Traité des SS. Mystères, de ColleL)

1. Divers genres de défauts. — 9. Défaut d'ordre.— 3. Deux difficultés à ce sujet, et leur solution, —5. Remarques utiles.— 5. Défaut d'intention, et ses suites. — 6. Défaut de disposition par rapport aux censures et aux.

nn

irrégutarités. — "7. Deux observations emportantes. — 8. Dispositions. extérieures.

E zcés à blámer. Usage de la calotte pendant la célébration des saints mystères.

1. Un homme qui célèbre peut avoir des défauts ; et de ces défauts, les uns empéchent de célébrer validement, comme le défaut d'ordre ou d'intention; les autres, saus détruire la substance du sacrifice, font qu'il n'est pas offer! comme il devrait l'être; et de co genre sont le défaut des disposilions de l'âme, du corps, etc. (1) Reprenons-les par pris nous le pouvons sans tomber dans à redite.

2. ll n'y a point de défaut si capital que celui d'ordre ; mais il est si rare, si sévérement puni par les lois, quand il est volontaire, qu'il serait inutile de nous y arréter. ll ue peut donc, ce me semble, se présenter ici que deux difficultés : l'une de savoir ce qu'il y aurait à faire, si un malheureux, en contrefaisant le prêtre, avoit mélé des pains non consacrés avec d'autres qui l'eussent été par un prêtre vérilable; l'autre, quelle conduite devrait garder un houme qui commence à douter s'il a été légitimement ordonné.

3. Le premier de ces deux cas se trouve résolu par les principes que nous avons établis ailleurs. 1! y faut seulement ajouter que si avec de pareilles hosties on avait communié un maläde en viatique, ou le peuple à Püques, il faudrait recommencer, à moins qu'il n'y eût du scandale à craindre ; ce qui est rare, parce que quand ces sortes de erimes transpirent, ils deviennent bientôt d'une notoriété si publique, qu'il n'y a plus rien à ménager.

Pour ce qui est d'un homme qui commence à douter s’il a valablement reçu les ordres , car c'est le seul cas qu'on puisse proposer ici sans sortir des bornes de la vraisemblanil faut d'abord poser pour principe que la plupart des doutes qui naissent sur cette matiére sont de vrais scrupules el rien de plus. L'évéque qui ordonne, le maître des cérémonies, et les autres prêtres qui assistent à l'ordination, regardent à tout de si près, qu'il est ruoralement impossible que rien d'essentiel se dérobe à leur attention.

Le défaut d'intention de la part de l'éréque est un de ces cas dont il n'y a point d'exemple; ce qu'on a débité à ce sujet deM. de Lavardin, évéque du Mans, est une fable et ricn plus.

11 faut encore observer que l'ignorance fait souvenl regarder comme essentielles certaines parlies de l'ordination qui ne le sont pas. Quelqu'un, que je nommerais bien, touche la paténe et ne louche point, ou s'imagine n'avoir point touché le pain qui est dessus : voilà un homme perdu; la téte lui ] il ne sait ni que faire, ni que devenir. Mais, sans discuter à fond la matière de

int contingere quoad m sunt, in primis initio corporalis, dis-

l'ordination, il n'y a qu'àlui dire qu'on e«t censé toucher l'hostie en touchant la patene (2), comme on est censé toucher le vin es touchant le calice dans lequel il est renfermé.

En(in, il faut encore remarquer que plos le doute vient tard, moins il doit étre écoute. Quoiqu'un ordinand ne sache pas tout ce que sait un vieux théo'ogien, il en sait assez pour voir comment font les autres, et pour farre comme eux ; ainsi il n'y 2 point d'apparence qu'il cüt été si longtemps à reconnaltre son erreur, s'il y en avait eu.

Ces trois principes suffisent plas que moralement pour calmer les inquiétudes dost on est quelquefois atteint au sujet de l'ordination : mais pour prendre les choses daas la dernière rigueur, il faut supposer qu'un homme doute, et doute avec fundement, s'il a été bien ordonné ; et alors, quoi qu'en aient pensé qusiques docteurs (3). nous croyons qu'il doit s'abstenir de l'exercice de son ordre. Les suites en sont trop importaates , tant par rapport à Ja majesté du sacrement, que par rapport au bien des fidéks, pour qu'on puisse le risquer impunément.

Que si ce doute survenait à l'autel, il faudrait quitter avant la consécration. Si oa ne pouvait le faire sans un grand scandale , oe se bornerait pour ne point exposer les Séèles à une fausse communion, à prononcer la forme sur la seule hostie qu'on doit prendre. Mais aprés la cousécration il faudrait poursuivre : il est plus sür d'achever un sacrifice qui peut être vrai, que de le laisser imparfait.

Si au lieu du simple doute sur la validité de l'ordination, on supposait une vraie certitude de sa nullité, il faudrait s'arréter tout court, devant ou aprés les paroles de la cossécralion, parce qu'autrement on usurperait en tout ou en partie un ministère doat os se connaît incapable. Quarti (4) permet es pareil cas l'usage des équivoques pour se irer d'affaire ; mais je crois que sans avoir recours à ce mauvais reméde, le trouble et isissement d'an homme qui se ait est pas, le mettent, sans qu'il parie, dans un état qui le justifie assez aux yeux du public.

5. En voilà plus qu'il n'en faut sur uae matière dont il y a très-peu d'exemples. Ajoutons cependant'en deux mots : 1° qu'à parler en général, on a eu raison de blâmer autrefois la conduite de certains évêques , qui, avant que d'imposer les mains , déclaraienl qu'ils n'avaient pas intention d'ordomser ceux qui auraient {el ou tel empéchemesl canonique ; on peut en avoir sans y penser, ou sans oser se retirer crainte d'infamie; et de là quelle source d'embarras pour la suite ? 9* Que quand une ordination a élé mulilée , on ne peut sans dispense du pape eu suppléer le défaut. que le jour méme oa à l'ordination suivante. C'est la décision de

lie. Voy. Onomarion (5) £a, Marchiul, etc., 3,od Quarti. part. e, us f. dub. 16.

Quarti, part. n, tit, S, sect. 2, dub. 7, jas. 10d, Edit. Venet. 1727.

Page 1